Annuaire Maisons-Alfort (1911) : Partie I

Répertoire officiel de l’administration de la ville de Paris

et des communes du Département de la Seine

 Député : M. CHENAL, (a) 50 Grande-Rue, à Maisons-Alfort

Conseiller général : M. DUSSAULT, (a) 7, avenue de la Liberté à Charenton.

Conseiller d’arrondissement : M. CUILLERIER, 12, rue des Marguerites, à Alfortville.

Commune de 13.409 habitants (Maisonnais) ; de 567 hectares 53 ares, située à 9 kilomètres 800 de Paris (Notre Dame) ; à 12 kilomètres de Sceaux et à 2 kilomètre 500 de Charenton.

Limitée : au Nord et au Nord-Est, par Saint-Maurice et Saint-Maur-des-Fossés ; au Sud-Est et au Sud Créteil, à l’Ouest, Alfortville.

Deuxième circonscription électorale de l’arrondissement de Sceaux 3.523 électeurs, 3 bureaux de vote à l’Ecole de Garçons (Maisons) et aux groupes scolaires d’Alfort et de Charentonneau.

Fêtes. — Quartiers de Champs-Corbilly, Charentonneau et du Buisson-Joyeux (Route de Créteil) : 1er dimanche de Mai. — Quartier d’Alfort (Place et quai d’Alfort) : 1er dimanche de Juin. — Quartier de Maisons (avenue de la République) ; 2ème dimanche d’Août.

Marchés : à Maisons, le mardi et le vendredi ; à Alfort, le lundi et le jeudi, à Champ-Corbilly, le mercredi et le dimanche. — Concessionnaire : M. Franc, 7, rue Delerue, Saint-Maur.

Postes, télégraphe, téléphone : 57, Grande-Rue et rue de Créteil, 5 et 78 (Recette auxiliaire).

Colis postaux : Livrables en gare et à domicile par Maisons-Alfort.

Moyens de transport : Chemin de fer P.-L.-M. station de Maisons-Alfort. — Tramways : Bonneuil-Concorde (électrique) ; Porte de Vincennes–Porte d’Orléans. — Louvre-Créteil (à vapeur) . — Bateaux-Parisiens.

Historique. — Maisons-Alfort est située au confluent de la Seine et de la Marne, sur une colline où les premiers habitants avaient construits leurs demeures pour les mettre à l’abri des inondations. Le village ainsi formé n’avaient pas de désignation officielle, on prit l’habitude de dire : aller aux maisons, venir des maisons, et le nom resta à l’agglomération. Elle s’appela Maisons-près-le-Pont-de-Charenton, Maisons-sur-Seine, et à partir de la Révolution, Maisons-Alfort.

Dès le moyen-âge, Maisons-Alfort, s’étendait des rives de la Marne aux rives de la Seine, comprenait Alfort, ainsi dénommé de Hareford ou Harefort, nom d’un seigneur d’origine anglaise, devenu par corruption Hallefort-Charentonneau, fief dépendant de l’Abbaye de Saint-Maur et le territoire d’Alfortville, qui fut érigé en commune distincte en 1885.

La paroisse de Maisons-Alfort faisait partie du doyenné du Vieux-Corbeil ; lors de la réorganisation administrative de 1787, elle forma une municipalité de l’arrondissement de Bourg-la-Reine, au département de Corbeil. Commune du district de Bourg-la-Reine et du Canton de Saint-Maur en 1790, elle passa au Canton de Charenton et y demeura devenant en l’an X, commune de l’arrondissement de Sceaux.

Au Xe siècle, Maisons-Alfort possédait deux églises, dédiées à Saint-Remi et à Saint-Germain ; par la suite la première devint église paroissiale et la seconde disparut. Hugues Capet avait fait don des deux églises, du territoire et des serfs le cultivant, à l’abbaye de Saint-Maur, qui l’affranchit moyennant une forte somme au moyen-âge.

