PAPAMA : Notice historique : Maisons-Alfort (1987) – (254)

Histoire du Val-de-Marne, sous la direction de Alain CROIX,

Messidor/Conseil Général du Val-de-Marne, 1987.

  Avant de confondre leurs eaux, en aval du pont de Charenton, la Seine et la Marne limitent une plaine d’environ 3 km de largeur sur 2 km de longueur, et à l’extrémité de laquelle, du côté de l’est, le terrain s’élève en faible ondulation. C’est en ce lieu, à l’abri des inondations, que les cultivateurs de la plaine se bâtissent de modestes maisons dont la réunion forme un village. Ils prennent l’habitude de dire : « aller aux maisons », « venir des maisons », et le nom commun finit par devenir le nom de la localité. La dénomination Alfort, qui désigne jusqu’à la fin du 19ème siècle un hameau de la commune, provient du domaine que possède au 12ème siècle, Pierre d’Aigueblanche, seigneur d’Herefort, nom peu à peu déformé en Alfort et ajouté à Maisons lors de la Révolution.

La plus ancienne mention de « Maisons » date de 988, lorsque Hugues Capet donne cette terre à l’abbaye de Saint-Maur, avec ses dépendances, terres, prés, moulins, les serfs qui l’exploitent, et les deux églises ou chapelles dédiées l’une à Saint-Remi, l’autre à Saint-Germain, ce qui prouve que le lieu est déjà de quelque importance.

En 1262, les abbés de Saint-Maur affranchissent de toutes les servitudes 143 chefs de famille. En 1358, les Anglais et Charles de Navarre prennent le pont de Charenton, clé des routes de l’est et du cours de la Marne. Les Anglais occupent longtemps le territoire de Maisons au 15e siècle.

En 1765, un baron de Bormes vend au roi le château d’Alfort pour y établir l’Ecole vétérinaire. Cette école, la plus ancienne au monde, marque profondément la commune et jouera un rôle important dans la diffusion des conceptions pasteuriennes : expériences de vaccination anticharbonneuse, ou plus tard, invention du vaccin contre la tuberculose, par l’Alforien Guérin qui donne le G du fameux BCG mis au point avec le docteur Calmette.

En 1792, la nouvelle commune, forte d’environ huit cents habitants, fournit quinze volontaires à la veille de Valmy, fond ses cloches pour en faire des canons, transforme l’église Saint-Rémi en Temple de la Raison.

Maisons-Alfort est également profondément marquée par la construction du fort dit de Charenton, à partir de 1841, et l’ouverture du chemin de fer Paris-Lyon en 1849 : la commune, coupée en deux par le chemin de fer, se scindera officiellement en 1885 en donnant naissance à Alfortville.

La population augmente, l’industrie se développe. L’empreinte militaire se traduit symboliquement par le grand rassemblement des troupes rentrant d’Italie, en 1859, ou, de manière beaucoup plus sinistre, par l’occupation allemande de 1870-1871 et ses ravages. On la retrouve aujourd’hui avec l’implantation de la gendarmerie, du commandement des écoles, installé au fort de Charenton, au GIGN (Groupe d’Intervention de la Gendarmerie Nationale) créé à Maisons-Alfort en 1974.

Si Maisons-Alfort est aussi la ville du célèbre « Que d’eau ! Que d’eau ! » du maréchal de Mac-Mahon au spectacle de la crue de 1876, elle est surtout une ville qui semble réussir à ses maires. Le marquis Dodun de Keroman exerce avec autorité la fonction de 1813 à 1855 et, au 20ème siècle, trois maires représentent à eux seuls soixante et onze années de mandat !

Léon Champion, maire de 1901 à 1935, est l’homme de la modernisation, dans une ville qui vient de connaître ses premiers lotissements, l’homme aussi qui organise remarquablement la solidarité pendant la guerre de 1914-1918. Une municipalité communiste dirige ensuite la ville, avant et après la deuxième guerre mondiale. Arthur Hévette, maire de 1949 à 1965, attache son nom au quartier des Planètes, un ensemble de 1 100 logements réalisé entre 1956 et 1962. René Nectoux, maire depuis 1965, sera pour sa part le maire des Juilliottes et de la rénovation du centre ville.

Parallèlement, la cité a connu la grande vogue des loisirs au bord de la Marne, les flon-flon, les triolets de l’accordéon, la valse musette, l’odeur des frites et du poisson frit, le lapin sauté et le bon vin, les lampions, les casquettes et les caracos. Pêcheurs, canotiers et baigneurs ont reflué, provisoirement peut-être, devant la pollution de la Marne dans les années 50.

La ville enfin a connu un autre exemple exceptionnel de continuité dans le domaine du sport: l’Association Sportive Amicale (ASA), fondée en 1900 par Maurice Cubizolles, se développe sous sa présidence pendant cinquante-cinq ans.

Elle est aujourd’hui une véritable institution, qui a donné à la commune en 1984, un champion olympique, le sabreur Jean-François Lamour.

 Marcelle Aubert, Pierre Girardot, Emile Karoubi, Gisèle et Michel Lambert, Denise Nectoux, Sylvia Pairetti, Association Maisons-Alfort, « Mille ans d’histoire ».

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Classé dans Histoire locale, Maisons-Alfort, PAPAMA

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