Ferdinand Gabriel Ducuing (2)

– matériel du P.D.G.N. déjà cité
– deux automitrailleuses ( 2 mitrailleuses de 7,5 , 2 canons de 25 antichars)
   1 canon antichar de 25, 3 F.M. et 25 fusils.
Le C.C. DUCUING organise alors la défense d’une façon plus complète en choisissant les emplacements de batterie pour les automitrailleuses et le canon de 25. Le Ct. du Génie BONNEPETIT ainsi que le Lt. Du Génie OLGIATTI sont placés sous les ordres du C.C. DUCUING. 20 marins et une trentaine de soldats de toutes armes veillent aux armes automatiques et travaillent à l’organisation de la défense : tranchés, emplacements de F.M., etc. Des caisses de dynamite, abandonnées par les troupes anglaises sont placées autour du Moulin dans un rayon de 2 à 300 mètres ; de façon à couper les routes et rendre les champs impraticables dans le cas ou l’ennemi viendrait trop près avec de gros engins blindés.
Nous n’avons à partir de midi plus aucune relation avec les autres ouvrages de la Marine. Le Fort de la Crèche est tombé aux mains de l’ennemi et nous ne possédons aucun renseignement. Dans l’après-midi, des patrouilles envoyées sur les différentes routes rapportent les renseignements suivants :
            – route de Calais                        ennemi à Escale
            – route de Boulogne                   ennemi à Wimereux
            – route de Marquise                   libre jusqu’à Marquise
Un Capitaine et un Lt. avec 60 hommes de la batterie H.R. du 3e R.A.D. arrivent au Moulin et se mettent à la disposition du C.C. DUCUING
Un Capitaine de Cavalerie (Capitaine BAUER) et 15 hommes sans armes font de même.
La nuit se passe calmement, sans alerte et tout le personnel fait la veille.
Le L.V. HAMON descendu du Sémaphore dans l’après-midi prend le commandement d’un secteur de défense.

24 Mai 1940 : La première alerte est donnée au petit jour par un bruit de moteurs venant de la direction de Wimereux. On voit arriver à 60 km heure une voiture touriste et un camion qui ne s’arrêtent pas au sommation faite par un petit poste placé en avant garde à 400 mètres du Moulin. Le Ct donne l’ordre d’ouvrir le feu. L’auto et le camion stoppent sur 20 mètres et une dizaine d’hommes en sortent bras en l’air. Ils portaient l’uniforme anglais. On pansa rapidement les blessés et on les expédie en direction de Calais. Je pars en patrouille visiter le camion et y mettre le feu. Un obus de 25 antichar avait perforé le moteur de part en part longitudinalement. Je détruis tous les papiers qui se trouvent à bord.
7 heures : Le C.C. DUCUING envoie des motocyclistes reconnaître les environs.
            – route de Boulogne                   ennemi à 3 km Sud
            – route de Marquise                   ennemi à Marquise
            – route de Calais                        ennemi à 5 km Nord
10 heures : L’E.V. Le CHARPENTIER, de veille au Sémaphore signale des engins blindés venant de Marquise.
11 heures : Une femme arrive en courant de la direction de Marquise. Elle nous informe que sa mère est interrogée par l’ennemi dans une ferme située à 1500 m du Moulin sur la route de Marquise. Son attitude est très courageuse. Le C.C. DUCUING donne l’ordre aux canons de 37 C.A. du Sémaphore d’ouvrir le feu sur la ferme. Le tir est dirigé par téléphone sur le but indiqué.
11 heures 15 : Une division de torpilleurs passe près de la côte et comme (?) le tir sur Audinghen. Nous lui signalons notre présence par fusées vertes (?) le tir après quelques salves.
11 heures 30 : Une forte reconnaissance ennemie débouche des fermes situées sur la route de Marquise, à faible allure. C’est un peloton de side-cars. Le matelot HAVEZ qui occupe seul et sans protection la position de tireur à l’affût double de 13,2 laisse approcher ce peloton à moins de 200 mètres malgré les ordres du Commandant. Il vide presque à bout portant ses deux chargeurs et fauche en quelques secondes tout le peloton.
Une automitrailleuse de reconnaissance se présente alors sur le même chemin et subit le feu des canons A.C. et des mitrailleuses. Le chauffeur est tué d’une balle dans la tête. Les autres occupants abandonnent la voiture. Les canons de 37 tirent à allure rapide jettent le désordre et l’ennemi reflue à son point de départ.
12 heures 30 : Sans laisser de répit, l’ennemie envoie par la route d’Audinghen une automitrailleuse et un char léger. La même tactique est employée, tactique qui demande énormément de sang froid : on laisse approcher l’ennemi à moins de 200 mètres et les canons anti-tanks commencent le feu avec une grande précision. L’automitrailleuse ennemie prend feu, ses occupants en voulant sortir sont tués ou blessés par les balles. Le char est bloqué sur place et ne répond plus à nos coups de feu.
Au moment ou l’ennemi avait ouvert le feu, des armes automatiques assaillent de tous les côtés. Le C.C.DUCUING me signale que des civils nous prennent pour cible, une mitraillette crache à 15 mètres de moi. Ils sont 5 ou 6 protégés par une camionnette. ( voir croquis ). J’avais alors un revolver pris sur un civil, j’ouvre le feu, j’en tue un et en blesse 3 autres, les 2 autres réussissent à se dégager à la faveur du combat. Vers 15 heures, le feu qui pendant 3 heures avait eu une violence très grande se calme peu à peu et l’ennemi quitte le contact.
Une heure après, le C.C. DUCUING envoie des patrouilles qui décèlent l’ennemi dans un rayon de 2 à 3 km. Un officier d’artillerie, le Ss-Lt SCHMITT part avec quelques matelots et ramène dans nos lignes la première automitrailleuse ennemie qui avait été abandonnée par ses occupants. Le moteur est remis en marche, l’engin est placé au carrefour et armé avec 2 F.M.
A bord nous trouvons : 32 grenades à manche et 15 Kg de tolite et des détonateurs.
15 heures : Le commissaire du Chacal, blessé à la tête arrive au Moulin pour signaler la présence d’une vingtaine de blessés du Chacal qui a été détruit à Boulogne par les bombes.
16 heures : Le C.C. DUCUING fait passer par téléphone du Moulin au Sémaphore un message à transmettre par Scott aux bateaux se dirigeant vers Dunkerque. Ce message concernait les demandes de citation jointe à ce rapport.
Une attaque par les chars était imminente, le C.C. DUCUING réunit les Officiers présents au Moulin. On décide de se replier sur G.N., position mieux défendable contre les chars. L’ordre est exécuté. En une heure, tout le matériel est embarqué. Je détruis le téléphone et part avec le Ct. Il reste environ 150 coups de 25, 35 cartouches par homme. Le Ct envoie trois voitures de tourisme à l’Ave Maria pour prendre les blessés au Chacal. Le Ct du Chacal a les yeux brûlés, les 4 autres officiers sont blessés.
22 heures : Une reconnaissance ennemie menée par 2 chars prend contact avec le poste. Elle est repoussée par les armes anti-chars et par les armes automatiques. L’ennemi n’insiste plus. Un char semble en difficulté. Le C.C. DUCUING organise le service de quart. Les postes de F.M. aménagés auparavant sont occupés par les marins. Les soldats occupent les abords immédiats de la position. Les inutiles sont repliés sur les rochers.

A suivre – 25 mai 1940

Adhérent-CGMA-Joël-007

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