France Pittoresque – 1835 : Eure (2)

Département de l’Eure. ( Ci-devant Normandie, Perche, etc)

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HISTOIRE NATURELLE
VILLES, BOURGS, CHATEAUX, ETC
DIVISION POLITIQUE ET ADMINISTRATIVE
POPULATION
GARDE NATIONALE
IMPÔTS ET RECETTES
DEPENSES DEPARTEMENTALES
INDUSTRIE AGRICOLE
INDUSTRIE COMMERCIALE
BIBLIOGRAPHIE

 

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HISTOIRE NATURELLE

REGNE ANIMAL – Les races d’animaux domestiques sont assez belles. Le haras du Bec a contribué à améliorer l’espèce des chevaux normands. Les bêtes à cornes et les porcs y sont de grande taille. La race ovine offre des moutons de pré salé à chair exquise, et des moutons anglais à longue laine. Quand au gibier, les plaines, les vallées et les bois en fournissent de toute espèce.

Cependant les chevreuils, les cerfs, les daims et les sangliers sont moins nombreux qu’autrefois. Les lièvres et les lapins sont très multipliés. Les perdrix rouges et grise, les cailles, les grives, les alouettes, les bécasses, les bécassines, les poules d’eau, les sarcelles, les canards sauvages, les râles de genêt,etc., sont communs.

Le département renferme quelques animaux nuisibles, loups, renards, belettes, etc., mais en petite quantité.

On pêche dans les rivières le brochet, le barbeau, la carpe, la truite, la perche, la tanche, le meunier, le gardon, le goujon, l’anguille et l’écrevisse.

Le saumon et l’alose remontent la Seine et la Rille.

L’ablette est assez abondante poour que ses écailles, dont on extrait l’essence de perles, donnent lieu à un commerce assez étendu.

REGNE VEGETAL – Les forêts offrent le chêne, l’orme, le hêtre, le charme, le tremble, l’alizier, le cormier, le châtaignier,le bouleau, etc.

Dans les campagnes et les enclos,on voit le prunier, le poirier, le pommier, le cerisier, l’abricotier, le mûrier, le sapin, le tilleul etc.

L’aune, le frêne, le saule, le marronnier, le peuplier, etc., se rencontrent dans les vallées. Les arbustes les plus communs sont le genévrier, le buis, les rosiers de toute espèce, le chèvrefeuille, le framboisier, la ronce, les bruyères et genêts, ‘épine, le lierre etc.

On citait autrefois, comme phénomène végétal l’if de Fouillebec. Nous ignorons si ce bel arbre existe encore. Voici la description qu’on en faisait, il y a quelques années : “ Cet if a vingt et un pieds de pourtour ; sa grosseur prodigieuse et sa solidité extraordinaire suffisent pour soutenir le chœur de l’église à laquelle il est adossé, et qui s’écroulerait dans un ravin profond qui l’avoisine, si l’arbre ne lui servait pas d’appui ; il a été planté dans un ancien cimetière, où le terrain se compose de sable et de cailloux ; au-dessous de l’arbre on voit la coupe d’un cercueil de pierre dirigé de l’ouest à l’est, comme l’église.

Il est facile de reconnaître, par le diamètre du cercueil et par les os, dont quelques-uns percent la terre, qu’il n’y a qu’une petite partie du cercueil qui soit rompue, à l’extrémité répondant aux pieds du squelette, et que le milieu de l’if répond au milieu du cercueil ; ce qui fait présumer qu’il a été planté sur le tombeau même dont on aperçoit les débris. Le feuillage de ce vieil arbre sert de retraite à une foule d’oiseaux, fauvettes, merles et grives, qu’attirent l’épaisseur de l’ombrage et les baies que l’arbre produit en abondance. ”

REGNE MINERAL – Le département renferme des mines de fer abondantes. On y trouve de la pierre à bâtir, de la pierre meulière, des grès à paver, de la terre à foulon et à faïence.

EAUX MINERALES – Il existe des sources minérales, la plupart ferrugineuses, à Breteuil, au Bec, à Beaumont-le Roger, à Saint-Germain, à Houdeville et à Vieux-Conches.

Ces deux dernières sont les plus fréquentées.

Gisors et les Andelys possèdent des fontaines jaillissantes forées d’après la méthode artésienne.

VILLES, BOURGS, CHATEAUX, ETC

Evreux, sur l’Iton, ch. L. de préf., à 26l. O. de Paris(distance légale) – On paie 12 postes ¼. Population 9 963 habitants.

La ville ancienne qui a donné naissance à Evreux existait sur le territoire de la commune dite encore aujourd’hui le Vieil-Evreux. Elle se nommait Mediolanum et était la cité principale des Aulerci eburovices.

Au IVe siècle elle fut nommée civitas Eburovicorum ou Eburocorum, puis Ebroicoe, et enfin Evreux.

Vers l’an 260, saint Taurin y prêcha la foi chrétienne, et dans le IIIe siècle la ville devint épiscopale ; plusieurs de ses évêques ont été canonisés.

Evreux fut une des cités que les Romains conservèrent le plus longtemps ; le reste des gaules leur était déjà enlevé par les Visigoths, les Francs et les Bourguignons, lorsque Clovis, appelé par l’évêque d’Evreux, s’empara de la ville et de toute cette partie des Gaules.

