Archives quotidiennes : 9 août 2014

9 août 1773 – Château de REGHAT (Usine SPRINGER).

1773 : Château de REGHAT . (Usine SPRINGER actuellement Bio-Springer). L’immeuble de MM. Springer et Cie a appartenu à un sieur Pierre de Reghat, qui l’avait acheté en trois lots :

1° Le 9 août 1773, de Philippe Morin ;

2° Le 21 janvier 1780, de Charles de Seiglière de Belle-Forière de Soyecourt ;

3° Le 21 juin 1783, de Pierre Langlet et Madeleine Leclercq.

Il appartint ensuite indivisément, en l’an V, à Marie Jausset, veuve de Reghat ; Jeanne de Reghat, épouse de Pierre de Thilusson et veuve de Honoré de Vintimille de Lascarie ; et Pierre de Reghat de Quincy. Puis, en l’an XIII à Mme Meyrand, veuve de Jean Hugaly ; et après, à Jean Hugaly-Meyrand et Jean Hugaly-Despradeaux, qui le vendirent en 1817 à M. Pierre Lecouteux. Ce dernier céda le château et le parc, en 1823, à M. Colin et aux époux de Merville ; M. Lagoutte en devint acquéreur en 1856, et les vendit, en 1871, à MM. Springer et Cie pour y installer la magnifique usine que l’on connaît.

D’après  Amédée Chenal Maire de Maisons-Alfort

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9 août 1950 – Nicole TOURNEUR

9 août 1950 – Nicole TOURNEUR

9 août 2014 at 2:00   (Littérature, Maisons-Alfort) () · Modifier

Nicole TOURNEUR née le 9 août 1950 à Maisons-Alfort est un écrivain français.
Oeuvres pour adultes : Laurie ou le souffle du papillon, roman (Gunten, Dole) 2001, Les fenêtres, nouvelles (Gunten, Dole) 2002, Passé compliqué, Roman (Gunten, Dole) 2004, Les Dieux sont servis, Roman (Gunten, Dole) 2006
Oeuvres pour la jeunesse : Clara et les nuages (Éditions du Bout de la Rue), 2007, Girouette la chouette (Éditions du Bout de la Rue), 2007, Les péripéties d’Antoine – le vaccin (Éditions du Bout de la Rue), 2007, Le lama vert qui n’avait pas d’oreilles (Éditions du Bout de la Rue) , 2009
La suite sur :
http://fr.wikipedia.org/wiki/Nicole_Tourneur

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Une étrange cargaison

Une étrange cargaison.   Quatre-vingt-quinze orphelines.

   Des points du globe les plus reculés affluent dans le port de Liverpool des vaisseaux de toutes les nations, les uns apportant de la Californie et de l’Australie ces tonnes de poudre d’or qui, versées sur les marchés de l’Europe, doivent tôt ou tard diminuer la valeur monétaire du précieux métal en circulation ; d’autres arrivant de la Chine chargés d’assez de riz et de thé pour nourrir et abreuver toute le Grande-Bretagne. Tandis que des balles de coton, expédiées des États-Unis, de Égypte et des Indes, viennent alimenter ses manufactures, l’Angleterre envoie en échange à l’ancien et au nouveau monde les produits les plus variés de la civilisation, depuis des charrues perfectionnées, des pipes, des pianos, de l’eau-de-vie, jusqu’à des pièges à rats, des bijoux, des soieries, etc. : le tout inscrit et catalogué sur le registre du bord. Lais de ces diverses cargaisons, la plus bizarre était assurément celle du vapeur hibernien, le Montréal, exportant au Canada quatre-vingt-quinze orphelines ; hélas !, oui, dix-neuf jeunes filles adultes et soixante-seize enfants de sept à onze ans, n’ayant plus ni père ni mère. Une femme dont l’énergique charité est toujours à l’œuvre, miss Rye, qui a déjà fait trois voyages en Australie et un au Canada, pour y conduire de pauvres et honorables ouvrières dépossédées de leurs moyens d’existence part la machine à coudre, et qui trouvent de l’emploi comme domestiques aux colonies, a entrepris cette fois l’exportation de petites orphelines anglaises. Un établissement fondé sur les rives du Niagara est prêt à les recevoir. Elles y seront soigneusement élevées et dressées au service, sous une surveillance attentive et affectueuse, jusqu’à l’âge de quinze ans, époque à laquelle elles pourront être placées dans des maisons respectables, à un taux de salaire fixe et stipulé d’avance. A dix-huit ans, elles deviendront maîtresses d’elles-mêmes et pourront gagner leur vie.

