Archives quotidiennes : 1 décembre 2013

Souvenir de l’Assemblée Générale du CGMA

AG 2013

Dimanche 1er décembre 2013

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Visite guidée de Maisons-Alfort

Le pont de Charenton, qui traverse la Marne et donne accès aux trois routes divergentes de Melun, de Créteil et des bords de la Marne, est l’entrée naturelle de la ville de Maisons-Alfort. Ses abords étaient autrefois garnis d’auberges et de relais de poste. On prétend que la vieille maison qui porte le n0 6 de l’actuelle rue Jean-Jaurès (ancienne Grande Rue) serait l’ancien relais où s’arrêta le fameux Courrier de Lyon.

Prendre à gauche la rue Moynet.

Église Sainte-Agnès, rue Moynet.

Cet intéressant édifice a été construit en 1932-1933 par Brillaud de Laujardière et Puthomme. Il est dominé par un clocher hexagonal de 53 mètres orné d’une statue de sainte Agnès, par Rispal. La  porte de cuivre repoussé est de Richard Desvallières, fils du peintre.

L’intérieur a été heureusement conçu pour tirer le meilleur parti d’un terrain de forme très irrégulière. Il vaut surtout par sa décoration. Si la table de communion de Richard Desvallières accuse un peu trop le style « arts décoratifs » de son époque, en revanche, l’ensemble réalisé par M. et Mme Max Ingrand est digne de beaucoup d’éloges. Au premier reviennent les vitraux, le chemin de croix et la décoration du fond de l’abside. Paule Max Ingrand a exécuté les peintures murales du baptistère et de la voûte du chœur dans une inspiration pleine de fraîcheur et de poésie. Ce chœur donne un bon exemple de collaboration entre l’architecte, le peintre et le verrier. Remarquer les claustra en forme d’A, initiale d’Agnès et d’Alfort.

L’église est malheureusement enserrée par des bâtiments médiocres.

Continuer l’avenue du Général-Leclerc.

Groupe scolaire Paul-Bert, angle de l’avenue du Général-Leclerc et de la rue Paul-Bert.

Cet ancien groupe a été augmenté en 1949-1950 par M. Manuel d’un bâtiment de façade bien proportionné revêtu de « mignonnette ».

Remonter l’avenue du Général-Leclerc jusqu’au rond-point de la Résistance et prendre à gauche la rue Jean-Jaurès, en contournant l’

École nationale vétérinaire d’Alfort, 7, rue Jean-Jaurès.

Cet établissement occupe l’emplacement de l’ancien manoir d’Alfort, remarquablement situé sur une colline qui domine le confluent des deux fleuves. Le lieu fut peuplé de fort bonne heure : on y a retrouvé un tumulus gaulois. Au XIIIe siècle, on trouve là un manoir, possédé en 1266 par Pierre d’Aigueblanche, seigneur d’Herefort, nom qui se déformera en Harreford (1362) et Hallefort (1616). La demeure nous est connue par des estampes du XVIIe siècle.

Le dernier seigneur de cette terre, Oursel, vendit le domaine à Louis XV pour 30 000 livres comptant, plus 2 000 livres de rente, en 1765. A l’instigation du ministre Berton qui avait fort admiré l’Ecole vétérinaire de Lyon, fondée en 1751 par Bourgelat, la roi voulait y fonder un établissement similaire.

L’école ouvrit ses portes en 1767, et se développa rapidement. Avant 1786, nous voyons l’architecte Cellerier y conduire des travaux ; laboratoire de chimie, pharmacie, forge et grande salle de dissection.

L’établissement fut fermé en 1790. La convention le réorganisa par décret du 29 germinal an III.

En 1814, les élèves d’Alfort se distinguèrent par leur héroïsme. On leur avait confié des canons ; ils transformèrent l’école en redoute et restèrent fermement à leur poste : plusieurs furent tués ou blessés. L’un d’eux, Jean Pigeon, succomba lors de la défense du pont de Charenton.

En août 1828, le premier ministre Martignac fit à Alfort un discours au cours duquel il exprima ses premières craintes pour l’avenir de la dynastie.

Au milieu du XIXe siècle, Pasteur trouva parmi les professeurs de l’Ecole des hommes qui devinrent les défenseurs de ses doctrines et des disciples fervents.

L’établissement occupe une superficie de plus de 12 hectares. Les bâtiments actuels ont été construits en 1840, à l’emplacement de ceux du XVIIIe siècle, et complétés par de nouvelles ailes en 1882.

