Archives mensuelles : juillet 2013

Le site du jour (119) : Memorial GenWeb

MGW 94Cliquez sur l’Image pour accéder à la page d’accueil des relevés du Val-de-Marne

Ce département contient 302 relevés répartis sur 47 communes (sur un total de 48 communes – anciennes communes comprises – et de 47 communes administratives – communes actuelles uniquement).

L’accès aux communes s’effectue à partir du menu alphabétique ci-dessus.

Nous essayons de placer toutes les communes existantes depuis 1940, y compris les anciennes communes fusionnées, associées ou rattachées depuis cette date (voire bien avant), si vous ne trouvez pas une commune faites également une recherche sous le nom de la commune de rattachement.
Pour connaître la commune d’appartenance d’une de ces communes, vous pouvez utiliser ce formulaire.

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Vous pouvez accéder directement aux relevés de Maisons-Alfort, initialisés en 2002 par le CGMA, complétés au cours des années 2102 et 2013.  Chacun peut compléter les données existantes ou manquantes ou écrire un commentaire à la suite de cet article.

MERCI de votre participation, il manque quelques dizaines de soldats, faites que ces « soldats inconnus » soient redécouverts pour l’année du centenaire de la Grande Guerre.

Monument aux Morts [relevé n° 5680]

Plaques Commémoratives 1914-1918 [relevé n° 10468]

Plaques Commémoratives 1939-1945 [relevé n° 10469]

Stèle Commémorative [relevé n° 10446]

Stèle Commémorative 1914-1918 [relevé n° 10470]

Plaque commémorative 1939-1945 SNCF [relevé n° 45932]

Plaque commémorative [relevé n° 39978]

Plaque commémorative [relevé n° 50069]

Carré de corps restitués [relevé n° 65358]

Sépultures individuelles [relevé n° 10433]

Archives communales [relevé n° 10447]

Livre d’Or [relevé n° 10448]

Registres Communaux 1870-1871 [relevé n° 10449]

 

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Classé dans Guerre 14-18, Guerre 39-45, Maisons-Alfort, Morts 14-18

Moret-sur-Loing 12 et 13 avril 2014

Moret sur Loing 20146 Rue du peintre Zanaroff  77250 Moret-sur-Loing

Mail: presidente@larena77.fr

 

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Classé dans Guerre 14-18

Nés à Maisons-Alfort un 31 juillet

Relevés réalisés par le CGMA

Tous les actes sont téléchargeables sur le site des AD 94

http://archives.cg94.fr/consultation/eta/search-form.html

1859.07.31 ALGRAIN Marie Alexandrine
1891.07.31 BADIER René
1896.07.31 BAILLY Albert
1887.07.31 BODIN André Francisque Justin
1886.07.31 BOSLE Maurice Marcel
1879.07.31 BRENNER Louis
1862.07.31 BURTIN François
1889.07.31 CHAPUIS Clémence
1867.07.31 CLAEYS Emélie Marie
1862.07.31 CLAUDE Jules Léon
1865.07.31 COURSERON Cécile
1878.07.31 CUISSET Paul Amédée
1819.07.31 DABRIGEON Eugène Georges François
1883.07.31 DURY Joseph Emile
1898.07.31 FLANDIN Henri (reconnaissance)
1889.07.31 GAUTHIER Julien Léon
1882.07.31 GIRARD Ernest
1898.07.31 Ignace Germain Joseph
1886.07.31 LAINE Sextus
1883.07.31 LAPERUQUE Georges
1879.07.31 LARIVE Alice Marie
1800.07.31 LECOUTEUX Louis Gabriel
1899.07.31 LEONARD Paule Louise
1893.07.31 MINARD Louise Pauline
1876.07.31 PATRAS Marie Louise
1878.07.31 PETIT Louis
1892.07.31 PIRONON Auguste Georges
1793.07.31 RICHARDOT Pierre Benjamin
1866.07.31 ROUSSELET Charles Alexandre
1900.07.31 SURZUR Germaine Félicité Anne Marie
1882.07.31 VALERE Gustave Albert
1878.07.31 VALERE Jules Flavien (transcription)
1875.07.31 VALERE Juliette Mathilde
1872.07.31 VERNE Charles Léon
1899.07.31 VERON René Robert

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Le Val-de-Marne en chanson : Vitry (3)

Vitry-sur-Seine, « Déchirer ma mémoire » par la Rue Kétanou (2002).

« J’ai traversé tout Paris Mes mains lourdes comme des valises Et la porte de Choisy S’ouvre sur une banlieue grise Boulevard de Stalingrad, Vitry Ma tanière grogne là-bas Plus que trois étages et mon lit » Mon vieux berceau de gueule de bois »

La Rue Ketanou/Dechirer-Ma-Memoire

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Nés à Maisons-Alfort un 30 juillet

Relevés réalisés par le CGMA

Tous les actes sont téléchargeables sur le site des AD 94

http://archives.cg94.fr/consultation/eta/search-form.html

1882.07.30 BAUDOT Eugénie
1890.07.30 BRULE Mathilde Louise
1901.07.30 BRUNEL Lucien Ernest
1848.07.30 CAUMONT Julie Louise
1896.07.30 DELATTRE André Ferdinand
1841.07.30 DELION Barthélémy Paul
1895.07.30 DESORBAIX Auguste
1867.07.30 FORCE Maurice Rémond
1879.07.30 GOBERVILLE Fernande Lucie
1899.07.30 GUYOT Marcelle Gabrielle
1804.07.30 JACQUINOT Emilie Antoinette
1855.07.30 JARMUND Casimir Emile
1894.07.30 LAROCHE Suzanne Jeanne
1845.07.30 LEBRUN Marie Juliette
1861.07.30 LEGRAND Jean Prosper
1898.07.30 MELET Georges Arsène
1877.07.30 MOREAU Blanche Aurélie
1877.07.30 PELLETERET Eugène Jean Baptiste
1877.07.30 RAPPOLD Alphonse Victor
1894.07.30 ROBERT Auguste Thomas
1886.07.30 SANGLIER Victor Alexandre David
1875.07.30 TAUPAIN Mathurin Eugène
1803.07.30 YVART Hippolyte Félix

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30 juillet 1996 – Claudette COLBERT

1996 – Claudette COLBERT

COLBERT Claudette, (o Saint-Mandé, 1903). Actrice

o 14 septembre 1903, Saint-Mandé
x ?
x  Joël Pressman
30 juillet 1996, La Barbade
Légion d’Honneur
Emilie Chauchoin, dite Claudette Colbert
Née le 14 septembre 1903 à Saint-Mandé, dans la maison où ses parents tenaient une pâtisserie (57, avenue du Général de Gaulle), Emilie Chauchoin part, enfant, pour les Etats-Unis où elle débute une carrière d’actrice sous le nom de Claudette Colbert. Elle obtient un Oscar en 1934. Première française à obtenir un Oscar. Elle décède à La Barbade en 1996.
Dictionnaire des célébrités du Val-de-Marne

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Le Val-de-Marne en chanson : Vitry (2)

Vitry, « La famille Dupanard » par Juliette Gréco (1957)

«La tribu Dupanard Les parents les moutards Habit’ dans un gourbi À Vitry À Vitry-sur-Seine Ah ! quelle veine !» (poème de Robert Desnos)

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France Pittoresque – 1835 : Côtes-du-Nord (2)

Département des Côtes-du-Nord. ( Ci-devant Basse-Bretagne )

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METEOROLOGIE
HISTOIRE NATURELLE.
VILLES, BOURGS, CHÂTEAUX, ETC.
VARIÉTÉS. — MŒURS BRETONNES.
DIVISION POLITIQUE ET ADMINISTRATIVE.

 

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METEOROLOGIE

CLIMAT. — Le climat est doux et tempéré, mais excessivement humide et sujet à de perpétuelles variations de l’atmosphère.

VENT. —  Les vents dominants sont principalement des vents de nord et de nord-ouest.

MALADIES. —  Les maladies cutanées, parmi lesquelles, parmi lesquelles la gale est en première ligne, sont les affections scrofuleuses, catarrhales et rhumatismales sont les maladies les plus communes. Les épidémies causent quelquefois d’assez grands ravages. — Le département est un de ceux où le choléra a sévi ; il y a duré dix mois le nombre des malades s’est élevé à 3,584, et celui des décès à 1,585. — Les deux arrondissements les plus fortement atteints ont été ceux de Saint-Brieuc et de Lannion. —  Saint-Brieuc a compté 742 décès 1,229 malades ; Lannion 613 sur 1,477.

 

HISTOIRE NATURELLE.

RÈGNE ANIMAL. — Les forêts abondent en animaux de toute espèce ; on y trouve des loups, des renards, des blaireaux, etc… Les chevreuils et les sangliers n’y sont pas rares. – Les lièvres et les lapins sont très multipliés dans les plaines. On cite les lapins des Sept-îles, qui sont noirs pour la plupart et ont les yeux rouges. Les hermines, les fouines et les belettes vivent dans le voisinage des habitations ; un préjugé assez général parmi les paysans fait croire qu’elles portent bonheur. – Le pays renferme un grand nombre d’oiseaux de toute espèce. Parmi les oiseaux aquatiques et les oiseaux de mer qui se montrent sur les côtes et dans les îles voisines, on cite les pingouins, les goélands, les grèbes, les mauves, les eiders, les cormorans, etc. Les plus remarquables sont les macareux ou perroquets de mer, qui nichent sur les îlots déserts, et qui, comme les canards tadornes, creusent dans la terre des trous pour y déposer leurs œufs. – Les coquillages, les crustacées, les poulpes et les mollusques sont très multipliés sur les rochers de la côte. – La mer y est très poissonneuse ; outre le hareng, le maquereau et la sardine, qu’on y pêche en quantité pendant la saison, On y trouve des congres, des soles, des plies, des turbots, des saumons, etc. – La mer a jeté plusieurs fois, depuis une vingtaine d’années, sur les plages qui sont au pied des falaises, et notamment sur celles de Plestin, de Lannion et de Paimpol, d’é­normes cétacés que M. Cuvier reconnu former un genre particulier, et qu’il a nommés, à cause de la sphéricité de leur tête, dauphins-globiceps. D’après la forme de cet animal et la situation verticale qu’il affecte, les naturalistes ont cru reconnaître en lui la sirène On femme marine (mor groèk des Celtes) sur laquelle les pêcheurs bretons ont une foule de traditions merveilleuses.

RÈGNE VÉGÉTAL. — Les productions végétales des Côtes-du-Nord n’ont rien qui les distingue de celles du Finistère et du Morbihan.- Comme dans ces départements, la douceur du climat permet aux myrtes et aux figuiers d’y fleurir et d’y donner des fruits eu pleine terre. — Les essences dominantes dans les forêts sont le chêne, le hêtre et le bouleau. — Le châtaignier y vient bien. — Les arbres verts et le pin maritime surtout acquièrent dans les landes une prompte et belle croissance. — On remarque parmi les arbustes l’arbousier, le houx, le genêt, l’aulne épineux, etc. — Le département est placé en dehors de la limite où la vigne peut être cultivée. Il renferme de grandes plantations de pommiers.

