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Histoire de Maisons-Alfort et d’Alfortville par Amédée Chenal (1898)

Histoire de MA et Alfortville

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Un ouvrage majeur sur l’histoire de Maisons qui se trouve sur GALLICA.

Cet ouvrage a été transcrit sous Word par le CGMA, vous trouverez sur ce blog l’intégralité de ce texte

https://cgma.wordpress.com/?s=Histoire+de+Maisons+%28

Alfortville s’est détachée de Maisons-Alfort et s’est érigé en commune le 1er avril 1885

 

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Visite de l’usine Bio-Springer (02)

Avant de commencer la visite de l’Usine Springer arrêtons nous sur l’histoire des octrois Maisonnais.

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Petite histoire mouvementée de l’octroi racontée par Amédée Chenal (1898) maire de Maisons-Alfort
Dans « Histoire de Maisons-Alfort  et  d’Alfortville
Depuis les temps les plus reculés jusqu’à nos jours »
Par Amédée Chenal  (1898)

1674 – On se plaignait déjà de l’octroi de la ville de Paris. Il avait été payé, pour de la paille livrée par la commune, 30 livres à la porte Saint-Antoine, et on avait refusé de rendre cette somme, à la porte Saint-Denis, par où ressortaient les voitures qui se rendaient dans cette ville.
La paille se vendait deux sols la botte.

1680 – Ces terres avaient été surnommées Prés des pailles, parce que les habitants de Maisons qui étaient obligés depuis fort longtemps de fournir les pailles et litières pour la grande écurie du roi, affectaient le revenu qu’elles produisaient à l’acquisition de cette paille quand elle n’avait pas pu y être récoltée. C’est de l’une de ces livraisons qu’il s’agit, lorsqu’on parle de l’octroi de Paris. Cette paille était plus généralement livrée à Carrières-Charenton, au Séjour du roi, où les chevaux de la cour étaient logés.

1789 – CAHIER DES DOLEANCES DES HABITANTS DE LA COMMUNE OU PAROISSE DE MAISONS-ALFORT
7°     Que les droits sur les marchandises qui passent debout dans la banlieue de Paris soient supprimés comme injustes et très onéreux au commerce, tant par leur quotité que par les vexations et les retards qu’éprouvent les voituriers, par une foule de commis qui se trouvent tant dans les lieux où il y a un bureau que sur les routes ;
(c’est-à-dire :Suppression des droits de passe et des octrois).

1818 – L’octroi de banlieue avait été institué, malgré l’opposition de l’assemblée communale, manifestée à diverses reprises.

1845 – Un octroi communal fut voté, et le vin frappé d’un droit de un franc par hectolitre, « pour imiter les communes de Charenton et Saint-Maurice, qui améliorent tous leurs services ».

1847 – On constata que l’octroi avait produit, pour six mois, de mars à août inclus, 1 545 fr. 94 centimes.

1848 – À la suite de deux pétitions, le conseil vota la suppression de l’octroi, à partir du 1er mai ; il avait été établi pour dix ans en 1846.

1849 – À la suite de la constatation d’un déficit annuel de 200 francs, le préfet avait invité le conseil municipal à rétablir l’octroi ; celui-ci refusa, et proposa 7 centimes additionnels ; il fut néanmoins rétabli sur les vins et alcools.

1852 – Non seulement l’octroi avait été rétabli, comme nous l’avons déjà dit, mais se basant sur la nécessité de pourvoir aux dépenses suivantes :
« 1°    Paiement des travaux supplémentaires de l’église,
2°    Frais de réparations du pavage des rues,
3°    Continuation du pavage de la rue Saint-Pierre,
4°    Substitution du gaz à l’huile,
5°    Etablissement d’un lavoir public,
6°    Et enfin, construction d’un second bas-côté à l’église. »

1856 – BUDGET DE PREVISIONS POUR 1856
RECETTES
5 centimes additionnels ordinaires             580  fr
Attribution sur les patentes de l’année       320
sur les amendes de police                                120
sur le produit de l’octroi de banlieue      1 400
Droits d’octroi, produit brut                       1 750
Produit des amendes de l’octroi                      50

DÉPENSES
Administration communale (secrétaire 1.000 fr)    1 918 fr
Service de police, contingent         920
Salaire du garde champêtre            600
Salaire du tambour-afficheur           70
Service de l’octroi                               625

A remarquer, que l’octroi, qui produit 1.750 francs brut, coûte 625 francs à percevoir ; le bénéfice est maigre.

