Souvenirs d’enfance : Sylvie (2)

Le cataplasme à la moutarde

Voilà typiquement ce que j’appellerais un souvenir d’enfance pour moi… Et si je vous parle de ça c’est parce que j’ai la bonne bronchite annuelle par laquelle il faut passer et que j’essaye d’enrayer tant bien que mal.

Dans mon enfance, lorsque je toussais de façon un peu persistante, j’étais menacée du cataplasme à la moutarde : l’horreur absolue !
J’imagine que certains d’entre vous sauront de quoi je parle…

Ma grand-mère se chargeait de la confection du supplice, il paraît qu’elle avait le tour de main, comme on réussit une mayonnaise ou la rouille de la bouillabaisse.

Si je me rappelle bien, les ingrédients de base se composaient de farine de lin et de farine de moutarde, qu’il fallait diluer dans de l’eau bouillante (tout était dans les bonnes proportions, comme toujours), la casserole ou le chaudron (il y avait parfois plusieurs sujets à traiter en même temps) émettait des bruits bizarres, faisait des bulles, je venais jeter un œil discret mais néanmoins méfiant, ça ne présageait rien de bon et ça puait…
Il fallait obtenir une pâte assez consistante que l’on étalait sur un voile de tulle, et on appliquait la chose sur le torse ou le dos du malheureux patient…

Lorsque c’était mon tour d’être la victime désignée, ma grand-mère (sans doute pour se racheter), m’aidait à supporter le supplice en restant à mes côtés pour me lire mon livre favori, que je connaissais par cœur et que je récitais en même temps qu’elle, et quand vraiment la farine de moutarde commençait à brûler la peau, elle me tenait la main et me racontait n’importe quelle histoire pour capter mon attention, et ça marchait parfaitement !
Ainsi j’arrivais à tenir les 20 à 30 minutes réglementaires.

Après quoi on retirait le cataplasme et apparaissait une peau d’un superbe rouge vif, digne des pires coups de soleil subis par des britanniques en Espagne, j’avais donc le droit d’être saupoudrée de talc et j’étais supposée être en pleine forme et guérie dans les heures qui suivaient, ce qui a du être souvent le cas, peut-être par simple frousse de devoir recommencer le traitement…

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7 Commentaires

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7 réponses à “Souvenirs d’enfance : Sylvie (2)

  1. Intéressant votre commentaire.
    Néanmoins je ne partage pas votre analyse.
    Croyez moi sans médoc je serai déjà un allongé de plus dans le cimetière.
    Bien cordialement
    Joël BACQUER

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  2. giron

    Pour moi cela reste un très bon souvenir et aujourd’hui je continu se traitement (certe un peu barbare) mais oh combien efficace!!! la différence est que les cataplasmes ont bien changés…plus petits et la moutarde a même la feuille et donc sur la peau…:-(
    le nom : sinapisme Rigollot pochette de 10 environ 14€
    je suis revenu à ce procédé car les médocs aujourd’hui sont inefficaces.

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  3. Claude Pandar

    A la lecture de ce souvenir, tout est revenu… l’odeur, la préparation minutieuse de ma mère, les linges, ce truc mou, et trés, trés chaud que ma mère m’administrait sur la poitrine, en me signifiant son grand bien fait et que je devais garder le plus longtemps possible. Quelle horreur!!! je n’ai jamais eu droit au Rigollot et autre Thermogène, qui semblait être plus destiné à mon Père, et je n’en sais la raison… Mais, je dois me considérer comme privilégiée car je n’ai jamais eu de ventouses. Par contre, je me souviens que c’était le médicament miracle pour mon Père, et je revois les petits globes ronds ouverts où l’on mettait du coton, mais quoi d’autre… je ne sais plus. C eux-ci étaient posés sur le dos..on attendait et ils étaient enlevés, et cela laissait des ronds marrons!!!
    Toute notre enfance!!!