RÈGNE MINÉRAL. — Le sol est très varié ; on y trouve des terrains primitifs, de transition, secondaires, tertiaires, d’alluvions et même des terrains qu’on soupçonne d’être volcaniques. — Les terrains primitifs occupent à peu près les trois quarts du département, on y remarque du granit, du gneiss, du porphyre et du schiste. — Le pays n’est pas riche en mines métalliques, on y exploite cependant du fer et de la plombagine. On trouve près de Saint-Quay des sables magnétiques. — On exploite aussi en diverses localités des ardoises assez bonnes et du granit d’une grande beauté. Le granit de Saint-Brieuc est susceptible de recevoir un beau poli. — D’après les géologues du département, on y trouve en outre du marbre, du kaolin, de l’ocre jaune et rouge, de la serpentine verte, des améthystes, du quartz hyalin, de la tourmaline, du grès réfractaire, de l’argile blanche et plastique propre à la poterie et à la terre de pipe, etc. — Dans un banc de cailloux considérable qui se trouve auprès de Ploua, on trouve des pierres de diverses couleurs et dont quelques-unes sont herborisées.- Les terrains calcaires des environs de Dinan renferment assez de dé­bris de coquilles marines pour qu’on les exploite comme falun. — On a trouvé il y a quelques années dans la falaise d’Etables, non loin de Portrieux, les ossements d’un énorme quadrupède que les naturalistes de Saint-Brieuc ont déclaré être un animal anté-diluvien. — On trouve le long des côtes de Pordic les restes d’une forêt sous-marine analogue à celle que M. Fruglaye a découverte en 1812 sur une grève près de Morlaix. — “ Un jour, cet ancien député se promenant après une forte tempête, aperçut l’aspect de cette grève changé. Le sable fin et uni qui la couvrait avait disparu. On voyait à la place un terrain noir et labouré par de longs sillons. C’était un amas de détritus de végétaux, parmi lesquels on distinguait plusieurs plantes aquatiques, et des feuilles d’arbres forestiers. Au-dessous de cette couche, se présentaient des roseaux, des joncs, des asperges, des fougères et d’autres plantes de prairies, dont plusieurs très bien conservées. Enfin, sur tout ce terrain on voyait des troncs renversés dans tous les sens. La plupart étaient réduits à l’état de terre d’ombre, d’autres étaient encore dans un état de fraîcheur. Les ifs et les chênes avaient leur couleur naturelle. Les bouleaux, très nombreux, avaient conservé leur écorce argentée. Tous ces débris étaient posés sur une couche de glaise semblable à celle qui forme ordinairement la base des prairies, etc. ”

Eaux minérales — Le département possède à Dinan un fort bel établissement d’eaux minérales. Les eaux de Dinan renferment du muriate de chaux, de soude, de magnésie, du sulfate calcaire, de la silice et de l’oxide de fer ; on en fait usage en boissons, et on les considère comme très bonnes pour rétablir les fonctions de l’estomac. — D’autres sources ferrugineuses existent dans le département, notamment à Saint-Brieuc, à Paimpol, à Tréguier et à Lamballe.

 

VILLES, BOURGS, CHÂTEAUX, ETC.

SAINT-BRIEUC, sur le Gouet, chef-lieu. de préfecture, à 111 l. ½ O. de Paris. (Distance légale. — On paie 57 postes 1/2). Pop. 10,420 hab. — Cette ville, dont on attribué successivement la fondation aux Diducasses, aux Caletes et aux Curiosolites, paraît plus sûrement devoir son origine à un monastère fondé en 480, par Saint-Brieuc, moine anglais, qui se réfugia en Bretagne pour échapper aux persécutions des Saxons. Le terrain où il s’établit était une forêt. Autour du monastère se forma bientôt une ville nommée d’abord Bidué. — Nominoé, en 848, érigea le monastère en évêché ; la ville prit alors le nom de son fondateur et s’appela Saint-Brieuc-des-Vaux, parce qu’elle était située dans une vallée encaissée. Saint-Brieuc ne paraît pas avoir jamais été fortifiée. — Sa cathédrale seule avait été entourée de murailles et fut assiégée et prise par Clisson, en 1394. — Saint-Brieuc ne faisait pas partie du comté de Penthièvre ; c’était une ville indépendante dont la justice et la police appartenaient à l’évêque. Le régime municipal paraît y avoir été établi dès 1579. — En 1592, Saint-Brieuc fut prise et pillée par les Lansquenets. – En l’an VIII (1799), la ville fut attaquée par les Chouans, que la population repoussa avec courage. Cette ville avait, avant la Révolution, le droit de représentation aux états de la province ; elle y envoyait deux députés choisis parmi les bourgeois notables. — En 1601, elle fut ravagée par la peste. — En 1620, on y établit pour la première fois une imprimerie. — Saint-Brieuc est située dans un fond environné de montagnes qui ôtent la vue de la mer, dont elle n’est cependant éloignée que de trois quarts de lieue, et sur laquelle elle possède un port. — Ses églises, ses rues et ses places sont assez belles. – La cathédrale est un monument gothique du XIIIe siècle, commencé, en 1220, par saint Guillaume, et terminé, en 1234, par l’évêque Philippe ; elle est digne d’attirer l’attention des curieux. — L’hôtel-de-ville n’a rien de remarquable ; il renferme les archives du département, la mairie et la salle des séances de la société d’agriculture. — L’hospice et l’hôpital sont bien distribués et bien entretenus. — La salle de spectacle est jolie, mais n’est ouverte qu’à l’époque des courses. La ville possède une bibliothèque publique riche de 24,000 volumes ; d’assez jolies promenades, notamment le Champ-de-Mars, situé devant les casernes et planté d’ormes qui donnent un ombrage agréable. — On remarque sur le Gouet le pont du Gouedic, beau pont de trois arches très hardies, qui a été construit en 1744. — Le port actuel, qu’on nomme le Légué (nom qui se donne aussi à la rivière du Gouet), a un beau quai qui a été commencé en 1758. Il est commode et peu recevoir des navires de 350 tonneaux. On voit à l’entrée, sur une pointe de terre, les ruines de la célèbre tour de Cesson, élevée en 1395, pour défendre l’entrée du Gouet, et qui est entourée d’un double fossé creuse dans le roc. — Pendant les guerres civiles et la guerre de la ligue, cette tour fut souvent prise et reprise. Quoique démolie en partie en 1598, elle présente encore des ruines imposantes. — Il existe, près de Saint-Brieuc, une source d’eau minérale ferrugineuse. — Saint-Brieuc est le chef-lieu d’un arrondissement de concours pour les courses de chevaux. Ces courses y ont eu lieu pour la première fois en 1807. Une belle grève d’un beau sable uni et ferme, située à une lieue de la ville, au-dessous des falaises que dominent les restes de la tour de Cesson, sert d’hyppodrôme. Les coteaux environnants forment amphithéâtre ; ces courses sont généralement brillantes et attirent un grand nombre de curieux.

LAMBALLE, sur le Gouessan, chef-lieu de canton, à 6 l. E. de Saint-Brieuc. Pop. 4,399 hab. —  Cette ville fort ancienne est considérée par quelques auteurs comme l’ancienne capitale des Ambiliates, dont parle César. — En 1084, un monastère y fut construit par Geoffroy Ier, comte de Penthièvre, sur une montagne qu’on nommait la vieille Lamballe, car il paraît que la cité armoricaine avait été détruite au IXe siècle, par les Normands. — Lamballe devint le chef-lieu du comté de Penthièvre. — On y construisit un château-fort, à l’abri duquel, après la destruction de la vieille ville, se forma la ville nouvelle qui fût bientôt entourée de murailles, et devint une place forte. Elle fut souvent assiégée. Lors du siège de 1591, Lanoue, Bras-de-Fer, y fut tué en faisant une reconnaissance. — Dans le XVIe siècle, la ville fut souvent prise, reprise et pillée. — En 1626, le seigneur de Penthièvre, ayant pris parti contre le cardinal de Richelieu, ce ministre tout-puissant fit détruire le château de Lamballe, et dès lors la ville ne fut plus exposée aux ravages de la guerre. — Mais elle eut encore à souffrir des maladies contagieuses, ainsi que des débordements de la rivière de Gouessan. — Lamballe est située sur le penchant d’un coteau que domine l’église Notre-Dame, et au-dessous duquel se trouvent les faubourgs traversés par la grande route de Paris à Brest. C’est une petite ville assez jolie, riche et industrieuse, qui s’embellit tous les jours. — On y remarque une agréable promenade établie sur l’emplacement de l’ancien château. —  Lamballe envoyait un député aux Etats de la Province. — Le Comté de Penthièvre avait été érigé en duché-pairie, en 1569. — Cette ville possédait autrefois une belle bibliothèque et une chambre littéraire, nous ignorons si ces établissements utiles existent encore.

PAIMPOL, petite ville maritime, chef-lieu de canton, à 10 l. N.-O. de Saint-Brieuc. Pop. 2,108 hab. — Cette ville, qui possède sur la Manche un port bien abrité avec une rade où les vaisseaux et même les frégates peuvent trouver un refuge, est située sur le penchant d’une colline schisteuse élevée d’environ 60 mètres au-dessus des plus hautes marées. C’est une ville ancienne qui existait dans le XIVe siècle, et était alors défendue par un château dont on voit encore quelques traces. — Paimpol fut occupée en 1590, lors de la guerre contre le duc de Mercoeur, par les Anglais. alors auxiliaires des troupes royales, auxquels elle avait été donnée comme place de sûreté. En 1593, elle fut reprise par les ligueurs aux ordres du célèbre Guy Eder de Beaumanoir, sieur de Fontenelle, qui la saccagea, la brûla en partie et massacra un grand nombre d’habitants. — Paimpol est une assez jolie ville, active et commerçante ; elle a des quais larges et bordés de belles maisons, une belle place, celle du Martroy ; deux lavoirs publics, une fontaine, une église sous l’invocation de Notre-Dame, ancien édifice convenablement orné, et situé à l’entrée de la ville, au bout de la rue principale à laquelle elle a donné sou nom. — Paimpol est baignée par la mer de trois côtés, au nord, à l’est et au sud. — Le port ou plutôt les ports sont bons et sûrs ; les navires de toutes grandeurs peuvent y aborder. — Il y existe une calle de construction. L’établissement de la marée à lieu à 6 heures. — Une source. d’eau minérale ferrugineuse se trouve aux environs de Paimpol.

