Archives quotidiennes : 16 décembre 2017

L’habit du marin

Souvenirs d’un ancien  matelot du CGMA lors de son incorporation…
L’habit du marin.

Au jour de son incorporation, le matelot reçoit, au service de l’habillement,  son « paquetage » (tenue complète en double) à savoir :
– 1 béret complet appelé familièrement « bashi » et  1 coiffe blanche pour le recouvrir en été,
– 2 tricots rayés en coton,
– 2 jerseys en laine (pulls),sans-titre11
– 1 vareuse en drap (sans bouton),
– 1 pantalon à pont en drap,
– 1 paire de souliers bas ou de bottines (au choix),
– 1 caban pour les périodes de pluie ou de froid,
– 2 tenues complètes de travail en toile de coton solide, appelées « treillis »,
– 2 paires de chaussettes en laine,
–  Sous-vêtements,
– 1 nécessaire de table à savoir assiette, quart, fourchette, couteau de table,
– 1 planchette  carrée en contre-plaqué de forme carrée destinée à plier le linge au carré,
– 1 nécessaire à chaussures, cirage noir et brosse,
– 1 nécessaire de toilette
–  1 nécessaire de marquage pour imprimer le numéro matricule du récipiendaire,
– 1 petite valise en métal, un sac de toile forte (type toile à voile) munie d’une poignée amovible en métal et  un cadenas.
Tous les mois, au toucher de sa solde, le marin a le droit d’acheter 200 cigarettes totalement détaxées. Il bénéficie d’un service d’approvisionnement (S A M), où il peut se procurer divers produits épicerie ou autre. Ce service existe aussi bien dans les bases à terre que sur les navires (dans une moindre mesure).sans-titre2

LE BONNET :

En drap avec renfort pour le tour de tête et garni de cuir à l’intérieur. Le  pompon d’étoupe  est en boule pour éviter de se cogner dans les coursives et au passage de portes. Il est muni  de deux pattes en fer pour fixation à l’intérieur. A l’origine, placé à l’intérieur du bonnet et de couleur bleue, pour l’esthétique, il a été placé à l’extérieur et est devenu rouge pour rappeler  que le corps de la Marine Nationale, dans son ensemble a été décoré de la Légion d’honneur pour son courage et son patriotisme.
De chaque côté sont cousus deux petits boutons de cuivre, destinés à retenir la jugulaire blanche en coton. C’est,  en souvenir de la Reine Victoria, qui, en visite sur un navire, arrivée en haut de l’échelle de coupée, devant le marin qui lui rendait les honneurs et dont le bonnet s’était envolé sous un coup de vent,  releva ses jupes, se saisit d’une de ses jarretières pour entourer la tête du marin afin qu’il ne perde jamais plus son bonnet !
Une ancre de marin est  cousue sur le devant et le renfort est enveloppé d’un ruban indiquant l’affectation du matelot.

LA VAREUSE :
Sur la vareuse sont indiqués la marque de la marine et le métier pratiqué par le marin.
Un col en drap, partie intégrante de la vareuse, était destiné, à l’origine,  à protéger le tricot des salissures des cheveux longs et, relevé à  prémunir le marin du froid dans le cou. Il a été rajouté un col amovible bleu clair bordé de deux lignes blanches et muni d’un dossard pour maintien et de deux pattes en tissu blanc munies de passants pour pouvoir serrer le bas du dossard avec les deux pattes laissant passer  deux lacets que l’on noue devant soi.

LE PANTALON A PONT :
Egalement en drap, il est équipé en sa partie supérieure de deux pattes, aussi en drap, où sont cousues des poches de part et d’autre (toile blanche). L’ensemble se ferme pour la partie interne du pont avec deux boutons. Le tour de taille reçoit des passants et la ceinture en coton (généralement) avec boucle de cuivre ou d’acier forme l’ensemble avant d’être recouverte par le pont.
A l’origine,  ce pantalon  a été créé  pour le confort du marin :
– d’une part, il est plus aisé de baisser le pont que de déboutonner une braguette
– d’autre part pour préserver du froid le marin qui monte son quart, surtout la nuit dans nos régions…cela lui permettait d’accéder facilement dans la partie du corps qui, comme l’a souligné le constat du service de santé, est la plus appropriée pour se réchauffer les mains….
Ledit pantalon n’est  jamais ajusté au corps, ceci aux fins de pouvoir enfiler en dessous un caleçon chaud en hiver. Il n’y a jamais de revers au bas des pantalons.

