Archives quotidiennes : 13 mai 2016

Blog du jour (108) : Camicaos

Archives de la Police

 

Un blog écrit par : Camicaos

Camille Causse. Ce blog, tenu par une archiviste, veut tordre le cou aux idées préconçues sur les archives et faire découvrir un univers plus attractif que vous ne l’imaginez.

Parce que les archives vous entourent au quotidien, sans que vous le sachiez. Parce que trop de personnes ne savent pas qu’archiviste, c’est un métier. Parce que les archives ne sont pas nécessairement vieillottes et poussiéreuses. Parce que toute discipline, en produisant des savoirs, produit des archives.

Site perso : http://camicaos.com/

Twitter : @CaosCami

Facebook : https://www.facebook.com/CAOS.blog

*

Publicités

Poster un commentaire

Classé dans Blog du jour, Blogs de généalogie

La Gazette du vendredi 13 mai 2016

Histoire – Généalogie

La Gazette du vendredi par Thierry SABOT

Si vous appréciez la Gazette, merci de la faire suivre à vos relations généalogiques…


 

A noter : si vous rencontrez des difficultés pour recevoir la Gazette dans votre messagerie, vous pouvez aussi la recevoir par mail, chaque vendredi, en vous abonnant au Yahoo Groupe de la Gazette.


Pour être sûr(e) de recevoir la Gazette chaque vendredi,

merci d’ajouter l’adresse suivante :
thierry-sabot@orange.fr dans votre carnet d’adresses.

A lire

La petite histoire de nos ancêtres

Scènes de vie sous l’occupation allemande (1er épisode), par Christian Baumgarth & Michel Baumgarth

La vie quotidienne sous l’occupation allemande ne fut pas vraiment de tout repos ; quelques vieilles photos en vrac dans une valise en carton, un paquet de lettres sexagénaires retrouvées dans une boite sur la tablette d’une armoire et un morceau d’un vieux cahier d’écolier nous ont révélé des événements de notre passé familial dont nous ne savions presque rien faute d’avoir interrogé nos anciens… Lire la suite…

La petite histoire de nos ancêtres

L’homme qui murmurait en patois gascon à l’oreille de son cheval, par Jacques Dupé

Le 3 septembre 1939, la France déclare la guerre à l’Allemagne. Dans les jours qui suivent, l’armée française réquisitionne tous les chevaux dont le pays dispose. Marcel, à regret, doit se défaire de Mignon, un magnifique cheval de trait, haut, puissant et gentil. Quand est-ce qu’il reviendra ?… Lire la suite…

Poster un commentaire

Classé dans A lire

Histoire de Maisons (IV-8) : de 1895 à 1896

*

de 1895 à 1896

QUATRIEME PARTIE – Sous la troisième République.

CHAPITRE Huit

1895 – Un brave homme, Auguste Simon, avait, en mourant, laissé tout son modeste avoir à la commune. Le testament dans lequel il a consigné ses dernières volontés est rempli de pensées généreuses, en voici le résumé :

« Ceci est mon testament écrit et daté de ma main. Moi, Auguste Savinien Simon, je lègue à la commune de Maisons-Alfort la propriété habitée par moi rue de Mayenne, pour être vendue. L’argent provenant de la vente sera employé en achat de rentes sur l’Etat, et le revenu accumulé, jusqu’à ce qu’il y ait la somme nécessaire pour faire entrer aux Petits Ménages un vieillard ayant au moins quatre années de résidences dans la commune.

« Il ne devra appartenir à aucune congrégation religieuse.

« On devra commencer par une femme.

« Je laisse également la somme en argent nécessaire pour faire le placement immédiat d’un vieillard.

« Et aussi 1 200 francs à la caisse des écoles, pour que le revenu soit employé en récompenses aux enfants, sous forme de livrets de la caisse d’épargne.

« Si les écoles devenaient congréganistes, cette rente irait à l’Assistance publique, et leur reviendrait, le jour où elles seraient de nouveau laïques.

« Il sera donné chaque année, le jour de la fête patronale, une somme de 500 francs à la jeune fille la plus sage, âgée d’au moins vingt et un ans, « désignée par ses compagnes, et acceptée par le conseil municipal ». Elle ne devra appartenir à aucune congrégation religieuse, et ne sera pas obligée de se marier, « le mariage n’étant pas dans tous les goûts ».