DINAN, sur la rive gauche de la Rance, chef-lieu d’arrondissement, à 14 l. E. de Saint-Brieuc, Pop. 8,044 hab. — Cette ville est très ancienne, on a cru long-temps que c’était l’ancienne capitale des Diablintes ou des Diaulites, dont il est question dans les commentaires de César. — Il est reconnu aujourd’hui qu’elle est bâtie sur le territoire des Curiosolites, dont la cité principale se trouvait à peu de distance, au village de Corseul. — Quelques savants ont aussi voulu reconnaître dans Dinan, le lieu désigné par la table de Peutinger, sous le nom de Nadianum. — Dinan est située au bord de la Rance, sur une montage escarpée ; elle se présente de loin sous un aspect pittoresque. Des murs flanqués de grosses tours l’environnent ; ils défendaient jadis la ville, ils servent aujourd’hui de clôture à plusieurs beaux jardins. Autrefois ils étaient si forts et si épais, qu’on aurait pu, dit-on, diriger sur leur couronnement une voiture à quatre roues. — Dinan a eu long-temps de l’importance à cause de sa position. Elle a soutenu plusieurs sièges. — Elle fut prise en 1373, par Duguesclin, et en 1379, par Olivier de Clisson. — Elle fut livrée comme place de sûreté, en 1585, par Henri III, au duc de Mercœur. Ce chef de la ligue en Bretagne, transporta à Dinan le siège du présidial de Rennes, et y fit battre monnaie. Néanmoins, la ville fatiguée de sa domination, se rendit, en 1598 au maréchal de Brissac. — Dinan, où aboutit le nouveau canal d’llle et Rance, possède un port qui reçoit des navires de 90 tonneaux, et qui en recevra bientôt de 300. Cette ville est a 7 lieues 1/2 de Saint-Malo, et ne peut manquer d’acquérir beaucoup d’importance. Depuis plusieurs années, ses rues, ses constructions et ses places ont reçu beaucoup d’améliorations. — Près de la place Duguesclin est une promenade vaste et très bien plantée. Les anciens fossés de la ville ont aussi été convertis en promenades. — Sur cette place qui porte le nom de Duguesclin, on montre le puits que franchit ce guerrier, lors de son combat singulier avec Thomas Kantorbery. — Dinan a deux églises, toutes les deux de construction gothique. — On y remarque un singulier mélange de piété et de grotesque, de sacré et de profane ; on y voit même quelques sculptures d’un genre très libre, notamment dans l’église dédiée à Saint-Malo. L’église de Saint-Sauveur renferme des bas-reliefs représentant les amours de Psyché. C’est dans cette église qu’en 1810 fut transféré le cœur du fameux connétable Duguesclin dont le corps avait été inhumé à Saint-Denis, avec les rois de France. Ce cœur avait été d’abord déposé dans l’église des Dominicains, dans le tombeau de Tiphaine Raguenel, première femme du héros breton ; mais cette église fut détruite pendant la Révolution. Une table de marbre de forme pyramidale, plaquée contre le mur de l’église, et décorée d’une urne funéraire et des aigles, armes de la maison de Duguesclin, indique le lieu où cette relique glorieuse est aujourd’hui déposée. — On visite avec plaisir, à Dinan l’ancien château qui faisait partie des fortifications de la ville et qui a été construit ou tout au moins habité par la reine Anne. On voit encore dans la chapelle le fauteuil de cette princesse. Depuis quelques années ce château a été converti en prison. — A peu de distance de Dinan, on trouve une source d’eau minérale ferrugineuse et vitriolique qui attire un grand nombre de malades. On y remarque une jolie salle de réunion pour les étrangers. Les chemins ombragés qui y conduisent traversent des sites fort pittoresques et sont pratiqués de manière à offrir des pentes douces et des promenades commodes. — On voit sur un mamelon en partie naturel et en partie artificiel, peu éloigné de Dinan l’ancien château de Léhon ou    Léon, dont les historiens de Bretagne font souvent mention ; ce château a dit-on été construit sur les ruines d’un fort bâti par les Romains ; il servait à loger le poste préposé à la garde de la Rance, et il a plusieurs fois été abattu et réédifié. — En 1169, il fut détruit par suite d’un traité fait entre Louis-le-Jeune et le roi d’Angleterre Henri II ; on le rétablit  depuis sur ses anciennes fondations ; il existait encore en 1402 ; aujourd’hui il n’en reste que des débris. — La position en est très forte, la plate-forme au sommet du mamelon, est vaste et flanquée de huit tours qui dominent les campagnes voisines, on remarque dans ses tours un souterrain qui, d’après la tradition populaire, communique avec le château de Dinan.

GUINGAMP, sur le Trieux chef-lieu d’arrondissement à 7 l. O.-N.-O. de Saint-Brieuc. Pop. 6,109 habit. — Cette ville était une des plus considérable du duché de Penthièvre ; elle est située au milieu de belles plaines et était autrefois enfermée de murailles dont il reste encore une partie. — On voit au milieu de la place une fort belle halle devant laquelle est une jolie fontaine. — Une grande rue traverse la ville d’un bout à l’autre, et dans le milieu est l’église paroissiale, ornée d’un clocher à flèche et d’une tour carrée surmontée d’une espèce de dôme. — On remarque dans la ville quelques belles constructions ; les environs offrent d’agréables promenades.

PONTRIEUX, sur le Trieux, chef-lieu, de canton, à 4 l. N. de Guingamp. Popul. 1,647 habit. — Cette petite ville est le seul port de arrondissement de Guingamp. C’est une ville fort ancienne, bâtie au pied d’un vieux château nommé Châteaulin et qui est aujourd’hui en ruines. Elle a soutenu plusieurs sièges et a été plusieurs fois prise par les Anglais. — Dans le XVe siècle, la ville de Portrieux fut saccagée et prise par Pierre de Rohan et alors on démolit Châteaulin. — L’église paroissiale est située hors de la ville, sur la route de Guingamp ; elle passe pour la plus laide de toute la Bretagne. Il existait autrefois dans la ville une chapelle, démolie il y a peu d’années, et qui a fait place à une jolie halle, au-dessus de laquelle se trouve la mairie. La ville n’est pas mal percée ; on y remarque quelques jolies maisons, une place assez belle et une promenade plantée de tilleuls, elle est divisée en deux quartiers par le Trieux, que des maisons bordent de chaque côté, et sur lequel un pont est jeté pour les communications. — Le port, assujetti au flux et au reflux est situé à environ trois lieues de l’embouchure du Trieux dans la Manche et à quelques portées de fusil au-dessus de la ville ; il y existe dans le voisinage quelques auberges et des magasins.

LANNION, sur le Leguer, chef-lieu d’arrondissement, à 19 l. ½  O.-N.-O. de Saint-Brieuc. Pop. 5,371 habit. — Lannion, qui est dans une situation favorable pour le commerce, et qui possède sur le Léguer un port peu éloigné de l’Océan et d’un accès facile, mais où ne peuvent plus remonter, comme il y a 40 ans, les navires de 250 tonneaux, est une ville ancienne. —  C’était autrefois le chef-lieu d’un comté. Elle était fortifiée. L’histoire de Bretagne de Lobineau rapporte qu’elle fut prise par trahison par les Anglais en 1346, que la ville fut pillée et qu’une partie des habitants furent égorgés ou rançonnés. Le port de Lannion est bordé d’un quai large et spacieux. D’un côté il est garni de maisons, de l’autre se trouve l’hôpital. A l’extrémité du quai est une jolie promenade où la vue s’étend sur la campagne. — Sur ce quai se trouve aussi la source d’eau minérale de Lannion, source ferrugineuse, vitriolique et sulfureuse dont les eaux sont employées avec succès contre la pierre et l’hydropisie. — Lannion, malgré sa position agréable est une ville triste et mal bâtie. Ses rues sont étroites et escarpées ; elle possède deux petites places et deux fontaines, un collège, une petite caserne et deux hôpitaux. — L’église principale est un édifice dont la construction remonte au XIIe siècle.

TREGUIER, port de mer forme par l’embouchure de deux rivières, le Guindy et le Jaudy, chef-lieu de cant., à 2 l. S. de l’Océan, et à 5 l. N.-E. de Lannion. Popul. 3,178 habit. — Dans le VIe siècle existait dans la presqu’île de Trécor, un monastère fondé par saint Tugdual, sur l’emplacement duquel, deux siècles plus tard, en 848, s’éleva une église cathédrale. — Les maisons qu’on bâtit près de cette église formèrent la ville de Tréguier. — Quelques géographes prétendent qu’elle se trouve voisine de l’antique Vorganium, cité des Ossismiens. D’autres veulent que Tréguier ait été bâtie sur les ruines de l’ancienne Lexobie, ville détruite en 836 par les Danois aux ordres de Hasting. M. Habasque combat cette opinion et place Lexovium à l’embouchure du Léguer, au village de Coz-Yaudet, commune de Ploulech. — Tréguier devint dans le vie siècle le siège d’un évêché. En 1386 Olivier de Clisson y fit construire un château en bois de 3,600 pas de diamètre, et disposé de façon à pouvoir se démonter. Ce château était destiné pour une descente en Angleterre, expédition que les tempêtes empêchèrent de réussir. — En 1592 les Espagnols débarquèrent devant Tréguier, s’emparèrent de la ville la pillèrent et la brûlèrent en partie. — Tréguier est bâtie sur un coteau en amphithéâtre qui fait face à la mer ; cette ville, qui s’améliore tous les jours, a des rues propres et bien pavées une jolie promenade plantée d’ormes, un beau quai également planté d’arbres, une belle place centrale où se trouve une fontaine publique, une forme, édifice élégant à forme octogone, avec îles arcades en pierres de taille et des balustres en fer. — Le monument le plus remarquable est la cathédrale, église gothique curieuse par son architecture, par son clocher percé a jour et par les sculptures qui la décorent. — On y voyait naguère le tombeau de Jean dit le Bon, duc de Bretagne. et celui de saint Yves, chef-d’œuvre d’architecture gothique. Saint Yves, né aux environs de Tréguier, est le patron de la ville.

LOUDEAC, chef-lieu d’arrond., à 15 l. S. de Saint-Brieuc. Pop. 6.736 habit. — Cette petite ville, située près de la vaste forêt de même nom, ne parut pas avoir joué un grand rôle dans l’histoire du pays. — Elle doit à sa position au sud du département d’avoir été choisie pour chef-lieu d’un arrondissement ; elle ne renferme aucun monument remarquable, mais elle est le centre d’une fabrication très étendue de toiles dites de Bretagne ; il y existe une chambre consultative des manufactures, deux pensionnats pour les garçons et pour les filles, et tous les établissements publics et administratifs qui se trouvent dans un chef-lieu d’arrondissement.

 

VARIÉTÉS. — MŒURS BRETONNES.