1864 – L’octroi, qui n’existait que sur les vins et alcools, à raison de 0 fr. 92 et 2 fr. par hectolitre, fut institué à peu près tel que nous l’avons encore, malgré une pétition d’un grand nombre d’habitants, dans laquelle, d’une façon un peu triviale, on représentait les « Octroyens » cherchant à découvrir la fraude sous les jupons des maraîchères retour des Halles ; son produit pour 1865 était évalué à 29 656 francs.6

1871 – Au mois de février 1871, le conseil fut réuni ; sept membres étaient présents. Il s’agissait de voter 3 091 francs, pour les dépenses de la garde nationale, la démolition des barricades, le déménagement de la mairie et, enfin, le paiement de l’enterrement des soldats morts à l’Ecole, à raison de 2 francs par homme.
Le 12 mars, nouvelle réunion ; il n’y a toujours que sept conseillers fidèles ; il fallait fournir du chauffage aux troupes allemandes. On décide de couper des arbres dans les parcs de MM. Lesieur, Lagoutte, Dodun et autres, qui avaient été épargnés par le génie, puis on vote l’achat de nouveaux bureaux d’octroi pour remplacer ceux qui ont été brûlés, et on accorde des semences aux cultivateurs.

1872 – Un receveur d’octroi, nommé Bastesti, ancien garde de Paris et ancien capitaine de la garde mobile, fut révoqué et poursuivi pour détournements ; d’origine corse, il parvint, croit-on, à gagner le maquis ; on ne le revit plus.
Son chef, le préposé principal, fut également impliqué dans l’affaire pour défaut de surveillance.

1879 – M. Denoailly, préposé principal de l’octroi, venait d’être révoqué ; même mesure fut prise à l’égard du secrétaire de la mairie.

1882 – La Caisse des écoles, à l’étude depuis longtemps, fut définitivement fondée.
Un procès d’octroi monstre, d’une justice contestable, fut commencé contre la Compagnie P.L.M. ; il ne devait se terminer que beaucoup plus tard, après épuisement de toutes les juridictions, par la condamnation de celle-ci, à un versement considérable, au profit de la commune et de l’employé saisissant.
Par contrecoup, il fut une des causes de la chute de M. Busteau.

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Dans un autre ouvrage sur Maisons-Alfort datant de 1904
« Département de la Seine – Direction des affaires départementales.
Etat des communes à la fin du XIXe siècle publié sous les auspices du Conseil Général
Notice Historique et Renseignements administratifs »
OCTROI
L’octroi de Maisons-Alfort est administré par voie de régie directe. Il est donc placé sous la surveillance immédiate du maire, et sous la surveillance générale de la régie des contributions indirectes.
Les déclarations et la recette des droits s’effectuent dans les 5 bureaux municipaux ou mixtes dénommés plus haut, et dans 2 bureaux de régie, dont l’un mixte avec Créteil.
Ces différents bureaux sont ouverts tous les jours, savoir de 7 heures du matin à 6 heures du soir, pendant les mois de janvier, février, novembre et décembre ; de 6 heures du matin à 7 heures du soir, pendant les mois de mars, avril, septembre et octobre enfin, de 5 heures du matin à 8 heures du soir, pendant les mois de mai, juin, juillet et août.
Pendant les mois de janvier, février, novembre et décembre, l’ouverture des bureaux a lieu à 6 h. ½  du matin, sauf en ce qui concerne les objets soumis aux droits du Trésor.

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4 décembre 1731 – Extrait du rôle de Maisons-près-Charenton

1731 – Extrait du rôle

Voici un extrait du rôle de 1731 :

« Mémoire des particuliers qui tiennent des nommés Rozez et consorts.