LE PULL ;
Sous la veste est porté soit un pull ras du cou appelé jersey (en laine). Il est muni de trois boutons sur l’épaule gauche. Il est porté en hiver.
Pour la saison chaude, c’est un tricot rayé blanc et bleu. Les rayures bleues sont plus étroites que les blanches et quand le marin est habillé, on voit apparaître dans le v formé par la vareuse 7 rayures bleues qui rappellent  les 7 plus grandes victoires navales de notre marine. Juste en-dessous, presque discrète, on peut distinguer un petit renflement noir. C’est la cravate noire qui symbolise le deuil de la défaite de Trafalgar : la flotte anglaise ayant totalement décimé la flotte française. Les Anglais, alors commandés par l’Amiral Nelson (qui mourut au cours de  ce combat), commémorent cette victoire par le port de deux petits rubans noirs sur l’arrière de leur bonnet (Le deuxième petit ruban noir indique le souvenir de leur victoire sur la flotte française à Aboukir).
A savoir : le tricot rayé a 2 manches, plus courtes que la normale, qui  couvrent partiellement les avant- bras, permettant  de ne pas être gêné pour travailler et rester propre.

LES SOULIERS :
De deux sortes (au choix) :
Soit style «  bottines » qui couvrent les chevilles et qui sont munies de petits tampons destinés à protéger les chevilles.
Soit des souliers bas.
Ils sont de cuir noir.

LE CABAN :
En drap chaud il est fermé par des boutons en cuivre. C’est le vêtement qui remplace le manteau. Pour les hommes d’équipage c’est le seul équipement pour les périodes froides.

A NOTER :
Pour les saisons chaudes, les tenues blanches sont en  toile de coton. Le pantalon est toujours à pont. La décision de porter la tenue blanche est prise selon les directives du commandement du lieu où se trouve le marin.

ORIGINE DU SAC EN TOILE :
En raison du manque de place à bord des navires, l’équipage (marin de base) dormait dans des  hamacs munis de chaque côté de cordages terminés par une boucle en cuivre ou en bronze appelés «  araignées ».  Ils étaient tendus  par des crochets fixés sur les poutres. On y plaçait un petit matelas et à chaque bout sous les araignées des petits bouts de bois terminés en V permettaient de garder le hamac ouvert. Quand le matelot était débarqué de son bord, il conservait son hamac dans lequel il emballait son paquetage (habillement et autres effets personnels). Chacun avait sa place définie.
Pour rappeler cette période, le hamac devint un sac de marin, simple à  porter et permettant d’avoir un gain de place pour le ranger lors d’une nouvelle affectation.

Cet article a été rédigé en collaboration entre Jean et Joëlle

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AD 29 : Cadastre exquis Finistériens !

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Vidéo du jour (80) : les lacunes de l’état civil ne sont pas des fatalités !

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Lorsque j’ai commencé mes recherches généalogiques, je me suis heurtée à une impasse avec un ancêtre qui était né à Toul vers 1860. Or en 1939, le Tribunal de Première Instance et l’Hôtel de Ville de Toul, qui possédaient les deux copies de l’état civil, ont tous les deux brûlé. Il n’y avait donc plus ni acte de naissance, ni acte de mariage, ni acte de décès pour cet ancêtre. Mes recherches auraient donc pu s’arrêter là pour cette branche et ne pas remonter plus haut que cette génération.

Mais c’était trop rageant de s’arrêter là dans les recherches, d’autant plus que l’état civil d’avant 1842 avait été épargné. Il me manquait donc juste une génération pour pouvoir remonter plus haut dans l’arbre. J’ai donc recherché d’autres ressources que l’état civil qui n’avaient pas été détruites et qui pourraient me permettre de remonter plus haut dans l’arbre…


 

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1919 : Chasse aux Vieux-Allemands — Alsaciae, Elsaß, Alsace.

