Archives quotidiennes : 5 mai 2016

Le second registre (par la FFG)

Le second registre

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État des communes – Maisons-Alfort (1904) – (005)

I  –  Faits historiques (suite 2)

La révolution de 1848 fut accueillie avec enthousiasme par la municipalité qui rédigea la déclaration suivante

« Le Conseil adhère au gouvernement provisoire de la République française inaugurée à l’Hôtel de Ville après le triomphe des braves habitants de Paris dans les trois journées des 22, 23 et 24 février sur l’ex-gouvernement. » Le maire était, depuis 1813, M. Dodun, qui n’en était donc pas à son premier ni à son dernier changement de régime politique, mais que seuls les intérêts de la commune préoccupaient.

La promulgation de la Constitution, le 19 novembre 1849, fut l’occasion d’une fête à la fois politique, religieuse et militaire, dont le registre de délibérations a conservé le souvenir : « les troupes de la garnison » avaient été convoquées ; la lecture de l’acte constitutionnel fut célébrée par le clergé paroissial aux chants des Veni, Creator et des Te Deum ; enfin, le soir, il y eut bal et réjouissances publiques.

Ces sentiments républicains ne furent pas de longue durée : le 11 octobre 1852, le Conseil municipal adressait au prince-président ses protestations de dévouement et d’admiration, conçues dans les termes les plus louangeurs qu’on puisse imaginer, en y ajoutant un vœu formel pour le rétablissement de la dignité impériale. Il faut, d’ailleurs, reconnaître que ce revirement ne fut pas spécial à Maisons-Alfort ; bien peu de municipalités surent s’y soustraire et prévoir l’avenir.

Sous le second Empire, la commune améliora ses ressources en créant un octroi, et son bien-être, par divers travaux de viabilité, d’éclairage, d’adduction d’eau. Le maire dont nous venons de parler, M. Dodun, mourut en fonctions, le 10 avril 1855. Par délibération du 12 mai 1856, le Conseil municipal décida qu’une concession perpétuelle serait attribuée à ses restes dans le cimetière communal, et ouvrit un crédit de 150 francs pour y placer l’inscription suivante:

« A Mr Claude-Laurent-Marie, marquis Dodun de Keroman, chevalier de la Légion d’honneur, pendant 43 ans maire de la commune de Maisons-Alfort. »

C’est vers 1863 qu’il faut placer les premières manifestations de constructions dans la partie occidentale de la commune, entre le chemin de fer et la Seine ; elles se développèrent rapidement Alfortville venait au monde et entrait dans cette première période de la vie où une tutelle est nécessaire longtemps encore avant l’âge de l’émancipation.

La guerre de 1870 éclata ; les combats se produisirent au delà du territoire de la commune qui fut relativement épargnée, encore que les nécessités de la défense aient fait abattre les beaux arbres des deux grandes routes et de plusieurs propriétés particulières. Les habitants, cependant, se réfugièrent à Paris devant les craintes de bombardement, de rupture des ponts, de famine ; les services municipaux y furent également transférés. Après les angoisses morales et les souffrances matérielles de l’investissement, allait commencer pour Maisons-Alfort une période encore plus cruelle, celle de l’occupation étrangère, pour la troisième fois dans le même siècle, mais bien plus longue et douloureuse que les deux précédentes, puisqu’elle dura jusqu’au mois de septembre, et que de mars à mai vinrent s’y ajouter les émotions du drame de la guerre civile. « Si les maisons, dit M. Chenal, avaient été en partie démolies par les troupes françaises, elles furent souillées de toutes les façons par les Allemands; lorsqu’ils les quittèrent, une véritable désinfection devint nécessaire. Certaines personnes ne voulurent plus les habiter, notamment M. Camille Rousset, l’académicien, qui avait une maison de campagne sur le quai d’Alfort.

Les vestiges matériels de ces calamités étaient à peine effacés, qu’un nouveau désastre vint accabler la commune : en 1876, la Marne et la Seine, grossies démesurément, couvrirent la plaine et tentèrent de confondre leurs eaux bien au-dessus du point normal où elles se rencontrent ; seuls, les talus du chemin de fer purent s’y opposer, mais les dégâts furent considérables, au point que le président de la République – c’était alors le maréchal de Mac-Mahon vint rendre visite aux sinistrés et leur apporter des secours.