Michel Theveau, nouvel habitant taillable à Charenton, homme fort âgé et batteur en grange :    2 l
François Goupil père, âgé de quatre-vingts ans, qui n’a avec lui qu’une fille estropiée d’une main, paie de taille :    4 l
Robert d’Albecq, payait 45 livres à raison de ce qu’il tient des susnommés, paie :  53 l
Augustin Bouclon, nouveau venu, savetier, garçon, paie :    3 l
La veuve Denise Milcaut, femme âgée, estropiée, pauvre, paie :    2 l
Claude Boiste, batteur en grange, paie :    3 l
Jean Marchand, manouvrier, paie :    8 l
Nicolas Paris, soixante-quinze ans, infirme paie :    1 l
Catherine Segretin, ouvrière très pauvre :    8 l
Anthoine Mathé.  10 l
Jean Huchon, batteur en grange, très pauvre :    2 l
Etienne Meunier, manœuvre, très pauvre :    6 l
Claude Claujard,       –                 – :    5 l
Anthoine Milcent,       –                 –     4 l
Jean Gentil,               –                 –     5 l

« Le soussigné, curé de la paroisse de Maisons-près-Charenton, certifie que tous les ci-dessus nommés sauf Robert d’Albecq sont à l’aumône de la paroisse, en foi de quoi avons signé
« Le 4 décembre 1731       Cousteron. »

D’après Amédée Chenal Maire de Maisons-Alfort

Index de l’ouvrage d’Amédée Chenal :http://vergezy.perso.libertysurf.fr/cgma/achenal.htm

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11 octobre 1852 – Adresse au Prince Président

1852 – Adresse au Prince Président

Les mêmes hommes, ou à peu près, qui avaient fait quatre ans plus tôt l’adhésion chaleureuse à la République que nous avons reproduite, et avaient pour la plupart prêté serment de fidélité aux divers gouvernements qui s’étaient succédés, envoyaient au Prince Président  l’adresse suivante, votée en la séance du 11 octobre 1852 :

Monseigneur,

« Le Conseil Municipal de la commune de Maisons-Alfort, interprète des sentiments de toute la population, prie Votre Altesse Impériale d’agréer l’expression de sa reconnaissance, pour les services que Votre Altesse a rendus à notre belle Patrie, en écrasant l’anarchie, en nous rendant la vie, en rétablissant l’ordre par votre énergie.

« Oui, Monseigneur, nous nous joignons à toutes les populations, qui ont été si heureuses de contempler leur sauveur, et nous formons, comme elles, les vœux les plus ardents pour que bientôt votre Altesse soit revêtue de la dignité Impériale, comme le fut jadis votre oncle de glorieuse mémoire, et que le pouvoir reste héréditaire dans la famille d’un Prince qui a sauvé la France, et qui saura la conserver grande et prospère.

« Le Conseil a l’honneur d’Être avec un profond respect, Monseigneur, de votre Altesse Impériale, le très humble et très dévoué serviteur.

« Et ont signé :

« Dodun, Lavocat, Becquemont, Guimard, Hédelin, Lecouteux, Dandalle, Vermorelle, Delaporte, Renault, Paris, Véron ».

Pouvait-on saluer plus bas le soleil levant ?

D’après Amédée Chenal Maire de Maisons-Alfort (1898)

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7 septembre 1870 – Conseil – Première séance sous la République

Le 7 septembre 1870, le conseil fut réuni sous la présidence de M. Bourguignon, adjoint, qui, par suite du départ de M. Véron, avait assumé la direction des affaires municipales.

C’était la première séance sous la République ; voici la première délibération

« Le Conseil : Considérant qu’il est du plus grand intérêt qu’il soit pourvu à la défense du pays,

« Délibère :  Il y a lieu de prier le citoyen maire de Paris de vouloir bien autoriser au budget de l’exercice 1870 l’ouverture d’un crédit de 900 francs, pour travaux nécessités pour la défense du pays et la garde de l’abreuvoir d’Alfort. Il serait fait emploi de cette somme par voie d’économie et en régie.

« Fait et délibéré en séance, les jour, an et mois que dessus. Et ont signé les membres présents. »

Treize conseillers étaient présent ; pas de signatures.

