Archives de Tag: CGMA

Z comme ZUBER – Piou Piou Maisonnais

ZUBER Adolphe : Lieutenant, 2 Régiment Mixte de Zouaves et de Tirailleurs, né le 28/12/1883 à Paris (14) — Fils de Adolphe, Casimir, Doreur, 30 ans et de LAURENT Mathilde Marie, Journalière, 24 ans — Recrutement ; Mat : 3434 Seine 4B (75), au corps — Tué à l’ennemi le 12/6/1918 Ressons-sur-Matz Oise (60) — MPF Dans l’acte le 12/06/1918 — Figure sur : Livre d’Or-AN —

Fiche Mdh (Mémoire des Hommes)


Étude de présentation du CGMA créée en 2014 et remis à jour en 2016

Consulter aussi sur le site de la commune : http://centenaire.maisons-alfort.fr/cgma


Morts de la commune pendant la Grande Guerre (Octobre 2016)

Version octobre 2016

**************

Morts de la commune de Maisons-Alfort pendant la Grande Guerre par le Cercle Généalogique de Maisons-Alfort
(C.G.M.A.)
40, rue de Lorraine – 94700
Version du 1er Mars 2014

Les chiffres au niveau National.
1 383 000 morts français sur 8 410 000 mobilisés d’août 1914 au 1er juin 1919.
Dans ces 1 383 000 morts sont recensés 252 900 disparus et 18 222 morts en captivité.
Les pertes par année :
1914 : 301 000 morts (5 mois)
1915 : 349 000 morts
1916 : 252 000 morts
1917 : 164 000 morts
1918 : 235 000 morts
Sur 1561 jours de guerre, du 2 août 1914 au 11 novembre 1918 le nombre de morts est en moyenne de 900 par jour.
Nombre de mobilisés en date du :
1er mai 1915                  2 522 000
1er juillet 1916                2 881 400
1er octobre 1917            2 585 000
1er avril 1918                 2 676 900
1er octobre 1918            2 632 700
Évolution de la population de Maisons-Alfort
1789             720
1801             784
1851             1812
1866             4040
1876             7519
1891             7853
1901             10547
1911            16466
1931             31012
2000             51022

Évolution de la population de Maisons-Alfort

 

Nb soldats Ajouts
MAM 696 696 Monument aux Morts
Crypte 82 21 Crypte du cimetière
Saint-Remi 137 11 Plaque située dans l’Église Saint-Remi
Livre d’Or 548 49 Livres d’or : Archives Nationales de Fontainebleau (1931)
MSF 302 15 Morts au Service de la France avant le 25 juillet 1916
Total 1765 792

Présentation de l’étude

Les 5 sources ci-dessus servent de base à l’étude du CGMA ; 696 noms de soldats figurent sur le Monument aux Morts.

Le chiffre de 1765 inclus les doublons (noms apparaissant sur au moins deux sources) ; une fois les doublons retirés le chiffre de la présente étude porte sur 792 soldats.

Ne font pas partie de cette étude les 29 vétérinaires figurant sur une plaque située sur le plafond de l’amphithéâtre de l’École Vétérinaire d’Alfort.

D’autres soldats ont également été identifiés qui n’apparaissent que sur les registres de l’État-civil de Maisons-Alfort.

498 soldats apparaissent à la fois sur le livre d’Or des Archives Nationales de Fontainebleau (1931) et sur le Monument aux Morts de la place de l’Hôtel de ville..

Quelques exemples pour décoder les informations

Identité du soldat
NOM prénom-1 prénom-2
Grade
Soldat
Régiment
35 RI Territoriale, 22 Compagnie
Date et lieu de naissance
né le 9/6/1879 à Maisons-Alfort
Filiation
Fils de Arsène, Employé, 45 ans et de HANGEOIS Zéliska, sans profession, 37 ans, acte 82
Matricules au recrutement et au corps
Recrutement
Mat : 4035 Seine 4 B (75)
Mat : 9737 au corps
Décès et type de mort
Tué à l’ennemi sur le champ de bataille le 10/1/1915 Crouy Aisne (2)
Mention MPF (Mort pour la France) et origine de cette mention
MPF Mention Marginale le 22/07/1915
Célibataire ou mariage
Célibataire ou
marié le 19/11/1912 à CHAURAND Alexandrine Augusta à Maisons-Alfort
Sources
Figure sur : MAM Crypte Saint-Remi Livre d’Or-AN MSF —

Glossaire utilisé

E71             Avis de décès – Série aux AD 94 (E-dépôt de Maisons-Alfort)
MAM            Monument aux Morts
Mat             Matricule au recrutement – avec la ville et le bureau
4B = 4ème bureau de la Seine
Matricule au corps – dernière affectation
MdH            Site SGA-MDH dit Mémoire des Hommes
MPF             Mort pour la France
MSF            Morts au Service de la France avant le 25 juillet 1916
RI                Régiment d’Infanterie
Si vous avez des remarques ou des corrections contactez le C.G.M.A.
Vous pouvez consulter les relevés du C.G.M.A. mis à jour sur la base de données de Mémorial GenWeb

 

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Classé dans Challenge AZ 2017, Guerre 14-18