En 892, le chef des Normands, ROLLON, se rendit maître d’Evreux ; les habitants terrifiés firent peu de résistance ; cependant leur ville fut pillée et leur territoire ravagé.

Quelques temps après, ROLLON reçut du roi de France la Neustrie à titre de duché.

La ville d’Evreux fut comprise dans cette province ; située à la frontière, elle fut prise, reprise, ravagée à chaque guerre qui s’éleva entre les rois de France et les ducs de Normandie.

En 996, Evreux eut ses comtes particuliers.

Robert le Normand est le premier qui ait porté ce titre, auquel il joignit celui d’archevêque de Rouen, bien qu’il fût marié et père de quatre enfants. Son neveu, le duc de Normandie, lui déclara la guerre, lui enleva sa ville capitale et le força à s’enfuir à Paris.

Robert, comte et archevêque, excommunia alors son neveu, et grâce à la terreur qu’inspiraient ses armes spirituelles, recouvra Evreux, où il mourut en 1037.

Son successeur suivit Guillaume LE CONQUERANT en Angleterre, et se fit remarquer dans cette invasion.

En 1090, AMAURY DE MONTFORT s’empara d’Evreux par trahison et y commit de telles dévastations qu’on fut un an entier sans y dire la messe.

A peine cette ville commençait-elle à réparer ses désastres, que le roi d’Angleterre, HENRI Ier, vint essayer de la reprendre ; le siège traînait en longueur quand l’évêque d’Evreux, le traître ROTODUS, conseilla à HENRI de lancer des feux sur la ville, qui fut en effet brûlée de fond en comble.

En 1194, Evreux, reconstruite, était redevenue considérable ; elle avait été cédée à PHILIPPE AUGUSTE par JEAN-SANS-TERRE, moyennant 1 000 marcs d’argent, et devait être réunie à la couronne de France.

PHILIPPE, néanmoins, l’avait laissée au frère de RICHARD D’ANGLETERRE et s’était contenté de mettre garnison dans le château.

JEAN-SANS-TERRE, pour se réconcilier avec son frère, fit traîtreusement massacrer la garnison française. PHILIPPE, furieux, attaqua Evreux, la prit, l’incendia et la fit en grande partie démolir ; il s’en empara de nouveau trois ans après, et acheva de la détruire.

Elle lui fut définitivement cédée l’année suivante, et il s’occupa dès lors de luionner une nouvelle existence.

Evreux appartint à la couronne jusqu’en 1285, où PHILIPPE-LE-BEL la donna à son frère, LOUIS de France, tige de la branche royale des comtes d’Evreux.

En 1316, ce comté fut érigé en pairie perpétuelle.

Le dixième comte d’Evreux fut CHARLES-LE-MAUVAIS, roi de Navarre, un des fléaux de la France sous la première branche des Valois

Les Anglais s’emparèrent de la ville, du temps de CHARLES VII ; mais fut reprise par le Roi et donnée par lui à Jean STUART, un des braves capitaine écossais qui combattirent vaillamment pour la France, à côté de l’héroïque Pucelle d’Orléans. A la mort de STUART, Evreux rentra dans le domaine royal, d’où elle ne sortit que pour être donnée au duc de BOUILLON, en échange de la principauté de Sedan.

L’ancienne ville d’Evreux était peu étendue, malgré son importance ; ses accroissements les plus considérables datent du XVe siècle ; elle était surtout défendue par un énorme donjon contigu au mur d’enceinte, à l’endroit où fut plus tard l’hôtel de ville.

Avant la Révolution, elle possédait, outre sa cathédrale, huit paroisses, trois couvents d’hommes, un couvent de femmes et deux abbayes considérables.

Evreux est située dans une belle vallée arrosée par la rivière d’Iton, qui se partage, avant d’entrer dans la ville, en trois bras, dont un seul la traverse ; un autre baigne ses murs, et le troisième coule tout à fait en dehors.

Des coteaux charmants bordent la vallée, et des promenades délicieuses ceignent la ville, qu’avoisinent les deux plaines fertiles et riches de Neubourg et de Saint-André.

De nombreux canaux distribuent dans toutes les parties d’Evreux une eau salubre et abondante.

L’entrée de la ville du côté de Caen est la plus belle ; la route passe devant le beau château de Navarre, et se joint à une rue qui aboutit à la route de Rouen.

La partie la plus marchande est appelée la rue aux Febvres, vieux mot qui, dérivé du latin faber, signifie fabricant, ouvrier. Cette rue conduit à l’ancienne place Saint Léger, sur la route de Rouen, maintenant transformée en une jolie promenade. Cette promenade, d’abord nommée la place Bonaparte, est plantée de tilleuls et décorée d’une pyramide.

Evreux est généralement bien bâtie, mais la plupart des maisons y sont irrégulières, de styles ancien et d’apparence triste. Les rue manquent presque toutes de largeur et d’alignement ; elles sont propres et assez bien pavées ; la rue des Febvres, formée de bâtiments fort dissemblables de styles et de dimensions, est du moins bien aérée et fort animée.