PARDONS. — Le culte des fontaines survécut long-temps en Bretagne à l’abolition du paganisme. Le clergé, ne pouvant détruire cette piété héréditaire, se décida, pour en tirer parti, à bâtir des chapelles auprès de ces lieux d’antiques pèlerinages. Le respect des fontaines fut ainsi transmis aux saints sous l’invocation desquels les nouveaux temples furent placés. — Chaque chapelle eut un pardon, c’est-à-dire un jour de pèlerinage, qui attira les populations éloignées ; jalouses d’offrir au saint le tribut de leur piété et de recueillir les bienfaits de spiritualité merveilleuse car chaque saint présida à quelques maladies ainsi saint Iflam guérit les clous ; saint Meen la gale ; saint Caradec, sain Ilec, saint Dourlon, saint Colomban guérissent les uns la fièvre, les autres l’épilepsie, la paralysie, etc. — Tel saint, comme saint Eloy, ne se mêla que des chevaux et des juments, tel autre ne traita que les bêtes à cornes. — On arrivait de dix lieues, à ces chapelles, traînant les bestiaux qu’on voulait faire guérir ou portant les enfants malades. — Ces assemblées ou pardons, qui avaient autrefois un but religieux, ne sont plus aujourd’hui que des réunions pour le divertissement et le plaisir. — On y joue aux quilles, aux dés, à quelques jeux de hasard. — On visite les boutiques de quincaillerie et de mercerie. —  Les jeunes gens font de petits cadeaux à leurs amies. — On y mange du pain blanc et des gâteaux, mais surtout on danse, quelquefois au son d’un mauvais violon, mais plus souvent au son du bignou de la bombarde et du tambourin, qui composent l’orchestre national des Bas-Bretons. — Des mendiants étalent leurs plaies dégoûtantes, des charlatans rassemblent des dupes. — Sous des tentes établies de distance en distance sont les groupes de buveurs, dont la gaieté bruyante est quelquefois troublée par les disputes des ivrognes. — Le curé choisit ordinairement ce jour pour donner un grand dîner aux notables de l’endroit. – Les jeunes gens et les jeunes filles flânent ou se témoignent publiquement leur amour, en se regardant tendrement et en fouillant dans les poches les uns des autres. —  Quant aux riches ménagères, elles prennent la tasse de café et le coup de liqueur. Quelques-unes fument, mais cela est rare. Chez les hommes cette habitude contractée dès l’âge de treize ou quatorze ans est générale ; aussi la consommation que les campagnes fait en tabac à fumer est-elle énorme. Il n’en est pas de même du tabac en poudre, quelques vieilles femmes seulement en font usage [1] (*).

COURSES DE  CHEVAUX. – Le goût des courses de chevaux est aussi répandu dans la Basse-Bretagne qu’en Angleterre. — Les courses locales y sont en usage depuis un temps immémorial. Les paysans se cotisent pour faire les frais du prix. Un mouton, ou  quelquefois un bœuf, est la récompense du vainqueur. Ces courses ont lieu fréquemment lors des mariages. — Les chevaux qui concourent ne sont pas, comme on peut le penser, des chevaux de prix, mais de bons et vigoureux bidets bretons remplis d’ardeur et capables de résister long-temps à la fatigue. Ce n’est pas aux hommes seuls qu’est réservé l’honneur de la lutte. Les femmes y sont admises celles qui veulent courir ôtent leurs coiffes et se ceignent la tête d’un ruban rouge pour retenir leurs cheveux ; ensuite, montant à cru comme un soldat romain, cramponnées sur leur coursier qu’elles excitent de la voix et du geste, elles se précipitent dans la carrière, bravant le danger de se rompre le cou ou de rester comme Absalon suspendues aux branches basses de quelques arbres, sans compter d’autres grotesques accidents, car ces courses, qui sont de véritables parties de plaisir pour les paysans, n’ont pas lieu comme les courses solennelles sur un terrain plat ou sur une grève unie, elles ressemblent aux courses au clocher des Anglais. Le but qu’il faut atteindre est souvent à une lieue de distance, et pour y arriver on doit franchir tous les obstacles qu’opposent les haies, les ravins, les pentes rapides et les coteaux escarpées. – Du Côté de Quimper il y a des courses ou le cheval porte à la fois le cavalier et sa femme en croupe. Ce sont les plus dangereuses.

HABITUDES RURALES. — Les maisons, cachées derrière des fossés (buttes couvertes d’arbres et de boissons), sont toujours situées dans les lieux les plus bas, afin que les eaux, s’y réunissant, putréfient plus vite les pailles, les joncs et les genêts dont les cultivateurs font leur fumier. Un hangar couvert de chaume reçoit les charrues et les instruments de labourage. L’aire à battre les grains est découverte. On connaît peu l’usage des granges ; les grains se déposent dans les greniers de la maison principale, et les pailles se conservent en mulons, (meules). Autour de l’habitation s’étendent les vergers, les champs et les prairies, toujours entourées de fossés couverts de chênes ou de frênes, d’épines blanches, do ronces on de genêts. Ces fossés Sont tapissés de violettes, de perce-neige, de roses, de jacinthes sauvages, de mille fleurs des couleurs les plus vives d’une variété incroyable ; l’air en est parfumé l’œil en est enchanté. Mais an milieu de ces sites délicieux vivent des Bas-Bretons sales, grossiers, sauvages. Leurs habitations, sans lumière, sont pleines de fumée : une claie légère la divise. Le maître du ménage, sa femme, ses enfants et ses petits-enfants en occupent une partie ; l’autre contient les bœufs, les vaches et les autres animaux de la ferme. Les maisons n’ont pas ordinairement 30 pieds de long sur 15 de profondeur ; une seule fenêtre, de 18 pouces l’ouverture, leur donne un peu de jour ; le rayon lumineux éclaire un bahut sur lequel est une masse de pain de seigle posée sur une serviette grossière. Deux bancs, on plutôt deux coffres sont à côté du bahut, qui sert de table. Aux deux côtés d’une vaste cheminée sont placées de grandes armoires ouvertes, et à deux étages. Là, superposés, et séparés seulement par quelques planches, sont les lits où couche la famille on n’y peut entrer que penché car la hauteur des étages n’est quelquefois que de deux pieds. Un sac plein de balle d’avoine ou de seigle, sert de matelas beaucoup sont sans draps ; des étoffes de laine grossière, de fil d’étoupes, de poils tissus ou d’antres sacs de balle, serrent de couvertures. Le reste de l’ameublement répond aux lits ; il est composé d’écuelles de terre, de quelques assiettes d’étain. d’un vaisselier, d’un plateau de fer pour faire les crêpes, de chaudrons, d’une poile et de plusieurs pots à lait.

CAQUEUX. — La Basse-Bretagne a eu, long-temps ses Parias. – Les cordiers, les écorcheurs de bêtes mortes étaient autrefois nommé.. caqueux, cacous ou caquins, et considérés comme infâmes. — Quelques auteurs pensent qu’ils sont les descendants des Alains, que les Bretons avaient réduits en esclavage. — Quoi qu’il en soit, ils inspiraient un tel mépris qu’en 1436, l’évêque de Tréguier leur prescrivit de se placer au bas des églises lorsqu’ils assisteraient au service divin. — On les traitait comme des lépreux, François II, dans le XVe siècle, leur prescrivit de porter sur leurs vêtement une marque apparente. — On poussa la rigueur à leur égard jusqu’à leur refuser de les laisser remplir leurs devoirs religieux, et on repoussa leurs cadavres du cimetière chrétien. Il fallut des arrêts du Parlement pour les rétablir dans le droit commun ; cependant à Maroué, prés de Lamballe, où il existait une corderie célèbre, les cordiers étaient encore, il y a vingt ans, enterrés à part. Aujourd’hui même, dans les campagnes, on les mépris et on les dédaigne, et les familles qui jouissent de quelque réputation ne voudraient pas contracter d’alliance avec eux quel que fût l’avantage qu’elles pussent d’ailleurs y trouver.

*

DIVISION POLITIQUE ET ADMINISTRATIVE.

POLITIQUE — Le département nomme 6 députés. – il est divisé en 6 arrondissements électoraux, dont les chefs-lieux sont: Saint-Brieuc (ville et arr.), Dinan, Guingamp, Lannion, Loudéac.

Le nombre des électeurs est de 1,499

ADMINISTRATIVE. — Le chef-lieu de la. préfecture est Saint-Brieuc.

Le département se divise on 5 sous-préfectures ou arrond. comm.

  Saint-Brieuc. .   12        cantons,            95 communes,     171,730 habit.

  Dinan                     10                                   91                                111.739

  Guingamp             10                                  75                                115,679

  Lannion                  7                                   62                                103,120

  Loudéac                  9                                   56                                 96,604

 Total                          48        cantons,      377 communes, 598,872 habit.

 

 

Service du trésor public. — 1 receveur général et 1 payeur (résidant à Saint-Brieuc,. 4 receveurs particul, 5 percept d’arrond.

Contributions directes,. — 1 directeur (à Saint-Brieuc), et I insp.

Domaines et Enregistrement. — 1 directeur (à Saint-Brieuc), 2 inspecteurs. 3 vérificateurs.

Hypothèque. — 5 conservateurs dans les chefs-lieux d’arrondissements communaux.

Contributions Indirectes. — 1 directeur (à Saint-Brieuc), 4 directeurs d’arrondissements, 6 receveurs entreposeur.

Forêts. — Le département fait partie de la 25e conservation forestière, dont le chef-lieu est Saint-Brieuc

Ponts-et-chaussées. — Le départ. fait partie de la 10′ inspection, dont le chef-lieu est Rennes, — Il y a 1 ingénieur en chef en résidence à Saint-Brieuc, chargé en outre de la surveillance du canal de Nantes a Brest, et 1 ingénieur ordin. faisant les fonctions d’ingénieur en chef à Glomel.

Mines. — Le département fait partie du 3e  arrondissement et de la 1e division, dont le chef-lieu est Paris.

Haras. — Le département fait partie, pour les courses de chevaux, du 4e arrond. de concours, dont le chef-lieu est Saint-Brieuc.

Les courses ont lieu dans la première quinzaine de juillet.  La circonscription de l’arrondissement comprend 9 départ. (Côtes-du-Nord, Finistère, Morbihan, Ille-et-Vilaine, Loire-Inférieure, Maine-et-Loire, Deux-Sèvres, Vendée et Mayenne). – Il y avait à Lamballe un dépôt royal où se trouvaient 151 étalons.  Il a été supprimé en 1854.

Remontes militaires. — Il y a à Guingamp un dépôt de remonte militaire pour la cavalerie de l’armée. Ce dépôt, en 1831,a acheté 529 chevaux : 57 pour la cavalerie de réserve 117 pour la cavalerie de ligne, et 355 pour la cavalerie légère, au prix moyen de 365 fr. 52 c. Total 193,360 fr. (En 1830, le prix moyen avait été de 405 fr. 15 c.)

MILITAIRE. — Le département fait partie de la 13e division militaire, dont le quartier général est à Rennes. — Il y a à Saint-Brieuc : — 1 maréchal de camps commandant la subdivision ; 1 sous-intendant militaire. — Le dépôt de recrutement est à Saint-Brieuc. — La compagnie de gendarmerie départementale fait partie de la 5e  légion, dont le chef-lieu est à Rennes.

MARITIME. — Il y a dans le département : à Saint-Brieuc, 1 commissaire de marine ; à Paimpol et à Dinan, 2 sous-commissaires ; à Saint-Brieuc et à Paimpol, 2 trésoriers de la marine, 2 écoles d’hydrographie.