   Dès que le projet de miss Rye fut connu, les maisons de charité et les écoles industrielles de Liverpool mirent à sa disposition une centaine d’enfants, parmi lesquelles elle choisit les plus abandonnées. Cependant il fut décidé qu’aucune ne partirait si des parents, même éloignés, soulevaient des objections. Cette mesure réduisit à cinquante le nombre des émigrantes. Les membres du conseil de surveillance des écoles donnèrent 200 livres sterling (5 000 francs) pour les frais de la traversée ; une souscription ouverte par un membre du parlement doubla cette somme, le prix du passage au Canada étant (même pour une orpheline) de 8 livres sterling (200 francs).

   Miss Rye promoteur et guide de cet exode lilliputien, arriva à Liverpool avec vingt-six autres épaves de la civilisation anglaise, recueillies à Londres, à Bath, à Manchester ; et le tout, embarqué à bord du Montréal, descendit le fleuve Mersey par un sombre jour de décembre 1869.

   Quelques plausibles que soient les théories des économistes sur la nécessité de se débarrasser du trop-plein de la population, et de l’envoyer loin du sol natal chercher la vie et l’appui qui lui manquent là, ce n’en est pas moins un spectacle pénible qu’un départ d’émigrants. Cependant les petites filles, groupées par vingtaines sur le pont, ne laissent derrière elles ni logis ni amis ; aucune n’avait à regretter ce home si cher aux Anglais ; ne possédant rien de ce côté du globe, elles ne pouvaient redouter une fortune pire. Celui qui est à terre ne craint pas de tomber, dit le proverbe ; et depuis leur naissance les pauvres enfants n’avaient guère eu d’autre lit que le dur sein de la mère commune ; aussi n’y eut-il point de ces douloureuses séparations, de ces adieux à sanglots qui rendent si tristes les départs d’émigrants. Les petites voyageuses erraient dans la grande maison flottante, ébahies et charmées de tout ce qu’elles découvraient. Une seule pleurait : elle s’était entré une écharde dans le doigt en faisant glisser trop vite sa main le long de la rampe. Imaginez ce que devait être pour ces pauvres petites parias, dont la plus jeune avait sept ans et la plus âgée onze ans, un nouveau vaisseau, de nouvelles espérances, une nouvelle vie, un nouveau monde. C’était une féerie de l’Océan ; c’étaient toutes les vagues traditions des contes merveilleux prenant corps et vie, passant du domaine de l’imagination dans celui de la réalité. A défaut de pères et de mères, les jeunes émigrantes avaient de mystérieux amis, pareils aux bons génies dont rêvent les enfants, qui les avaient conduites à bord et veillaient à leur bien-être. Les directeurs des écoles industrielles avaient mis à l’œuvre tout leur personnel pour que chaque petite fille eût son mobilier à elle : une bonne grosse caisse contenant vingt-huit vêtements chauds, et sur le couvercle de laquelle se lisait, inscrit en clous brillants, le nom de la petite propriétaire. C’était la prise de possession d’un premier avoir, un à-compte sur la fortune à venir. Des capelines de flanelle garantissaient des vents de mer les petites oreilles et les cous, tandis que des bas de laine et des bons souliers défendaient les pieds du froid. Mais la portion la plus étrange du stock n’avait pu être imaginée que par une ingénieuse charité féminine : chaque émigrante, en arrivant à bord, avait reçu un livre à images et une belle tarte aux prunes, articles qui n’avaient pas peu contribué à rendre faciles les adieux au sol natal.