La cathédrale d’Evreux est une des plus anciennes et des plus curieuses églises de France, une de celles où abondent les détails romans et gothiques les plus intéressants. Longtemps avant l’invasion des Normands, elle était dédiée à la Vierge. Souvent dévastée, toujours réédifiée, elle offre des morceaux d’architecture et de sculpture de divers siècles. Son plan est une croix ; au centre s’élève un dôme octogone qui fut construit aux frais du cardinal LA BALUE, évêque d’Evreux et ministre de LOUIS XI ; le dôme est surmonté d’un fort beau clocher en pyramide, travaillé à jour, et dont le sommet s’élève à 240 pieds au-dessus du sol. Le portail du bras gauche de la croisée est superbe ; le porche, dont la voûte est une grande ogive fort aiguë, est flanqué de deux belles tours octogones. La nef est entourée de détails gothiques très délicats. Trente deux piliers la séparent, ainsi que le chœur, des bas-côtés.

L’église Saint Taurin le dispute en antiquité avec la cathédrale. Elle dépendait d’une ancienne abbaye ; on y voit la châsse du saint, œuvre de sculpture gothique aussi riche par la matière que précieux par le travail.

On cite encore, à Evreux, l’hôtel de ville, l’hôtel de la préfecture, le palais épiscopale, les prisons, le théâtre et la bibliothèque publique, riche de 10 000 volumes.

CHÂTEAU DE NAVARRE – Ce château mérite une attention particulière ; il fut d’abord construit, en 1532, par Jeanne de France, reine de Navarre et comtesse d’Evreux ; ce premier édifice ayant été détruit fut remplacé par les ducs de BOUILLON, en 1686, par le château moderne dont MANSARD donna les dessins. C’est un bâtiment carré à faces symétriques, décoré de perrons et de vestibules à colonnes.

Un vaste dôme le couronne ; un canal d’eau vive l’entoure.

Un parc superbe, des jardins charmants, l’environnent et offrent avec profusion de belles eaux, de vastes masses de verdure, des leurs de tous espèces.

L’Ile d’Amour, le Jardin d’Hébé, sont surtout agréables. Ce lieu charmant a été habité pendant quelque temps par l’impératrice Joséphine.

VIEIL-EVREUX, petit village à 1 l. E. d’Evreux ; le nom de cet endroit, les ruines d’un aqueduc qu’on y voit, les débris de grosses murailles, des monnaies antiques et les autres antiques romaines qu’on y a retrouvés, semblent justifier ceux qui présument que là fut le site de l’ancienne Mediolanum des Aulerci.

BRETEUIL, ch. l. de canton, à 9 l. S.O. d’Evreux. Population 2 049 habitants.

Cette petite ville doit probablement son origine à un château fort que Guillaume LE CONQUERANT y fit construire, et dont quelques débris subsistent encore. HENRI II, roi d’Angleterre et duc de Normandie, donna cette seigneurie à Robert de MONTFORT ; elle fut vendue, en 1210, à PHILIPPE AUGUSTE et devint ensuite le partage de CHARLES, roi de Navarre, qui l’échangea, en 1410, avec CHARLES VI, pour d’autres terres. Elle appartint enfin à la maison de BOUILLON, en 1651, en même temps qu’Evreux.

Breteuil est située sur la rive droite de l’Iton, dans une contrée abondante en mines de fer. L’exploitation de ces mines, la fonte du minerai, donnent à la ville une grande activité ; elle possède des fabriques d’objets de toute espèce et des sources d’eaux minérales ferrugineuses froides assez estimées.

CONCHES, sur l’Iton, à 5l. O.-S.O d’Evreux. Population de 2056 habitants

Conches fut jadis plus considérable que de nos jours, c’était une place forte, elle avait des comtes dans le temps des premier ducs de Normandie.

Les chances de la guerre lui furent souvent fatales et l’anéantirent enfin presque entièrement.

C’est maintenant une petite ville champêtre, d’une activité très commerçante ; elle est située sur une colline dont l’Iton baigne le pied, au milieu d’un pays très fertile en grains et abondant en pâturages.

IVRY-LA-BATAILLE, à 8 l. 1,2 S.E d’Evreux. Population de 914 habitants.

Ce bourg est dans une situation agréable, au pied d’un coteau, sur la rivière de l’Eure qui le divise en deux parties.

Il est célèbre par la victoire qu’HENRI IV y remporta, en 1590, sur l’armée des Ligueurs commandée par le duc de Mayenne.

Une pyramide de 17 m de haut avait été élevé dans la plaine pour perpétuer le souvenir de cette bataille mémorable. Cette pyramide, détruite pendant la Révolution, fut réédifiée en 1809, par ordre de NAPOLEON.

PACY, ch.-l. de canton, à 5 l. 314 E. d’Evreux. Population 1 387 habitants.

Pacy, maintenant privé de toute importance, était jadis une ville forte, beaucoup plus peuplée que de nos jours, et qui paraissait devoir acquérir tous les avantages dont les malheurs de la guerre l’ont privée ; son plus grand désastre eut lieu dans es dernières guerre qui signalèrent  l’époque de la rivalité de la France et de l’Angleterre.

Pacy fut, pendant la nuit, surpris par les Anglais, qui massacrèrent les habitants et livrèrent la ville au pillage, sans respecter même les églises.

Pacy avait été u nombre des villes fortifiées cédées par RICHARD d’Angleterre, en 1196, au roi de France PHILIPPE AUGUSTE. Cette petite ville était devenue considérable sous le gouvernement des comptes d’Evreux de la maison de Normandie ; elle était environnée de bonnes murailles et de fossés profonds, et avait un château bien fortifié.