JUDICIAIRE. — Les tribunaux sont du ressort de la cour royale de Rennes. – Il y a dans le département 5 tribunaux de 1ere instance, à Saint-Brieuc (2 chambres), Dinan, Guingamp, Lannion, Loudéac, et 3 tribunaux de commerce, à Saint-Brieuc, Paimpol et Quintin.

RELIGIEUSE. — -Culte catholique. —  Le département forme le diocèse d’un évêché érigé dans le IXe  siècle, suffragant de l’archevêché de Tours, et dont le siège est à Saint-Brieuc. — Il y a dans le département, à Saint-Brieuc : un séminaire diocésain qui compte 160 élèves ; — 3 écoles secondaires ecclésiastiques à Dinan, à Tréguier et à Plouguernével. — Le département renferme 7 cures de 1ere classe, 41 de 2e, 315 succursales et 292 vicariats. — Il. y existe des frères de la doctrine chrétienne et 14 communautés religieuses et hospitalières de femmes.

UNIVERSTE. —  Le département des Côtes-du-Nord est compris dans le ressort de l’Académie de Rennes,

Instruction publique. — Il y a dans le département:  4 collèges, à Dinan, à Lannion, à Saint-Brieuc, à Guingamp – Le nombre des écoles primaires du département est de 165, qui sont fréquentées par 1l,309 élèves, dont 6,402 garçons et 4,937 filles. — Les communes privées d’écoles sont au nombre de 266.

SOCIETES SAVANTES, ETC.- Il existe a Dinan une Société d’Agriculture, de Commerce et d’Industrie ; — à Saint-Brieuc, une école d’application ose arts et métiers ; — à Loudéac, Guingamp et Lannion, des Sociétés d’Agriculture.

 


[1] (*) On a remarqué que depuis quelques années la consommation de tabac avait pris, dans le département des Côtes-du-Nord, un considérable accroissement, ce que la régie a attribué. aux réunions fréquentes des gardes nationaux. Le département renferme 605 débitants, et le produit des ventes s’est élevé en 1831 pour 332,333 kilogrammes, à 2,377,999 fr. 64 cent.

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Prochainement suite et fin :

POPULATION.
GARDE NATIONALE.
IMPOTS ET RECETTES.
DÉPENSES DÉPARTEMENTALES.
INDUSTRIE AGRICOLE.
INDUSTRIE COMMERCIALE.
BIBLIOGRAPHIE.

 

Extraits de la France Pittoresque – Abel HUGO – 1835  

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Nés à Maisons-Alfort un 29 juillet

Relevés réalisés par le CGMA

Tous les actes sont téléchargeables sur le site des AD 94

http://archives.cg94.fr/consultation/eta/search-form.html

1845.07.29 ALIBERT Léopold Hippolyte
1837.07.29 CAMAX Julien François
1826.07.29 CARCHEREUX Louise Julie
1883.07.29 CHANDELIER Armand Jules Paul
1880.07.29 CLOIX Alfred
1878.07.29 CORNIE Philomène (reconnaissance)
1876.07.29 FAIVRE Joséphine Léonie
1876.07.29 FOURNIER Alice Marguerite
1878.07.29 GORET Marcel Octave Maurice
1867.07.29 JOURDE Hortense Elise
1846.07.29 LECALANT Françoise Julie
1811.07.29 LEONARD Auguste Thomas
1878.07.29 PATTE Appoline
1812.07.29 PETELARD Henriette Françoise Antoinette
1891.07.29 POTIN Louis
1872.07.29 ROY Gustave
1832.07.29 SEGRETAIN Ernest François
1901.07.29 TAEYMANS Marguerite
1901.07.29 VINCENT Pierre Louis

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Le Val-de-Marne en chanson : Vitry (1)

« Les princes de la ville » par le 113 (1999)

«Peu d´élégance dans mes écrits
Normal pour un mec de Vitry
Sur ma feuille le ghetto, je retranscris
Zigzaguant entre le mal et les délits
Jeune débrouillard, une fois sorti du lit»

Vitry 1

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France Pittoresque – 1835 : Côtes-du-Nord (1)

Département des Côtes-du-Nord. ( Ci-devant Basse-Bretagne )

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HISTOIRE
ANTIQUITÉS
CARACTÈRE, MŒURS, ETC.
COSTUMES.
LANGAGE.
NOTES BIOGRAPHIQUES.
TOPOGRAPHIE.
METEOROLOGIE
HISTOIRE NATURELLE.
VILLES, BOURGS, CHÂTEAUX, ETC.
VARIÉTÉS. — MŒURS BRETONNES.
DIVISION POLITIQUE ET ADMINISTRATIVE.
POPULATION.
GARDE NATIONALE.
IMPOTS ET RECETTES.
DÉPENSES DÉPARTEMENTALES.
INDUSTRIE AGRICOLE.
INDUSTRIE COMMERCIALE.
BIBLIOGRAPHIE.

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Les Curiosolites et les Ambiliates étaient, à l’époque de la guerre de l’Armorique contre César, les peuplades principales habitant le territoire qui forme aujourd’hui le département des Côtes-du-Nord. — Ce pays, compris dans la troisième Lyonnaise, fit ensuite partie de la Bretagne, suivit toutes les vicissitudes de cette grande province, et fut avec elle réuni à la France. — Il avait eu à souffrir beaucoup pendant les guerres de la ligue, mais depuis sa réunion, jusqu’en 1758, il jouit d’une tranquillité profonde. A cette époque les Anglais débarquèrent sur la Côte de Saint-Cast et jetèrent l’alarme dans la Bretagne ; mais huit jours après ils furent forcés de regagner honteusement leurs vaisseaux. — Pendant la Révolution, le département prit peu de part à la guerre civile ; ce fut néanmoins sur son territoire que se livra le combat où fut tué, en 1795, lors de l’expédition de Quiberon, le chevalier de Tinteniac, commandant une division de l’armée rouge, c’est-à-dire de paysans bretons qu’on avait revêtus de costumes anglais.

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ANTIQUITÉS

Les antiquités druidiques des Côtes-du-Nord ne sont ni aussi considérables, ni aussi multipliées que celles du Finistère et du Morbihan. On y voit des peulwens, des dolmens, des pierres branlantes, des tumulus, etc. — Nous nous bornerons à citer la pierre branlante de l’île de Bréhat et le tumulus de Lancerf.

Le département renferme les ruines de deux villes antiques, Corseul, capitale de Curiosolites, qui existait à peu de distance de Dinan ; et Rhéginea, port romain dont on voit des traces à Erqui, près de Lamballe. — Corseul était une ville importante où aboutissaient quatre voies romaines. De nombreux débris, témoignent de son ancienne grandeur, notamment les ruines d’un temple octogone que quelques auteurs ont cru être le fanum Martis, dont il est question dans la table théodosienne. Outre des tombeaux renfermant des ossements d’une grande dimension, on y a découvert du verre à vitres, et, ce qui doit paraître plus curieux, une espèce de pipe en terre rouge, qui semblerait prouver que quoique les anciens Gaulois ne connussent pas le tabac, ils avaient l’usage de fumer quelques plantes fortes âcres et aromatiques. — Les antiquités d’Erqui se bornent à quelques murs ruinés, à des médailles effacées, et à une mosaïque assez bien conservée. — En 1808 et en 1824, la mer a laissé à découvert sur la plage de Binic, les restes d’un ancien édifice de 80 pieds de long, sur 40 de large, dans ses murailles, que quelques savants du pays croient de construction antique, on a recueilli environ 200 médailles des empereurs romains et quelques monnaies espagnoles à l’effigie de Charles-Quint. — C’est près de là, à Pordic, qu’existe le camp romain, vulgairement appelé camp de César. — L’espace nous manquerait pour signaler les vieux châteaux féodaux, les nombreuses églises antiques et les vieilles abbayes (presque toutes fondées par des saints Bretons) qui existent dans le pays ; mais nous mentionnerons un monument célèbre dont l’antiquité et la destination sont depuis long-temps l’objet des controverses des savants. Le temple de Lanleff, qui sert aujourd’hui de vestibule à l’église du lieu, est un édifice circulaire à double enceinte concentrique, dont l’une est en partie détruite. — L’enceinte intérieure, de 30 pieds de diamètre, est percée de douze arcades voûtées en plein cintre et décorées de pilastres. — Ces arcades sont d’une largeur inégale et varient de 5 pieds à 5 pieds 9 pouces. Douze colonnes de grandeurs diverses sont adossées à la muraille, une entre chaque arcade ; les plus petites au nombre de huit, ont 8 pieds et quelques pouces de haut y compris les chapiteaux et les soubassements ; les quatre plus grandes sont hautes de 15 pieds sans chapiteaux et placées aux quatre points cardinaux. L’enceinte extérieure, située à 9 pieds de l’autre, présente aussi douze colonnes qui paraissent avoir soutenu une voûte à clef. — Il ne reste qu’un tiers de cette voûte, c’est la partie située du côté de l’église. Deux arcades voisines de la porte, fermées par une maçonnerie, forment aujourd’hui la sacristie : une autre sert à soutenir l’escalier du clocher ; enfin une quatrième a été convertie en chapelle. Entre les colonnes qui soutiennent la voûte et en face des grandes arcades sont douze fenêtres décorées de colonnes et construites comme les meurtrières des anciennes fortifications. Au-dessus de chaque couple d’arcades se trouve une grande ouverture cintrée par en haut. L’enceinte du temple a été couverte ; on aperçoit encore les traces de l’endroit où le toit s’appuyait, il n’y avait qu’une seule porte d’entrée, voûtée en plein cintre et large de 10 pieds sur 13 de hauteur ; elle est située du côté de l’orient. — L’église est construite en granit rouge et gris, qui a de l’analogie avec le poudding siliceux. — L’intérieur du monument a été garni d’un pavé ; on en trouve quelques fragments entre les arcades et l’enceinte extérieure. — La maçonnerie est par assises régulières jusqu’au dessus des arcades. Le reste est composé de pierres de dimensions différentes. — L’architecture est un mélange grossier d’ordre toscan et d’ordre gothique. Les ornements des chapiteaux et les socles des colonnes ne sont ni de la même forme ni de la même grandeur. Les chapiteaux représentent des pommes de pin. Ils sont surmontés d’un listel et d’une volute peu saillants, représentant par le profil diverses têtes de bélier. — On remarque, sur les chapiteaux des colonnes qui soutiennent le plein cintre de l’arcade intérieure qui fait face à la porte deux bas-reliefs, l’un sur la colonne du côté du midi, représentant deux béliers superposés, l’autre sur la colonne du nord offrant un cercle rayonnant, image grossière du soleil. — Un if majestueux, planté dans l’enceinte intérieure (qui sert de cimetière à la commune), a cru au centre du monument qu’il domine aujourd’hui de son feuillage et auquel il forme un dôme pittoresque.

