Archives quotidiennes : 3 mai 2016

État des communes – Maisons-Alfort (1904) – (003)

Maisons-Alfort [1]

Anciennement, communauté de la Généralité et de l’Élection de Paris, paroisse du doyenné du Vieux-Corbeil.

De 1787 à 1790, municipalité du département de Corbeil et de l’arrondissement de Bourg-la-Reine.

De 1790 à 1792, commune du district de Bourg-la-Reine et du canton de Saint-Maur.

De 1792 à l’an IX, commune du district de Bourg-la-Reine (supprimé par la Constitution de l’an III) et du canton de Charenton-le-Pont.

Depuis l’an X, commune de l’arrondissement de Sceaux et du canton de Charenton-le-Pont.

I  –  Faits historiques

Avant de confondre leurs eaux, en aval du pont de Charenton, en un point qui pour cette raison a reçu le nom de Conflans (confluent), la Seine et la Marne limitent une plaine d’environ trois kilomètres de largeur sur deux de longueur, et à l’extrémité de laquelle, du côté de l’est, le terrain s’élève en faibles ondulations. C’est en ce lieu, à l’abri des inondations, que les cultivateurs de la plaine se bâtirent de modestes maisons, mansiones, dont la réunion forma un village. Ils prirent l’habitude de dire : aller aux maisons, venir des maisons, et le nom commun finit par devenir le nom de la localité.

Quant à la dénomination composée : Maisons-Alfort, elle est toute moderne et administrative. On ne la rencontre jamais dans les actes antérieurs à la Révolution ; tous ceux que nous avons vus, et, notamment, les registres paroissiaux de baptêmes, mariages et sépultures, dont la suite va de 1599 à 1792, désignent le village sous le nom de Maisons près le pont de Charenton, ou de Maisons, diocèse de Paris, ou encore, Maisons-sur-Seine ; cette dernière appellation est la moins fréquente, car elle pouvait prêter à confusion avec l’autre Maisons-sur-Seine, en aval de Paris, que nous nommons couramment Maisons-Laffitte, et qui dépendait du diocèse de Chartres.

Notre rôle d’historien de Maisons-Alfort a été plus que simplifié par l’excellent volume, plein de faits et de documents, que M. A. Chenal, alors maire de la commune, et, aujourd’hui conseiller général du canton, a publié, en 1898, sous ce titre : Histoire de Maisons-Alfort et d’Alfortville. Nos propres recherches y ajoutent bien peu ; du moins, elles nous ont permis de constater la documentation scrupuleuse de M. Chenal et le mérite de son labeur.

La plus ancienne mention que l’on connaisse de l’existence de Maisons est de 988, date à laquelle Hugues Capet donna cette terre à l’abbaye de Saint-Maur, avec ses dépendances, prés, terres, moulins, les serfs qui l’exploitaient, et ses deux églises ou chapelles, dédiées, l’une, à Saint Remi, l’autre, à Saint Germain; ce qui prouverait, s’il en était besoin, que le lieu était déjà habité et de quelque importance. Peu après, en 992, l’évêque de Paris autorisa l’abbé de Saint-Maur à nommer un curé pour desservir la chapelle Saint-Remi qui devint ainsi, et est restée, sous le même vocable, l’église paroissiale. Quant à la chapelle Saint-Germain, l’abbé Lebeuf qui écrivait au milieu du XVIIIe siècle, et dont les affirmations sont très sûres, estime qu’elle fut réunie, au XIIIe siècle, à la maison seigneuriale que les abbés de Saint-Maur s’étaient fait construire à Maisons, mais il n’ose être certain que c ‘était encore celle qu’il put voir, et qui, déjà de son temps, était convertie en grange.

Les annales historiques de Maisons durant le Moyen Âge sont infiniment pauvres; à peine y a-t-il lieu de signaler quelques chartes du XIIIe siècle, émanées de l’abbaye de Saint-Maur, et en vertu desquelles les habitants du village obtinrent l’affranchissement en échange de sommes d’argent ; ce genre de documents existe, dans la même forme banale, pour toutes les localités anciennes de la région. Maisons avait déjà deux écarts, deux fiefs situés dans sa circonscription paroissiale : Alfort et Charentonneau, auxquels nous consacrerons, plus loin, une courte notice.

La population ne s’accrut guère avec le temps ; en 1640, il y eut quatorze baptêmes, c’est-à-dire autant que de naissances, car, à cette époque, nul n’eût osé soustraire un nouveau-né au baptême ; il y en eut quinze en 1650 ; dix-sept en 1770. Les chiffres ne se relèvent un peu qu’à la veille de la Révolution ; en 1792, dernière année où les curés tinrent le registre des baptêmes, mariages et sépultures, nous trouvons vingt-huit baptêmes contre trente-neuf sépultures, proportion peu en faveur de la repopulation et qui, heureusement, ne s’est pas maintenue.