Y comme Ypres

Ypres est une ville de Belgique qui se situe en Flandre occidentale
C’est près de cet endroit que Henri Victor mon grand oncle (le grand frère de Mémé) est tombé.
Dès l’annonce du début de la guerre en aout 1914, comme beaucoup d’autres, il a rejoint son régiment.
Il est parti de Draguignan (83) vers le 5 août et après plusieurs étapes pour arriver à proximité d’Ypres et après plusieurs batailles, il a fini en chair à canon le 17/11/1914.
Ce jour là la bataille dû être bien rude, car sur les JMO, la liste des disparus est longue.
Henri n’a pas été blessé, ni tué, mais disparu…c’est ainsi que son nom figure parmi d’autres. Il avait eu 21 ans le 8 septembre !
Je ne sais pas à quelle date ses parents ont appris le décès de leur seul fils, mais sur sa fiche matricule, le jugement certifiant son décès est en date du 20 mai 1920, est la transcription de son décès sur le registre de sa commune le 1 juillet 1920. Presque 6 après !
Je n’ose même pas imaginer la douleur de ses parents, savoir leur fils au milieu de ce conflit et dont ils n’ont peut être pas eu de nouvelles durant tout ce temps !
J’ai commencé ma généalogie il y a une dizaine d’année environ, je pense que si j’avais commencé beaucoup, beaucoup plus tôt, mon fils aurait eu dans ses prénoms Henri et Victor, pourtant je déteste le prénom Henri, mais cela aurait été ma façon de lui rendre Hommage, bien qu’une sœur de Mémé l’ait fait en 1920 en appelant ainsi son premier enfant.
Mais est-ce que cela fut une consolation pour Grégoire et Octavie ???

Henri Victor DAUPHIN 8/9/1893  –   17/11/1914 Ypres (Belgique)

(Henri-Victor en 1908,la seule photo que je possède)

Fiche Mémoire des Hommes

Tu étais le 2ème enfant d’une fratrie de 6, mais le seul garçon. C’est sur toi que reposait tous les espoirs de tes parents afin que tu continues à travailler les terres qu’ils avaient acquises laborieusement, mais surtout afin que tu puisses un jour transmettre leur nom, ton nom à ta descendance.
Je n’ai connu que 3 de tes sœurs (dont l’une d’elle était ma grand-mère) mais pas suffisamment pour poser des questions… j’étais trop jeune et comme je le regrette.
Un jour tu es parti de la gare de Draguignan, tu as quitté ton département pour ne jamais y revenir. Tu as traversé des régions que tu ne connaissais pas pour arriver en Belgique. Un peu plus d’un mois plus tard, tu fêtais ton 21ème anniversaire bien loin des tiens. Et puis arriva ce fichu 17 novembre où là ce fut la pire catastrophe…..tu perdis la vie.
Combien de temps après ta famille l’apprit-elle ?
Comme ils ont dû attendre de tes nouvelles, jusqu’au jour où ils ont su.
Une de leurs consolations,(mais peut-on se consoler d’avoir perdu son enfant ?)
a dû être le jour où ta sœur Joséphine prénomma son 1er garçon Henri, et qu’ensuite Jeanne, ton avant dernière petite sœur, eut un enfant seule. A travers ce petit votre nom allait pouvoir se perpétuer. Il a permis que 3 générations après toi 4 garçons le portent, ainsi qu’un garçon de la 4ème génération…..en attendant les suivants…..
Pour moi tu n’es pas qu’un nom gravé sur le monument aux morts de ton village, tu étais, tu es mon grand-oncle et ton souvenir demeure……même si c’était il y a 100 ans.

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W comme WEIGEL Valentin

Lettre de déclaration de Naturalité de Valentin  WEIGEL (29 octobre 1817)

                                      Copie

                   Louis par la grâce de Dieu, Roi de France et de Navarre,

         A tous présent et à venir, Salut

Le Sieur Valentin Joseph Weigel dit Wackler, Chef d’escadron d’État major en non activité , Chevalier de l’Ordre Royal de la Légion d’honneur, né à Spire en Allemagne, le trente décembre mil sept cent soixante quatorze, nous expose qu’il fut dans l’armée française depuis 1793, qu’il a fait dix huit Campagnes, a reçu plusieurs blessures, que son plus vif désir est de consacrer le reste de ses jours à notre service, et à celui d’une patrie qui est la seule qu’il connaisse aujourd’hui, qu’il supplie en conséquence de vouloir  bien lui accorder des lettres de déclaration de naturalité.

A ces causes, voulant traiter favorablement l’Exposant sur le rapport de notre Garde des Sceaux, Ministre de la Justice vu la déclaration faite par le pétitionnaire devant le Maire de la commune de Villeneuve le roi, département de l’Yonne, le vingt un septembre mil huit cent quinze, portant qu’il persiste dans la volonté de se fixer en France.

Vu l’état de ses services et la Lettre de notre Ministre Secrétaire d’État au Département de la guerre annonçant que cet Officier a vingt quatre ans de Service effectif et dix huit Campagnes et qu’il n’existe aucun renseignement défavorable sur son compte.

De notre grâce spéciale, pleine puissance et autorité royale, avons dit et déclaré, voulons et nous plaît qu’il soit admis comme nous l’admettons par ces présentes signées de notre main qui seront publiées et insérées au Bulletin des Lois à jouir des franchises, privilèges, droits civils et politiques dont jouissent nos vrais et originaires sujets, Défendons sous quelque prétexte que ce puisse être, de la troubler dans la jouissance d’iceux, tant qu’il résidera dans notre Royaume.

Mandons et Ordonnons à nos Cours et Tribunaux, Préfets, Corps Administratifs et autres, que ces présentes … ils gardent et maintiennent, fassent garder, observer et maintenir, et, pour les rendre plus notoires à tous nos sujets, le fassent publier et enregistrer, toutes les fois qu’il en seront requis. Car tel est notre bon plaisir, et afin que ce soit chose ferme et stable à toujours, Nous y avons fait mettre notre Seel.

