Archives quotidiennes : 5 décembre 2013

Nés à Maisons-Alfort un 5 décembre

Relevés dans les Registres d’état civil de naissance 

Tous les actes sont téléchargeables sur le site des AD 94

http://archives.cg94.fr/consultation/eta/search-form.html

1897.12.05      GAGNAGE Maxime Louis et Armand (reconnaissances)

1878.12.05      GARNICHEY Alexandre Michel

1892.12.05      GAVARD René

1882.12.05      GRANGER Auguste Ernest

1897.12.05      ISABERE Robert Louis

1875.12.05      JUSSIAUME Victor Clément

1855.12.05      LAUMONIER Marie Louise Laurence

1895.12.05      LEFEBVRE Lucien

1890.12.05      MOISSON Alphonse Félix

1831.12.05      MONTENOLLE Eugénie

1881.12.05      NADAUD Amédée François Jean

1891.12.05      RATEAU Hippolyte

1864.12.05      ROBERT Jean

1878.12.05      RUPRECHT Ernestine Catherine

1898.12.05      SAINTEMARIE Paul Georges

1881.12.05      VANLAEREN Albert

1843.12.05      VIET Adolphe

1865.12.05      VIOT Augustine Clémence

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Classé dans Archives Départementales 94, Archives de Maisons-Alfort, Maisons-Alfort

Un galopin nommé Beaumarchais à Maisons-Alfort

Que d’eau! Que d’eau !

Tous les hivers c’était le même désastre, les inondations recouvraient les basses terres qui, longtemps, en face de Charenton, avaient appartenu aux abbés de Saint-Maur. Hugues Capet les leur avait données…

Deux villages émergeaient dans les hautes herbes, Mansio­nes, que l’on signale dès l’an 988, et Charentonneau, le « petit Charenton ». Ce dernier ne devait pas réunir plus d’une demi-douzaine de masures de pêcheurs au bord du fleuve. Les Archives conservent un document de 1285 mentionnant que Dame Alix ou Aulips, épouse de Guillaume Morin, échangea ici en 1285 quelques arpents de terre avec Monseigneur, fils du roi de Jérusalem, bouteiller de France. Les historiens notent que Charles VII, près d’un siècle plus tard, y acquit pour 3 200 livres une maison appartenant à Nicolas Braque, son maître d’hôtel.

Le château, dont il reste quelques vestiges de l’orangerie – des arcades qui jouent à la ruine romantique à la lisière d’un jardin cerné par de hauts immeubles – avait été construit pendant le règne de Louis XVI. En face, mira­culeusement, une partie de l’île du Moulin-Brûlé demeure vierge. Des canards sauvages nichent dans sa jungle minia­ture et des poules d’eau paressent sur le bras mort.

« Mansiones », l’autre localité des basses terres, est devenue Maisons-Alfort en joignant à son nom celui d’Har­fort ou Herfort, un seigneur du XVe siècle, qui vivait dans un manoir non loin du confluent. Longtemps l’endroit demeura ignoré et ce n’est qu’au XVIIIe siècle que les Parisiens commencèrent à le fréquenter. Beaumarchais, écolier, courait les prés de Maisons-Alfort et passait le pont pour se rendre chez les Minimes de Vincennes où un moine l’initiait au latin.

Marmontel habita ici chez une dame Gaulard. Il y tra­vailla avec Grétry, dit-on, à diverses œuvres, dont le Héron et Lucile. Les deux amis allaient chercher l’inspiration dans les chemins bordés de haies d’aubépines, remplacés aujourd’hui par les murs de la Centrale d’Alfortville décorés par Fernand Léger. Une tradition veut également que Robespierre ait fréquenté ces campagnes.

Le châtelain de Maisons-Alfort vendit sa propriété au roi en 1769, pour qu’y soit établie une école vétérinaire dont la réputation allait passer nos frontières. C’est un ami de Buffon et de Voltaire, Claude Bourgelat, qui avait eu l’idée de ce type d’institution. Créateur de celui de Lyon, il fut tout naturellement chargé d’organiser l’établissement de Maisons-Alfort.

