Archives de Catégorie: Costumes

Visite de l’usine Bio-Springer (02)

Avant de commencer la visite de l’Usine Springer arrêtons nous sur l’histoire des octrois Maisonnais.

******

Petite histoire mouvementée de l’octroi racontée par Amédée Chenal (1898) maire de Maisons-Alfort
Dans « Histoire de Maisons-Alfort  et  d’Alfortville
Depuis les temps les plus reculés jusqu’à nos jours »
Par Amédée Chenal  (1898)

1674 – On se plaignait déjà de l’octroi de la ville de Paris. Il avait été payé, pour de la paille livrée par la commune, 30 livres à la porte Saint-Antoine, et on avait refusé de rendre cette somme, à la porte Saint-Denis, par où ressortaient les voitures qui se rendaient dans cette ville.
La paille se vendait deux sols la botte.

1680 – Ces terres avaient été surnommées Prés des pailles, parce que les habitants de Maisons qui étaient obligés depuis fort longtemps de fournir les pailles et litières pour la grande écurie du roi, affectaient le revenu qu’elles produisaient à l’acquisition de cette paille quand elle n’avait pas pu y être récoltée. C’est de l’une de ces livraisons qu’il s’agit, lorsqu’on parle de l’octroi de Paris. Cette paille était plus généralement livrée à Carrières-Charenton, au Séjour du roi, où les chevaux de la cour étaient logés.

1789 – CAHIER DES DOLEANCES DES HABITANTS DE LA COMMUNE OU PAROISSE DE MAISONS-ALFORT
7°     Que les droits sur les marchandises qui passent debout dans la banlieue de Paris soient supprimés comme injustes et très onéreux au commerce, tant par leur quotité que par les vexations et les retards qu’éprouvent les voituriers, par une foule de commis qui se trouvent tant dans les lieux où il y a un bureau que sur les routes ;
(c’est-à-dire :Suppression des droits de passe et des octrois).

1818 – L’octroi de banlieue avait été institué, malgré l’opposition de l’assemblée communale, manifestée à diverses reprises.

1845 – Un octroi communal fut voté, et le vin frappé d’un droit de un franc par hectolitre, « pour imiter les communes de Charenton et Saint-Maurice, qui améliorent tous leurs services ».

1847 – On constata que l’octroi avait produit, pour six mois, de mars à août inclus, 1 545 fr. 94 centimes.

1848 – À la suite de deux pétitions, le conseil vota la suppression de l’octroi, à partir du 1er mai ; il avait été établi pour dix ans en 1846.

1849 – À la suite de la constatation d’un déficit annuel de 200 francs, le préfet avait invité le conseil municipal à rétablir l’octroi ; celui-ci refusa, et proposa 7 centimes additionnels ; il fut néanmoins rétabli sur les vins et alcools.

1852 – Non seulement l’octroi avait été rétabli, comme nous l’avons déjà dit, mais se basant sur la nécessité de pourvoir aux dépenses suivantes :
« 1°    Paiement des travaux supplémentaires de l’église,
2°    Frais de réparations du pavage des rues,
3°    Continuation du pavage de la rue Saint-Pierre,
4°    Substitution du gaz à l’huile,
5°    Etablissement d’un lavoir public,
6°    Et enfin, construction d’un second bas-côté à l’église. »

1856 – BUDGET DE PREVISIONS POUR 1856
RECETTES
5 centimes additionnels ordinaires             580  fr
Attribution sur les patentes de l’année       320
sur les amendes de police                                120
sur le produit de l’octroi de banlieue      1 400
Droits d’octroi, produit brut                       1 750
Produit des amendes de l’octroi                      50

DÉPENSES
Administration communale (secrétaire 1.000 fr)    1 918 fr
Service de police, contingent         920
Salaire du garde champêtre            600
Salaire du tambour-afficheur           70
Service de l’octroi                               625

A remarquer, que l’octroi, qui produit 1.750 francs brut, coûte 625 francs à percevoir ; le bénéfice est maigre.