Pacy est situé avantageusement sur la rive gauche de l’Eure, qui y est navigable, et sur la grande route d’Evreux à Paris. La ville est agréable et propre.

VERNEUIL, sur l’Avre, ch.l. de canton, à 12 l. ½ S.O. d’Evreux. Population 4 178 habitants.

Cette ancienne ville, fortifiée par HENRI Ier, roi d’Angleterre, fut prise et reprise différentes fois.
PHILIPPE AUGUSTE l’assiégea en 1193.

En 1336 elle fut pillée par les Anglais et les Navarrais.

En 1424, une bataille désastreuse se livra sous ses murs ; le duc de BEDFORT y battit complètement CHARLES VII. Les Anglais gardèrent la place jusqu’en 1449.

En 1590, HENRI IV l’enleva aux ligueurs, qui ne tardèrent pas à la reprendre ; enfin elle se rendit au Roi en 1594.

Il lui reste encore quelque débris de ses vieille fortifications, surtout une grosse tour dite la Tour grise, ronde et de plus de 20 mètre de diamètre ; on l’aperçoit d’une grande distance.

L’église cathédrale est remarquable par sa construction gothique et son gros clcher.

Verneuil est situé dans une riante plaine, que baignent l’Avre et l’Iton, et que traversent cinq grandes routes.

D’agréables promenades environnent la ville et ont remplacé ses anciens remparts.

Verneuil possède un bibliothèque publique contenant 5 000 volumes.

VERNON, sur la rive gauche de la Seine, ch.l. de canton, à 7 l. ½ E. N. E. d’Evreux. Population 4 888 habitants.

Vernon est une ville fort ancienne, mais dont l’histoire certaine ne remonte qu’au XIe siècle ; elle portait alors le titre de château et se nommait Verninium castrum.

Située sur la frontière de la France et de la Normandie, elle fut, pendant l’anarchie féodale, exposée à tous les désastres des guerre qui désolèrent presque incessamment le pays à cette époque malheureuse.

En 1125, HENRI Ier, d’Angleterre, fortifia et agrandit Vernon, et y fit construire la grande tour.

En 1151,Vernon appartenait à GEoffroy PLANTAGENET, comte d’Anjou.

LOUIS VIII l’en déposséda, puis la lui rendit ; mais deux ans après, le fils du comte ayant pillé des marchands sur le chemin royal, le Roi revint assiéger Vernon, et punissant sur des innocents le crime du coupable, livra le bourg aux flammes.

Vernon appartint ensuite au duc de Normandie, puis fut cédé à LOUIS, fils de PHILIPPE AUGUSTE.

En 1198, PHILIPPE, battu près de Vernon par RICHARD, se réfugia dans le château. Saint Louis fonda à Vernon un hôpital qu’il dota richement .

Sous Philippe de VALOIS, les Anglais prirent Vernon et le livrèrent aux flammes ; d’autres désastres suivirent cette catastrophe.

Avant la Révolution, Vernon avait le titre de bonne ville ; elle était entourée de fortes murailles, avec six portes et de profonds fossés, et conservait plusieurs autres parties de ses fortifications, qui ont été démolies ; il n’en reste plus qu’une énorme tour, d’une hauteur considérable, où sont placées es archives de la ville.

L’église Notre-Dame, édifice gothique, est digne de remarque et renferme plusieurs tombeaux ornés de curieuses sculptures.

Le collège, fondé par HENRI IV et rebâti en 1773 par le vertueux duc de PENTHIEVRE, mérite aussi une attention particulière.

L’ancien château de Bizy, à l’extrémité méridionale du faubourg de même nom, a été remplacé par une jolie maison de campagne, dont le parc, très étendu est orné de belles cascades.

Le pont de Vernon est une vaste construction de vingt deux arches, mais il n’est remarquable que par sa longueur.

Les environs de la ville sont riants, pittoresques, aussi fertiles qu’agréables ; ils offrent aux habitants de Vernon plusieurs promenades très intéressantes.

La petite ville possède une petite salle de spectacle.

C’est à Vernon que sont les parcs et les magasins du Train des équipages militaires.

LES ANDELYS, près de la rive droite de la Seine, ch. L. d’arrondissement, à 12 l. ½ N. E. d’Evreux. Population 5 168 habitants.

On donne ce nom à deux petites villes qui ne sont séparées que par une chaussée d’environ un quart de lieue.

Le grand Andely, plus ancien que l’autre, est désigné dans nos vieux chroniqueurs sous le non d’Andilegum. On attribue son origine à un monastère fondé par Clotilde ; une bourgade se forma autour du monastère ; au XIIe siècle on y construisit un château fort considérable qui servit de refuge à LOUIS VII battu à Brenneville par HENRI d’Angleterre.

En 1170, Andely était un gros bourg que les Anglais détruisirent entièrement ; l’abbaye de Clotilde avait disparu, elle fut remplacée par une collégiale.

Andely fut souvent un objet de dispute entre les rois de France et d’Angleterre, et souffrit toujours de ces querelles.

En 1204, PHILIPPE AUGUSTE assiégea Andely pendant cinq mois et ne prit que par famine le château Gaillard que RICHARD avait fait construire au bourg voisin.