Donné à Paris le vingt neuvième jour du mois d’Octobre, Mil huit cent dix sept et de notre règne le vingt troisième.

                                      Signé : Louis

            Par le Roi : Le Garde des Sceaux, Secrétaire d’état au département de Justice

                                      Signé Pasquier.

Vu au Sceau : Le Garde des Sceaux, Ministre Secrétaire d’Etat au Département de la Justice,

Signé Pasquier.

Pour Copie Conforme Collationnée sur la minute.

Pour le Maire de Villeneuve le Roi.


D2finition Larousse

État de celui qui est né dans un pays ou qui s’est fait naturaliser.
En savoir plus sur http://www.larousse.fr/dictionnaires/francais/naturalit%C3%A9/53893#ZMqozRrzPSUGiyws.99

Arbre descendant de Valentin

Génération V
26 Valentin Joseph WEIGEL 30-12-1774 Spire (Prusse) † 23-01-1861
27 Amélie VANDYCK – -/1785/ Rotterdam † 28-06-1817
Génération IV
12 Joseph GODIN 23-02-1785 Pouilley les Vignes 25 † 04-02-1876
13 Gérardine WEIGEL 21-01-1812 Bade (Allemagne) † 17-07-1839
Génération III
6 Henry GODIN 27-11-1838 Wissembourg 67 † 14-01-1932
7 Marie LeBRETON 18-11-1855 Poitiers 86 † 22-10-1941
Génération II
2 Emile LEYGUE 21-01-1884 Cherbourg 50 † 24-03-1948
3 Marguerite GODIN 29-03-1888 Chasseneuil 86 † 25-09-1972

Génération I (mes beaux parents)

1 Odette LEYGUE (1917-2009) x Jean MALARTIC (1908-1993)

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V comme vue

 Depuis 2015, les adhérents du CGMA ont commencé à indexer les recensements de la commune de Maisons-Alfort.


Les liens sur ce blog sont :

REC 1891 MA

Rec 1911 MA

Rec voies 1911 études sur les voies de l’époque et les voies actuelles


Les listes du Val-de-Marne ont été numérisées par les Archives 94 (à Créteil)

Cliquer

Puis il est possible de sélectionner :

Les recensements 1891 et 1911 sont déjà indexés, ceux de l’an 1896 commenceront bientôt.

Les recensements de 1921, 1931 etc seront mis en ligne par les AD 94 selon les directives de la CNIL.

Délai de 100 ans à respecter pour une diffusion sur le net.


Ainsi pour 1911, le plus complet en terme de contenu :

LISTE NOMINATIVE

Des habitants de la commune de Maisons-Alfort

RAPPEL DES CHIFFRES INSCRITS DANS L’ÉTAT Modèle N°6

EXPLICATION SUR LE MODE DE FORMATION DE LA LISTE NOMINATIVE

Chaque case ne portera qu’une seule inscription de telle sorte que chaque page renferme trente noms, ni plus, ni moins, sauf la dernière. Les noms devront être lisiblement écrits.

Colonnes 1 et 2. – Les noms des quartiers, sections, villages, hameaux ou rues seront écrits de manière à se trouver en regard des noms des individus qui sont les habitants  de chacune de ces parties de la commune. On doit, en général, commencer le dénombrement par la partie centrale ou principale, le chef-lieu ou le bourg ; de là ou passera aux dépendances principales, puis habitations éparses. Dans les villes, on procèdera par rues, quartiers, faubourgs dans l’ordre alphabétique des rues.

Colonnes 3, 4 et 5. – On procédera par maison ; dans chaque maison, par ménage. Il y aura pour chaque maison un numéro qui sera le même pour tous les ménages qu’elle renferme. Chaque ménage se distinguera également par un numéro d’ordre. On ouvrira devant chaque numéro une accolade assez grande pour comprendre tous les individus d’un même ménage

Colonnes 6 et 7. – On inscrira d’abord le chef de ménage, homme ou femme, puis la femme du chef, puis ses enfants, s’il y en a ; puis les ascendants, parents ou alliés faisant partie du ménage ; enfin les domestiques, les employés et les ouvriers qui vivent en commun avec la famille.

Colonnes 8, 9 et 10. – Année de naissance, lieu de naissance, et nationalité

Colonne 11. – On fera connaître dans cette colonne la situation de chaque individu par rapport au ménage dont il fait partie, c’est à dire qu’on indiquera s’il en est le chef ou l’un des membres, s’il y appartient en qualité de parent ou d’allié, ou seulement comme employé ou domestique à gages.

Colonne 12. – Profession.

Colonne 13. – Pour les patrons, chefs d’entreprise, ouvriers à domicile, inscrire : patrons.