C’est le quartier d’Alfortville qui avait le plus souffert. L’expérience lui servit : des travaux importants de remblayement furent effectués pour prévenir le retour de pareils dommages, et le mouvement de construction s’y développa de plus belle, Si bien qu’en 1883, la population de ce quartier n’hésita pas à réclamer sa constitution en commune distincte. Dans la Notice historique sur Alfortville, nous avons donné le texte de la pétition rédigée à cet effet ; il suffit ici d’en rappeler les points essentiels : la section d’Alfortville exposait que la ligne du chemin de fer de Lyon créait entre sa métropole, Maisons, et elle, une barrière infranchissable ; que, d’autre part, la population de Maisons était composée de cultivateurs de père en fils, tandis que celle d’Alfortville comportait en grande partie des éléments industriels et ouvriers. Les pétitionnaires faisaient encore valoir qu’ils avaient de leurs propres deniers conquis le territoire sur les eaux, créé leurs rues, payé leurs dettes envers l’Etat et la commune ; enfin ils réclamaient « le droit à la personnalité communale, aussi sacré que celui de la liberté individuelle dont il dérive ».

A la différence de ce qui passe presque toujours lorsqu’une section de commune poursuit son émancipation, le Conseil municipal de Maisons-Alfort eut la sagesse de ne pas protester ; par seize voix contre une, il accueillit la requête qui lui était présentée les formalités administratives suivirent dès lors leur cours et la loi du 1er avril 1885 créa la nouvelle commune d’Alfortville.

Nous n’avons plus maintenant à mentionner que peu de faits d’ordre général : le 12 juillet 1896, eut lieu, sous la présidence de M. de Selves, préfet de la Seine, l’inauguration de l’élégante mairie installée dans l’ancien fief seigneurial de l’Image ; plusieurs discours y furent prononcés par les représentants du département, du canton, de la commune.

Une autre solennité administrative eut lieu le 14 août 1898, jour où fut couronnée une rosière en vertu de la fondation Auguste Simon, et où l’on inaugura le buste de la République, œuvre du sculpteur Hercule, offert à la commune par le département. MM. Charles Vaudet, conseiller général,  Chenal, maire, et Simonet, chef du bureau des communes, représentant le préfet de la Seine, y prononcèrent des discours fort applaudis.

Il nous faut enfin noter la triste cérémonie qui, le 22 juillet 1903, réunissait à Maisons-Alfort plusieurs fonctionnaires des deux préfectures autour des représentants élus de la circonscription et du canton pour les obsèques des quatre victimes d’une explosion à l’usine Springer.

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Département de la Seine
Direction des affaires départementales.
Etat des communes à la fin du XIXe siècle
publié sous les auspices du Conseil Général
MAISONS-ALFORT
Notice Historique et Renseignements administratifs
Montévrain, Imprimerie typographique de l’École d’Alembert
Édité en 1904

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Article du jour (238) : Série TV tournée aux AD de Haute-Garonne (31)

Article paru dans la Dépêche du Midi du 3 Mai 2016.

Les Archives départementales de Haute-Garonne ont été choisies pour le tournage d’une série télévisée intitulée « Glacé », réalisée par Laurent Herbiet et produite par la société Gaumont Télévision. Cette série, dont les rôles principaux sont interprétés par Charles Berling et Julia Piaton, est une adaptation du polar du même nom de Bernard Minier, qui a reçu le prix du meilleur roman francophone du Festival Polar de Cognac en 2011. Les six épisodes de 52′ seront diffusés sur M6.
Les Archives départementales seront le temps du tournage la gendarmerie où les deux Capitaines Servaz (Charles Berling) et Ziegler (Julia Piaton) mènent l’enquête autour d’étranges crimes dans une vallée encaissée des Pyrénées. Cinq scènes seront tournées le jeudi 5 mai 2016.
> Situé au bord du canal du Midi, avenue Griffoul-Dorval, le bâtiment des Archives départementales a été conçu en 1955, pour le compte du Conseil général, par les architectes Viatgé et Castaing dans un style contemporain directement inspiré de Le Corbusier.

LIONEL LAPARADE

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Article du jour (237) : AD 94

AD 94

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