Etat des communes – Maisons-Alfort (Parties II à IV)

II  –  Modifications territoriales et administratives.

 La plus importante modification qu’ait subie le territoire de la commune est sans contredit celle qui est résultée de la création d’une commune à Alfortville. La ligne de démarcation a été fournie naturellement par les voies du chemin de fer de Lyon, puisque le rempart formé par elles avait été le principal argument en faveur de la séparation. Rappelons une fois de plus que cette disjonction de territoire eut lieu en 1885.

D’autre part, une loi du 11 avril 1902 a rectifié les limites de Maisons-Alfort et de Créteil, en attribuant à la première de ces deux communes la portion de territoire limitée au nord par le chemin de grande communication n0 47, et à la seconde la portion de territoire contenant la rue de Mayenne. Dans la Notice historique sur Créteil, nous avons indiqué (p. 20) que Maisons-Alfort cédait 4 hectares, 38 ares, 35 centiares, et recevait 6 hectares, 1 are, 40 centiares ; le chiffre des habitants ainsi échangés était respectivement de 55 et de 51 habitants.

Administrativement, Maisons-Alfort a toujours appartenu au district, puis à l’arrondissement méridional du département. Lors de la création des cantons, en 1790, la commune dépendit du canton créé à Saint-Maur, mais l’éloignement relatif de ce chef-lieu amena des protestations, et Charenton-le-Pont lui fut préféré dès 1792. Depuis lors, Maisons-Alfort n’a plus cessé de faire partie de ce canton.

Quant au chef-lieu de la sous-préfecture, il resta à Sceaux jusqu’à la suppression de cet organisme dans le département de la Seine. En 1835, le Conseil municipal de Maisons, consulté sur l’opportunité d’un transfèrement, avait proposé Charenton, puis Montrouge, voire même Joinville-le-Pont, mais sans succès (Chenal, p. 119) (61).

III  –  Annales administratives. – Liste des maires.

Instruction. – Une très curieuse délibération de l’an IX (1801), relative à l’instruction primaire, n’a pas échappé à M. Chenal (p. 88) (46-47). Il y est dit, que pendant les cinq jours complémentaires, un concours sera ouvert dans le temple (église) de la commune, en présence des maire, adjoint et membres du Conseil municipal. Des prix seront distribués à chacun des deux élèves qui auront été jugés les plus instruits dans la lecture, l’écriture et les calculs élémentaires. Un prix de sagesse sera aussi attribué à l’élève qui se sera le plus distingué par son assiduité au travail et aux instructions, et par son respect et sa soumission envers ses père et mère.

Nous avons retrouvé, aux archives de la Seine, l’arrêté du sous-préfet de Sceaux approuvant cette fondation. Il est précédé du considérant suivant : « Cet acte tend au double but d’exciter les enfants au travail et de les mettre dans le sentier de la vertu, principale source de la félicité publique et du bonheur particulier ».

Les rouages de l’instruction primaire furent réduits au minimum, comme installation et comme personnel enseignant, durant la plus grande partie du XIXe siècle. C’est à la troisième République que revient l’honneur d’avoir créé les groupes scolaires d’Alfort, de Charentonneau et du Centre.

Octroi.L’octroi municipal ne date que de 1845. Il fut modifié et étendu à un plus grand nombre de produits en 1864.

Moyens de transport. – Fort longtemps, les habitants furent réduits à leurs seules ressources, – les voitures particulières ou le voyage pédestre, – pour se rendre à Paris et en revenir. Les lourdes diligences suivant les routes de Genève ou de Belfort auraient certes refusé de leur donner accès ; ils eurent sur elles leur revanche quand pour eux le chemin de fer, plus accueillant, ouvrit une station à Maisons-Alfort en 1849.

Quelques années plus tard, la Compagnie générale des Omnibus créa un service de banlieue qui partait de l’ancienne barrière de Charenton, suivait le trajet actuel du tramway de Charenton (Écoles), franchissait le pont et gagnait Créteil en desservant.

Maisons-Alfort par la route de Genève jusqu’à l’église et le chemin de grande communication dit aujourd’hui rue Victor-Hugo. En 1875, le point de départ de ce service fut reporté au pont de Charenton, terminus de la ligne de tramways Louvre-Charenton ; puis, en 1881, l’exploitation cessa par suite de la création du tramway Charenton-Créteil ; mais, comme cette ligne emprunte la route de Belfort, le centre de la commune n ‘était plus desservi. De multiples réclamations amenèrent la restauration du service par la route de Genève en 1887, la commune fournissant à cet effet une subvention qui, de 3.500 francs, fut élevée à 5.000 francs. La création du service de tramways Bonneuil-Concorde, en 1900, donne aujourd’hui aux habitants toute satisfaction pour la rapidité du transport, soit jusqu’au pont de Charenton, où ils trouvent les bateaux, soit jusqu’à Paris même.