Cette nécessité de garder l’abreuvoir s’expliquait par le grand nombre de chevaux de l’armée qui s’y rendaient journellement.

 

Amédée Chenal Maire de Maisons-Alfort

Consulter également sur FranceGenWeb : Les Maires de Maisons-Alfort

  • Nom : BOURGUIGNON
  •   Prénom :  François-Augustin

  •   Commune du mandat:  94 – Maisons-Alfort
  •   Période du mandat:  1871 – 1878
  •   Naissance:  27.6.1816 Bois le Roi (77)

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Les anciens sites ne meurent jamais !

C’est le cas de deux anciens sites du CGMA créés par un adhérent Michel V. et par notre ami Yves VERGEZ.

Pour les curieux ces deux sites donne la clé vers de nombreuses pistes généalogiques et historiques liées à Maisons-Alfort/

Les anciens sites du Cercle Généalogique de Maisons-Alfort (CGMA) 

http://cgma94.free.fr/telechargement/telechargement.htm

Où vous pourrez télécharger :

– Tables décennales de la commune de Maisons-Alfort de 1792 à 1901

– Histoire de Maisons-Alfort et d’Alfortville Depuis les temps les plus reculés jusqu’à nos jours par Amédée CHENAL – Maire de Maisons-Alfort – Édité en 1898

– État de la commune de Maisons-Alfort édité par le Conseil Général de l’époque, en 1904

– Annuaire de l’arrondissement de Sceaux – Première année ( la seule, hélas !)   Paris : Imprimerie administrative de Paul Dupont   45 rue de Grenelle Saint-Honoré – 1868.   501 pages 20 cm – extrait des pages 258 à 263, Maisons-Alfort.   Côte 30BB8 -Archives Départementales de Nanterre

http://vergez.net/cgma/index.htm

– Index des patronymes ayant fait l’objet de publications.

– Index des Morts pour la France ayant leur nom inscrit inscrit sur un monument Maisonnais.

– Index de l’Histoire de Maisons-Alfort et d’Alfortville par Amédée CHENAL .

– Le stand du CGMA aux journées portes ouvertes du NECC, le 23/09/2001.

– Le Quiz du CGMA 1999 : La page détente en 43 questions.

Faites en bon usage !

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Histoire de Maisons (III-3) : de 1841 à 1851

de 1841 à 1851

TROISIEME PARTIE – De la chute du premier Empire à la troisième République

CHAPITRE Trois

1841 – C’est en 1841 que furent commencés les travaux du fort de Charenton, terminés l’année suivante. Le roi Louis-Philippe vint à diverses reprises les visiter.

Cette construction devait causer plus tard un grand dommage à la commune, en séparant Alfort de Maisons, et en maintenant, entre la section et le chef-lieu, une solution de continuité qui ne pourra disparaître que par la suppression de la zone militaire. En attendant, elle eut pour résultat immédiat d’absorber la partie du chemin Vert qui reliait Château-Gaillard à Maisons, et le sentier allant de la route n0 5 au chemin Vert.

Il avait tout d’abord été question d’édifier ce fort sur le plateau de Saint-Maurice, où sont les rues Neuve-Gabrielle, de l’Asile et autres ; les terrains avaient même été achetés. L’administration militaire changea d’avis et se décida pour l’emplacement actuel, qui constituait un point élevé relativement au reste de la commune, et qui devait à cela son nom de butte de Grammont ou Grandmont. Le fort commandait ainsi les deux routes et les deux rivières, n’étant à cette époque masqué qu’en un seul point par le village de Maisons, dont il dominait les constructions, alors peu élevées.

Sa disposition, qui n’a pas changé, comporte cinq bastions, deux bâtiments pour les officiers, deux casernes, des poudrières et des casemates. Il peut facilement contenir un régiment.

En 1848, après les journées de Juin, et en 1851, au coup d’Etat, il servit un moment de prison aux insurgés et ensuite aux républicains ; en 1871, les Allemands l’ont occupé.

Jusqu’au jour où les communications devinrent faciles avec la capitale, Alfort eut l’aspect d’une ville de garnison. Les officiers logeaient dans les hôtels de ce quartier, prenaient pension dans ses restaurants et en fréquentaient les cafés.