Pour les employés ou ouvriers, indiquer le nom du patron ou de l’entreprise qui les  emploie


 

Le passage de la vue des AD 94 classement par voie au fichier Excel et un classement alphabétique rend la recherche plus aisée pour les lecteurs

vue 5 des recensements de Maisons-Alfort en 1891 (AD 94)

vue 5  BOULANGER Hippolyte – 5, rue des Marais
vue 5  MINARD Armand – 5, rue des Marais
vue 5  DESAGNAT Célestin – 5, rue des Marais
vue 5  CAILLOT Eugénie – 5, rue des Marais
vue 5  DESAGNAT Benjamin – 5, rue des Marais
vue 5  DESAGNAT Désiré – 5, rue des Marais
vue 5  BENARY Charles – 5, rue des Marais
vue 5  DENOT Berthe – 5, rue des Marais
vue 5  BLANDIN Louise – 7, rue des Marais
vue 5  BLANDIN Marie – 7, rue des Marais
vue 5  BLANDIN Albert – 7, rue des Marais
vue 5  CRAPOIX Henri – 7, rue des Marais
vue 5  CRAPOIX Adrien – 7, rue des Marais

Et finalement la liste alphabétique de 1891

vue 1 (DECHIRE) – , rue de Mayenne

vue 2 (DECHIRE) Louise – 12, rue des Mèches

vue 165 ABORD Rosa – 36, Grande Rue

vue 31 ABRAHAM Marie – 3, Rue de Charentonneau

vue 136 ABRAHAM Arsène – 88-90, Grande Rue

vue 137 ABRAHAM Ernestine – 88-90, Grande Rue

vue 137 ABRAHAM (?) Albert – 88-90, Grande Rue

vue 128 ABRY Marguerite – 81, Grande Rue

vue 77 ACHART Marguerite – 5, Rue des Bretons

vue 73 ADAIN Berthe – 3, Rue Saint Georges

vue 53 ADAM Honorine – 18, Rue Saint-Maur

vue 148 ADAM Auguste – 5, Rue des Juilliottes

vue 148 ADAM Marie – 5, Rue des Juilliottes

vue 148 ADAM Marie – 5, Rue des Juilliottes


La liste complète REC 1891 MA

Faites des recherches fructueuses. Merci


 

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Classé dans 1891 Maisons-Alfort, 1911 Maisons-Alfort, Challenge AZ 2017, Recensements

S comme Saint-Pierre Lespéret : Le rideau rouge et André Chénier

Vraies ou fausses, les histoires familiales franchissent les générations.

Ces histoires sont fortement ancrées dans la mémoire des familles.
Mais elles laissent les généalogistes dubitatifs.
Souvent pendant des années ils ne savent pas faire la part entre l’histoire ou la légende.
Les généalogistes se mettent à la recherche du moindre indice.

L’histoire du « rideau rouge » de Henry Saint-Pierre Lespéret est restée longtemps pour moi une interrogation.
Un livre écrit par le général Antoine Noguès, gendre de Saint-Pierre , allait me confirmer que cette histoire n’était pas une légende.

« Mémoires du Général NOGUES (1777-1853) sur les guerres de l’Empire »
publiés par la Baron André de Maricourt -1922

L’extrait ci-dessous a été écrit dans l’introduction de ce livre par le Baron André de Maricourt.
Une introduction où fourmillent de nombreuses autres anecdotes familiales.

“ Les Saint-Pierre étaient voisins des Noguès. Ils tirent leur surnom du bourg de Lespéret, situé dans les Hautes-Pyrénées, non loin de Castelnau (-Rivière-Basse).

….

Quant à Saint-Pierre Lespéret, beau-père de Noguès, il appartient un peu à l’histoire.

Homme de haute culture et d’intelligence remarquable c’était bien un de ces types de la haute bourgeoisie jusqu’en 1789 la province aima à envoyer à Paris pour y représenter ses intérêts

Député du Gers, il siégea parmi les Girondins et devint l’ami personnel de Vergniaud et Gensonné.

Il fut incarcéré pendant la terreur et le 9 thermidor sauva sa tête. On a publié ses lettres écrites à sa femme de la prison Sainte-Pélagie, mais dépouillé de tout caractère intime elles perdent beaucoup de leur intérêt.
Après la Révolution, il continua de représenter le département du Gers et il s’attacha à l’Empereur qui désirait le rallier et l’anoblit. Vice-président du corps législatif, grand propriétaire terrien, il exerça dans le Gers la plus large hospitalité et rivalisa de bonté avec sa femme. Petit, gracile, d’aspect doux et bienveillant, doué d’une urbanité parfaite, il était cependant d’une force hors de pair à l’épée. Son caractère était d’un rare sang froid et diverses anecdotes inédites concernant sa détention méritent d’être rapportées.

Il était compagnon de prison d’André Chénier dont il devint l’ami. Leurs cellules faisaient vis-à-vis. Un rideau rouge voilait la fenêtre de Saint-Pierre. Chénier, désireux d’être prévenu à temps pour se préparer à la mort, si Saint-Pierre connaissait avant lui l’arrêt du tribunal révolutionnaire le concernant, lui avait demandé à cette heure redoutable de laisser tomber, comme signal, le sinistre rideau … Ainsi fut il … et bien qu’obéissant au suprême désir d’un ami, Saint-Pierre, jusqu’à sa mort fut hanté par le souvenir de ce geste qui lui apparaissait comme celui d’un bourreau.

Lui-même, en prison, attendait la mort avec calme et s’absorbait dans la traduction d’un ouvrage anglais de grande valeur. Quant au 9 thermidor on lui annonça sa liberté, il demanda la faveur de demeurer un jour de plus dans sa cellule pour terminer, dans le recueillement, l’ouvrage qu’il achevait. ”

Henry Saint-Pierre Lespéret est le sosa n°42 de J. MALARTIC mon beau-père.
La propriété dite de Lespéret est depuis plus de quatre siècles restée dans la famille.