Les savants bretons sont loin d’être d’accord sur le monument de Lanleff: les uns y voient un ancien temple armoricain, les autres une construction romaine consacrée au culte du soleil [1] (*) ; quelques-uns un ancien hôpital pour les pèlerins revenant de la terre sainte, ceux-ci une église bâtie par les templiers, ceux-là lin baptistaire des chrétiens primitifs. Nous ne nous hasarderons pas à décider la question.

*

CARACTÈRE, MŒURS, ETC.

Les habitants des villes, dans le département des Côtes-du-Nord, ont des moeurs simples et faciles. Ils sont affables et prévenants avec les étrangers, intelligents, actifs et industrieux. Doués d’aptitude pour les sciences et les lettres, ils attachent de l’importance à les cultiver, et ils sont généralement plus instruits qu’on ne pourrait le supposer, d’après la situation reculée de leur département.

Les habitants des campagnes diffèrent en plusieurs points de ceux des villes. La complexion du paysan bas-breton est forte et nerveuse, il a la stature épaisse et courte, la poitrine ouverte, les épaules larges, les traits mâles et le regard assuré. Ses dents sont blanches, son teint est brun, sa chevelure noire et sa barbe fournie, — Il a naturellement le caractère impétueux et les passions violentes. L’usage des liqueurs fortes et l’ivrognerie à laquelle il est enclin, augmentent la fureur de ses emportements. On a remarqué que dans les querelles, le Bas-Breton, semblable au taureau, lutte et frappe violemment avec la tête. Il a d’ailleurs des qualités réelles ; il est franc et loyal, charitable et hospitalier, réservé, grave et patient. — On reproche aux paysans bretons un entêtement opiniâtre, une indolence apathique, une curiosité irréfléchie et une crédulité par fois trop naïve. — Leur humeur est généralement mélancolique, mais ils ont généralement une imagination vive et poétique, et une sorte d’éloquence naturelle, chaleureuse et persuasive. — Malgré la rudesse extérieure et une brusquerie souvent excessive, le fond du caractère du Breton est la bonté et la sensibilité. Il aime son pays avec passion et languit quand il en est éloigné. L’attachement qu’il a pour son village et pour sa famille quelle que soit l’insensibilité apparente qu’il témoigne dans les relations domestiques, ne peut être comparé qu’à celui qu’il porte à la religion de ses pères. Il est dévot et superstitieux. Les prêtres excellents en Bretagne une grande influence, et cela se conçoit facilement : le curé d’un village parle la même langue que ses paroissiens, a les mêmes goûts et mène comme eux une vie rude très sévère. — Le Bas-Breton nourrit une haine héréditaire pour les Anglais, anciens ennemis de son pays. Il déteste les Normands, actifs et astucieux, qui, grâce a une activité soutenue, se sont emparés du commerce de la Bretagne ; enfin il considère à peine comme des compatriotes les Français qui ne parlent pas sa langue.

Les paysans bretons ont un langage emphatique et solennel ; ils entremêlent leurs discours de proverbes et de passages de l’Ecriture sainte. La Bible est presque le seul livre de ceux qui savent lire. Une économie poussée jusqu’à l’avarice est assez commune chez les cultivateurs. Quelle que soit leur richesse, et il en est qui possèdent 15 000 francs de rentes, leur manière de vivre, grossière et frugale, est la même que celle des plus pauvres. Ils mangent de la viande deux ou trois fois par semaine. Leurs autres repas se composent de bouillie, de crêpes, de galette, de pain de seigle ou d’orge, point de légumes frais, jamais de poisson, excepté quelques livres de morue pendant le carême. — Le vin est un luxe qu’ils ne se permettent qu’au cabaret, mais alors ils en boivent avec excès.

MARIAGES. — Le mariage, suivant les localités, est accompagné, en Basse-Bretagne, de cérémonies et d’usages qui remontent à une haute antiquité. — A l’île-aux-Moines, se sont les filles qui demandent les garçons en mariage. — Ailleurs, le jeune époux doit enlever sa fiancée après l’avoir fait long-temps demander par une espèce de barde ou de poète que l’on nomme discoureur. — Ailleurs encore, et alors même que le mariage est convenu, la jeune fille ne sort de la maison paternelle, pour aller à l’église, que lorsque deux chanteurs parlant en vers, l’un au nom de l’époux, et l’autre au nom de la famille de la fiancée, ont fait long-temps assaut d’esprit pour l’obtenir et pour la refuser. Le poème de Marie présente une agréable peinture de cette lutte poétique. — Quelquefois avant de s’engager, les grands parents se visitent réciproquement pour examiner leur avoir-mobilier. Cette entrevue intéressée s’appelle ar weladen, la revue. Quelques écus de plus ou de moins suffisent dans ce cas pour faire rompre l’union la mieux assortie. — Dans plusieurs communes, la jeune épouse paraît à l’église avec les habits de sa grand’mère ou de sa bisaïeule ; ce sont des vêtements riches et éclatants qui ne servent que dans de rares occasions ; on se les transmet de génération en génération. — Une coutume touchante et assez généralement répandue dans les Côtes-du-Nord, c’est de faire célébrer, le lendemain du mariage, un service solennel en l’honneur des parents qu’on a perdus.

UNE NOCE. — Dans un grand nombre de communes on ne s’occupe de mariages qu’à l’approche des fêtes de Noël, pourvu toutefois que la récolte des pommes ait été abondante ; car si le cidre man­que, tout est ajourné à l’année suivante. L’amour ne joue aucun rôle dans toutes ces unions. Il n’est pas même d’usage que ce soient les parents qui s’en occupent. Un ami ne se hasarderait jamais à offrir à son ami d’unir leurs enfants, quels qu’en fussent d’ailleurs leurs désirs mutuels. — Des entremetteurs banaux, le plus souvent des tailleurs, négocient les mariages. Une entrevue a lieu dans un cabaret du bourg  voisin. — Le jeune homme et la jeune fille y assistent, mais ce sont les pères seuls qui décident. — Après avoir préalablement bu quelques rasades, on s’occupe de l’objet de la réunion, et comme le mariage est devenu un simple marché, il ne faut pour le décider guère plus de paroles que pour la vente d’un cheval ou l’achat d’une paire de bœufs. Quand les chefs des deux familles se sont frappés la main, la séance est levée ; les deux accordés qui, peut-être, ne s’étaient jamais vus et ne se sont pas dit quatre mots pendant la discussion qui vient de décider de leur sort, suivent leurs parents à la mairie et à la sacristie, afin d’y arrêter les fiançailles. — Un mois après ils reviennent au bourg, accompagnés seulement des témoins nécessaires, y contractent le mariage civil, et se séparent souvent ensuite pour ne plus se revoir qu’à l’époque de la cérémonie religieuse. —  Cependant on invite pour les noces trois ou quatre cents parents, amis et connaissances, et si on ne veut pas sacrifier une paire de boeufs, on traite avec le boucher pour un certain nombre de quintaux de viande, et avec un boulanger pour quelques voitures de pain de pur froment. Chaque famille doit en outre fournir une quantité de pain de seigle. On tue trois ou quatre porcs gras, une douzaine de veaux. — Vingt ou trente barriques de fort cidre sont disposés pour le festin. — Toutes les pièces de la maison et de celle du voisin, les granges, les hangars et souvent les étables, sont transformés en salles de banquets. — On va en cérémonie chez les plus proches parents de la famille ou chez les individus les plus considérés du lieux, pour leur offrir les fonctions honorifiques, mais accablantes qu’ils auront à remplir pendant la durée de la fête. — L’un apprend avec orgueil qu’il a été préféré aux principaux notables de la paroisse, et quelquefois même au maire, pour être le cuisinier, L’autre se réjouit d’être chargé, pendant deux jours et deux nuits du fatigant office d’échanson. Celui-ci doit être le rend maître des cérémonies. Celui-là promet de remplir de son mieux la charge honorée de bouffon ; tous les quatre reçoivent pour marque distinctive un nœud de rubans qu’ils porteront attaché à l’épaule. — Enfin le grand jour arrive. Dès le matin les invités se hâtent d’accourir. Chaque chef de famille dépose entre les mains du cuisinier la longe de veau qu’il offre pour cadeau de noces, et l’aînée de ses filles présente à la femme chargée de la police féminine, l’écuelle de beurre frais dont elle fait hommage. — Arrive enfin l’époux escorté de ses proches et de son garçon d’honneur, porteur du panier où est contenu une partie du trousseau. Il salue l’assemblée, dont chaque membre l’embrasse ; puis il offre une ceinture en ruban moiré d’or à sa compagne future. Chaque garçon s’empresse d’en présenter une pareille, ou moins riche, a la fille qu’il préfère, et qui contracte, en la recevant, l’obligation de danser avec lui. — On part pour l’église. La cérémonie nuptiale a lieu. —  Dès que la mousqueterie et des cris sauvages annoncent le retour de la noce, les vieillards et les enfants, restés au logis, s’avancent sur la pelouse, à l’entrée du village, où est dressée une table sur laquelle se trouvent un pain de froment, une moche de beurre, du cidre et un verre. Le maître des cérémonies rompt ce pain et en offre un morceau au mari, qui en donne la moitié à sa nouvelle compagne. Ensuite l’échanson présente à celle-ci un verre de cidre qu’elle effleure de ses lèvres et qu’achève d’un trait le mari. Tous les invités boivent à la santé et au bonheur des nouveaux mariés. — C’est au milieu de leurs vœux bruyants, au son éclatant des haut-bois et des bignoux, et précédé des quatre grands officiers de la noce, que le couple nouveau rentre dans le village et va s’asseoir enfin au festin nuptial. Le premier service se compose de plats copieux, de soupe, de bœuf et de lard. Au second et au troisième paraissent d’énormes pièces de viandes bouillies, et le sel qui doit leur servir d’assaisonnement. A l’issue du repas, les mariés vont visiter les mendiants rangés et assis au dehors, souvent au nombre de 2 à 300, et qui ont en aussi leur part du festin Ils choisissent parmi eux un homme et une femme avec lesquels ils commencent la danse par une ronde qui devient bientôt générale ; à cette ronde succède une vive promenade circulaire, suspendue, au milieu de chaque strophe de l’air qui l’accompagne, par des pas cadencés et par un bond qui termine la mesure ; les danseurs sont divisés par couples, c’est ce qu’on appelle le bal. — Au coucher du soleil on sert le souper uniquement composé des énormes quartiers de veau apportés en présent, arrosés par d’abondantes libations de cidre. Puis on danse jusqu’à ce qu’enfin on conduise le mari auprès de sa femme qui l’attend dans le lit nuptial, la face collée contre la muraille et revêtue d’un nouvel habillement complet. On y pousse le mari sans lui permettre de se déshabiller, et aussitôt, assailli par ses proches et ses amis, il reçoit et leur rend leurs accolades, et répond, tant qu’il lui est possible, aux toasts qu’ils lui portent :  ils ne le quittent que lorsque épuisé de fatigue et succombant à son ivresse, ils l’ont vu s’endormir et ronfler adossé à la jeune mariée. — Dans plusieurs communes, l’épouse est confiée pendant la première nuit à la surveillance du garçon et de la fille d’honneur, qui se couchent tous les deux entièrement vêtus entre le nouveau couple. – La noce dure quatre jours. — Le quatrième, le mari et sa femme ne paraissent pas à table et y servent, à leur tour, les dignitaires harassés qui prennent leur revanche. Le cinquième jour au matin tout est rentré dans l’ordre. Les familles des nouveaux mariés règlent la part que chacune d’elles doit supporter dans la dépense commune qui, lorsqu’elles ont de l’aisance s’élève souvent de 1,500 à 2,000 francs. — Tout terminé et balancé à un centime prés, la jeune femme quitte la maison paternelle.