Les sous-officiers et soldats, parmi lesquels beaucoup de brisquards, avaient des ménages en ville. La musique, logeant au fort, se faisait entendre plus fréquemment qu’à présent, à la grande satisfaction des habitants, et il arrivait souvent que des troupes voyageant par étapes étaient cantonnées dans le village.

On rétablit, moyennant 4 497 francs, un pont sur le grand fossé d’assainissement, dans la plaine, pour le chemin de Choisy ; on retrouve à tout instant ce pont à cause des réparations qu’il coûte par suite de sa mauvaise construction. Créteil et Choisy en faisant usage, leur concours fut demandé ; nous ignorons si on l’obtint.

Malgré la réclamation faite relativement aux hospices, on commence à payer pour deux aliénés 46 fr. 80 par an, et 50 francs pour les enfants assistés.

Cette année et la suivante marquent le point de départ de progrès réels dans la voirie communale ; pour la première fois on adjuge l’enlèvement des « boues et fumiers », à raison de 150 francs par an, et l’éclairage à l’huile, par trois lanternes, dites réverbères, pour 195 francs. Elles étaient allumées jusqu’à 11 heures du soir pendant six mois de l’année, sans tenir compte des jours lunaires, et, ce qui indique qu’on fêtait encore le carnaval, les trois jours gras, toute la nuit.

Que ceux qui, installés depuis peu dans des quartiers nouveaux, réclament aussitôt gaz, eau, balayage, tout comme dans les rues anciennes, apprennent la patience en songeant que ces trois lanternes devaient être désirées depuis l’existence du pays.

1842 – Le pavage des rues Saint-Pierre et des Bretons ayant été entrepris, les propriétaires riverains vinrent en aide à la commune par une souscription, ainsi que l’administration militaire, qui, en attendant l’achèvement du fort, avait transformé en caserne la ferme Lecouteux.

Le budget se ressentit, naturellement, des décisions prises, et atteignit 5.915 livres ; une surimposition de vingt centimes fut votée pour faire face aux dépenses résultant des travaux décidés.

Le 9 août, une lettre de condoléances fut envoyée au roi au sujet de la mort du duc d’Orléans ; c’est la seule manifestation politique constatée pendant tout le règne de Louis-Philippe.

1843 – La construction d’égouts est de nouveau réclamée ; on signale au sous-préfet « les odeurs infectes provenant des eaux stagnantes et chargées de débris d’animaux qui sortent de l’Ecole, et qui avec celles de la distillerie Genty, qui fait de l’alcool avec des pommes de terre, empoisonnent le quartier du hameau d’Alfort ; de plus, le ruisseau qui traverse le chemin de halage est trop profond et a causé la chute de chevaux ; un bateau s’est échappé et brisé ; il y a eu mille francs de dégâts ; de plus, cela fait sauver les promeneurs et les pêcheurs ».

L’administration supérieure et l’architecte de l’arrondissement rêvaient de la construction d’une nouvelle église ; un projet comportant une dépense de 85 478 francs, fut soumis au conseil, qui ayant déjà refusé 17 000 francs pour des grosses réparations, le repoussa disant « qu’il y a dans la commune des travaux plus urgents ». Par la suite, à force d’insistances, la réfection partielle fut décidée, et payée, à l’aide de secours de l’Etat et du département s’ajoutant aux fonds communaux.


1845 – Un octroi communal fut voté, et le vin frappé d’un droit de un franc par hectolitre, « pour imiter les communes de Charenton et Saint-Maurice, qui améliorent tous leurs services ».

A cette époque, se produisit un fait qui devait avoir, par la suite, la plus grande influence sur les destinées de la commune ; nous voulons parler de l’établissement de la ligne du chemin de fer, qui, en coupant le territoire en deux, devint plus tard la cause initiale de la séparation de la section d’Alfortville.