Lors des guerres des XVe et XVe siècles, Maisons-Alfort eut fort à souffrir ; cent ans après les Frondeurs ravagèrent la contrée et, entre autres localités, pillèrent Maisons. A partir de cette époque une grande partie des habitants, voyant sans cesse piller leurs récoltes, cessèrent de cultiver la terre et travaillèrent dans les carrières.

En 1789, la municipalité rédigea un cahier de doléances, dont les articles sont semblables à ceux des autres communes ; les habitants demandent une meilleure répartition de l’impôt, la suppression des capitaineries. La Révolution ne laissa que peu de traces dans la commune : la municipalité équipa quinze volontaires en septembre 1792.

En 1814, les élèves de l’Ecole vétérinaire fortifièrent le château d’Alfort et défendirent le pont de Charenton, plusieurs furent blessés et l’un d’eux, Jean Pigeon, fut tué : un monument fut élevé à sa mémoire dans l’école même. En 1815, Maisons revit les alliés et fut occupée pendant longtemps.

Les diverses révolutions qui suivirent passèrent presque inaperçues à Maisons-Alfort ; de grands travaux furent entrepris qui contribuèrent à la prospérité du pays : en 1827, construction du pont d’Ivry ; en 1841, celle du Fort de Charenton ; en 1849, celle de la ligne de Lyon. Par contre, la Révolution de 1848 et le Coup-d’Etat du 2 décembre furent accueillis avec enthousiasme.

En 1870-71, les habitants émigrèrent à Paris, aucun combat ne se livra sur le territoire d’Alfort, mais on dut par nécessité, mettre les maisons en état de défense ; l’occupation étrangère suivit de la conclusion de la paix et dura jusqu’en septembre 1871, et cette occupation fut particulièrement dure et onéreuse pour les habitants de Maisons-Alfort.

Quelques années après (1876), une inondation fit des ruines considérables dans la localité, qui commençait à renaître à la prospérité : la ligne de Lyon seule empêcha les eaux de la Seine et de la Marne de se confondre bien avant leur point de jonction.

En 1885, lorsque le quartier d’Alfortville voulut s’émanciper, le Conseil municipal eut la sagesse de ne pas s’opposer, et la loi du 1er avril 1885, créa la commune d’Alfortville.

A Alfort existe depuis de longues années une Ecole Vétérinaire, créée par Bourgelat en 1765, dans l’ancien château acheté par ordre du roi à son propriétaire, M. Oursel. Le premier directeur fut Chabert, élève de Bourgelat. Elle fut supprimée en 1790 et réorganisée en l’an III. En 1840, elle fut entièrement reconstruite. On peut voir à l’Ecole le monument du fondateur Bourgelat par Rauk ; celui de Henri Bouley, mort en 1883 par Allouard et celui du professeur Edmond Nocard, inauguré en 1907.

En janvier 1910, les inondations firent de grands ravages à Maisons-Alfort ; la moitié du territoire fut envahie par les eaux, le quartier d’Alfort et une partie de Charentonneau furent inondées par la Marne ; le premier de la gare à Maisons, a été envahie par les eaux par suite de la rupture de la voie du chemin de fer du P.L.M.

Industrie et Commerce. — On trouve à Maisons-Alfort une distillerie de grain, dont les bâtiments englobent une habitation qui fut habitée par Guétry ; une fabrique d’absinthe et de spiritueux ; une fabrique de biscuits et de pâtes alimentaires ; des fabriques de sous-bras en caoutchouc, d’instruments de chirurgie, des ateliers de constructions mécaniques ; des fabriques d’huiles et de savons, de meules en émeri vulcanisé ; des manufactures de chapeaux, de cires à cacheter, d’accessoires de billards. Il y a également des moulins importants et des carrières. Les deux écarts, Alfort et Charentonneau, sont des sites pittoresques qui attirent les promeneurs et les touristes.

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Titres et médailles

(a) = Chevalier de la Légion d’Honneur

(b) = Officier de la Légion d’Honneur

(c) = Officier de l’Instruction Publique

(d) = Officier d’Académie

(e) = Chevalier du Mérite Agricole

(f) = Officier du Mérite Agricole

(g) = Médaille de la Mutualité

(h) = Médaille Militaire

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