En 1552, Antoine de Navarre, blessé au siége de Rouen, mourut aux Andelys.

L’église collégiale est une belle construction ; le portail extérieur, très pittoresque, paraît antérieur au reste de l’édifice ; le côté du midi est du style gothique du XVIe siècle, le côté du nord est de style ionique.

La chapelle de la Vierge possède un fort beau tableau de LESUEUR, représentant Jésus retrouvé dans le Temple.

La Chapelle de Sainte Clotilde était aussi un édifice de construction très curieuse et décoré de détails bizarres ; c’est maintenant une vinaigrerie.

La célèbre fontine de Sainte Clotilde, quoique encore en réputation, est bien déchue de sa gloire et n’opère plus de miracles.

Néanmoins, tel est encore l’empire de la superstition, que le 2 juin de chaque année on plonge dans son eau glaciale des vieillards moribonds, des enfants nouveau nés, des gens usés par les infirmités, dont une telle immersion ne peut abréger les maux qu’en mettant plus promptement un terme à leur existence

Une autre superstition, aussi ridicule mais moins dangereuse, a pour objet Saint Main. Une statue grotesque, en plâtre de ce saint, placée dans la chapelle de l’hôpital, est souvent visitée par les mères dont les enfants ont la colique ; la poussière grattée sur l’abdomen du saint a , dit-on, étant mêlée aux aliments, a vertu de guérir cette incommodité.

Ct hôpital est un des bienfaits de l’excellent duc de PENTHIEVRE, qui dépensa 400 000 fr.

Du reste, Andely n’est pas une belle ville ; ses maisons sont vieilles et tristes et la plupart de ses rues sont sombres et tortueuses.

Le petit Andely offre les ruines de son célèbre Château Gaillard, qui joua un rôle important pendant es guerres entre la France et l’Angleterre.

Marguerite de BOURGOGNE, femme de Louis le HUTIN, y fut enfermée en 1315 et étranglée par ordre du roi en punition de ses débauches.

Sous CHARLES VI, les Anglais assiégèrent Château Gaillard et ne purent le prendre qu’après seize mois d’effort.

CHARLES VII le leur reprit en moins de six semaines.

Les ruines de cette forteresse redoutable sont grandioses et pittoresques, à cause de leur situation au sommet d’un mamelon de rocher.

FLEURY, sur  l’Andelle, à 4 l. des Andelys. Population 520 habitants.

Joli bourg que traverse la route de Rouen à Paris.

Fleury est situé au pied d’une côte, sur la rive droite de la rivière ; l’autre pente de la vallée est beaucoup plus rapide, et pour la franchir la route forme plusieurs longs zigzags.

Du haut de cette montée, la vallée de l’Andelle offre un coup d’œil délicieux ; la vue se plait à suivre les méandres redoublés de la rivière au milieu des vertes prairies, des jardins, des riches potagers, des champs de la plus grande fertilité, de jolis coteaux partout cultivé forment une digne bordure à ce tableau riant.

GISORS, sur l’Epte, ch. L. de canton, à 7 l. ½ E. des Andelys. Population 3 533 habitants.

Gisors fut d’abord nommé Gisortium, puis Gisors ; c’était une place forte que divers événements ont rendu historique.

En 1097, Guillaume LE ROUX, roi d’Angleterre, y fit bâtir un château ; son successeur, HENRI Ier, l’agrandit beaucoup.

En 1120 ce prince y eut une entrevue avec le pape CALIXTE .

En 1188, PHILIPPE AUGUSTE y reçut HENRI II d’Angleterre.

Ces deux rois s’y concertèrent pour une nouvelle croisade. PHILIPPE se plut à embellir et à agrandir Gisors ; il s’y réfugia après la perte de la bataille de Courcelles, qui fut livrée près de cette ville et gagnée par RICHARD CŒUR DE LION.

Alors il courut le plus grand danger, en entrant dans la ville : le pont s’écroula sous lui et il fut retiré tout meurtri de sa chute. Les guerres subséquentes ente la France et l’Angleterre furent souvent funestes à Gisors, ainsi que les dissensions religieuses ; les fortifications qui défendaient la ville furent plusieurs fois délabrées, son château fut ruiné, il n’en reste plus que des débris informes.

Près de Gisors est un autre château mieux conservé, c’est celui de Saint-Paër, dont la construction remonte au XIIIe siècle.

Cette ville est située sur l’Epte, qui la traverse, et sur une des grandes routes de Paris à Rouen. Elle est propre et bien bâtie ; on remarque surtout la rue sur la route.

L’Epte baigne une partie des anciens fossés, bordés d’énormes murailles en ruines.

Gisors a trois portes et trois faubourgs.

Son église paroissiale, spacieuse et de belle architecture, est son principal édifice : cette église est décorée de sculptures, parmi lesquelles on remarque une statue due au ciseau de Jean GOUJON . Elle renferme un beau jubé et de belles orgues. Le portail est de la renaissance ; l’intérieur de l’église est gothique et remonte au XIIIe siècle.

BERNAY, sur la rive gauche de a Charentonne, ch. l. d’arrondissement, à 12 l. O. d’Evreux. Population 6 605 habitants

Bernay, si connu dans toute l’ancienne province de Normandie par ses manufactures et surtout par ses foires, st moins remarquable sous le rapport de ses constructions.

Cependant on y voit un certain nombre d’améliorations modernes et de bon goût.

