Archives quotidiennes : 3 décembre 2013

3 décembre 1870 – LADREIT de La CHARRIERE

LADREIT de La CHARRIERE, (1806-1870). Créteil. Général.

o 30 mars 1806, Coux, Ardèche
x 19 octobre 1846 Nancy
Marie Caroline Callart.
3 décembre 1870, Val-de-Grâce

La fulgurante invasion des troupes allemandes atteint Créteil le 17 septembre 1870. Un moment défendues par des volontaires, les hauteurs du Mont Mesly sont vite abandonnées aux allemands qui s’y installent. Afin de briser l’encerclement de la capitale et d’empêcher l’arrivée des renforts, on décide de reprendre le bastion cristolien. Ce sera , le 30 novembre 1870, la bataille du Mont Mesly, sœur de sang de celle de Villiers, Bry ou Champigny. Commandée par le général Ladreit de la Charrière – qui tombe dès le premier assaut – les troupes françaises enlèvent momentanément le mont, mais doivent se replier l’après midi. Le monument commémoratif de cette journée meurtrière rassembla, autour d’une souscription nationale, l’architecte Georges Guyon et le sculpteur Fournier. Déplacé de quelques mètres de son emplacement primitif, le monument est désormais privé du buste du général qu’il honore.

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1897 – Distillerie d’Alfort

DISTILLERIE D’ALFORT.

Il y eut d’abord une fabrique de papier fondée par M. Gentil ; son fils la remplaça par une distillerie, qui faisait déjà parler d’elle en 1838, à cause des odeurs désagréables qui s’en échappaient. On y fabriquait de l’alcool de pommes de terre, de mélasses et de fruits avariés qui avaient le don d’attirer les guêpes et les galopins du quartier ; plus tard, elle appartint à MM. Magnan et Gosselin puis à M. Magnan seul. MM. Corbrion et Plasse lui succédèrent, et ensuite M. Plasse.
Cet établissement a été également considérablement agrandi, par l’annexion des écuries et dépendances de l’ancienne Poste aux chevaux ; on y fait la rectification d’alcool de betteraves, les alcools dénaturés, l’absinthe et l’amer.
Un incendie l’a en partie détruit le 3 décembre 1897. L’explosion d’un rectificateur projeta de l’alcool enflammé sur la maison d’habitation. M. et Mme Plasse et leurs domestiques purent s’enfuir quoique grièvement brûlés. Mlle Plasse périt dans l’incendie : la cuisinière, puis, un peu plus tard, M. Plasse, succombèrent aux suites de leurs blessures.

D’après – Amédée Chenal Maire de Maisons-Alfort

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70 ans de J.O. sur Gallica

70 ans de JOJournal Officiel de la République Française

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Alfort – L’école vétérinaire. (1861)

Alfort. – L’École vétérinaire.

             « En face de Charenton, de l’autre côté de la Marne, est le village d’Alfort. Le vieux pont qui les unit tombait en ruines, quand, au commencement de l’année 1861, on s’est décidé à le reconstruire. En même temps, on canalisera le petit bras de la Marne, afin que cette rivière soit navigable en tout temps.

Alfort ne forme qu’une seule commune avec Maisons, situé à deux kilomètres de distance. La métropole de cette agglomération, qui comprend 3,254 habitants, et qui n’en avait que 1,892 en 1850, tire son nom du latin Mansiones. Son église est surmontée d’un clocher bâti par les Anglais et qui mérite l’attention des archéologues.

C’est sur ce territoire de la commune de Maisons-Alfort qu’est située l’imposante forteresse qui devait être primitivement établie sur la rive droite de la Marne, et qui a conservé le nom de fort de Charenton.

Alfort était naguère le rendez-vous des canotiers. Sur le quai, Bauny et Chollet leur offraient des matelotes les plus succulentes, et dans l’île du Moulin était un cabaret très achalandé. Les navigateurs ayant pris une autre direction, la joyeuse maison de Bauny est devenue une manufacture de papiers peints ; la maison de Chollet a disparu, et le propriétaire de l’île, assez riche pour faire autour de lui la solitude, a donné congé aux restaurateurs qui hébergeaient les turbulentes flottilles. Le voyageur s’éloigne avec crainte de cette verdoyante oasis qu’il abordait naguère avec tant d’empressement, et où il y a, dit-on, des pièges à loup.

Le moulin d’Alfort, appartenait à M. Rieffel, est un des mieux aménagé qui soient en France, et on y a réalisé tous les progrès connus de la meunerie.