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  4. Sylvie Rouget

    Merci Paulette pour ces compléments d’information !
    J’ai l’impression que les cataplasmes éveillent des souvenirs sensibles pour toute une génération 😉
    Sylvie

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  5. Paulette

    Je confirme : Thermogène, cataplasmes, Rigollots : un vrai supplice.
    Aux moindres signes de rhume, de mal de gorge, de toux ou de bronchite, ma mère sortait l’ouate Thermogène ! C’était comme un réflexe. Ah cette ouate, son usage était très répandu à l’époque. L’hiver, il n’y avait pas une semaine sans que moi ou mes copines en portent à tour de rôle. Dans la journée, j’avais droit à la Thermo-Cuirasse : géniale invention composée de deux feuilles d’ouate Thermogène cousues sur de la gaze que l’on ajustait sur le dos et la poitrine avec des bretelles. On la gardait jour et nuit jusqu’à disparition complète des symptômes. Elle diffusait une chaleur douce qui était censé prévenir toute aggravation.
    Le soir venu, on changeait de registre : ma mère sortait sa « boîte à cataplasmes ». Il y avait là les farines de lin et de moutarde bien sûr, mais aussi une pile de tissus usagés, très fins, vieux rideaux transparents hors d’âge, que ma mère réservait spécialement à la confection des cataplasmes. C’était toute une cérémonie qui laissait entrevoir les supplices qui nous attendaient. Malgré nos supplications, nous voyions avec horreur ma mère qui saupoudrait généreusement la farine de moutarde sur une épaisse bouillie de farine de lin et qui humectait l’ensemble avec un vaporisateur d’eau tiède. Pour activer la révulsion, disait-elle. Et de fait, celle-ci ne tardait guère une fois le cataplasme posé sur notre dos ou notre poitrine. Notre avis ne comptant pas le moins du monde, nous devions supporter leur chaleur cuisante une bonne vingtaine de minutes en restant bien sagement couchées dans notre lit. Et ça chauffait, ça piquait, ça brûlait ! Heureusement, pour atténuer nos tourments, elle nous lisait des histoires passionnantes qu’elles puisaient dans un livre réservé à cet usage. Et ça marchait. Il m’arrivait même de dépasser le temps réglementaire. Alors, venait un instant délicieux : elle me retirait le cataplasme, essuyait les traces de moutarde avec précaution, talquait ma peau endolorie avec une houppette parfumée et la recouvrait d’une feuille de Thermogène gonflée par la chaleur du poêle : instants fugitifs de douceur infinie qui apaisait la brûlure du cataplasme. Et puis dodo… !
    Après quatre à cinq jours de traitement, la toux disparaissait. Mais la peau restait ornée de magnifiques rectangles rouges pendant plusieurs semaines. Comme nous en avions toutes, ce n’était pas bien grave. La vie continuait….

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  6. teyssedre

    C’était l’horreur, je me souviens qu’ils étaient parfois deux pour me tenir, ils avaient du courage car mes hurlements commencaient quand je voyais le torchon maudit.Papa lui avait droit à la ouate thermogéne espece de coton rouge orangé qui faisait parait-il plus d’effet que le rigolo
    Comme il fallait souffrir pour guérir
    Evelyne Reydy Teyssedre

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  7. Brigitte

    Je crois bien que nous sommes nombreux à avoir connu ce « bienfait »…qui était réservé aux enfants!!!
    J’y ai eu droit aussi,mais sans passer par l’étape de la préparation ou alors j’ai oublié….
    Ca nous a permis d’échapper : aux ventouses qui me faisait bien rire sur le dos de Mèmère ….(de jours on dirait : oh;un allien!) et au « rigolo » cataplasme il me semble toujours vendu en pharmacie et qui n’a rien de rigolo….!!!!
    Aujourd’hui,les enfants ne connaissent pas leur bonheur d’avoir des onguents moins agressifs…..
    Merci Sylvie

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