A l’entrée, statue de Bourgelat, un des fondateurs de l’école, par Crauk. Les bâtiments sont groupés autour de cours plantées de beaux arbres.

A l’intérieur, petit musée consacré à l’anatomie, la physiologie, la pathologie et l’élevage des animaux domestiques. On y remarque un joli tableau du XVIIIe siècle, représentant une leçon d’anatomie, et les très curieux « écorchés » d’Alexandre-Evariste Fragonard, fils du peintre : hommes et animaux naturalisés dans des postures évocatrices et impressionnantes.

Tout autour, un grand parc offre aux étudiants de belles allées ombragées.

Continuer la rue Jean-Jaurès.

Cité ouvrière de la S. N. C. F., 64, rue Jean-Jaurès.

Ensemble agréable de petits immeubles (huit logements) construits en moellons, coiffés de tuiles brunes et séparés par des jardins, construit en 1952-1953.

Remonter la rue Jean-Jaurès jusqu’à la rue Pierre-Curie que l’on prendra à droite. On passe devant l’entrée du

Fort de Charenton, entre la rue Pierre-Curie, l’avenue du Général-Leclerc, les avenues Bustot et du Professeur-Cadiot et la rue Jean-Jaurès.

Ainsi nommé parce qu’il est censé protéger la région de Charenton, cet ouvrage fut construit sous le règne de Louis-Philippe.

Il fut le théâtre, en 1944, d’un épisode dramatique. Le 25 août, la garnison allemande, en s’enfuyant, y laissa 1 000 tonnes d’explosifs amorcés à l’acide. L’intervention rapide d’un chef d’escadrons de gendarmerie et l’esprit de sacrifice de l’artificier François, empêchèrent cette explosion, qui eut détruit le fort et le quartier avoisinant.

Maintenant désaffecté du point de vue militaire, il abrite actuellement une importante école de gendarmerie, et les unités de la garde républicaine avec l’escadron motocycliste affecté aux escortes officielles.

On débouche dans l’avenue du Général-Leclerc ; on la prend à gauche jusqu’à la rue de l’Amiral-Courbet, que l’on emprunte à droite. On débouche sur le bord de Marne. Prendre à droite la rue des Deux-Moulins.

Monument de Léon Deubel et Square Henri-François, rue des Deux-Moulins.

Ce square est à l’emplacement d’un moulin situé au bord de la Marne, le Moulin-neuf, que l’on retrouve sur de nombreuses estampes. Il dépendait lui-même d’une vaste propriété nommée Château-Gaillard, qui se trouvait entre la rivière et les actuelles rues de l’Amiral-Courbet et du Moulin-d’Enfer. C’est ici qu’en 1913 se suicida, en se jetant dans la Marne, le poète Léon Deubel, l’auteur des Chants des roules. A l’emplacement du drame a été élevée une stèle de bronze, avec buste par le Japonais Takata (1935).

Continuer le bord de Marne jusqu’à l’angle de la rue Gabriel-Péri.

Ancien château de Charentonneau, avenue Foch et rue Gabriel-Péri.

Ce domaine, qui tirait son nom de la paroisse, voisine, de Charenton, est déjà mentionné au XVIIIe siècle. Piganiol de La Force dit : « Charentonneau est un petit château sur le bord de la Marne. Sa galerie est estimée pour ses peintures de grisaille et sa décoration. Les ornements peints du plafond sont du plus excellent maître qui ait paru en France depuis longtemps[1]. » Le château était accompagné d’une ferme et d’un moulin, et ses terres s’étendaient jusqu’à la limite de Créteil.

Par la suite, la propriété fut habitée par le maréchal Bessières. Réquisitionnée par la municipalité, la demeure abrita au lendemain de la seconde guerre mondiale des familles de sinistrés.

Dès lors, le domaine était condamné : les architectes Riegler et Tandeau de Marsac y construisirent pour la Caisse des dépôts un ensemble de 800 logements, qui supprima pratiquement tout le parc et la quasi-totalité des bâtiments. On aurait pu, en contrepartie, exiger la restauration du plus intéressant d’entre eux, l’orangerie : on s’est contenté d’en conserver deux façades, sous forme de ligne d’arcades à clés sculptées. Là encore le présent n’a pas su profiter du passé.

Continuer le bord de Marne jusqu’au pont de Maisons-Alfort et prendre à droite l’avenue de la République.