Durant la période 1871 à 1918 (et même après) de nombreux mariages ont été célébrés entre Alsaciens et Vieux-Allemand. Depuis plusieurs générations, de nombreux couples mixtes vivaient en paix en Alsace. L’arrivée des Français a été une catastrophe pour de nombreuses familles : ségrégation raciale, épuration ethnique, expulsions et séquestration des biens qui ont été vendus […]

via 1919 : Chasse aux Vieux-Allemands — Alsaciae, Elsaß, Alsace.

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Connaissez-vous Archimag ?

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De janvier à décembre 2018, Archimag vous répond !

Nos journalistes (de vrais humains) vous rencontrent, vous questionnent, vous aident à partager vos expériences, enquêtent et font une veille sur tous les sujets qui vous préoccupent ou vous préoccuperont bientôt.

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Au plaisir de vous compter parmi nos fidèles lecteurs !

Michel REMIZE
Rédacteur en Chef
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Il y a 100 ans jour pour jour: LE MIROIR du 16 décembre 1917 — Un Monde de Papiers

(JOUR 1231 DE LA GUERRE/1561 JOURS DU CONFLIT) L’aviation est à l’honneur de ce numéro avec une remise de médaille pour deux as de l’escadrille des Cigognes que dirigea Charles Guynemer. Il s’agit d’Alfred Henri Joseph Heurtaux (ici écrit Heurteaux) et de René Paul Fonck. Les deux connurent des parcours parallèles. Heurtaux remporta 21 victoires […]

via Il y a 100 ans jour pour jour: LE MIROIR du 16 décembre 1917 — Un Monde de Papiers

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LEBEAU Antoine, deux recherches en une !

Lebeau Antoine

Cliquer pour accéder au site

La recherche sur le « Grand Memorial » s’effectue une base nationale qui regroupe les bases des archives départementales et celle des Morts pour la France 14-18, du projet Mémoire des hommes du ministère de la Défense.

Les réponses pour LEBEAU Antoine donnent deux résultats

a) Antoine Emilaud Pierre Gabriel

b) Antoine Emiland Pierre Gabriel

C’est en réalité le même soldat !

Les résultats trouvés sont

Memorial LEBEAU

La recherche Antoine Emilaud nous donne la fiche MdH

MDH LEBEAU Emilaud

La fiche Antoine Emiland est la fiche du registre matricules

Lebeau Antoine Emiland

Deux recherches en une !

En attendant que toutes les fiches Matricules soient toutes numérisées et mise en ligne.

A vous d’effectuer vos propres recherches !

Complétez ensuite la fiche MGW (si elle existe)

Soldat – 229e R.I.
+ 20/08/1914 Steige 67
Le seul problème c’est la Mairie du Creusot qui réclame 29 euro pour la transcription de décès

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Article du jour (369) : Neutralité du Net


Bienvenue dans un Internet à deux, à trois, à huit vitesses. Ce 14 décembre, la Federal Communications Commission (FCC), le gendarme des télécoms américain, a voté l’abrogation de la neutralité du Net. Derrière cette terminologie austère, un principe fondateur du Web depuis sa création : tous les sites naissent libres et égaux en droits. Ajit Pai, nommé à la tête du régulateur par Donald Trump, avait annoncé la couleur : il allait s’attaquer aux réglementations « à la débroussailleuse ». Et tant pis pour les internautes. Sans neutralité, les poids lourds des télécoms américains — AT&T, Verizon, Comcast — pourront contrôler ce qui circule à l’intérieur de leurs tuyaux, surfacturer l’accès à certains services, brider arbitrairement la bande passante de leurs abonnés ou les empêcher purement et simplement d’accéder à certains contenus. En clair, ils pourront régenter l’accès à l’information, transformant l’abonnement de leurs clients en redevance seigneuriale, sur le modèle de la télévision.


 

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