Quelques uns de ses édifices d’utilité publique sont propres et spacieux ; d’autres, ainsi que nombre de propriétés particulières, méritent d’attirer l’attention à cause de la bizarrerie de leur architecture et des détails curieux et singuliers qui les décorent.

Pour voir Bernay dans son beau, l’observateur doit visiter cette ville à l’époque de sa grande foire, quand elle est remplie de chevaux de tous genres et de 50 à 50 000 maquignons, acheteurs et curieux, qui affluent de 15 à 20 lieues à la ronde.

Cette foire se tient le mercredi de la 5e semaine de carême et dur quatre jours ; c’est une des plus considérables de France et le principal marché des chevaux normands.

On remarque à Bernay l’église paroissiale et les bâtiments d’une ancienne abbaye de bénédictins fondée en 1018 ; et o^fut enterrée Judith de BRETAGNE femme de RICHARD II, duc de NORMANDIE .

BEAUMONT-LE-ROGER – sur la rive droite de la Rille, ch. l. de canton, à 4 l. E. de Bernay. Population 2 515 habitants.

Beaumont n’était qu’une petite bourgade sous les premiers ducs de Normandie. Un de ces seigneurs en fit une place forte et lui donna son nom.

Elle fut plus tard érigée en comté et a été possédée par plusieurs familles puissantes.

En 1253, Saint Louis acheta cette ville et la réunit au domaine royal, auquel elle resta attachée pendant un siècle.

Comprise dans l’apanage d’un prince du sang, elle passa ensuite à d’autres maisons.

Beaumont est situé sur la rive droite de La Rille, et près d’une belle forêt. On voit sur un rocher qui domine la ville les restes informes d’un ancien château fort, et au-dessous les débris pittoresques d’une vieille abbaye.

La forêt de Beaumont-Le-Roger renferme les vestiges d’un camp romain.

BRIONNE, ch. l. de canton, à 4 l. N.E. de Bernay. Population 2 645 habitants.

Il se tint à Brionne, en 1050, un célèbre concile provincial où fut condamnée l’hérésie de BERANGER, qui niait la présence réelle dans l’Eucharistie.

Brionne était le chef-lieu d’une seigneurie possédée par la branche de Lorraine établie en France ; c’était une place forte défendue par une citadelle formidable dont il reste encore quelques vestiges.

La ville est située sur la rive droite de la Rille, au milieu de belles prairies.

LOUVIERS, sur l’Eure, ch. l. d’arrondissement, à 6 l. N. d’Evreux. Population 9 835 habitants.

Cette ville renferme deux monuments qui attestent son importance au moyen âge ; l’un est une maison bâtie par les Templiers au XIIe siècle, l’autre est l’église paroissiale, où l’on distingue trois styles différents d’architecture gothique, et qui date aussi du temps des croisades. L’intérieur de l’édifice offre des détails de sculpture aussi remarquables par leur singularité que par le fini de l’exécution.

En 1196, Louviers, déjà ville importante, fut le théâtre des conférences entre PHILIPPE AUGUSTE et RICHARD d’Angleterre, qui mirent fin à une guerre désastreuse.

Pendant l’invasion d’EDOUARD III, cette ville, alors place très forte, fut prise et saccagée par les Anglais, elle avait réparé ce désastre quand, en 1418, HENRI V, d’Angleterre, s’en empara de nouveau, la livra au pillage, fit démanteler ses fortes murailles, ses grosse tours et combler en partie ses fossés.

En 1431, les Français la reprirent, mais ils ne la gardèrent qu’un an. Ils y rentrèrent définitivement en 1440. Les ligueur s’en étaient emparés, mais en 1591 ils en furent chassés par les royalistes.

Depuis ce temps, Louviers a perdu son importance comme ville de guerre ; mais son industrie lui en a donné une autre, plus durable et plus avantageuse, grâce à la fabrication de draps, superbes non moins estimés pour leur beauté que pour leur solidité.

Cette ville, qui conserve encore quelques fragments de ses vieilles murailles, est située dans une belle et riche plaine ; l’Eure y est navigable jusqu’a la Seine.

Les villes de commerce n’annoncent pas toujours a l’extérieur l’opulence dont elles jouissent, mais Louviers manifeste son état prospère jusque sur les murs de ses maisons.

La plupart des constructions y sont propres, élégantes, spacieuses ; elles annoncent, chez le manufacturier de Louviers, l’art d’acquérir de la fortune et celui plus rare peut-être de bien jouir de ses richesses ; le bon goût, le sentiment de l’ordre et du confortable, se révèlent surtout dans la partie de la ville que baigne l’Eure.

De jolis pont unissent les deux rives de cette rivière.

De vastes fabriques, fourmilières d’ouvriers aussi laborieux qu’intelligents, dominent la ville de toutes parts ; beaucoup sont des bâtiment reconstruits à neuf ; leurs machines perfectionnées par les progrès de l’art, sont la plupart neuves aussi.

Les bâtiment publics de Louviers, peu somptueux, sont propres et bien adaptés à leur usage.

La ville possède une belle salle de spectacle, une bibliothèque publique et d’agréables promenades.

GAILLON, ch. l. de canton, à 4 l. S.E. de Louviers. Population 1 143 habitants.