Article de Joël

saint-pierre-lesperet

Henry SAINT-PIERRE LESPERET (1761 – 1847)

Les descendants de Henri SAINT-PIERRE LESPERET (42) et Catherine DUCUING (43)

1 Jeanne Dominiquette SAINT-PIERRE (17-06-1786 – 24-09-1864) (21)
x 10-05-1808 Jean-Baptiste DUCUING (20)
(20-07-1780 – 26-01-1813)

11 Ferdinand DUCUING (23-03-1809 – 11-11-1873) Marine Marchande puis
Ministère des Finances.
x 17-04-1849 Adèle MAGENC fille d’un Propriétaire à Plaisance.
(02-07-1823 – 03-11-1905 à Saint Maixent)

12 Henri DUCUING (10) (22-11-1812 – 07-11-1866) Avocat à Tarbes
x 25-02-1840 Evelina LEBRUN (11) fille de l’Avocat Jean-Paul LEBRUN
(18-12-1819 – 22-10-1885) de Tarbes

121 Henriette DUCUING (5) (10-11-1840 – 07-05-1919) de Tarbes
x 06-09-1860 Anicet MALARTIC (4)
(17-04-1836 – 02-07-1922) Juge
1211 Evelyne MALARTIC x A : LABORDE-LACOSTE
(1861-1952) Capitaine de Gendarmerie
x B : MUE
Directeur des Contributions Indirectes
1212 Clotilde MALARTIC x Gabriel FOCH
(1865-1944) Avoué (1850-1925)
1213 Henri MALARTIC (2) x Lucy DUFRAISSE (3)
Chirurgien (1873-1963) (1881-1964)

2 Emile Jean Baptiste Quitterie SAINT-PIERRE (1793 – 18-05-1834)
x – -1828 LESBAZEILLES ( – 1847)

3 Marie Jeanne Pélagie (dite Jenny) SAINT-PIERRE (03-01-1794 – 21-04-1884)
x 14-04-1815 Antoine NOGUES (Général)
(07-05-1777 – 21-12-1853)

31 Henry (1816 – 1840)
32 Caroline (1817 – 1831)
33 Edmond (1820 – 1883)

4 Dominique Joseph Urbain SAINT-PIERRE (27-06-1800 – 14-04-1865)
41 Henry (1840 – 1871)
x – -1858/ Juliette De PORQUEVILLE
( – 1880)

Adhérent-CGMA-Joël-007

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R comme RACHEL une vie toute simple. (1889-1965)

        2016-03-17-rachel-expo-cgma

   Panneau réalisé par Lucianne pour l’exposition du CGMA (juin-2016)

Justin Sylvestre MADERS et Alix MOUREAU, les grands-parents de Rachel étaient régisseurs au domaine de Creyssels commune de Meze (Hérault), un important vignoble où son père Justin Joseph passa son enfance avec ses frères et sœurs. Il se maria avec SEGUY Julie une jeune fille de Pinet (Hérault) en 1888.
C’est dans le Château de Creyssels que Rachel grandit avec son frère et sa sœur. Vers 1897 Justin et Julie « montent à Paris » à l’exemple d’autres cousins et s’installent à Alfortville (Seine : aujourd’hui Val-de-Marne), c’est là que nait leur 4ème enfant.
Justin devient tonnelier à Bercy, tandis que Julie s’occupe des enfants.
Vie simple ! Rachel fait sa communion solennelle à 11 ans, et passe son certificat d’études à 12 ans puis au travail : parquetière.
Au décès de son père, en 1906, Rachel à 17 ans Justin Julien 13 ans Germaine 11 ans et Louis 7 ans.
Le 30 juillet 1910, elle épouse Edmond CHAUDY né en 1884 à Charleville (Ardennes), dont toute la famille demeure dans un immeuble en bord de Seine, rue Constantin.
Après le passage à la mairie et à l’église de Vitry-sur-Seine, la noce se transporte au restaurant quai d’Alfort, pour fêter les jeunes mariés.

Rachel et Edmond ont un appartement, rue Constantin, dans le même immeuble que les autres CHAUDY !
Edmond est ouvrier spécialisé (rectifieur, outilleur) dans une usine d’Ivry-sur-Seine.

En 1914, il est mobilisé au 124ème régiment d’infanterie. Il écrit à sa chère Rachel des lettres du Front, qui racontent ce qu’il voit. Ayant reçu une petite somme en héritage, Rachel ira le rejoindre quelques jours.
La spécialité professionnelle d’Edmond, fait qu’il est rappelé à Ivry-sur-Seine et finira la guerre en usine (contrôleur chef de taille).
En 1917 nait Germaine, puis Maurice en 1920.

Rachel élève ses 2 enfants tandis qu’Edmond travaille à l’usine. Le temps passe entre les naissances, mariages, décès, parmi le grande famille CHAUDY et MADERS !
Arrive la guerre 1939-1945. Maurice se marie en janvier 1940 et Germaine en avril 1940.