Le décès du donateur était survenu en 1888 ; mais les nombreuses formalités administratives avaient empêché, jusque-là, que ses dernières volontés pussent être accomplies.

En 1895, pour la première fois, on put procéder à l’élection de la rosière, ou plutôt des rosières, car les fonds s’étant accumulés, il y avait de quoi en doter quatre.

Comme on l’a vu, le testateur prévoyait l’élection de la rosière « par ses compagnes ». Le maire, interprétant cette indication dans le sens le plus étroit, avait décidé que, seules, les candidates acceptées prendraient part au vote, de sorte que, chose toute naturelle, chacune votant pour elle-même, ce ne fut qu’après avoir épuisé les tours de scrutin réglementaires, que les rosières furent élues, par quatre, trois, et même deux voix.

C’étaient : Mlles Lebeau, Conan, Chétoux, et Vernes.

L’année suivante, on procéda autrement ; il fut fait un appel à toutes les jeunes filles majeures, qui eurent à voter pour le choix de la plus méritante, parmi celles d’entre elles remplissant les conditions exigées.

C’était une première application d’un droit électoral pour les femmes.

Au delà de la route de Créteil, sur le chemin de Saint-Maur, au lieu dit le Buisson joyeux, on avait aussi tracé dés rues, et on bâtissait des maisons. Dans les Buttes, – cette reproduction d’une Suisse en miniature, avec ses montagnes, ses lacs et ses précipices, qui après avoir pendant de nombreuses années servi de chantier à des générations successives de carriers, était devenue la promenade favorite des habitants de Maisons, le rendez-vous des amoureux, et où la culture des champignons dans les cavages avait succédé à l’extraction de la pierre, – on commençait aussi à vouloir tracer des chemins, suivant les sinuosités des anciennes carrières d’extraction.

Il se trouve des gens assez amateurs du pittoresque, pour bâtir là des maisons dont le toit n’atteint pas toujours le sommet des buttes voisines.

Les habitants de la rue de Mayenne avaient déjà demandé, à diverses reprises, à faire partie de la commune de Créteil, le chemin de Saint-Maur qui les rattache à Maisons étant impraticable. Suivant une pétition, « un corbillard y avait versé, lançant la bière sur le sol ». Un projet déchange de territoires fut fait et approuvé de part et d’autre Maisons cédant la rue de Mayenne, et recevant une surface un peu plus grande, rue de l’Echat, au lieu dit l’Orme au chat. La solution définitive ne devait intervenir que beaucoup plus tard.

1896 – Le 16 mai, à la suite du renouvellement du conseil municipal, M. Durst, qui était maire depuis douze ans, fut remplacé dans sa fonction par l’auteur de ce récit, qui avait été adjoint à deux reprises et faisait partie du conseil depuis huit ans.

Les grands travaux s’achevaient et la mairie était à peu près terminée.

Le 12 juillet eut lieu l’inauguration solennelle de la maison commune, sous la présidence de M. de Selves, qui venait de succéder à M. Poubelle à la préfecture de la Seine, M. Barthou, ministre de l’intérieur, qui avait promis son concours, n’ayant pu au dernier moment tenir sa parole.

Le programme était celui de toutes les cérémonies de ce genre : musique, discours, lunch, banquet et bal, le tout agrémenté de pavoisements et d’illuminations.

Une immense tente avait été installée sur la pelouse, derrière le bâtiment principal : les personnages officiels ayant pris place sur l’estrade, le défilé des discours commença. Nous en donnons quelques extraits, dans l’ordre où ils ont été prononcés.

Le maire, après avoir adressé des paroles de bienvenue au préfet de la Seine, à MM. Alexandre Lefèvre, sénateur, Baulard, député, Gervais, président du conseil général ([1]), Charles Laurent, secrétaire général de la préfecture de police, et remercié M. Barrier, conseiller général du canton, pour le concours qu’il avait apporté à la commune, afin d’obtenir des subventions, continuait en ces termes :

« Maintenant, puisque nous inaugurons une mairie, il faut bien que nous en causions un peu, parlons aussi de notre commune, la raison d’être de cette mairie.

« Je ne remonterai pas jusque vers l’an 1200, époque où, paraît-il, Maisons existait déjà à l’état embryonnaire. Mais, en 1814, ce n’était déjà plus un embryon ; il y avait sur son sol des hommes ayant au cœur l’amour de la Patrie. Les troupes alliées s’en aperçurent à leurs dépens.