Gaillon occupe une belle et riante situation sur la frontière de l’ancien royaume de France et de la Normandie, et sur la route de Louviers à Paris ; ce lieu est fort ancien et fut d’abord nommé Gallio. Il y avait un antique château fort, dont l’archevêque de Rouen, ODON-RIGAUD, fit l’acquisition en 1262.

Les Anglais s’en emparèrent et le démolirent, en 1425.

Guillaume d’ESTOUTEVILLE le fit reconstruire en 1461.

Le célèbre Georges d’AMBOISE y fit faire de nombreuses améliorations ; par ses soins, le château de Gaillon devint un des plus beau de France. Le bourg qui l’avoisinait s’agrandit successivement

Après diverses vicissitudes, ce beau château, mutilé, dépouillé de ses ornements, est devenu une maison centrale de correction, où, parmi une foule d’hôtes moins illustres, a été renfermé le prétendu Dauphin Mathurin BRUNEAU.

Un vaste parc, de somptueux jardins, entouraient l’ancien château ; ils existent encore en partie.

Dans une grotte du parc jaillit une source chargée de molécules calcaires, qui ont formé des pétrifications et des incrustations curieuses.

NEUBOURG, ch. l. de canton, à 6 l. O.S.O. de Louviers. Population 2 118 habitants.

Neubourg était jadis un marquisat.

C’est dans ce château que le marquis de SOUDEAC fit jouer pour la première fois, en 1660, par la troupe du Marais, l’opéra de La Toison d’Or du grand CORNEILLE ;

Neubourg, fut longtemps renommé par son marché considérable de bœufs gras, provenant des pâturages de la Normandie, qui a été transféré à Poissy. La prospérité de Neubourg souffrit alors beaucoup.

Cette petite ville, maintenant sans importance, était, avant la Révolution, le chef-lieu d’une sergenterie, d’une juridiction, d’un archidiaconé et d’un doyenné ; elle possédait une abbaye de bénédictines.

Neubourg est situé au milieu d’une belle et riche plaine, entre la Rille et la Seine. L’ancien château existe encore ; il est digne de remarque, ainsi que l’église paroissiale, assez joli édifice gothique.

PONT DE L’ARCHE, ch. l. de canton, à 3 l. N. de Louviers. Population 1 483 habitants. Cette ville faisait partie du pays d’Ouche, dans la Haute-Normandie ; c’était le chef-lieu d’une vicomté et d’un gouvernement de place. Elle doit son origine à Charles LE CHAUVE, qui la fit bâtir en 854. Ce fut dans la suite une place importante, entourée de murs, flanquée de tours et environnée de fossés ; elle avait, au bout du pont opposé à la ville, un fort dans une petite île de la Seine.

Dans le château que Charles LE CHAUVE y avait fait construire, se rassemblèrent deux conciles, en 862 et en 889 ; en deux autres occasions les assemblées des grands royaume y furent convoquées.

Pont-de-l’Arche passe pour être la première ville qui se soit soumise à HENRI IV, après son avènement au trône .

Elle doit son nom à son pont sur la Seine ; il est très long et formé de vingt-deux arches ; un petit bras de la Seine, séparé du pont par une île longue et étroite et fermé par une écluse, set de passage aux bateaux ; la marée se fait sentir jusque-là.

La ville est située sur la rive gauche de la Seine, près de son confluent avec l’Eure. Le confluent de l’Andelle avec la Seine est un peu plus haut, sur la rive opposée.

PONT-AUDEMER, sur la Rille, à 22 l. N. O. d’Evreux, ch.-Lieu d’arrondissement. Population 5 305 habitants.

Pont-audemer est le Breviodurum des Romains ; il y passait une voie romaine, qui allait de Juliobona (Lillebonne) à Noviomagus (Lisieux).

Dans le Ve siècle, cette partie des Gaules était gouvernée par ALDOMAR ou ODOMAR seigneur gaulois ; il fit bâtir dans la ville un pont qui prit son nom et l’a donné à la ville ; elle fut plusieurs fois fortifiée et est encore en partie entourée de ses vieux murs, de ses profonds fossés.

HENRI Ier d’Angleterre s’en empara en 1124, et PHILIPPE AUGUSTE en 1203.

En 1378, DUGESCLIN l’enleva à Charles LE MAUVAIS.

Les anglais la reprirent, mais CHARLES VII les en chassa en 1449.

Enfin Pont-Audemer fut encore assiégé, et pris tout à tour par les ligueurs et les royalistes, jusqu’à ce que, secouant le joug du ligueur VILLARS, qui s’en était rendu maître en 1592, elle se donna à HENRI IV.

Le port de la ville fut creusé par ordre de Louis XIV ; il est revêtu de maçonnerie ; la Rille est navigable jusq’à la Seine.

La ville est située au pied d’une haute colline ; elle est bien bâtie et bien percée ; elle a quatre portes et quatre places ; ses fossés se remplissent d’eau au moyen d’écluses. Elle possède une petite salle de spectacle.

QUILLEBOEUF, port sur la rive gauche de la Seine, a 4 l. N. de Pont-Audemer. Population 1 1344 habitants.

Quillebœuf a été une place forte ; ses fortifications, souvent endommagées par la guerre, ont été détruites sous LOUIS XIII.

Son port est commode, sa situation le rend important.