1864 – L’octroi, qui n’existait que sur les vins et alcools, à raison de 0 fr. 92 et 2 fr. par hectolitre, fut institué à peu près tel que nous l’avons encore, malgré une pétition d’un grand nombre d’habitants, dans laquelle, d’une façon un peu triviale, on représentait les « Octroyens » cherchant à découvrir la fraude sous les jupons des maraîchères retour des Halles ; son produit pour 1865 était évalué à 29 656 francs.6

1871 – Au mois de février 1871, le conseil fut réuni ; sept membres étaient présents. Il s’agissait de voter 3 091 francs, pour les dépenses de la garde nationale, la démolition des barricades, le déménagement de la mairie et, enfin, le paiement de l’enterrement des soldats morts à l’Ecole, à raison de 2 francs par homme.
Le 12 mars, nouvelle réunion ; il n’y a toujours que sept conseillers fidèles ; il fallait fournir du chauffage aux troupes allemandes. On décide de couper des arbres dans les parcs de MM. Lesieur, Lagoutte, Dodun et autres, qui avaient été épargnés par le génie, puis on vote l’achat de nouveaux bureaux d’octroi pour remplacer ceux qui ont été brûlés, et on accorde des semences aux cultivateurs.

1872 – Un receveur d’octroi, nommé Bastesti, ancien garde de Paris et ancien capitaine de la garde mobile, fut révoqué et poursuivi pour détournements ; d’origine corse, il parvint, croit-on, à gagner le maquis ; on ne le revit plus.
Son chef, le préposé principal, fut également impliqué dans l’affaire pour défaut de surveillance.

1879 – M. Denoailly, préposé principal de l’octroi, venait d’être révoqué ; même mesure fut prise à l’égard du secrétaire de la mairie.

1882 – La Caisse des écoles, à l’étude depuis longtemps, fut définitivement fondée.
Un procès d’octroi monstre, d’une justice contestable, fut commencé contre la Compagnie P.L.M. ; il ne devait se terminer que beaucoup plus tard, après épuisement de toutes les juridictions, par la condamnation de celle-ci, à un versement considérable, au profit de la commune et de l’employé saisissant.
Par contrecoup, il fut une des causes de la chute de M. Busteau.

*******

Dans un autre ouvrage sur Maisons-Alfort datant de 1904
« Département de la Seine – Direction des affaires départementales.
Etat des communes à la fin du XIXe siècle publié sous les auspices du Conseil Général
Notice Historique et Renseignements administratifs »
OCTROI
L’octroi de Maisons-Alfort est administré par voie de régie directe. Il est donc placé sous la surveillance immédiate du maire, et sous la surveillance générale de la régie des contributions indirectes.
Les déclarations et la recette des droits s’effectuent dans les 5 bureaux municipaux ou mixtes dénommés plus haut, et dans 2 bureaux de régie, dont l’un mixte avec Créteil.
Ces différents bureaux sont ouverts tous les jours, savoir de 7 heures du matin à 6 heures du soir, pendant les mois de janvier, février, novembre et décembre ; de 6 heures du matin à 7 heures du soir, pendant les mois de mars, avril, septembre et octobre enfin, de 5 heures du matin à 8 heures du soir, pendant les mois de mai, juin, juillet et août.
Pendant les mois de janvier, février, novembre et décembre, l’ouverture des bureaux a lieu à 6 h. ½  du matin, sauf en ce qui concerne les objets soumis aux droits du Trésor.

Publicités

Poster un commentaire

Classé dans Amédée Chenal, Costumes, Histoire locale

Exposition du CGMA à la médiathèque André Malraux ce matin

Les visiteurs

Les visiteurs sont de +/+ jeunes

Livre d or

Les signatures et dédicaces

Les relevés du CGMA

Cinq panneaux pour expliquer les relevés du CGMA

Ouvrage de Filetière

Ouvrage de filetière

Costume

Mes Grands-Mères, la photo et la pèlerine

 

Tous les articles Exposition du CGMA 11 juin 2016

*

Poster un commentaire

Classé dans A voir, Costumes, Exposition du CGMA 11 juin 2016

Approcher l’art lyrique du 26 mars au 10 avril

MEDIATHEQUE ANDRE MALRAUX           4, rue Albert Camus (Maisons-Alfort)

Du vendredi 26 mars au samedi 10 avril   Approcher l’art lyrique

Exposition du Centre Culturel Charentonneau en partenariat avec le Conservatoire Henri Dutilleux et l’Opéra Massy