« La défense du Pont-de-Charenton, par les élèves de l’Ecole d’Alfort, fait partie de l’histoire.

« Une tombe et un nom, sous les arbres, dans l’Ecole, apprennent aux générations qui s’y succèdent, la fin glorieuse de Jean Pigeon.

« La mairie est en même temps la tête et le cœur de la commune ; avec elle, elle doit grandir : la nôtre a subi la loi de toutes.

« Dans mon enfance, j’ai connu, à deux pas d’ici sur la place de l’Église, une modeste maison, qui contenait la mairie, l’école et tous les services communaux ; cela suffisait.

« En 1866, la commune avait grandi, on commençait à penser à l’instruction ; on fit des écoles et on transforma une vieille ferme en maison commune. C’était la mairie que nous allons quitter.

« Il y avait déjà un progrès considérable. Comme je l’ai dit, on avait fait des écoles, on avait aussi installé une bibliothèque. On sentait la poussée en faveur de l’instruction.

« La commune grandissait toujours.

« Dans une plaine qui en dépendait, entre le chemin de fer et la Seine, naissait une nouvelle section : Alfortville.

« Ce rejeton était si vivace, qu’en fort peu de temps, il fut aussi grand que sa. mère, et, comme tous les enfants lorsqu’ils se sentent des ailes, il prit son vol.

« En 1885, la commune d’Alfortville était fondée ; elle est aujourd’hui plus importante que la nôtre ; cela fait toujours honneur d’avoir des enfants vigoureux et bien venants.

« Y a-t-il rien de plus significatif, au point de vue de lévolution démocratique, que ces installations fréquentes de mairies, maisons de tous, dans des demeures quasi-princières, dont une seule famille jouissait ?  …

« Merci à tous, qui, invités ou non, êtes venus en si grand nombre assister à cette cérémonie, et contribuer ainsi à en augmenter l’éclat vous avez voulu, avec raison, que nos hôtes puissent emporter le meilleur souvenir de la population de Maisons-Alfort et de ses environs, toujours si sage et si dévouée à la République. » 

M. Gervais, prenant la parole à son tour, s’exprima ainsi :

« Messieurs,

« Je viens, répondant à votre aimable appel, apporter au nom du conseil général de la Seine, mes félicitations à la commune de Maisons-Alfort, pour l’œuvre aujourd’hui achevée.

« Vous savez avec quel empressement l’assemblée départementale s’associe à ces entreprises par lesquelles doit se fortifier l’action démocratique, et c’est avec une vive satisfaction que le conseil général seconde les efforts des communes, dans tout ce qui peut contribuer à rendre plus facile et meilleure la vie communale.

« C’est par la commune, en effet, qu’on peut apprécier les bienfaits qu’on ne manquera pas de retirer d’une action républicaine et fraternelle.

« La commune, c’est « la plus grande famille ».

« A elle se rattachent les faits essentiels de notre existence légale, et c’est à la mairie, son expression officielle, que viennent se fixer et s’inscrire les grands événements – heureux et malheureux – de notre vie sociale.  …

« Dirai-je que, en dehors de votre dévouement commun aux intérêts publics, elle a été facilitée par vos qualités, et que votre cordialité, et la franchise qui l’assortit, font ensemble l’agrément et l’utilité de vos rapports. Dirai-je que votre conseiller général est un républicain ardent ; que ses convictions sont secondées par une intelligence active et éclairée, un caractère probe, un dévouement toujours en éveil, une autorité scientifique incontestée, et que la fidélité chez l’homme politique n’a d’égale que la sûreté chez l’ami.  …

« Et c’est pourquoi je viens ici vous apporter le témoignage de notre amicale sympathie, et vous dire que nous. nous réjouirons toujours de vous aider dans vos œuvres, servant avec vous et par vous la cause républicaine et démocratique. »

Puis M. Barrier :

« Mes chers concitoyens,

« Permettez-moi de joindre mes plus vives félicitations à celles que les orateurs précédents viennent si justement d’adresser à la population de Maisons-Alfort, à son conseil municipal, aux organisateurs de cette fête.