Des chemins furent modifiés ou raccourcis ; ceux de Villeneuve, du Port-à-l’Anglais, de Jean, des Iles, de la Mare et des Marais. En échange, la Compagnie donna le terrain pour le chemin Latéral, et pour le déplacement d’une partie de ceux des Iles, des Marais et de Jean, mais sans aucun travail de viabilité. Un pont et des passages à niveau sont venus rendre plus difficiles les communications entre les agglomérations et la plaine cette situation n’a fait que s’aggraver depuis, par la plus grande fréquence du passage des trains.

Comme compensation, Maisons fut doté d’une gare de voyageurs dès l’ouverture de la ligne, celle des marchandises ne fut installée qu’en 1874 et celle d’Alfortville en 1890.

L’établissement du chemin de fer a, comme partout ailleurs, non seulement modifié la topographie de la commune, mais aussi sa vie elle-même.

Il a rendu inutiles les grandes auberges de roulage. Les diligences aux attelages bruyants, les chaises de poste et les longues caravanes de rouliers ont été remplacées par les voitures beaucoup moins pittoresques des usiniers, des maraîchers, des nourrisseurs, des boueurs et des entreprises nocturnes, s’ajoutant aux moellonnières et aux chariots de fermes. Les routes, devenues trop larges, ont été rétrécies ; les régiments, changeant de garnison suivis de tous leurs bagages, ne les empruntent plus, et les compagnons du tour de France, qui passaient enrubannés, prennent – s’ils voyagent encore – prosaïquement le chemin de fer.

A l’époque où nous écrivons, les cavaliers, les amazones, les excursionnistes pédestres sont remplacés à leur tour par les cyclistes des deux sexes, et les chevaux des équipages bourgeois commencent à céder le pas aux moteurs mécaniques.

1847 – Une nouvelle période de misère publique commence à se produire ; les travaux manquent et le pain est cher. L’Etat, pour améliorer cette situation, assure aux communes le remboursement du tiers de la dépense qui sera faite en travaux, sous forme d’ateliers de charité ; 3000 francs y sont affectés. Le directeur de l’Ecole Vétérinaire fait distribuer aux pauvres les restes des aliments des élèves.

Les budgets ont naturellement continué à progresser. Voici le résumé des comptes pour l’année 1847 :

COMPTE MORAL DU MAIRE.

            R e c e t t e s          18 282  fr  68

            D é p e n s e s          12 123  fr  27

            Excédents                6 159   fr  41

COMPTE DU BUREAU DE BIENFAISANCE.

            R e c e t t e s             1 340  fr  68

            D é p e n s e s            1 410       83

            Déficit                              70  fr  43

( Couvert à l’aide d’un reliquat de caisse de 2.315,15)

 BUDGET DE PREVISION.  COMMUNE

            R e c e t t e s              7 874  fr  24

            D é p e n s e s            5 329       19

            Excédents                 2 545  fr  05

BUDGET DE PREVISION.  BIENFAISANCE.

            R e c e t t e s              1 579  fr

            D é p e n s e s             1 575

            Excédents                       4  fr

On constata que l’octroi avait produit, pour six mois, de mars à août inclus, 1 545 fr. 94 centimes.

Le réseau d’égouts fut commencé par celui de l’Ecole ; le curage coûtait 25 fr. 73 par an ; nous ne donnons ce chiffre, sans grand intérêt, que pour la comparaison avec celui actuel (2.700) nouveau progrès, on installa, en commun avec Charenton, un réverbère sur le pont.

1848 – A la proclamation de la République, il fut fait adhésion au Gouvernement provisoire dans la forme suivante :

« Ce jourd’hui, premier mars 1848, heure de midi, le conseil municipal de Maisons-Alfort, réuni à la mairie, pour délibérer sur la proposition de manifester son adhésion au gouvernement provisoire la République Française, inaugurée à l’Hôtel-de-Ville, après le triomphe des braves habitants de Paris, dans les trois journées des 22, 23 et 24 février dernier sur l’ex-gouvernement.

« Présents : MM. Dodun, Becquemont, Vermorelle, Hédelin, Remy, Delaporte, Paris, Lavocat, Cholet et Picot.

« Le conseil municipal a déclaré spontanément qu’il donnait son adhésion entière au gouvernement Républicain, et qu’il aiderait de tout son pouvoir le gouvernement provisoire pour rétablir l’ordre.

