AZEMAR Tranche de vie sous la Révolution – Episode IV – Pierre Henry (suite et fin)

Réponse des Administrateurs en date du 13 prairial An II (1 juin 1794, AD 81, série L 306-104) « vu la pétition de la femme AZEMAR, vu le contrat de mariage de la pétitionnaire en date 26 août 1789, retenu par AZAIS, notaire (fonds PASSELAC, registre 195), vu l’article 20 de l’arrêté des représentants du peuple en date du 7 floréal An II (26 avril 1794) ; considérant que les biens de la pétitionnaire sont insuffisant, décrète qu’il sera accordé la somme de 200 livres, à prendre sur le produit du bien de la métairie de la Trinité, ou sur la pension de son mari, à titre de secours ».

Lettre de Henry AZEMAR, en date du 18 prairial An II (6 juin 1794, AD 81, série L 306-105), où il écrit : «  Citoyen, ayant été déclaré immoral en séance de la Société Populaire de CASTRES du 5 floréal An II (24 avril 1794), par effet de malheur qui me poursuit depuis ma plus tendre enfance, je fut privé de ma liberté le lendemain 6 floréal An II (25 avril 1794) en vertu d’un  de vos arrêtés, et e 13 floréal An II (2 mai 1794) je fut traduit à LAVAUR (81) ». Il continu sa lettre par : « mon dessein en vous écrivant, n’est pas de me plaindre de mon sort, de vous en attribuer l’amertume, d’ébranler votre fermeté, ni d’arrêté le cours de votre justice ». Il continu par : « porter à vos places par la confiance publique, c’est une preuve irrévocable de votre vertu et l’homme vertueux, le vrais républicain ne demande ni d’être flatté, ni d’être encensé pour rendre justice ». Il poursuit par : « je suis coupable ou innocent….. votre balance est juste, je ne crains pas d’y être placé ». Il poursuit en écrivant « mon esprit anéanti, totalement absorbé par l’effet du malheur….. revenu de ce triste état, la raison enfin m’ayant rendu à moi-même, je n’en au senti que plus, il est vrai la rigueur de mon sort ». Et il termine sa lettre par : « Salut et Fraternité ». Signé AZEMAR

Dans la séance du 19 prairial An II (7 juin 1794, AD 81, série L 306-106), un arrêté du Département disant : « que sur le revenu net des biens appartenant au sieur AZEMAR, et dont il avait le droit de jouir s’après son contrat de mariage, il sera prélevé les frais d’aliments, conformément à l’article 19 dudit arrêté que sur le résidu, il sera accordé à la pétitionnaire et à ses trois enfants un secours provisoire, relatif audit résidu, et que si ce secours était insuffisant, la pétitionnaire et ses enfants recevront les subsides que la Nation accorde aux indigents infirmes.
Arrêt en outre que la mère de la pétitionnaire se pourvoira par une pétition particulière ».

Séquestre des meubles de Henry AZEMAR, ingénieur reclus, en date du 8 messidor An II (26 juin 1794, AD 81, série L 306-107). « nous Guilhaume DARNAUD, Commissaire Séquestrateur des biens des ennemis de la Révolution, assisté des citoyens Jean PINEL et Noël FIEUZET, certifions nous être rendu dans la maison qu’habitoit le dit AZEMAR, avons procédé à la mise des scellé sur les portes des chambres de la maison. Nous avons fait évacuer les domestiques de la dite maison ».

Pièce imprimée, bail à ferme de la métairie de la trinité en date du 16 thermidor An II (3 août 1794, AD 81, série L 306-109). L’adjudication a été faite au 6ème et dernier feu, et à la 11ème enchère au citoyen Pierre RIVALS, charpentier, qui a présenter Jean BENOIT, boucher, pour caution.
Le présent bail, à commencer du 11 messidor An II (29 juin 1794), moyennant la somme de 975 livres par année.
La citoyenne Rose ASTRUC, nous remis un arrêté du District qui lui permet et lui laisse la jouissance et l’usage d’une cuisine et d’une chambre, à la charge par elle de prendre sous sa responsabilité le peu d’ustenciles qui resteront dans ladite cuisine ». Suit L’inventaire des lieux.
Signé PINEL, FIEUZET, DARNAUD

Seconde pétition de Marie GUIBBERT, femme AZEMAR, en date du 8 fructidor An II (25 août 1794, AD 81, coté L 306-112), aux citoyens Administrateurs du District de CASTRES.
« la citoyenne Marie GUIBBERT, épouse du citoyen Henry AZEMAR, réclame de votre justice, une pension pour la subsistance, n’ayant aucune ressource, puisque ses biens ont été séquestrés à la suite de l’incarcération de son mary. La pétitionnaire vous invite, citoyens, de vouloir bien lui octroyer à sa demande, le plus tôt qu’il vous sera possible, afin qu’elle ne soit pas plus longtemps privée de secours dont elle ne peut absolument se passer ».