Rachel et Edmond deviennent grands-parents. Mais les temps sont durs et les bébés manquent de nourriture, toute la famille dans l’immeuble se privent pour eux !
Les usines, très nombreuses à Ivry-sur-Seine, sont bombardées par les alliés.
L’une d’elle tombe sur l’immeuble à côté … tous décédés ! Ne pouvant être identifiés, les locataires seront enterrés dans une fosse commune au vieux cimetière de Vitry.
Rue Constantin, Rachel, sa fille, son petit-fils et la famille réfugiés dans la cave, sont étouffés par la poussière et les gravats. Rachel et Edmond se réfugient chez leur fille et gendre, dans la « Cité des combattants » de Vitry, ils seront rejoints un peu plus tard par un couple d’amis dont le mari est juif.
A la fin de la guerre Rachel et Edmond retournent chez eux, la vie continue ! En bord de Seine le dimanche Edmond fait le passeur avec sa barque entre Vitry et Alfortville. Les jours de marché, sur la place de l’église, il garde les vélos, pour arrondir sa petite retraite d’ouvrier !
En 1960 Edmond décède à l’hôpital d’une péritonite, reconnue trop tard …

Rachel reste seule, à demie aveugle, par le diabète, ses enfants et petits-enfants lui rendent souvent visite … puis la voilà grabataire !
En 1962, 1963 et 1964 elle devient arrière-grand-mère.
En 1965, elle s’éteint dans cette maison qu’elle n’a jamais quittée.

Rachel grand-mère par alliance de Adhérent-CGMA-Luciane-140

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2 Rue Constantin – Vitry-sur-Seine – voir Recensement 1911

C’est un petit immeuble en angle de rue, dont une façade donne sur la Seine
Haut de trois étages; le rez-de-chaussée a été jadis occupé par un petit bistrot fréquenté par les promeneurs du dimanche. L’étroite porte d’entrée sur la rue s’ouvre sur une petite cour pavée, fermée par une grille .A gauche une petite maisonnette: la loge de la concierge !
Un escalier de bois mène aux étages .sur chaque palier, un WC à la turc !
Chaque logis se compose d’une grande cuisine avec eau courante sur la pierre à évier et une chambre en enfilade .Une fenêtre par pièce, haute et étroite.
Certains appartements étaient réunis pour les grandes familles !
C’est dans cet immeuble que la majorité de la famille a logé de 1896 à 1965.
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                                             Recensement 1911 à Vitry-sur-Seine

 

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Q comme Quiberon

1882 – Inauguration de la ligne d’Auray à Quiberon.

Article du journal l’Avenir du Morbihan, républicain   du 26 juillet 1882

Paris Archives Nationales               Carton : F/1bI/331

Inauguration de la ligne d’Auray à Quiberon.

           Le ciel a-t-il voulu favoriser Monseigneur ou la République en nous donnant, dimanche dernier, une journée aussi belle pour l’inauguration du chemin de fer d’Auray à Quiberon? Nous l’ignorons. Nous laissons à ceux qui ont des relations particulières avec la divinité le soin d’expliquer ce mystère. Nous nous contentons de constater encore que les jours où nous fêtons la République le beau temps vient toujours nous sourire.

Grande animation dès dix heures du matin à la gare de Vannes. Le préfet (Côme Dufraisse), les conseillers de préfecture, les ingénieurs du département et un grand nombre de fonctionnaires sont réunis sur le quai et attendent le train qui est pris d’assaut. La gare d’Auray est pavoisée de drapeaux. Le train d’honneur qui doit partir dans un instant a sa locomotive richement décorée. Un magnifique écusson, composée de fleurs naturelles bleues, blanches et rouges et entouré de drapeaux tricolores, orne la queue du train. Quand tout le monde est casé, on donne le signal et nous prenons la nouvelle voie. A tous les passages à niveau, de nombreux paysans viennent saluer le train qui passe et on leur répond des voitures par le cri de vive la République. A Ploermel, à Plouharnel la foule couvre les quais de la station et cherche à pénétrer dans les wagons. Mais tout est comble et les maires et les adjoints des localités voisines sont seuls reçus. Cependant les conversations vont aussi leur train parmi les invités. On se demande si l’évêque qui n’a pas été aperçu ni à Vannes ni à Auray va donner sa bénédiction à la machine.

Entr’autres histoires, on nous en conte une renouvelée des Grecques, il est vrai, mais qui ne nous a pas semblé moins bonne.

Plusieurs des notabilités de Quiberon avaient, paraît-il, l’intention de se passer du concours de l’évêque. Elles étaient persuadées que c’était chose superflue de bénir une machine déjà baptisée plusieurs fois ainsi que des wagons-salons qui ne feraient jamais le service à Quiberon. Mais lesdites notabilités comptaient sans leurs épouses. Ces dernières ont déclaré que si Monseigneur ne venait pas, elles se mettraient toutes en grève, que le fort Penthièvre n’était pas loin et qu’elles auraient soin de s’y barricader comme autrefois Lysistrata et ses compagnes dans l’acropole d’Athènes. Les maris ont été obligés de se rendre et voilà pourquoi l’évêque était invité. Si non e vero…

Nous passons précisément au fort Penthièvre. Les voyageurs se mettent aux portières et admirent à l’Ouest, les vagues qui viennent se briser contre les rochers; à l’Est, une mer bleue et calme qui monte doucement sur la plage.

Saint-Pierre-Quiberon! La foule, à la porte de la gare, nous salue de ses vivats. Quelques minutes encore et nous descendons à Quiberon. Quelques coups de canons retentissent. L’orphéon de Belle-Ile, monté sur une estrade nous reçoit avec la Marseillaise.

Tout le monde cherche l’évêque. Pas plus d’évêque que (?) sur le plat de la main. Chacun admire la décoration de la gare, on plonge un regard dans la salle du banquet où se pressent des rangées d’assiettes et de verres à côté de magnifiques homards dressés sur le milieu des tables.

L’ornementation de la salle est faite de verdure et de drapeaux tricolores.