MAIRES DE MAISONS-ALFORT

Roger (père). 1790-1791.

Bernard  1791-1793.

Poret 1793.

Roger (fils). 1793-1795. Nommé de nouveau maire en 1800 après la période des municipalités du canton.

Dodun (marquis) de Kéroman 1813-1855. Mort en fonctions.

Véron 1855-1870.

Bourguignon (François-Augustin). 1871 – 1878.

Faitot (Jean-Baptiste). 1878 (21 janvier – 1er août). Démissionnaire.

Philipppot (Pierre). 1878-1881. Démissionnaire.

Busteau (Isidore). 1881-1884.

Durst (Christian-Edmond). 1884.1896.

Chenal (François-Amédée), 1896-1901. Démissionnaire.

Champion (Eugène). 1901. Réélu le 14 mai 1904.

IV  –  Monuments et édifices publics.

Église. – Dédiée à Saint Remi, archevêque de Reims, l’église paroissiale remonte dans ses parties les plus anciennes au XIIe siècle, notamment le clocher, surmonté d’une flèche à huit pans, qui paraît dater du XIVe siècle. Le chœur est du XIII’ siècle.

Nous avons indiqué plus haut (p. 11) les travaux de restauration dont cet édifice avait été l’objet, quelques années avant la Révolution ; ce ne furent pas les seuls. En 1845, il fallut procéder à une réfection presque complète, dont le devis atteignait 37.000 francs. Après de longues difficultés, le Conseil municipal vota pour sa quote-part 15.000 francs, au lieu des 17.000 francs que la Préfecture lui réclamait. Les archives de la Seine possèdent sur cette affaire un volumineux dossier.

De nouvelles réparations furent rendues nécessaires après la guerre de 1870-1871.

Mairie. – La commune fut très longtemps dépourvue de mairie. Au début de la Révolution, les assemblées générales se firent, suivant l’usage, dans l’église ; puis, la municipalité se réunit, soit chez le maire, soit au presbytère, et, à partir de 1813, date où le marquis Dodun devint maire, invariablement à son domicile.

Toutefois, par délibération du 7 février 1814, le Conseil émit le vœu de construire, « à l’instar des communes voisines, une maison commune dans laquelle il y aurait salle de mairie, chambre pour les archives, logement pour le maître d’école, classe convenable, corps de garde, dépôt pour les gens arrêtés ». Cette délibération fut renouvelée le 11 octobre suivant, et l’architecte de l’arrondissement, Molinos, présenta un devis de construction sur la place de l’Église, dans la partie contiguë à la route royale, niais avec un retrait de 8 mètres sur les propriétés voisines ; la dépense prévue était de  11.967 fr. 27. Une ordonnance royale du 8 juillet 1835 autorisa la commune à s’imposer extraordinairement à cet effet et le bâtiment fut, en effet, construit.

Moins de vingt ans plus tard, il était jugé insuffisant. En 1862, le Conseil décida d’acquérir les bâtiments désaffectés d’une ferme sise à l’angle de la Grande-Rue et de la rue de Charentonneau. Les travaux que l’on avait cru devoir être peu importants durèrent deux ans et coûtèrent, dit M. Chenal, 118.135 francs. L’inauguration eut lieu le 15 août 1864. Enfin, en 1894, fut votée l’acquisition de la mairie actuelle, ancien fief de l’Image, ancienne propriété Lesieur, qui, nous l’avons dit, a été solennellement inaugurée le 12 août 1896.

Cimetière. – Depuis la construction de l’église, le cimetière s’étendait, conformément à la liturgie catholique, à l’ombre de l’édifice. Il en fut ainsi jusqu’à 1825, date d’acquisition du cimetière actuel, qui fut ouvert l’année suivante. Par respect pour la mort, l’ancien cimetière resta intact plusieurs années ; même, à la séance du 4 août 1832, la majorité du Conseil repoussa avec quelque véhémence la proposition de démolir le mur de clôture qui s’écroulait, et vota un crédit pour le faire restaurer. Ce n’est qu’en 1844 que le terrain fut nivelé et la place de l’Église constituée.

BIBLIOGRAPHIE

L’ABBE Leboeuf, Histoire du diocèse de Paris, t. V, pp. 3-9 de l’édition de 1883.

Chenal (A.), Histoire de Maisons-Alfort et d’Alfortville depuis les temps les plus reculés jusqu’à nos jours ; Paris, Asselin et Houzeau, in-12 ; 285 pp.

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Classé dans Histoire locale, Maisons-Alfort

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