Quilleboeuf est situé au point où la navigation de la Seine devient difficile par les bancs de sable mouvants dont le cours de al rivière est toujours embarrassé.

Son port reçoit souvent la cargaison des gros navires qui ne peuvent remonter jusqu’à Rouen ; il sert aussi de mouillage dans les mauvais temps ou les vents contraires.

DIVISION POLITIQUE ET ADMINISTRATIVE

POLITIQUE – Le département nomme 7 députés.

Il est divisé en 7 arrondissements électoraux, dont les chefs-lieu sont :

Evreux – Verneuil – Les Andelys – Bernay – Louviers – Pont-Audemer – Brionne –

Le nombre des électeurs sont de 2 794.

ADMINISTRATIVE – Le chef-lieu de a préfecture est Evreux.

Le département se divise en 5 sous-préfectures ou arrondissements communs.

    Cantons Communes Habitants
Evreux   11 263    118 397
Les Andelys   6 135      64 337
Bernay   6 139      82 828
Louviers   5 118      68 942
Pont-Audemer   8 145      89 744
  Total 36 798 424 248
         

Service du Trésor public –  1 receveur général et 1 payeur (résidant à Evreux)

                                                       4 receveurs particuliers, 5 percepteurs principaux.

Contributions directes –  1 directeur (à Evreux), et 1 inspecteur.

Domaines et Enregistrement –  1 directeur (à Evreux), 2 inspecteurs, 5 vérificateurs.

Hypothèques – 5 conservateurs dans les chefs-lieux d’arrondissements communaux.

Contributions Indirectes – 1 directeur (à Evreux), 4 directeurs d’arrondissements, 5 receveurs entreposeurs.

Forêts – Le département fait partie du 2ee arrond. Forestier, dont le chef-lieu est Rouen; 2 inspecteurs à Louviers et aux Andelys.

Ponts et chaussées – Le département fait partie de a 1er inspect , dont le chef-lieu est Paris. – il y a l’ingénieur en chef en résidence à Evreux et 1 autre à Louviers, chargé du service spécial des usines, règlement des cours d’eau et police des eaux.

Mines – Le département fait partie du 4e arrond..et de la 2re division, dont le chef-lieu est Abbeville.

Loterie – Les bénéfices de l’administration de la loterie sur les mises effectuées dans le département présentent (pour 1831 comparé à 1830) une augmentation de 2 672 fr.

Haras –  Le département fait partie du 2e arrond. de concours pour les courses, dont le chef-lieu est à Bec-Hellouin.

Militaire –   Le département fait partie de la 14e division militaire, dont le quartier général est à Rouen. Il y a à : Evreux – 1 maréchal de camp commandant la subdivision- 2 sous-intendants militaires, à Vernon, à Evreux.

Le dépôt de recrutement est à Evreux – La compagnie de gendarmerie départementale fait partie de la 3e légion, dont le chef-lieu est Rouen. Le parc principal du train des équipages militaires, les ateliers de construction et les magasins où sont réunis les approvisionnements en fer, bois, cuirs et autres objets nécessaires aux constructions et réparations du matériel, sont établis à Vernon.

Judiciaire – Les tribunaux sont du ressort de la Cour royale de Rouen. Il y a 5 tribunaux de première instance : à Evreux (2 chambres), aux Andelys, à Bernay, Louviers, Pont-Audemer, et 4 tribunaux de commerce, à Evreux, Bernay, Louviers et Pont-Audemer. Il existe à Gaillon une maison centrale de détention pour le département et celui de la Seine Inférieure. Cette maison peut contenir environ 1 500 condamnés, dont moitié femmes.

Religieuse –   Culte catholique – Le département forme le diocèse d’un évêché, érigé dans le IIIIe siècle, suffragant de l’archevêché de Rouen, et dont le siège est Evreux. – Il y a à Evreux : 1 séminaire diocésain, qui compte 182 élèves, – une école secondaire ecclésiastique. – Il existe dans le département : 1congrégation religieuse de femmes composée de 75 sœurs, desservant l’hôpital de Verneuil, tenant un pensionnat  fréquenté par 40 jeunes personnes et instruisant 100 externes dont un grand nombre gratuitement. – Le département renferme 7 cures de 1re classe, 30 de 2e, 506 succursales, 32 vicariats. – Il y existe 6 congrégations religieuses de femmes, composées de 228 sœurs consacrées aux soins des hospices et à l’instruction gratuite des jeunes filles, et 8 frères des écoles chrétiennes..

Universitaire – Le département est compris dans le ressort de l’académie de Rouen.

Instruction publique – Il y a dans le département : 4 collèges, à Bernay, à Evreux, à Gisors, à Vernon.

1 école normale primaire à Evreux – Le nombre des écoles primaires du département est de 656, qui sont fréquentées par 29 183 élèves, dont 17 439 garçons et 11 744 filles.

Le nombre de communes privées d’écoles est de 311.

Sociétés Savantes et Autres –  Il existe à Evreux, une Société centrale d’Agriculture, Sciences, Arts et Belles lettres – 1 cours de géométrie et de mécanique appliquées aux arts – 1cours de botanique, physique, chimie, économie politique – 1 cours de droits commercial – une exposition permanente des produits de l’industrie du département dans la bibliothèque d’Evreux – un beau jardin botanique avec 3 serres chaudes..

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INDUSTRIE COMMERCIALE
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