CONDITIONS DES FEMMES. — “ Les femmes (dit M. Habasque) ne tiennent, dans les campagnes de la Basse-Bretagne, qu’un rang, secondaire. Elles servent leur mari à table et ne lui parlent jamais qu’avec respect. Dans les familles peu riches, elles travaillent aux champs et se livrent à tous les travaux pénibles  Elles ne sont point jolies, leurs traits sont sans délicatesse, leurs vêtements sont lourds et ne laissent entrevoir aucune forme. — C’est une beauté d’avoir le teint rouge et animé. – Dans quelques localités, les jeunes filles coquettes se graissent le front pour l’avoir luisant. — En Basse-Bretagne, comme en Angleterre les jeunes filles jouissent d’une grande liberté. Elles courent le jour et la nuit avec les jeunes gens, sans qu’il en ait long-temps résulté aucun désordre apparent. Les mœurs commencent à être plus relâchés depuis quelques années. Les pileries de lin, la fenaison, les travaux de la moisson réunissent les jeunes gens des deux sexes. Ils se rencontrent aussi aux fileries ou veillées nôzveziou. ”

 *

COSTUMES.

Les vêtements du paysan riche ne diffèrent de ceux du paysan pauvre que par l’étoffe. Ceux du premier sont ce drap, et ceux du second en toile, hiver comme été. Le cultivateur riche porte des souliers, et le cultivateur pauvre, quand il ne va pas nu-pieds, ne se sert que de sabots. Le riche a en outre des guêtres de cuir retenues par des boucles en cuivre. Il se couvre dans le mauvais temps d’un manteau bleu ou brun. Les femmes riches et pauvres ont des mantelets à capuchons, nommés en breton joubelinen, et dont l’étoffe varie, suivant le plus ou moins d’aisance de celles qui les portent. — Un luxe qui s’est introduit depuis quelques années chez les paysans aisés, est l’usage d’une montre d’argent. Une montre est la première demande que fait un conscrit remplaçant.

*

LANGAGE.

Le langage brezounecq, vulgairement nommé bas-breton, est la langue nationale de plus de l,100,000 habitants sur les 1,556,790 qui composent la population des départements du Morbiban, du Finistère et des Côtes-du-Nord [2] (*) . Cette langue est considérée par les savants de la Bretagne comme l’ancienne langue celtique. Elle a beaucoup plus de ressemblance avec le gaelic d’Irlande (irlandais) et le gaelig de la Haute-Ecosse (erse), qu’avec le  cymraëg du pays de Galles (gallois) Les Bretons qui la parlent sont appelés Bretous-bretonnans. — Cette langue est la seule dont on se serve dans les campagnes ; tous les habitants des villes la parlent et la comprennent, excepté peut-être ceux de Bre5r, où elle est étrangère à une grande partie de la population. — La langue brezounecq se divise en quatre dialectes principaux : ceux de Léon et de Tréguier, qui ont entre eux beaucoup de rapport ; ceux de la Cornouailles (Quimper-Corentin} et de Vannes, dont la différence avec les deux premiers est telle, qu’un Léonais se fait difficilement comprendre dans la Cornouaille, et qu’il n’est pas du tout compris dans le Morbihan. — Cette différence, toutefois, existe plutôt dans la prononciation que dans les termes ; car M. Habasque, auquel nous empruntons une partie de ces détails sur le brezounecq, assure qu’après un mois de fréquentation il est facile à un habitant de Léon ou de Tréguier de causer avec un Vannetais sur tous les sujets possibles. — Le dialecte léanais qui ne renferme qu’un petit nombre de mots bretonnisés, et dont la prononciation est douce et rarement gutturale, passe pour le meilleur des quatre dialectes. La langue bretonne quoique pauvre, a de la force et de l’énergie, parfois de la grâce et de la douceur. Elle possède des tours et des locutions agréables. — Au désir de vous revoir ; — Au regret de vous quitter, sont des termes d’adieux employés dans lai campagnes. Quand le temps est beau les paysans disent E bad é beva hirio. il est doux de vivre aujourd’hui. — Cette langue abonde en termes qui expriment les opérations du labourage. — Les mots nouveaux dont elle s’augmente et qui indiquent des découvertes modernes y passent avec leur signification primitive. On se contente d’en allonger un peu la prononciation ou d’en changer légèrement la désinence, ainsi de fusil on a fait fusuil, et de sabre, sabren. La grammaire bretonne est simple et peu comp1iquée ; les règles y sont en petit nombre. Les noms n’y ont qu’un genre, ce qui explique pourquoi les Bretons qui commencent a parler français disent un tille, un maison, le beau jument, etc. ; les adjectifs sont invariables, et dans les verbes il suffit de connaître la première personne de chaque temps, toutes les autres étant les mêmes au singulier et au pluriel, et n’étant distinguées que par le pronom personnel. — L’orthographe de la langue bretonne ne paraît pas être fixée d’une façon hors de toute contestation, ce qui provient de ce que la plupart des monuments littéraires de cette langue sont encore conservés par la tradition et par la mémoire plutôt que par l’impression. — Cette langue renferme quelques syllabes och, ech, ach, dont la prononciation est gutturale et doit être fortement aspirée. — Les cultivateurs Bas-Bretons parlent leur langage avec une grande pureté et observent scrupuleusement les règles de leur syntaxe. Ils emploient toujours le mot propre et raillent volontiers les habitants des villes qui prononcent mal ou se servent de locutions vicieuses. Ainsi, en brezounecq, deux termes signifient chemise ; l’un désigne celle de l’homme, l’autre celle de la femme. Le citadin qui, ignorant cette différence, fait indistinctement usage de l’un ou de l’autre, prête à rire au paysan. – La langue brezounecq commence néanmoins à perdre de son empire. Avant la Révolution, chaque paroisse renfermait au plus quatre ou cinq personnes sachant le français. Aujourd’hui il n’y a pas d’enfant de cultivateur aisé qui ne le parle ou ne le comprenne. Autrefois, dans les petites villes, les ouvriers et les domestiques ne parlaient que le brezounecq ; maintenant ils se servent indistinctement de l’un ou de l’autre idiome. — L’ancienne littérature bretonne on celtique est considérée comme a peu près nulle. — Des ballades historiques, pareilles aux fameuses romances espagnoles, des lais, des fabliaux, des romans de chevalerie ont existé dans cette langue ; mais les seuls morceaux un peu anciens qui aient été autrefois imprimés sont une Vie de Saint Guignolé ; un petit drame, la Prise de Jérusalem par Titus ; et Les Amourettes du vieillard, petite comédie dans laquelle le barbon amoureux est berné et joué comme de coutume. Quant à la littérature moderne, on y remarque quelques ouvrages ascétiques, pour la plupart traduits du français, des cantiques où la beauté des images se joint à la richesse de l’expression ; un poème de Michel Morin plein de verve et d’originalité ; le roman des Quatre fils Aymon ; les Fables d’Esope ; les Lamentations de Jérémie, etc. — La partie brillante de la littérature bretonne est la chanson ; mai, ces poésies fugitives sont rarement imprimées. On cite comme un chant véritablement populaire celui qui commence par ces mots An ini Goz. On dit que dans les pays étrangers il produit sur les soldats bretons le même effet que le Raez des vaches sur les Suisses éloignés de leur patrie.

*

NOTES BIOGRAPHIQUES.

Nous avons eu de renseignements sur les limites distingués qui appartiennent au département ; nous nous bornerons à citer les suivants: Un savant érudit, le conventionnel Yves AUDREIN, évêque constitutionnel du Finistère, qui vota la mort de Louis XVI et défendit plus tard avec une chaleur courageuse sa fille, Marie-Thérèse ; le maréchal de BEAUMANOIR, vainqueur au glorieux combat des Trente ; la famille de BOISGELIN, dont un des membres fut académicien et cardinal ; deux braves marins, le capitaine de vaisseau BOURDÉ et le contre-amiral LE BOZEC ; le savant LE BRIGANT, timide l’illustre Latour d’Auvergne, et comme lui connu par ses recherches sur la langue celtique ; un agronome habile, DE COURSON, fondateur du bel établissement rural de Lysandré ; un antre agronome estimé, BARON DUTAYA ; un savant jurisconsulte du XVIe siècle, François DOUARON, ami et émule de Cujas un membre de l’Assemblée législative, LE DEIST DE BOTIDOUX, auteur d’une traduction des Commentaires de César et de recherches sur les Antiquités celtiques ; le franc et spirituel DUCLOS, historien de Louis Xl, écrivain consciencieux et profond ; un naturaliste distingué, FERRARY, chimiste habile, correspondant de l’Académie royale de médecine ; le féroce EDER DE FONTENELLE, sieur de Beaumanoir, un des chefs de la Ligue au XVe siècle, monstre qui dispute à Gilles de Retz le titre de Barbe-Bleue ; l’auteur d’une Grammaire générale estimée des savants, FROMAGET ; un de ces hommes qui fon honneur à l’humanité, le vertueux LA GARRAYE ; le général GAUTHIER, mort glorieusement à Wagram ; un savant estimable, HABASQUE, auteur de recherches curieuses intitulées Notions historiques, géographiques, etc., sur les Côtes-du-Nord ; le grammairien JEGOU, littérateur instruit dans la langue celtique ; le comte DE KERGARIOU, pair de France sous Charles X, ancien préfet et membre de la Société royale des Antiquaires ; LAGUYO-MARAIS, qui fut un des chefs de la fameuse conspiration de la Rouairie ; le docteur LAVERGNE habile comme médecin, comme chimiste et comme agronome ; un littérateur connu par ses recherches sur la langue celtique, LEGONIDEC, auteur d’un Dictionnaire breton-français, l’illustre MAHÉ DE LA BOURDONNAIS qui conquit Madras sur les Anglais et qui administra si habilement Bourbon et l’île de France [3](*) ; un naturaliste instruit, LE MAHOUT ; un homme vertueux et modeste dont la vie fut pleines de bonnes œuvres ; fondateur de l’institution de bienfaisance connue à Paris sous le nom d’Asyle royal de la Providence ; l’ancien député NEEL DE LA VIGNE, qui a doté son pays natal d’un grand nombre d’établissements utiles ; l’honorable et vertueux DE  QUELEN, archevêque de Paris ; le colonel REVEL, excellent officier des armées de la République, mort au champ d’honneur ; le carme TOUSSAINT DE  SAINT-LUC, historien de Conan Meriadec et de plusieurs des hommes célèbres de la Bretagne ; un saint breton, YVES HELORY, homme éloquent et austère qui, dans le XIIIe siècle, fut surnommé, l’avocat des pauvres ; etc.