Si l’on jette les yeux sur notre plan, on remarquera, à l’extrémité orientale d’Alfort, une rue bordée d’un côté par un champ cultivé. Sur les bords de la Marne, contiguë à ce champ est une villa sans pareille, non seulement dans les environs d’Alfort, mais encore dans tout le département. Entre deux corps de logis, l’ingénieux propriétaire a jeté une cage de verre où croissent, arrosées par une cascade, les plantes les plus rares des régions intertropicales ; des perruches, des veuves, des diamants, des oiseaux de paradis gazouillent à l’ombre des bananiers, des dracænas, des araucarias, des cocotiers. Aux deux bouts de ce jardin d’hiver s’ouvrent sans cloison, à l’est une salle à manger, à l’ouest une salle de billard, toutes deux décorées avec luxe. Nous ne connaissons point d’habitation distribuée plus heureusement et d’une manière plus poétique. Le propriétaire, gallinoculteur maintes fois médaillé, a obtenu des variétés superbes et productives, par d’habiles croisements des races de crèvecœur, brahmapoutra, cochinchinoise, houdan, padoue et flêchoise. »

« La suppression de la poste a ôté beaucoup de mouvement à Alfort, quoique ce soit encore une station pour les rouliers ». Le chemin de fer de Paris à Lyon, inauguré le 9 septembre 1849, en facilitant les communications de Charenton, d’Alfort et de Maisons, a eu l’avantage de permettre à un grand nombre de Parisiens de se fixer dans ces parages, et nous en avons donné une preuve irrécusable en indiquant le chiffre de la population.

Aussi la commune de Maisons-Alfort est-elle en progrès ; les berges de la rive gauche de la Marne ont été consolidées par les soins du maire, M. Véron. Le vieux pont va être reconstruit en 1861, et il rivalisera en beauté avec celui du chemin de fer, qui n’a pas moins de 154 mètres de long. Le petit bras de la Marne, sur lequel était un moulin et qu’abritaient des arbres touffus, va être canalisé.

Mais ce qui assure principalement la notoriété d’Alfort, c’est son école vétérinaire, unique dans le monde entier.

Le commencement du XVIIIe siècle fut signalé par l’invasion en Europe d’une épizootie des plus meurtrières, le typhus contagieux du gros bétail.

Sortie des steppes de la Russie méridionale, cette maladie pénétra en Italie, en France, en Allemagne, dans la Hollande, etc. ; elle ne cessa, pendant une longue période de soixante années, de décimer l’espèce bovine. D’après une statistique authentique, le typhus contagieux fit périr en France et en Belgique 10 millions de têtes de bétail. En estimant à 100 francs seulement chaque tête de bétail, l’agriculture depuis 1711 jusqu’en 1796, aurait éprouvé une perte d’un milliard.

En 1772, 1773 et 1774 la contagion et le typhus régnant dans les provinces méridionales, on dut recourir à l’assainissement général de tout le bétail compris dans le vaste triangle formé par la Garonne, les Pyrénées et l’Océan. Un arrêt du conseil d’État du roi prescrivit, le 18 décembre 1774, de payer à titre d’indemnité aux propriétaires un tiers de la valeur que les bestiaux auraient eue s’ils avaient été sains. Comme il résulte des documents que l’indemnité fut payée pendant une période de trois à quatre ans, il dut sortir bien près de 100 millions des coffres de l’État. C’est une circonstance à laquelle les historiens n’ont peut-être pas assez fait attention.

Aux désastres du typhus déjà si meurtriers vinrent s’ajouter les désastres non moins considérables occasionnés par les maladies charbonneuses et par l’inobservation des premières règles de l’hygiène.

La création des écoles vétérinaires fut inspirée par l’intérêt que l’État attachait à la conservation des animaux dont les secours et la force suppléent journellement à l’impuissance et à la faiblesse des bras de l’homme.

Bourgelat, écuyer célèbre, homme de génie, ami de d’Alembert, de Voltaire, de Buffon et de Haller, etc., eut l’idée de créer des écoles vétérinaires.

Bertin, contrôleur général des finances et ministre d’État seconda les vues de Bourgelat, et fit décider par un arrêt du Conseil d’État (5 avril 1761) la création vétérinaire à Lyon.

Le gouvernement ne tarda pas à comprendre combien serait utile un établissement de ce genre aux portes de Paris ; il appela Bourgelat, et lui confia l’organisation et la direction de l’École d’Alfort. Elle est située dans le village du même nom, à l’angle que forme la route de Lyon par la Champagne et le Bourbonnais.

L’ancienne école a disparu ; elle a fait place à de grands et vastes bâtiments destinés aux divers cours, au logement des professeurs, des employés, des élèves et des animaux malades ; tout y est disposé pour répondre aux exigences de l’enseignement le plus large : aussi la réputation de cette école est-elle universelle.

Elle a eu successivement pour directeurs : Bourgelat, Chabert, Girard, Féart, Renauld et Delafond, directeur actuel.

Les hommes éminents chargés de la direction et de l’enseignement, le nombre considérable d’animaux malades qui de toutes parts affluent dans cette école, la variété des maladies qu’on y observe, la grande quantité d’animaux usés, hors de service, que fournit le voisinage de Paris, soit pour des expériences diverses, soit pour servir à l’instruction pratique des élèves, en font un établissement unique.

Chaque semaine (pendant l’hiver) on sacrifie une dizaine de chevaux aux travaux anatomiques ; pendant l’été, un nombre égal est nécessaire pour exercer les élèves aux opérations chirurgicales.