En glanant après M. Chenal, parmi ces registres, nous y avons relevé quelques menues indications curieuses, soit pour la forme dans laquelle elles se présentent, soit pour le fond ; les voici

Le 26 juillet (1651), fut inhumé au cimetière de ceans, Guillaume Lescuyer, lequel se noya dans la rivière de Seyne en se baignant.

Le 27 août audit an, fut inhumée Claude Valla,  ….laquelle fut enterrée dans l’eglise, contre le pilier proche le tresor.

Le 15 janvier audit an (1652), fut inhumé à Creteil maistre Mahiet Breton, receveur de Créteil et Maisons.

Le 27 janvier 1652, fut inhumée au cimetière de Maisons une servante nommée Janne, demeurant chez Monsieur Huet. laquelle estoit de Lorrainne.

Le 12 novembre 1658, fut enterré dans le cimetière de Maisons un pauvre homme dont on n’a pu sçavoir le nom; il dit qu’il estoit de Champagne et qu’il revenoit de l’armée où il avoit esté chartier.

Ce 23 avril 1662, a esté inhumé dans le cœur de l’eglise de Maisons le corps de deffunt maistre Guillaume Huet, en son vivant recepveur de la terre et seigneurie dudit Maisons et procureur fiscal dudit Maisons, sagé d’environ trente trois ans.

L’an du Seigneur mil sept cens vingt huit, le troisième jour de janvier, a été inhumé en presence des temoins soussignés, dans le cimetière de cette paroisse le corps d’un pauvre homme décédé le jour d’hier dans la ferme de M Huet, lequel paroissoit âgé d’environ cinquante ans, etoit chauve sur le sommet de la tète et avoit les cheveux noirs commençants à blanchir, duquel nous n’avons pu savoir ni le nom ni le pays ; il nous a paru catholique, lui ayant trouvé un chapelet; il étoit revêtu d’un habit de bouracan de couleur grise, doublé de serge de même couleur, laquelle doublure étoit rapiéciée de plusieurs morceaux de serge rouge ; les boutons dudit habit étoient de cuivre sur bois.

Dans toutes les périodes de guerres dont l’histoire de France a trop souvent fourni le spectacle, la possession ou la défense du pont de Charenton a toujours joué un grand rôle, car c’est réellement la clef des routes de l’Est et du cours de la Marne. Aussi, le territoire de Maisons fut-il bien des fois occupé par les gens de guerre qui ne se faisaient pas faute de tout piller et saccager. En voici un exemple emprunté au Journal des guerres civiles de Dubuisson-Aubenay à la date de février 1649, c’est-à-dire en pleine Fronde : « Gens venant de Créteil disent que le régiment de Montecler et autres troupes du prince de Condé, après la prise de Charenton, lundi soir, passèrent le pont sur Marne, qu’ils rompirent et vinrent audit Créteil, à Maisons et voisinages, ayant pris une partie et avant-garde du convoi de Brie, et emporté ou semé et dissipé les farines et blés, dont il y a des monceaux brûlés qui fument encore; qu’ils en partirent jeudi et allèrent à Villeneuve-Saint-Georges » (t. I. pp. 157-158) (78).

C’est peut-être à la suite de ces calamités que l’industrie du pays se modifia en partie ; les récoltes étant ainsi exposées aux déprédations des troupes, on préféra, à la culture, l’exploitation des carrières; quoi qu’il en soit, les actes paroissiaux mentionnent assez fréquemment des carriers et des scieurs de pierres.

Un carton, conservé aux Archives nationales sous la côte S. 3569, renferme quelques documents provenant de la cure et fabrique de Maisons: les revenus étaient, en 1773, de 1.054 livres, 8 sols; le total des dépenses n’est pas fait, mais on indique, parmi les principales, l’entretien de l’horloge et des quatre cloches; l’achat de nouveaux registres, chaque année, les anciens étant déposés au Châtelet; une dépense de 800 livres, depuis 1758, pour réparations à l’église et au mur du cimetière, etc. En 1776, Nicolas Léonard, menuisier à Maisons, produit un mémoire pour ouvrages faits depuis 1774 : « avoir faitte et fourny la grande porte de l’entrée de l’église, dont le prix en a esté fait par adjudication à la somme de 350 livres ».


[1]  En raison même du nom d’Alfort accolé à celui de Maisons, cette commune ne saurait avoir d’homonyme en France, mais les localités dites Maisons – avec ou sans surnom – y sont très nombreuses. Nous nous bornerons à rappeler, dans la région parisienne, Maisons-sur-Seine (ou Maisons-Laffitte), au département de Seine-et-Oise, arrondissement de Versailles, canton de Saint-Germain-en-Laye.

*****

Département de la Seine
Direction des affaires départementales.
Etat des communes à la fin du XIXe siècle
publié sous les auspices du Conseil Général
MAISONS-ALFORT
Notice Historique et Renseignements administratifs
Montévrain, Imprimerie typographique de l’École d’Alembert
Édité en 1904

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