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10 août 1872 – Démission de 8 conseillers municipaux

1872 – Démission (Conseil municipal Maisons-Alfort)

10 août 1872. Démission de 8 conseillers : Mazeline, Simon, Blandet, Perrié, Magnan, Desnoyer, Avart, Bon.

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Une cantine scolaire – 1901

   A tous ceux qui aiment les enfants, qui s’intéressent à leur joie comme à leur chagrin, qui, par ces temps d’hiver, songent avec tristesse aux petits malheureux, – je dirais volontiers : entrez en ce moment dans une école primaire, non pas à l’heure du travail, mais à l’heure du déjeuner, et vraiment le spectacle qui s’offrira à vos regards n’aura rien d’attristant, bien au contraire.

Tandis qu’au dehors la bise fait rage, ici, dans une grande salle bien éclairée, bien aérée, c’est une douce et enveloppante chaleur.

Une centaine d’enfants sont là, réunis autour de tables recouvertes proprement d’une toile cirée ; chacun, une fois à sa place, s’empresse de sortir du panier serviette, couverts, pain, boisson et même, ô douce surprise de la maman ! quelque dessert caché tout au fond et qui amène souvent une folle gaieté.

A un signal donné, le silence se fait : aussitôt le couvercle de la grande marmite est enlevé ; les vapeurs d’une soupe délicieusement parfumée se répandent dans la salle ; les yeux brillent de convoitise et un large sourire illumine toutes ces frimousses. Bientôt, servies par les plus grandes, très dignes et empressées avec leur tablier, ressemblant à de petites mamans, nos gamines dévorent leur soupe, en redemandent encore et mangent ensuite d’un excellent appétit le morceau de viande et les légumes qui l’accompagnent.

Croyez-vous maintenant qu’ils soient malheureux, nos chers écoliers ?

Et si nous comparons les écoles d’aujourd’hui à celles d’il y a vingt ans, alors que l’enfant apportait un morceau de pain et de fromage et qu’il mangeait cela assis tristement sur son banc, dans un coin de la cour, n’avons-nous pas le droit d’être satisfaits des progrès accomplis en vue de l’hygiène et du bien-être de l’enfant ?

Le père et la mère peuvent ainsi travailler au dehors, sans souci pour les chers petits. N’y a-t-il pas la cantine scolaire, cette institution généreuse entre toutes, où l’enfant trouve une nourriture saine et abondante, une surveillance de chaque minute, et tout cela pour rien ou presque rien ? Deux sous pour les uns, pour ceux qui peuvent payer, et rien du tout pour les autres ; mais aucune différence dans le menu,  tous également servis, également soignés ; côte à côte l’enfant qui donne ses dix centimes et celui qui ne donne rien. N’est-ce pas la meilleure leçon de fraternité et d’égalité ?

La cantine scolaire fonctionne régulièrement à peu près dans tous les établissements scolaires ; elle est subventionnée par les communes qui ont établi une caisse des écoles. Pour en augmenter le capital, on demande aux membres adhérents une cotisation de 5 francs , et tous les ans il y a à Paris, dans chaque mairie, une fête au bénéfice de la Caisse des écoles. Ce sont des sacrifices très grands, si l’on pense que, sur une centaine d’enfants, cinquante mangent gratuitement et cinquante autres donnent en tout une somme de 5 francs.

Et pourtant la nourriture est abondante et le menu très varié ; dans certaines écoles, il y a trois fois par semaine le pot-au-feu avec légumes, purée de pois ou de pommes de terre, deux fois le ragoût de mouton avec lentilles ou haricots. La cantine est sous le contrôle d’une commission et sous la surveillance des directeurs et directrices.

La cantine scolaire, telle qu’elle est organisée, rend les plus grands services aux familles, c’est une œuvre de haute philanthropie et à laquelle tous les citoyens devraient collaborer, car elle vient en aide aux parents chargés d’une nombreuse famille et donne à l’enfant le bien-être physique et moral auquel il a droit.

D. GUIGUET

 Extrait du : « Magasin Pittoresque » – 1901

Adhérent-CGMA-Sylvie-R-152

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