Mais toujours pas d’évêque à l’horizon. On assure cependant qu’il est à Quiberon depuis la veille. Il a voulu partir en voiture de peur de manquer le train. Enfin un léger mouvement se produit dans la foule, une croix émerge au-dessus des têtes ainsi que l’extrémité d’une crosse et les deux cornes d’une mitre. C’est monseigneur qui s’avance accompagné du curé et des vicaires de l’endroit. Il a fallu pour le faire venir la croix et la bannière; mais aujourd’hui la bannière était remplacée par un drapeau tricolore, avec les initiales R.F.  qui précède, la croix dans toutes ses évolutions. Monseigneur est monté sur l’estrade. Le maire lui souhaite la bienvenue au nom du conseil municipal; mais le diable de conseil municipal a disparu et ce n’est qu’à grand peine que le maire peut le réunir. A défaut de conseillers municipaux, les femmes se pressent autour de l’évêque et c’est au milieu d’un auditoire féminin qu’il commence son discours.

Il était bien loin, à Combourg (Ille-et-Vilaine), dit-il, quand il a reçu l’invitation du conseil municipal de Quiberon, et il s’est empressé de revenir pour répondre à l’appel qui lui était fait. Monseigneur parle ensuite de l’importance qu’une voie ferrée donnera bientôt à Quiberon, qui lui rappelle de bien tristes souvenirs. Il dit un mot des écoles de l’Etat d’où l’on sort avec la science humaine mais où l’on enseigne pas la science de Dieu. Il confesse que personne plus que lui n’admire ces merveilles enfantées chaque jour par la science, isthmes percés, tunnels creusés, etc., etc.

Il prétend que l’Eglise a toujours protégé les savants (ô Galilée!), favorisé leurs projets, soutenu leurs efforts. Un moine d’ailleurs, nous le connaissons, c’est Bacon, avait annoncé, dès le XIIIème siècle, les locomotives et les chemins de fer. Les livres saints avaient eux-mêmes prédit tout cela. Rien d’étonnant. On trouve tout dans les livres saints, mêmes les choses qu’on ne devrait pas y trouver.

Les prières commencent ensuite et la machine est baptisée une fois de plus. La bénédiction de l’évêque lui fait sans doute un peu de plaisir, car elle se met à siffler, à siffler, comme on ne siffle pas un évêque. Fi donc! La vilaine! Serait-elle, elle aussi, libre-penseuse.

In caudâ venenum. – La bénédiction terminée, l’évêque remercie encore le maire du bon exemple qu’il a donné et que d’AUTRES auraient dû imiter.

On a vu dans cet « autres » des choses, des choses… N’y aurait-on pas vu aussi le veau perdu que cherchait le villageois du bon La Fontaine?

L’évêque descend de l’estrade, accompagné par le drapeau tricolore, la croix et la Marseillaise, et disparaît dans la foule. Il va dîner au presbytère. Le menu du banquet était, dit-on, trop maigre pour lui. Chacun des invités prend place à table et la salle est bientôt remplie de joyeux convives qui font honneur à la cuisine Quiberonnaise. L’air vif de la mer avait d’ailleurs aiguillonné les appétits. Le champagne pétille bientôt dans les verres. L’heure des toasts est venue.

Le maire de Quiberon, M. Allain, se lève le premier et prononce les paroles suivantes :

« Monsieur le Préfet, vous tous, Messieurs, « Au nom de tous les habitants de la presqu’île de Quiberon, je suis heureux de vous souhaiter la bienvenue et de vous remercier d’avoir bien voulu quitter vos nombreuses occupations pour venir partager notre joie. Elle est grande.

« Cette fête marque une ère de progrès et de prospérité, car nous l’espérons, Messieurs, le chemin de fer remplacera notre cher cabotage à voile, notre fructueuse industrie ruinée par le remplacement des bateaux à voile par les bateaux à vapeur.

« Nous sommes doublement heureux aujourd’hui, car non seulement cette ligne ferrée nous rapproche du continent dont nous étions si éloignés, mais elle nous lie à notre belle voisine, puisqu’aujourd’hui, pour la première fois, le Bellilois a laissé tomber l’ancre dans notre port.

« Nous pourrons nous donner une poignée de main et, je vous l’assure, elle sera cordiale; nous nous souviendrons du généreux empressement que nos voisins ont mis à répondre à notre appel en cette solennelle occasion.

« Merci à la République d’avoir songé à la vieille démocratie Quiberonnaise, par conséquent à Hoche, le pacificateur de la Vendée, le vainqueur de Quiberon; je dirais plus, son sauveur, celui dont la légende fait le charme de nos longues veillées d’hiver, celui enfin à qui nous devons d’aimer la République.

« En vous saluant, monsieur le Préfet, je salue la République, dont vous êtes ici le digne représentant.

« Merci de l’intérêt que vous portez à Quiberon.

« Merci, monsieur le Sous-Préfet, de toutes les peines que vous vous êtes données en nous aidant à préparer cette fête.

« Merci à messieurs les Ingénieurs et à leurs employés, de la part si active qu’ils ont prise aux travaux que nous inaugurons aujourd’hui.

« Merci à notre ami Gressy de son généreux concours.

« Messieurs les employés de la Compagnie d’Orléans, nous avons l’honneur de vous connaître que depuis quelques jours, mais le peu de relations que nous eues ont été si amicales qu’elles font bien présager pour l’avenir.

« Merci à vous tous qui avez bien voulu nous témoigner votre sympathie et répondre à notre humble invitation en venant vous associer à notre joie.

« Messieurs, à la République et son incomparable président, à notre digne Préfet, à notre non moins digne Sous-Préfet, et à vous tous, messieurs! »

Ces bonnes paroles du maire de Quiberon sont saluées par d’universels applaudissements.