*

 Le samedi 10 avril à 14h 

  Les voies de la voix

Conférence par Christian ROY-CAMILLE 

Réservation sur place ou 01.43.76.30.77 

*

Horaires d’Ouverture
Mardi : De 14h00 à 19h30
Mercredi : De 9h30 à 18h  sans interruption
Jeudi : De 14h à 18h 
Vendredi : De 14h00 à 19h30
Samedi : De 9h30 à 17h sans interruption

Poster un commentaire

Classé dans Costumes, Maisons-Alfort

« Les costumes et la mode de nos ancêtres »

*

Exposition du 20 au 28 mars 2010

 

 

Exposition des activités des

Clubs de l’A3A

*

                          Accueil Amitié Activités

*

Aquagym, astrologie, broderie, encadrement, généalogie, gymnastique, informatique, jeux de société, peinture, mémoire, randonnées, tricot, yoga…

 

Aux Ateliers d’Art de la ville de Saint Maur,

5ter avenue du Bac  94210 La-Varenne-Saint-Hilaire

De 14h00 à 18h00 (Fermé le lundi 22)

**********

Le Club de Généalogie de l’A3A est un des partenaires du CGMA qui participe chaque année à la journée de la généalogie organisée au mois de juin à Maisons-Alfort.

Pour contacter le Club de Généalogie de l’A3A :

Une adresse : 87, avenue de la Marne, La Varenne Saint-Hilaire 94210

Un téléphone : 01.48.86.57.15

Un emailA3A2@wanadoo.fr

*

1 commentaire

Classé dans Costumes, Evénements, Val de Marne

L’habit du marin

Souvenirs d’un ancien  matelot du CGMA lors de son incorporation…
L’habit du marin.

Au jour de son incorporation, le matelot reçoit, au service de l’habillement,  son « paquetage » (tenue complète en double) à savoir :
– 1 béret complet appelé familièrement « bashi » et  1 coiffe blanche pour le recouvrir en été,
– 2 tricots rayés en coton,
– 2 jerseys en laine (pulls),sans-titre11
– 1 vareuse en drap (sans bouton),
– 1 pantalon à pont en drap,
– 1 paire de souliers bas ou de bottines (au choix),
– 1 caban pour les périodes de pluie ou de froid,
– 2 tenues complètes de travail en toile de coton solide, appelées « treillis »,
– 2 paires de chaussettes en laine,
–  Sous-vêtements,
– 1 nécessaire de table à savoir assiette, quart, fourchette, couteau de table,
– 1 planchette  carrée en contre-plaqué de forme carrée destinée à plier le linge au carré,
– 1 nécessaire à chaussures, cirage noir et brosse,
– 1 nécessaire de toilette
–  1 nécessaire de marquage pour imprimer le numéro matricule du récipiendaire,
– 1 petite valise en métal, un sac de toile forte (type toile à voile) munie d’une poignée amovible en métal et  un cadenas.
Tous les mois, au toucher de sa solde, le marin a le droit d’acheter 200 cigarettes totalement détaxées. Il bénéficie d’un service d’approvisionnement (S A M), où il peut se procurer divers produits épicerie ou autre. Ce service existe aussi bien dans les bases à terre que sur les navires (dans une moindre mesure).sans-titre2

LE BONNET :

En drap avec renfort pour le tour de tête et garni de cuir à l’intérieur. Le  pompon d’étoupe  est en boule pour éviter de se cogner dans les coursives et au passage de portes. Il est muni  de deux pattes en fer pour fixation à l’intérieur. A l’origine, placé à l’intérieur du bonnet et de couleur bleue, pour l’esthétique, il a été placé à l’extérieur et est devenu rouge pour rappeler  que le corps de la Marine Nationale, dans son ensemble a été décoré de la Légion d’honneur pour son courage et son patriotisme.
De chaque côté sont cousus deux petits boutons de cuivre, destinés à retenir la jugulaire blanche en coton. C’est,  en souvenir de la Reine Victoria, qui, en visite sur un navire, arrivée en haut de l’échelle de coupée, devant le marin qui lui rendait les honneurs et dont le bonnet s’était envolé sous un coup de vent,  releva ses jupes, se saisit d’une de ses jarretières pour entourer la tête du marin afin qu’il ne perde jamais plus son bonnet !
Une ancre de marin est  cousue sur le devant et le renfort est enveloppé d’un ruban indiquant l’affectation du matelot.