Réponse en séance publique du Directoire du District de CASTRES en date du 13 fructidor An II (30 août 1794, AD 81, coté L 306-112) « qui accorde à la pétitionnaire la main-levé définitive de la séquestration de ses biens dotaux ». Signé LAGARIGUE, Jean Jacques BERTHEZ, CARAVEN, SUAREL
Réponse du Directeur de l’Agence de l’Enregistrement et Domaine en date du 13 fructidor An II (30 août 1794, même coté), sur les biens de Henry AZEMAR. « ils consistent en une métairie dans la commune de PUECH CALVEL (81), affermé le 11 messidor dernier à 975 livres, de laquelle sommeil faut déduire :
–    le quart montant à 243 livres 15 sols, pour tenir lieu des impositions dues à la République
–    la somme de 730 livres pour l’entretien du reclus
–    le montant des réparations qu’on peu prévoir, les frais généraux de garde et autres dépenses des maisons de réclusion
Que ces trois objets absorbant les 975 livres, il estime qu’il doit être arrêté, n’y avoir lieu à délibérer, sauf à la pétitionnaire à recourir aux secours publics accordés à l’indigence, si elle est dans ce cas ».

Nouvelle lettre, de Pierre Henry, en date du 26 frimaire An III (16 décembre 1794, AD 81, série L 306-113) , où il écrit qu’il ne comprend pas pourquoi sa réponse justificative lui a été renvoyé à lui par le citoyen MALLARME et non au Comité Révolutionnaire de CASTRES, et il termine par « Patriote de 89, pur et désintéressé, comme le porte mon diplôme, je l’ai été, c’est incontestable et je le serais toujours, j’en renouvelle le serment » Signé AZEMAR

Nouvelle lettre de Pierre Henry en date du 15 nivôse An III (4 janvier 1795, non coté) à l’Administration du département, où il écrit que : « permettez que je m’empresse de vous annoncer que la liberté vient de mettre rendue et que je ne puis faire meilleur usage de ses prémices qu’en vous priant d’agréer, l’hommage de mon parfait dévouement ». Il continu sa lettre en écrivant : « qu’il restera fidèle à la promesse que j’ai solennellement faite aux Représentants su Peuple ». il poursuit par : « afin de mériter votre estime et votre bienveillance ». Il termine par : « Salut et fraternité ». Signé AZEMAR

Il fut élargi de sa prison, mais pas pour longtemps ainsi que le prouve la pièce suivante :
Un arrêté du Représentant du Peuple MALLARME en date du 23 nivôse An III (12 janvier 1795, AD 81, série L 306-114) qui dit que : suite à une erreur qui s’est faite dans le District de LAVAUR (81), le citoyen AZEMAR sera réintégré dans la maison d’arrêt, et les scellés seront posés sur ses papiers ». Signer MALLARME

Procès-verbal d’apposition des scellés sur les papiers de Pierre Henry AZEMAR en date du tridi 23 nivôse An III (12 janvier 1795, AD 81, série L 306-115). Les représentants du peuple délégués par la Convention Nationale, en séance à CASTRES décident : « vu les différentes dénonces faites contre Pierre Henry AZEMAR, lequel vient d’être mis en liberté, ensuite d’une erreur qui s’est faite dans le District de LAVAUR (81), arrêtent qu’il sera à l’instant réintégré dans la maison d’arrêt de LAVAUR (81). Que les scellés seront posés sur tous ses papiers ». fait en séance à CASTRES, les jours, mois et en susdit.
Signé MALLARME

episode-iv-procas-verbal-du-tridi-23-nivise-an-ii-l-306-115
Procès-verbal du tridi 23 nivôse An II, L 306-115

Extrait des minutes du greffe du Juge de Paix de la ville de CASTRES : « je, Jean Antoine AUGER, Juge de Paix, me suis transporté avec le citoyen DELTIL, greffier, dans la maison du dit AZEMAR, pour procéder, en sa présence, à l’inventaire de ses papiers.
Il m’a remis, la chef de son bureau, et l’ayant ouvert, j’ai  examiné tous se qu’il renferme, en ai trouvé aucun de suspect, j’ai apposé les scellés sur la serrure ». Signé AUGER, DELTIL
Le sextidi 26 nivôse An III (15 janvier 1795, AD 81, série L 1533), le Représentant du Peuple MALLARME épure la « Société Populaire de CASTRES », en tout, trente quatre personnes qui formaient la « Bande Noire » furent exclus.

Il fut libéré dans les premiers jours de frimaire An IV (décembre 1795) après une détention qui dura environ un an et sept mois.

Le 17 frimaire An IV (8 décembre 1795, AM de CASTRES, série D 28, registres des pétitions An IV- AN IX, page 5 N° 21), il réclame la restitution de son fusil à deux coups, des boites à poudre, de la poudre à tirer et les plombs, qu’il obtiendra, mais sa canne sabre restera en dépôt à l’Administration Municipale. Délibération du 20 frimaire An IV (11 décembre 1795).

Il ne fait plus parler de lui jusqu’au 27 mars 1811, ou il se présente à la mairie de CASTRES pour déclarer qu’il compte habiter maintenant à LAUTREC (81).

Ayant souscrit un contrat au Ministère des Colonies au titre d’ingénieur des travaux publics, âgé de 54 ans, il part, sans sa femme, dans les années 1814 pour la MARTINIQUE où il y meurt le 19 mai 1819, âgé de 61 ans, dans une maison située place du mouillage de la ville de FORT SAINT PIERRE, paroisse Notre Dame du Bon Port.

Je ne sais pas, jusqu’à présent, ce qu’est devenue sa femme, mais un enfant naît à LAUTREC (81) le 3 octobre 1820, dont on lui attribue la paternité, soit 16 mois et quatorze jours après sa mort ?

Affaire à suivre……

Rédigé par Adhérent-CGMA-Maurice-134

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