Archives quotidiennes : 6 mai 2016

État des communes – Maisons-Alfort (1904) – (006)

I  –  Faits historiques (suite 3)

 

Alfort.Le site d’Alfort, sur la rive gauche de la Marne, un peu au-dessus de son confluent avec la Seine, est exceptionnellement pittoresque. La rivière y baigne des îles boisées et les coteaux de l’autre rive offrent un panorama des plus agréables. En dépit des difficultés de la navigation, qui y est même assez périlleuse, il n’est pas douteux que, depuis une époque très reculée, ce rivage fut habité, surtout par des pêcheurs. On en a la preuve dans la découverte d’un tumulus gaulois, qui a fait l’objet d’une note du général Creuly dans la Revue archéologique de 1858-1859 (t. Il, p. 561).

Les mentions d’Alfort au moyen âge sont rares: on en trouve une en 1362 sous le nom d’Hareford ou Harefort, qui semble être d’origine anglaise. C’était alors un manoir, portant le nom de son propriétaire. En 1612, on disait Hallefort, par corruption, et le domaine appartenait au sieur Mallet, audiencier en la Chambre des comptes de Paris. Plus tard, en 1641, le seigneur était Louis de Falcony, mais en partie seulement, car l’archevêché restait seigneur haut justicier. M. Chenal nous apprend qu’en 1667, à la mort de Falcony, le domaine passa à la famille Lamauzé, puis à Louis Lhéreau de Saint-Germain, qui, ajoute-t-il, la vendit à un représentant du roi pour y fonder l’École vétérinaire. Il doit y avoir là une légère omission, car l’abbé Lebeuf, auteur contemporain et très exactement informé, écrit vers 1755: « Ce lieu appartenait à M. Oursel, qui l’a fort embelli ».

Ce fut donc M. Oursel le dernier propriétaire et le véritable vendeur du château. La vente eut lieu en 1765 (27 décembre), par ordre du ministre Bertin qui avait fort admiré l’École vétérinaire fondée à Lyon, quelques années auparavant, par Bourgelat. A Alfort on imita les plans et l’installation de Lyon ; mais, si Bourgelat a droit au titre de fondateur, il ne fut pas ici directeur ; cette fonction fut dévolue à un de ses élèves, nommé Chabert. Supprimée en 1790 comme tous les autres établissements d’enseignement de l’ancien régime, l’École d’Alfort fut réorganisée par la Convention (décret du 29 germinal an III), et l’on peut dire que, depuis cette date, elle a toujours été l’objet d’améliorations de la part des pouvoirs publics. Les bâtiments anciens disparurent en 1840 pour faire place à ceux qui existent aujourd’hui et qui eux-mêmes ont été singulièrement agrandis et transformés, notamment en 1882.

 Charentonneau.Comme Alfort, Charentonneau fut, à l’origine, un domaine seigneurial, un fief, dépendant de l’abbaye de Saint-Maur. On le trouve mentionné, dès la seconde moitié du XIIe siècle, sous les formes latines Carentoniolum, Charentonellum, et plus tard, en français, Charentonnel ou Charentonneau. C’est, en tout cas, un diminutif de Charenton, et cela s’explique si l’on se rappelle que la commune de Saint-Maurice, qui lui fait face, se nommait naguère Charenton-Saint-Maurice. L’abbé Lebeuf, et M. Chenal après lui, ont donné la liste à peu près complète des seigneurs de Charentonneau sous l’ancien régime ; l’énumération n’en offre que peu d’intérêt. Les principaux furent Nicolas Braque et Philippe de Mézières sous Charles V ; les familles d’Harcourt, de Vaudémont, de Rieux au siècle suivant, celle des Alligret aux XVIe, et XVIIe siècles, et au XVIIIe siècle, celle des Gaillard. Le registre des sépultures de la paroisse de Maisons mentionne, à la date du 1er juin 1789, l’inhumation, dans le chœur de l’église, de « messire René Gaillard de Monmire, seigneur de Charentonneau, âgé de 77 ans ou environ ». Sous Napoléon Ier , le domaine appartint au maréchal Berthier, qui, en 1808, devint propriétaire de Grosbois. De nos jours, Charentonneau a été loti et constitue désormais un quartier important de la commune de Maisons-Alfort.

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Département de la Seine
Direction des affaires départementales.
Etat des communes à la fin du XIXe siècle
publié sous les auspices du Conseil Général
MAISONS-ALFORT
Notice Historique et Renseignements administratifs
Montévrain, Imprimerie typographique de l’École d’Alembert
Édité en 1904

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Classé dans Histoire locale, Maisons-Alfort

… dans l’enfer de Verdun, avril-mai 1916

Lorsqu’il apprit la mort de son fils Alexis Victor, déchiqueté par un éclat d’obus sur le front de la Somme en avril 1918, le très dévot Alexis Joseph Turbelier (1864-1942) – mon arrière-grand-père maternel – se serait écrié, au comble de la souffrance : “C’était mon enfant préféré, Dieu m’a puni d’avoir été injuste avec les autres! ” Dès […]

via Alexis Turbelier (1897-1918), dans l’enfer de Verdun, avril-mai 1916 — 6bisruedemessine

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Registre paroissial d’Ochiaz (01)

Chroniques météorologiques

 

En 1783 une éruption d’un volcan islandais a eu des répercussions non seulement dans l’ouest de la France mais aussi dans l’Ain

Le curé d’Ochiaz écrit sur son registre :

« Cette année un brouillard continuel a régné tout l’été de façon qu’on regardoit aisément et sans être ébloui le soleil qui paroissoit rouge et d’une circonférence plus grande.

le peuple s’en effrayoit.

on a éprouvé dans la même année des maladies épidémiques dans bien des endroits et surtout dans le pays de Gex et Bresse

on n’avait jamais entendu tant et de si furieux tonnerres et on ne se rappelle pas d’époque où il eut tué tant de monde et causé d’autres fléaux que dans cette  même année  »

 

Les registres paroissiaux servent aussi de chroniques météorologiques !

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Lire aussi Article wikipedia

Merci à : Adhérent-CGMA-Maryse-203

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