LA VAREUSE :
Sur la vareuse sont indiqués la marque de la marine et le métier pratiqué par le marin.
Un col en drap, partie intégrante de la vareuse, était destiné, à l’origine,  à protéger le tricot des salissures des cheveux longs et, relevé à  prémunir le marin du froid dans le cou. Il a été rajouté un col amovible bleu clair bordé de deux lignes blanches et muni d’un dossard pour maintien et de deux pattes en tissu blanc munies de passants pour pouvoir serrer le bas du dossard avec les deux pattes laissant passer  deux lacets que l’on noue devant soi.

LE PANTALON A PONT :
Egalement en drap, il est équipé en sa partie supérieure de deux pattes, aussi en drap, où sont cousues des poches de part et d’autre (toile blanche). L’ensemble se ferme pour la partie interne du pont avec deux boutons. Le tour de taille reçoit des passants et la ceinture en coton (généralement) avec boucle de cuivre ou d’acier forme l’ensemble avant d’être recouverte par le pont.
A l’origine,  ce pantalon  a été créé  pour le confort du marin :
– d’une part, il est plus aisé de baisser le pont que de déboutonner une braguette
– d’autre part pour préserver du froid le marin qui monte son quart, surtout la nuit dans nos régions…cela lui permettait d’accéder facilement dans la partie du corps qui, comme l’a souligné le constat du service de santé, est la plus appropriée pour se réchauffer les mains….
Ledit pantalon n’est  jamais ajusté au corps, ceci aux fins de pouvoir enfiler en dessous un caleçon chaud en hiver. Il n’y a jamais de revers au bas des pantalons.

LE PULL ;
Sous la veste est porté soit un pull ras du cou appelé jersey (en laine). Il est muni de trois boutons sur l’épaule gauche. Il est porté en hiver.
Pour la saison chaude, c’est un tricot rayé blanc et bleu. Les rayures bleues sont plus étroites que les blanches et quand le marin est habillé, on voit apparaître dans le v formé par la vareuse 7 rayures bleues qui rappellent  les 7 plus grandes victoires navales de notre marine. Juste en-dessous, presque discrète, on peut distinguer un petit renflement noir. C’est la cravate noire qui symbolise le deuil de la défaite de Trafalgar : la flotte anglaise ayant totalement décimé la flotte française. Les Anglais, alors commandés par l’Amiral Nelson (qui mourut au cours de  ce combat), commémorent cette victoire par le port de deux petits rubans noirs sur l’arrière de leur bonnet (Le deuxième petit ruban noir indique le souvenir de leur victoire sur la flotte française à Aboukir).
A savoir : le tricot rayé a 2 manches, plus courtes que la normale, qui  couvrent partiellement les avant- bras, permettant  de ne pas être gêné pour travailler et rester propre.

LES SOULIERS :
De deux sortes (au choix) :
Soit style «  bottines » qui couvrent les chevilles et qui sont munies de petits tampons destinés à protéger les chevilles.
Soit des souliers bas.
Ils sont de cuir noir.

LE CABAN :
En drap chaud il est fermé par des boutons en cuivre. C’est le vêtement qui remplace le manteau. Pour les hommes d’équipage c’est le seul équipement pour les périodes froides.

A NOTER :
Pour les saisons chaudes, les tenues blanches sont en  toile de coton. Le pantalon est toujours à pont. La décision de porter la tenue blanche est prise selon les directives du commandement du lieu où se trouve le marin.

ORIGINE DU SAC EN TOILE :
En raison du manque de place à bord des navires, l’équipage (marin de base) dormait dans des  hamacs munis de chaque côté de cordages terminés par une boucle en cuivre ou en bronze appelés «  araignées ».  Ils étaient tendus  par des crochets fixés sur les poutres. On y plaçait un petit matelas et à chaque bout sous les araignées des petits bouts de bois terminés en V permettaient de garder le hamac ouvert. Quand le matelot était débarqué de son bord, il conservait son hamac dans lequel il emballait son paquetage (habillement et autres effets personnels). Chacun avait sa place définie.
Pour rappeler cette période, le hamac devint un sac de marin, simple à  porter et permettant d’avoir un gain de place pour le ranger lors d’une nouvelle affectation.

Cet article a été rédigé en collaboration entre Jean et Joëlle

6 Commentaires

Classé dans A lire, Costumes, Métiers