En 1814, les élèves vétérinaires prirent leurs fusils, ouvri­rent des meurtrières dans les murs de leur école et dressèrent une barricade à l’entrée du pont de Charenton. L’un d’eux, Jean-Marie Pigeon, fut héroïquement tué au combat.

La pointe entre Marne et Seine demeurait un lieu stra­tégique important et Thiers y établit l’une des pièces maîtresses de ses défenses extérieures : le fort de Charenton. Louis-Philippe vint en personne inspecter l’ouvrage, dont les canons commandaient deux fleuves et deux routes d’inva­sion. En 1870, ses pièces à longue portée débusquèrent les Prussiens des maisons de Choisy-le-Roi.

L’arrivée du train en 1845 hâta la mutation de Maisons­-Alfort et permit aux canotiers de découvrir les berges de Charentonneau et d’Alfortville. Les promeneurs les rejoi­gnirent par le pont moderne, achevé en 1862. « Sur le quai, écrit la même année notre cher Emile de Labédollière, l’infatigable, Bauny et Chollet leur offraient des matelotes les plus succulentes et dans l’île du Moulin était un cabaret très achalandé. »

Alfortville commença à se lotir. Chesnay, le fabricant de chaises dont le Douanier Rousseau a représenté l’atelier sur l’une de ses toiles, fut sans doute l’un des pionniers du quartier nouveau. L’imprudent ! La Seine et la Marne n’étaient pas alors, en effet, des voisines paisibles. L’inon­dation se signala par son ampleur de 1876. Mac-Mahon courut réconforter les sinistrés grimpés sur leurs toits. Il ne semble pas qu’il ait prononcé de mot historique à cette occasion. L’eau ne manquait pourtant pas, autour de lui !

Derrière les guinguettes fleuries travaillaient les maraîchers. Avec ceux de Créteil, ils jouissaient d’un micro-climat particulièrement favorable puisque leurs légumes arrivaient aux Halles huit à quinze jours avant ceux des autres. Nous obtiendrions des performances remarquables, sans doute, si nous cultivions des choux sur nos balcons à Saint-Germain-des-Prés, car la température est encore plus douce « intra-muros » que dans les midis banlieusards. On relève à la tour Saint-Jacques des moyennes de 1° supérieures à celles qui sont enregistrées dans la périphérie. L’hiver, l’écart atteint 2,1°.

La berge de Marne demeure verdoyante et les pêcheurs la fréquentent encore. J’ai vu une ménagère y faire une récolte de mâche : non loin, des enfants jouaient sur le sable d’une petite anse. Avec leurs jeans et leurs tee-shirts ornés de Mickeys, ils ne ressemblaient guère aux soixante-quinze tondus en sarraus auxquels Louis Pergaud s’efforçait d’enseigner les rudiments, à la communale de la route de Créteil, lorsqu’il reçut le prix Goncourt pour De Goupil à Margot. Les guinguettes sont devenues rares et ont changé de style. Les merguez et le couscous ont remplacé la matelote servie au pied des cerisiers, mais j’ai pu encore déchiffrer sous l’enseigne du Lotus d’Argent les mots « Noces et Banquets ».

Des chalands patientent, pavillons immobiles, le long du quai, après le barrage. Le clocher de l’église Sainte-Agnès, trop mal connue, pointe au-dessus des toits de tuiles méca­niques. Cette œuvre de Brillaud, Laujardière et Prudhomme, construite en 1933, est d’un grand intérêt. La porte de chêne sculpté s’orne de huit panneaux de cuivre repoussé de Desvallières, rappelant les valeurs théologales. Paule Max-Ingrand a peint des fresques, un peu passées mais non dénuées de charme. Une étonnante lumière pourpre et or, déversée par les vastes verrières de Max Ingrand, emplit la nef.