*

TOPOGRAPHIE.

Le département des Côtes-du-Nord est un département maritime, région du nord-ouest, formé de la Basse-Bretagne. — Il a pour limites : au nord, l’Océan ; à l’est, le département d’llIe-et-Vilaine ; au sud, celui du Morbihan ; et à l’ouest, celui du Finistère. — Il tire son nom de sa position maritime sur la Manebe, qui baigne toute sa partie septentrionale. — Sa superficie est de 701,231 arpents métriques d’après M. de Prony, et seulement de 644,300 d’après M. Habasque.

SOL. — Le sol, engraissé par le goémon et les autres plantes marines, se compose, jusqu’à trois lieues de distance des côtes, de terres excellentes ; dans l’intérieur du département, la superficie du terrain est une couche de terre à bruyères ou de landes qui est d’ailleurs assez fertile.

MONTAGNES. — Le département est traversé de l’est à l’ouest par la chaîne des Montagnes-Noires, dont le point culminant dans les Côtes-du-Nord, est le Menez-Haut, qui a environ 340 mètres d’élévation au-dessus du niveau de la mer.- Cette chaîne y forme deux versants les eaux de l’un se jettent an nord, dans la Manche, et ceux de l’autre au sud, dans l’Océan. Elle se ramifie en un grand nombre de contre-forts qui sillonnent le pays dans tous les sens.

FORÊTS. — On compte dans le département 25 forêts principales, où les essences dominantes sont le chêne, le hêtre, le bouleau et diverses espèces d’arbres verts. — Les plus considérables parmi ces forêts, sont celles de Quenecon (4,000 hectares), de Loudéac (3,800), de la Hunaudaie (3,000),et de Lorgea (2,500).

CÔTES ET PORTS. — Les côtes, déchirées par un grand nombre de baies et creusées par l’embouchure de plusieurs rivières, présentent un développement d’environ 245,000 mètres. Elles sont généralement escarpées et défendues par des roches et des falaises granitiques, au pied desquelles se trouvent dans certaines localités de grandes surfaces de sable que l’Océan découvre à la marée basse. – Les plages sont composées tantôt de sables fermes et solides, comme dans le golfe de Saint-Brieuc, tantôt de sables mouvants et qui offrent des dangers réels, comme la grève de Yaudet, près de Lannion. On trouve sur les côtes du nord plusieurs ports de mer, dont les principaux sont le Legué (port de Saint-Brieuc), Binic, Portrieux (Saint-Quay), Paimpol et Trégnier.

ILES. — La partie la plus septentrionale et occidentale des côtes présente un grand nombre d’îles, dont les plus remarquables sont celles de Goêlo, de Saint-Riom, de Bréhat, de Maudé et le groupe dit des Sept-îles.

RIVIERES. — Aucune des rivières du département n’est par elle-même navigable ; elles ne le deviennent qu’au bord de la mer, à l’aide du flux seulement, et toutes, sauf la Rance, cessent de l’être à la basse marée. Les principales sont : le Guer, le Guindy, le Jandy, le Trieux, le Leff, le Gouet, l’Esron, le Gouesson, l’Arguenon et la Rance, qui coulent tous du sud an nord. et qui ont tout leur cours dans le département ; l’Aven, le Blavet, l’Oust. le Lié, et le Men, Ont seulement leur source dans le département et se dirigent du nord au sud. On évalue la longueur de la partie navigable des rivières à environ 41,000 mètres.

CANAUX. — Le département possède deux canaux. L’un, celui du Blavet à l’Aulne, fait partie de la grande communication projetée de Nantes à Brest ; l’autre, celui d’Ille-et-Rance, réunira les deux versants de la Bretagne et doit avoir 80,796 mètres de développement.

ROUTES. — Depuis quelques années, l’administration locale s’est beaucoup occupée de l’amélioration des communications viables. La partie centrale du pays, et surtout l’arrondissement de Loudéac, ont encore besoin qu’on y en ouvre de nouvelles ; néanmoins, le département est traversé déjà par 6 routes royales, et compte 16 routes départementales outre nombre de chemins vicinaux bien entretenus.


[1] (*)  M. Nether aîné, fils de l’artiste habile auquel on doit les vues des Côtes-du-Nord gravées dans la France pittoresque nous a adressé une notice sur le monument de Lanleff dans laquelle il exprime cette opinion.

[2] (*) Dans le département des Côtes-du-Nord, on parle brezounecq dans les arrondissements de Guingamp et de Lannion, et dans une petite partie de ceux de Loudéac et de Saint-Brieuc. Le français est le seul en usage dans celui de Dinan.

[3] (*) Quelques auteurs prétendent que La Bourdonnais est né à Saint-Malo. — Dinan, dans les Côtes-du- Nord, le réclame de son côté comme un de ses plus glorieux enfants.

*

 *********************

Prochainement suite :

METEOROLOGIE
HISTOIRE NATURELLE.
VILLES, BOURGS, CHÂTEAUX, ETC.
VARIÉTÉS. — MŒURS BRETONNES.
DIVISION POLITIQUE ET ADMINISTRATIVE.

Extraits de la France Pittoresque – Abel HUGO – 1835  

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Le site du jour (118) : Histoire des Français libres ordinaires

Histoire des Français libres ordinaires

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par | 28 juillet 2013 · 2:00

Le Val-de-Marne en chanson : Vincennes (2)

Vincennes, « Dans les fossés de Vincennes » par Georgel (1918)
« Quand fleurissait la verveine
Fuyant les faubourgs
Ils rêvaient d’amour
Le soir sous la lune sereine  !
Et du fort, la vieille tour
Qui dressait son ombre lointaine
Leur faisait un décor d’amour,
Dans les fossés d’ Vincennes  ! »

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27 juillet 1938 – Pierre CHRISTIN

1938 – Pierre CHRISTIN

CHRISTIN, Pierre (o Saint-Mandé, 1938). Scénariste de bandes dessinées.

o 27 juillet 1938, Saint-Mandé
o 18 juillet 1960 ; Paris XVII Rosine F.

Ami d’enfance de Giraud et de Mézières, ce sont eux qui lui suggèrent d’écrire quelques scénarios qui seront proposés à René Goscinny  pour Pilote.

Il commence, sous le pseudonyme de Linus, Valérian, Agent Spatio Temporel pour Mézières  série qui se poursuit encore aujourd’hui. Plus tard, il écrit pour Tardi, Bilal, Annie Goetzinger  et quelques autres le temps d un album.

D’une série à l’autre, Christin marque son empreinte grâce à un ton particulier à la fois politique et science-fiction, souvent intimement mêlés, en particulier dans sa collaboration avec Bilal.

 Albums

1970 VALERIAN /Dessin. Mézières * (10 + I albums)

1975 LES LEGENDES D’AUJOURDHUI/Dessin. BilaI * (5 albums)

1980 PORTRAITS SOUVENIRS/Dessin. Goetzinger * (2 albums)

1975 RUMEURS SUR LE ROUERGUE/Dessin. Tardi *

1978 EN DOUCE LE BONHEUR/Dessin. J. Vern

1983 SIXTIES NOSTALGIA/Dessin. J. Vern

Dictionnaire des célébrités du Val-de-Marne

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Nés à Maisons-Alfort un 27 juillet

Relevés réalisés par le CGMA

Tous les actes sont téléchargeables sur le site des AD 94

http://archives.cg94.fr/consultation/eta/search-form.html

 

1893.07.27 BOULE Pauline
1887.07.27 BOURSIN Georges
1889.07.27 BOUSQUET Anna Henriette Louise
1889.07.27 BOUSQUET Sophie Ernestine Marie
1901.07.27 CHARASSE Lucien
1866.07.27 CHARPENTIER Jules Auguste Louis Martin
1884.07.27 COPPIN Jeanne Louise
1895.07.27 DORMOY Marcelle Renée née DROUAULT (reconnaissance)
1895.07.27 DORMOY Marcelle Renée née DROUAULT (reconnaissance)
1890.07.27 DUTHOIT Louise Germaine
1897.07.27 FRAUMONT Charlotte Augustine
1901.07.27 GASTEY Eugénie Michaelle (transcription)
1896.07.27 GUERIN Albert Jean Georges
1887.07.27 ISABERE Alice (reconnaissance)
1882.07.27 JACQUIN Louis Alexandre
1863.07.27 JASPAR Félicie Emilie
1874.07.27 LEMAIRE Eugénie Annette
1874.07.27 MARY Charles Jean
1881.07.27 MEUNIER Augustine Jeanne Marie (reconnaissance)
1883.07.27 MOREAU Alfred
1887.07.27 MORIAT Flore Juilliette (reconnaissance)
1889.07.27 NOEL Pierre
1831.07.27 NORMAND Flavine
1898.07.27 POTAGE Robert Lucien Léon
1875.07.27 VANWEYSBERGHE Eugénie Rosalie
1867.07.27 VERON Caroline

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27 juillet 1884 – Divorce

Divorce. Introduit en France par la loi du 20 septembre 1792, le divorce a été supprimé en 1816 puis définitivement rétabli par la loi du 27 juillet 1884. Depuis la loi du 18 avril 1886 (art. 251), mention doit être portée en marge de l’acte de mariage. Depuis le 10 mars 1932, mention doit être portée en marge de l’acte de naissance.

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Le Val-de-Marne en chanson : Vincennes (1)

Vincennes, « Le zoo de Vincennes » par Bénabar (2003)

« Le rhinocéros du zoo de Vincennes
Sa peau est une écorce qui craquelle, il traîne
Licorne monstrueuse aux paupières de terre glaise
Mastodonte de peine sans espoir de remise
Vieillard, un enclos de béton vieux
Vieille gloire, un hospice de banlieue
A l´étroit piégé dans le zoo de Vincennes »

A écouter

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Blog du jour (63) : Mémoire vive – côté blog

Mémoire vive Coté blog

Confidences et réflexions d’une généalogiste, passionnée par l’histoire des individus, de leur famille et de leur époque…

Vous pouvez suivre également : Mémoire vive-coté Scoop-it

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26 juillet 1800 – Mariage au chef-lieu de Canton

De septembre 1898 à 1800, le lieu du mariage était le chef-lieu de canton, et seulement les décadis (jour chômé, le dixième et dernier de la décade dans le calendrier républicain.. Ces contraintes furent supprimées le 7 thermidor an VIII (26 juillet 1800)

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Le Val-de-Marne en chanson : Villeneuve Saint-Georges

Villeneuve-Saint-Georges, « Quartier nord » par MC Solaar

« Je viens du sud de la capitale qu’on appelle

Villeneuve-Saint-Georges, quartier nord… Hardcore

Notre force de frappe est apte

A l’attaque des arnaques que l’on vend dans les bacs en compact ! »

http://www.youtube.com/watch?feature=player_embedded&v=AP2C98qRcDk

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