 » VIVE LA REPUBLIQUE

« Et honneur aux courageux citoyens qui ont accepté le gouver­nement provisoire

« M. le Maire chargé de transmettre cette adresse au gouvernement provisoire, dépose sur le bureau une lettre de M. Labbé, conseiller municipal, qui, forcé de s’absenter pour un convoi funéraire, déclare adhérer au gouvernement provisoire.

« Et ont signé après lecture faite. » (Suivent les signatures).

La bascule d’Alfort avait été brûlée, ainsi que les guérites et le pont provisoire établi sur la Marne pour la ligne du chemin de fer. La foule aveugle avait uni dans un même sentiment de haine deux choses bien différentes : un instrument de contrôle, et le chemin de fer. Les coupables, en ce qui concerne ce dernier, étaient faciles à désigner ; c’étaient les postillons qu’il menaçait dans leur travail ; ils s’étaient joints aux insurgés de Paris, et espéraient peut-être, en détruisant le matériel, atteindre l’institution elle-même et la faire disparaître.

Cette bascule, dont il vient d’être question, était installée là, comme sur toutes les routes royales, pour contrôler si la proportion entre le poids des voitures et la largeur des bandages des roues était réglementaire ; c’était une mesure de précaution contre l’usure anormale des chemins, par des roues trop étroites par rapport à la charge qu’elles supportaient.

La Compagnie P.L.M. ne fut pas rancunière à l’égard des postillons ; la plupart furent embauchés dans son service de messageries.

A la suite de deux pétitions, le conseil vota la suppression de l’octroi, à partir du 1er mai ; il avait été établi pour dix ans en 1846.

Des inondations étaient venues apporter leur contingent aux causes de misère déjà existantes.

La garde nationale de la commune avait pris sa part dans la lutte lors des journées de juin, en gardant la barrière Charenton contre les insurgés ; à ce sujet, il est constaté une dépense de 89 francs, à raison de 0 fr. 50 par homme et par jour, pendant les journées des 23, 24, 25 et 26 Juin 1848 ; il navait pas été fait d’excès. Les élèves de l’Ecole d’Alfort, sous la conduite de M. Bouley, alors professeur, avait également contribué au rétablissement de l’ordre.

1849 – A la suite de la constatation d’un déficit annuel de 200 francs, le préfet avait invité le conseil municipal à rétablir l’octroi ; celui-ci refusa, et proposa 7 centimes additionnels ; il fut néanmoins rétabli sur les vins et alcools.

Depuis quelques années, il avait été fixé des alignements pour la plupart des rues et chemins, dont la largeur maxima était généralement de 8 mètres. De temps à autre, la commune avait à payer des parcelles de terrain ajoutées à la voie publique ; dans les rues, les prix variaient de 0 fr. 60 à 1 F le mètre, pour atteindre parfois par exception 2 francs ; les tronçons du chemin Vert, rendus inutiles par la construction du fort, avaient été vendus 4 500 fr. l’hectare.

Il y a loin de ces prix à ceux actuels.

1850 – Lors d’une épidémie de choléra, trois médecins de Charenton MM. Marchant, Ramon et Rivet, s’étant dévoués d’une façon toute particulière pour soigner les malades, il fut accordé à chacun d’eux une somme de 50 francs à titre de récompense ; les distinctions honorifiques n’étaient pas encore usitées.

Les travaux de restauration de l’église, pour lesquels on avait encore repoussé un projet, devant coûter 37.666 francs, subventions comprises, et qui avaient été néanmoins commencés en 1846, ne furent enfin terminés et réglés qu’en 1850 ; le monument avait été refait presque complètement, sauf le porche, le chœur et le clocher ; à l’intérieur, les piliers qui, d’après un ancien plan, étaient carrés, avaient été remplacés par des colonnes ; le carrelage et les autels avaient été remis à neuf. La dépense totale s’éleva à 55.892 francs tout comme de nos jours, on protesta et on paya.

1851 – Les premières plaques indicatrices furent placées dans les rues ; il en fut posé 17 à 3 francs, et 156 numéros de maisons à 0 fr. 75.

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