Dans cet établissement on trouve de vastes écuries modèles pouvant contenir soixante-dix chevaux, des étables, une bergerie, une porcherie, un chenil pour le traitement des chiens.

Les soins sont gratuits ; les propriétaires ne payent que la nourriture, dont le prix est fixé à 2 fr 50 c. pour les chevaux, et à 60 c. pour les chiens ; les bêtes bovines sont traitées gratuitement, dans le but de les attirer dans l’établissement.

Les élèves peuvent avoir sous les yeux et étudier 60 chevaux et 30 chiens malades.

Il y a tous les jours une consultation gratuite ; on y conduit en moyenne 1,000 animaux par mois. Ce service, le plus important, est confié à deux professeurs éminents, MM. Bouley et Reynal.

On comprend qu’avec de pareils éléments d’enseignement, l’Ecole d’Alfort ait toujours été le rendez-vous des hommes de tous les pays du monde qui ont voulu apprendre la médecine vétérinaire.

L’instruction en France a porté ses fruits ; la médecine vétérinaire s’est propagée : la Suède, le Danemark, la Prusse, l’Autriche, la Russie, la Sardaigne, l’Egypte, Constantinople, l’Amérique, etc., ont toujours envoyé des élèves à cet établissement ; c’est encore là que viennent se perfectionner les savants qui se destinent au haut enseignement dans les pays étrangers.

Jusqu’en 1850, le ministre dans les attributions duquel se trouvent les écoles vétérinaires est toujours venu présider la distribution des prix.

Un événement historique se rattache à la présidence de l’un des ministres.

Martignac, au mois d’août 1828, commence son discours par cette phrase :  Je veux reposer ma pensée inquiète et fatiguée en reportant avec bonheur mes souvenirs vers le jour des couronnes ! Ce fut à l’École d’Alfort que ce ministre libéral exprima ses premières craintes sur l’avenir de la dynastie.

1814 marque, comme nous l’avons dit plus haut, une époque mémorable pour l’Ecole d’Alfort.

Un des intrépides défenseurs du passage de la Marne est enterré dans l’Ecole: un modeste tombeau rappelle aux générations à venir la noble conduite des élèves à cette époque critique de l’histoire de la France.

Cette tombe est entretenue avec un soin religieux par l’administration.

Elle porte cette épitaphe :Ci-git Jean-Marie Pigeon (de la Seine), élève de cette Ecole, tué à la défense du pont de Charenton, le 30 mars 1814.

Priez pour son âme.

 

Dans le grand amphithéâtre il y a le buste en marbre de Bourgelat, sculpté par Boizot, avec cette épigraphe :

Claudio Bourgelat equiti, ob institutam artem veterinariam discipuli memores, annuente rege, posuere anno MDCCLXXX.

Les élèves sont au nombre de deux cent cinquante et sont rangés en quatre divisions. Le prix de la pension est de 400 francs par an.

C’est a l’école qu’a été formée par M. Féret cette belle race d’anglo-mérinos remarquable par la longueur et la finesse de la laine ; elle sert à fabriquer les étoffes cachemires français de MM. Biétry et Dauvin.

De l’école dépendent :

Un beau jardin de botanique, renfermant les principales plantes médicinales et les plantes fourragères ;

Un magnifique cabinet où se trouve réuni un grand nombre de sujets d’études, et dont la richesse attire les étrangers ;

Une bibliothèque de six mille volumes ;

Des ateliers de forges très spacieux. Le monde ne sait pas que la ferrure indispensable à l’utilisation du cheval est un moyen à la fois orthopédique et de redressement de chevaux boiteux.

Le ministre de la guerre entretient à ses frais quarante élèves destinés à entrer dans l’armée. A une époque où toutes les carrières sont encombrées, la profession vétérinaire ouvre les bras aux jeunes intelligences ; elle ne conduit pas à la for­tune, mais elle est des plus honorables et des plus utiles par ses relations avec l’agriculture, les haras, et l’influence que la production animale exerce sur la prospérité publique.

Quelques chiffres le prouveront. En comprenant toutes les espèces, le bœuf et le cheval jusqu’au mouton, la France renferme environ 55 millions de têtes de bétail, représentant une valeur approximative de 3 milliards.

Les pertes provenant des accidents et des épidémies sont évaluées annuellement à plus de 40 millions, c’est-à-dire à 1 fr. 33 c. pour 100 de la valeur du bétail.

Cette perte énorme s’explique par l’absence de soins de la plupart des habitants des campagnes, par l’état insalubre des étables, la mauvaise qualité des fourrages sur plusieurs points, le travail forcé, les mauvais traitements, enfin par le nombre insuffisant des vétérinaires. Le gouvernement peut seul le mettre au niveau des besoins, en garantissant une position aux élèves qui sortent de l’École d’Alfort.

Histoire des environs du nouveau Paris

 (Paris 1861)

Emile Gigault de la Bédollière (1812-1883

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