« Mon vœu le plus ardent est que votre nouvelle mairie demeure, plus encore que l’ancienne, le sanctuaire de vos libertés, de vos franchises ; qu’elle n’abrite jamais que des administrateurs intègres, de sincères défenseurs de la démocratie et de la République ; que, née du concours de tous, elle reste toujours le symbole de votre union, de votre solidarité, aux heures de tristesse ou de joie.

« Je remercie bien affectueusement mes excellents amis, M. le maire de Maisons-Alfort et M. Gervais, président du conseil général, des paroles flatteuses dont ils ont bien voulu m’honorer.

« Tout autre que moi, croyez-le bien, vous eût aidés avec le même empressement, le même dévouement, beaucoup mieux peut-être, car, en essayant de faire mon devoir, il me reste toujours quelque crainte de ne pas avoir assez servi vos intérêts comme ils méritaient de l’être.

« La présence de l’un des plus sympathiques conseillers suburbains, de l’un des meilleurs d’entre nous, à la tête du conseil général est, en même temps qu’un grand honneur, d’un excellent augure pour la banlieue. Nous avons voulu y voir le signe que Paris – consent, plus que par le passé, à faire avec nous l’indispensable, pour assurer la prospérité de sa ceinture suburbaine appelée dans l’avenir à être terre parisienne ; que, ce faisant, c’est encore bien travailler pour lui que de mieux travailler pour nous.  …

« Je tiens à remercier à mon tour, M. le Préfet de sa promesse d’être des nôtres aujourd’hui et qui mieux est, de s’être souvenu de la parole donnée.

« Nous lui sommes reconnaissants d’avoir accepté d’inaugurer la série de ses visites suburbaines par l’une des plus modestes communes du département.  …

« Jai foi dans la loyauté, la droiture, la sincérité de M. le Préfet, et je compte en votre nom ses bonnes intentions pour la prospérité de nos communes, et le bien de la République. »

Après les allocutions de MM. Alexandre Lefèvre et Baulard, M. le Préfet remercia les orateurs précédents pour les paroles cordiales qu’ils lui avaient adressées.

« J’ai tenu, a-t-il ajouté, à marquer, par ma présence au milieu de vous la sollicitude constante que je porte à toutes les communes de la banlieue, dont les intérêts sont intimement liés à ceux de la ville de Paris. »

Puis il remit au nom du ministre de l’intérieur, les palmes académiques au docteur Morisson, médecin de l’état civil des écoles et du bureau de bienfaisance, et à M. Martigny, trésorier de la caisse des écoles et administrateur du bureau de bienfaisance.

Assistaient également à cette inauguration :

MM. Le Roux, directeur des affaires départementales ; Bruman, secrétaire général de la préfecture de la Seine ; Capdeville, conseiller d’arrondissement ; Hétier, ingénieur en chef ; Pérard, ingénieur ordinaire, la plupart des chefs de service de la préfecture, les maires et adjoints des communes environnantes, et bon nombre de personnages officiels dont les noms nous échappent.

Cette fête se continua et se termina par un lunch, un banquet et un bal ; elle fut parfaitement réussie d’un bout à l’autre.

La plaque commémorative placée sous le péristyle porte l’inscription suivante :

LE 12 JUILLET 1896

Cette Mairie a été inaugurée

 Sous la Présidence de M. DE SELVES, préfet de la Seine

M. CHENAL étant Maire.

MM. PERINELLE et SOURBER, adjoints :

MM. Faitot, Joubert, Pestat, Rasse, Fleutiaux, Delion, Lebon, Fischer, Champion, Brousse, Bonneterre, Renard, Pouillet, Maréchal, Durst, Peyrounil, Faivre, Millot, Courties, Depesmes, Conseillers municipaux.

Georges Guyon, architecte.

Nous avons donné les noms des maires des communes du canton de Charenton en 1790, voici ceux de leurs successeurs en 1896 :

Charenton (chef-lieu) M. Dussault ; Saint-Maurice (créée depuis), M. Gaultier ; Maisons-Alfort, M. Chenal ; Créteil, M. Grinoux ; Bonneuil, M. Gross ; Alfortville (créée depuis), M. Lemainque.

Depuis 1892, Créteil et Bonneuil font partie du canton de Saint-Maur.


[1] M. Gervais a été élu député en 1898.

*

Poster un commentaire

Classé dans A lire, Amédée Chenal, Histoire locale, Maisons-Alfort