La Marne est trompeuse et il convient de se méfier lors­qu’elle sourit. Dès le XVIIe siècle on trouve mention de ses trahisons. La chronique nous a transmis le nom d’un bai­gneur qu’elle noya en 1651, Guillaume Lescuyer. Mais c’est en 1913 qu’elle commit sa plus vilaine action. Un cadavre fut retiré de l’eau, un matin au lieu dit « les Sept-Arbres ». On pensa d’abord au crime, car l’homme avait le cou serré dans un foulard, mais on comprit vite qu’il s’agissait d’un suicide, ce qui n’excuse en rien la rivière. Croyant reconnaître Léon Deubel, on fit venir son ami Louis Pergaud, qui l’identifia. Dans ses poches, la police ne trouva rien d’autre que le signe de la misère : trente centimes.

Répétiteur, il avait imaginé un curieux moyen de financer une revue poétique : vendre des billets de loterie à ses élèves, le gros lot étant son chapeau. Deubel fut révo­qué et connut, de ce jour, la vie de bohème, faisant à l’occa­sion des petits travaux littéraires, couchant dans le même hôtel sordide que Pergaud; Orgueilleux, renfermé, il souffrait à en mourir d’être méconnu.

A bout d’humiliations et de misère, Léon Deubel avait fini par s’abandonner à cette Marne traîtresse que Ronsard avait pourtant admirée, en son temps, depuis l’autre rive. En 1935, Georges Duhamel fit exécuter le buste du poète par un sculpteur japonais pour que les Maisonnais n’oublient pas son nom. Cinquante ans ont passé depuis et on ne trouve guère encore trace de son œuvre dans les anthologies. Parfois, pourtant la part du pauvre est accordée à son poème Détresse, écrit une nuit,à 3 heures du matin, sur un banc du Carrousel

 

Seigneur ! Je suis sans pain, sans rêve et sans demeure.

Les hommes m’ont chassé parce que je suis nu.

Et ces frères en vous ne m’ont pas reconnu

Parce que je suis pâle et parce que le pleure …

 

Paul Léautaud, qui assista à ses obsèques, note dans son Journal qu’elles se déroulèrent sous une pluie battante, désespérante …

Que d’eau ! Que d’eau ! pour un pauvre poète !

Voyage insolite dans la banlieue de Paris

Itinéraire historique et sentimental des banlieues de Paris

J. Prasteau

Pages 394 à 397

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Site du jour (131) : Cercle Généalogique et Historique Garonnais

CGHG

A découvrir

Cercle Généalogique et Historique Garonnais

Bienvenue sur le site du C.G.H.G.

Notre association a vu le jour en 1997 sous le nom de « Loisirs-Passions ». De multiples activités y étaient développées. Le temps a passé, avec l’âge est venue une certaine sagesse…

Notre groupe, de bénévoles, porte aujourd’hui le nom de notre passion commune : histoire et généalogie.
Nous laisserons aux savants la « Grande Histoire de France » pour rechercher dans les écrits, les mémoires et les archives, ce que fut la vie des villages de ce petit coin de l’Entre-deux-Mers.

Nous y retrouverons des personnages célèbres ou non, des bâtiments (châteaux, maisons…) classés ou oubliés.
La généalogie n’est pas délaissée :
* le relevé et la numérisation de l’état civil de Béguey en Gironde (33410) est terminé,
* le relevé et la numérisation de l’état civil de Sainte-Croix-du-Mont (33410) est en cours,
* le relevé et la numérisation de l’état civil de Loupiac (33410) est en cours,
* le relevé et la numérisation de l’état civil de Paillet (33550) est en cours.

Ce site regroupera toutes nos trouvailles que nous espérons partager avec les amateurs.

L’équipe.

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Journée « Émigration et Généalogie » le 7 décembre 2013 à Bayonne

GHF

Cliquez sur l’image pour accéder au site du GHF

 

Les Archives Départementales et le Pôle des Archives de Bayonne organisent avec les associations généalogiques du département des Pyrénées Atlantiques, une journée « Émigration & Généalogie » le 7 décembre 2013, au Pôle des Archives de Bayonne, 39, avenue Duvergier de Hauranne de 14h00 à 17h00. Entrée libre.

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