   Dickens a raconté, comme lui seul pouvait le raconter, l’histoire d’un petit garçon de dix ans qui demande en mariage une petite fille de neuf, se sentant fort de la possession d’un cochon d’Inde, de deux toupies et d’une brillante pièce de vingt sous. Nos pauvres petites orphelines n’avaient, elles, pour tous immeubles que leurs livres, car les tartes avaient nécessairement disparu ; mais ces livres pouvaient renfermer des trésors de sagesse et d’avenir.

   La vivante petite cargaison éveillait partout sur son passage l’intérêt sympathique des spectateurs. Les matelots qui desservent la ligne des paquebots de Liverpool au Canada, bien qu’endurcis au spectacle des émigrations, se sentaient cette fois plus émus que de coutume. Jack Tar guidait les fillettes le long de l’échelle de descente avec un soin paternel ; il s’abstenait de jurer quand il en trouvait sur son chemin, près du cabestan, ou emmêlées dans les cordages ; les contre-maîtres les enlevaient doucement pour les soustraire à quelque péril imprévu ; jusqu’aux chauffeurs de la machine leur tendaient au besoin une main noire, mais secourable. Qui ne se fût attendri sur les pauvres petites créatures, traversant l’Atlantique pour aller chercher, sur une terre aussi inconnue pour elles que les régions de la lune, une humble existence et un petit coin où elles pussent végéter dans ce vaste, vaste monde ! De toute la surface du globe, le Canada est le point où elles auront plus de chances de réussir. Les femmes y sont en minorité, surtout comme domestiques. La sage et prévoyante institution de miss Rye leur assure la bienvenue dans cette colonie de l’Ouest. Le succès des précédentes émigrations qu’elle a si habilement et si courageusement dirigées est une garantie pour la nouvelle épreuve qu’elle tente.

   Quel sera le sort de cette dernière exportation ? Plusieurs de ces orphelines, arrivées à l’âge mûr, n’auront sans doute gardé qu’un faible souvenir du grand vaisseau et des amis qui les ont conduites dans leur nouvelle patrie, mais elles leur devront d’avoir pu mener une vie honnête et indépendante. Quelques-unes (espérons qu’il y en aura peu) tourneront peut-être aussi mal dans le nouveau continent qu’elles semblaient prédestinées à mal tourner dans l’ancien. Une portion de la petite bande aventureuse atteindra probablement à d’heureuses destinées, car il entre dans le plan de miss Rye de faciliter à toute personne recommandable et bien intentionnée l’adoption d’une orpheline dont la figure et la douceur pourront plaire et remplacer au foyer domestique l’enfant que la mort y a pris. Ainsi le monde s’ouvre littéralement devant ces pauvres petites filles, délaissées en apparence, mais qui ont la Providence pour protectrice, et pour guide miss Rye. Qui sait de combien d’énergiques et laborieux colons cette petite cargaison peut devenir la souche ? Qui peut savoir de combien de respectables familles canadiennes feront plus tard remonter leur lignée et le point de départ de leurs possessions au livre à images et à la tarte aux prunes ?

   Nous souhaitons bonne chance à la spéculation de miss Rye. Puisse-t-elle en retirer tous les profits qu’elle en attend ! profits non d’argent et d’or mais d’existences sauvées, affranchies de la misère et du vice, mises sur la voie de l’honneur et du travail : innocentes et pures petites âmes étouffées sous l’impitoyable pression de nos vieilles institutions sociales, et qui n’avaient besoin que d’espace et d’air pour se développer.

Extrait du « Magasin Pittoresque » – 1870

Adhérent-CGMA-Sylvie-R-152

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Grande Guerre, les archives de la Croix-Rouge (CICR)

Archives de la Croix-Rouge

Archives 1914-1918 : au cours de la Première Guerre mondiale, 10 millions de personnes, militaires et civiles, furent capturées et internées dans des camps de détention.

Les États en guerre ont envoyé au CICR des listes de prisonniers de nombreuses nationalités. Sur cette base, celui-ci a constitué des fichiers. Vous pouvez rechercher dans ces 5 millions de fiches individuelles numérisées.

 

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