  1. le Dr Gressy, maire de Carnac et conseiller général du canton de Quiberon se lève à son tour et, dans une chaleureuse improvisation, il compare, le Quiberon de 1882 au Quiberon de 1795. Aujourd’hui, partout la concorde, la paix, l’union, Quiberon a sa station de chemin de fer, de riantes maisons de campagne s’élèvent partout sur cette côte autrefois déserte, et ce n’est que le début. Une ère nouvelle de prospérité commence aujourd’hui pour la presqu’île. En 1795, les français combattaient les uns contre les autres et ensanglantaient de leurs combats fratricides toute la contrée jusqu’au fort de Penthièvre. Soixante-quinze ans ont suffi, grâce au progrès des idées, pour cicatriser ces plaies et effacer ces lugubres souvenirs. Quand la patrie a été attaquée, tous, fils et petits fils de vainqueurs et des vaincus de 1795, se sont groupés autour d’un homme, qui personnifiait la résistance, pour défendre le même drapeau, celui de la France, notre commune Patrie. Honneur à M. Gambetta d’avoir su réunir dans un même élan tous les Français. Messieurs, je bois à Gambetta, à la République, à Quiberon!

Des bravos répétés accueillent cette belle allocution que nous eussions désiré reproduire in extenso si cela eut été possible.

  1. le Préfet veut aussi remercier la population de Quiberon en la personne de son digne maire, de son conseiller général et des conseillers municipaux de la cordiale réception qui a été faite aux représentants du Gouvernement de la République. Quiberon, dont les sentiments républicains sont bien connus, méritait d’être récompensé de son attachement à la République et M. le Préfet espère que cette ligne que l’on vient d’inaugurer et qui n’est qu’une très minime partie des grands travaux entrepris, grâce à l’initiative de M. de Freycinet, par toute la France, sera pour la presqu’île le point de départ d’une ère de prospérité nouvelle, et en même temps un gage nouveau qui resserrera encore plus étroitement les liens qui unissent l’intelligente et laborieuse population de Quiberon avec le gouvernement d’ordre et de progrès qui a pris en main la cause des grands intérêts matériels et moraux du peuple et qu’il espère mener à bonne fin avec le concours de tous.

Le Préfet a ensuite bu au maire de Quiberon, à son conseiller général et à la population toute entière.

Le banquet terminé, les invités ont parcouru les différentes rues du bourg pavoisées de drapeaux tricolores, ornées de branches de sapin, de feuillage, de lanternes vénitiennes. Pas une maison qui n’eut son drapeau. Le clocher lui-même avait le sien. Des courses aux canards attirent la foule à Port-Maria pendant que de jeunes gars, sur la place de l’église, s’évertuent à décrocher qui une blouse, qui une paire de souliers ou un paquet de tabac au mât de cocagne.

Mais l’heure du départ approche. Chacun s’empresse de choisir sa place dans le train. Tant pis pour les retardataires; ils seront obligés de faire la route à pied. Ce qui est arrivé, dit-on à deux de nos amis. A cinq heures et demie, le train quitte Quiberon au milieu des acclamations de la population accourue sur le quai. Une gracieuse attention des autorités nous fait stopper une demi-heure au pied du fort de Penthièvre que l’on court visiter. Le point de vue que l’on a du haut de la plate-forme est vraiment merveilleux. Mais on a à peine le temps d’admirer, il faut reprendre bien vite sa place ou rester en panne à Penthièvre, ce qui ne serait pas très amusant.

Une demi-heure après le train rentrait en gare d’Auray et là chacun reprenait sa route de ses pénates, heureux et content de sa journée.

Cependant, nos bons Quiberonnais devaient danser et s’en donner à cœur joie, en attendant les illuminations et le feu d’artifice. Cette fête leur laissera je l’espère dans la mémoire un long et durable souvenir et ils sauront à l’occasion manifester leur reconnaissance à cette République qui a songé à eux et qui vient de leur donner, en les reliant au continent par une voie ferrée, un magnifique témoignage de sa sollicitude.

N’oublions pas de féliciter, en terminant, tous ceux qui ont pris part à l’organisation de la fête et en particulier M. Laurent, l’adjoint qui a su se multiplier et a réussi à contenter même les plus difficiles.

La Compagnie d’Orléans ne saurait elle-même être oubliée. Elle avait délégué pour la représenter l’intelligent M. Berthet, inspecteur général des lignes de Bretagne. Les autorités départementales et municipales lui ont fait l’accueil le plus gracieux et tous se sont plu à la fin du banquet, et en particulier M. Le Préfet du Morbihan, à faire l’éloge de la Compagnie et à remercier M. Berthet de l’empressement qu’il avait mis à être agréable à tous les invités de cette jolie fête locale en mettant à leur disposition le beau et long train que les populations saluaient sur tout le parcours.

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Généalogie simplifiée de mon épouse née MALARTIC pour remonter

au Préfet Côme DUFRAISSE.

1  Jean, Andrée et Colette MALARTIC             Génération III     1908-2004

 

2 Henri                MALARTIC    le père           Génération IV      1873-1963

4 Anicet              MALARTIC le grand-père     Génération V       1836-1922

 

3 Lucy                 DUFRAISSE   la mère           Génération IV      1881-1964

6 Côme               DUFRAISSE   le grand-père  Génération V       1850-1935

Article recueilli et présenté par Adhérent-CGMA-Joël-007

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