Groupe scolaire Condorcet, 2, rue de Vénus, angle de l’avenue de la République.

Les groupes scolaires de Maisons-Alfort sont parmi les plus réussis de la région parisienne. Celui-ci, construit par Dubreuil et Hummel, en céramique blanche et rouge, avec un beffroi, présente un volume un peu hétéroclite, mais constitue une réalisation très intéressante. Sur les jardins, rotondes heureuses de proportions et bien éclairées.

Continuer l’avenue de la République, traverser l’avenue du Maréchal-Leclerc et la rue Georges-Médéric. On arrive à un carrefour qui est le centre du vieux village de Maisons. Au-delà, sur la droite, se trouve la

Mairie, avenue de la République.

Elle occupe l’emplacement du Fief de l’image, composé autrefois d’un château du XVIIIe siècle, d’un parc et d’une ferme, avec des dépendances où habita Robespierre. Le château fut ensuite habité par le maréchal Sérurier. La propriété fut acquise par la commune en 1875, le parc devint public et le château, très transformé, fut aménagé en hôtel de ville. Des ailes lui ont été ajoutées, de façon discrète, en 1964.

Revenir sur ses pas. De l’autre côté du carrefour se dresse l’

Eglise Saint-Rémi, rue des Bretons.

Située au centre du vieux village de Maisons, elle comporte une nef et un chœur surbaissé, flanqués d’un unique bas-côté. Le chœur et la chapelle orientée se terminent par un chevet plat. L’ensemble est des XIIe et XIIIe siècles, mais a été fâcheusement restauré. Le clocher est classé.

A l’intérieur, remarquer l’élévation de la nef, avec ses fenêtres hautes en oculus, et l’ensemble formé par l’autel, la table de communion et les chaires modernes, le tout en bois sculpté et dominé par un christ en bois découpé. A côté du chœur, la travée basse du clocher abrite les fonts baptismaux. Dans la chapelle de la Vierge, deux plaques funéraires du début du XIXe siècle et celle, du XVIIIe, d’André Chapuis, maître de poste, procureur du bailliage fiscal de Charenton, conseiller du roi au grenier à sel. Vitraux modernes de Mauméjean.

Prendre, à gauche en sortant de l’église, la

Rue des Bretons.

C’est la plus ancienne de Maisons. Il subsiste des maisons du XVIIe siècle, avec, dans les cours, d’anciens puits ou abreuvoirs.

La rue des Bretons débouche dans la rue Marceau que l’on prend à gauche, puis à droite la rue Victor-Hugo, et la rue Médéric. Ces deux dernières longent I’

Usine Fould-Springer.

Elle est installée sur l’ancien domaine du Reghat qui, dit-on, avait appartenu à Louis XV et avait été habité par Mme de Pompadour. Il fut acquis en 1872 par le baron de Springer pour y implanter son usine : c’est lui qui fit construire, à l’angle des rues Victor-Hugo et Médéric, le bâtiment de la direction, maison d’allure ancienne avec fronton sur les jardins. Quelques vestiges du parc subsistent.

Contourner l’usine par la rue Georges-Médéric et le chemin de l’usine Springer. On aboutit place Galliéni, où l’on prend à gauche la rue Jean-Jaurès. On se trouve là dans le quartier de Vert-de-Maisons, créé à partir de 1930 sur des terrains maraîchers et sur les herbages de la Ferme du Vert, qui était une pension pour chevaux.

Groupe scolaire Jules-Ferry, 218, rue Jean-Jaurès.

Egalement construit par les architectes Dubreuil et Humell, en 1934, c’est un beau bâtiment de briques à grandes baies horizontales dont l’entrée est ornée de reliefs.

Groupes d’H. B. M., square Dufourmantelle, 288, rue Jean-Jaurès.

Cet ensemble d’immeubles fut construit en 1934 par les mêmes architectes que le groupe scolaire pour l’Office d’habitations à bon marché du département de la Seine, et fut considéré à l’époque comme une réussite[2]. Aujourd’hui encore, on ne peut guère critiquer que sa situation, entre la route et la voie ferrée.

C’est un groupe bien ordonné de bâtiments de briques rouges, élégantes, de bonnes proportions et entourés de verdure.

D’après Le Val-de-Marne : art et histoire

1968 – G Poisson


[1] On ignore de quel artiste il s’agit.

[2] Cf. L’Illustration, 8 septembre 1934.

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