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La Pologne en ligne, l’article de Généinfos

 

Pologne en ligne 17-mai-2013

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Article paru le 17 mai par Généinfos – Guillaume de MORANT

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Histoire de Maisons (V-1) : Château d’Alfort …

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CHATEAU D’ALFORT ET FERME DE MAISONVILLE.

ECOLE VETERINAIRE.

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CINQUIEME PARTIE – Fiefs et Châteaux.

CHAPITRE 1

Nous nous sommes assignés, comme limite à cet historique, en ce qui concerne les faits et les chiffres d’un caractère précis, l’année 1896, où fut inaugurée la nouvelle mairie ; avant de conclure, nous allons reprendre celui des châteaux féodaux et autres, desquels dépendait, avant 1789, tout le territoire de la commune.

CHATEAU D’ALFORT ET FERME DE MAISONVILLE.

En 1312, il est mention d’un château qui existait, à gauche, sur le chemin de Maisons, un peu après le pont ; on l’appelait hôtel d’Harrefort ; il relevait de l’abbé de Saint-Maur.

Sur un titre de l’an 1495, il est question de Jean de Harcourt, comte de Vaudémont, comme ayant été de longue date propriétaire de l’hôtel de Harcourt près Charentonneau ; il semble bien que Harcourt et Harrefort ne devaient faire qu’un.

Plus tard, en 1612, son nom s’était légèrement modifié : c’était le château d’Hallefort. M. Mallet de la Cour des comptes, en était possesseur.

Voici ce que nous avons trouvé, à ce sujet, dans un manuscrit :

« Louis de Falcony, seigneur d’Alfort, possédait plusieurs pièces de terre  ; la moitié de la basse-cour d’Alfort, le tout jusqu’à la concurrence de 64 arpents 1/2, ayant compris 16 arpents que M. l’Archevêque venait de lui inféoder dans la censive de Maisons ; mais M. l’Archevêque érigea cette portion d’Alfort en fief, à la prière de Falcony, par acte, devant Dupuis et Nicolas Boucher, notaires à Paris, le 27 juillet 1641, à la charge :

« 1° – Que le chef-lieu dudit fief fixe la moitié de la basse-cour d’Alfort du côté de Créteil.

« 2° – Que le tout relèvera dudit seigneur Archevêque, à foi et hommage de lui en payer à toujours mutation arrivant (?) les droits accoutumés suivant la coutume, et que cette portion sera nommée le fief de Maisonville. »

Lorsque le chapitre de Saint-Maur céda à l’Archevêque de Paris la seigneurie de Maisons, il s’en réserva une certaine partie. Un peu plus tard, les abbés vendirent « à M. de Falcony, seigneur dAlfort et de Charentonneau, la part et portion à eux appartenante dans la seigneurie et justice de Maisons-sur-Seine près de Charenton, avec les censives sur plusieurs Maisons et héritages audit Maisons, et dans l’étendue du territoire et paroisse de Maisons, seulement comme il suit :

« 1° –  Les censives sur les maisons, fermes, terres, prés appartenant au sieur de Falcony à cause de son ancienne ferme d’Alfort.

« 2° – Les censives sur onze maisons sises à Maisons, rue Bretonne, près l’église et ailleurs, l’une desquelles contient 10 arpents.

Lesquelles censives montent chacune à une livre 17 sols 8 deniers.

« 3° – Les autres censives qui se perçoivent sur les terres à raison de 8 deniers parisis par arpent, contenant ensemble 41 arpents 75 perches, lesquelles censives sont de 1 livre 7  sols 6 deniers parisis.

« 4° –  Les censives particulières d’inféodation sur 23 arpents 6 perches 1/2 dont le produit annuel était de 11 sols 6 deniers.

« Il avait donc au total, en fief, 75 arpents 56 perches 1/2 qui rendaient annuellement 3 livres 16 sols 9 deniers ».

M. de Falcony ne posséda cette acquisition que jusqu’en 1665, époque à laquelle l’Archevêque obtint que ce contrat fût annulé, à la charge de rembourser le prix payé.

L’Archevêque n’avait repris que les droits féodaux, mais M. de Falcony n’en resta pas moins propriétaire du château d’Alfort et de la ferme de Maisonville. Hallefort était devenu Alfort.

En 1667, à la mort de M. de Falcony, ses biens passèrent à sa fille, mariée à un comte Damauzé, et à son fils.

Ils appartinrent ensuite à Louise Damauzé, mariée à Pierre de Galéans de Vedenne, marquis de Gadagne, qui les vendit en 1719 à Louis Lhéreau de Saint-Germain, écuyer, seigneur de Grandmesnil, pour 250 000 livres, « à la charge, en outre, de tenir et relever tous lesdits biens de M. l’Archevêque de Paris, à cause de la seigneurie de Maisons, tant en fief qu’en roture, et d’y payer tous droits et devoirs seigneuriaux et féodaux. »

Voici la désignation qui était faite de ce domaine, en 1641 :

« … La moitié de la basse-cour d’Alfort, située au delà du grand corps d’hôtel en tirant vers Créteil, avec une portion de l’enclos fermé de murs, et d’une grande pièce de terre close de haies, qui est derrière et à côté dudit clos,

Contenant le tout                                                                                              36 arpents

La maison et ferme du sieur Falcony dans le village de Maisons, tous les bâtiments et le clos étant derrière.

Une pièce de terre derrière la ferme  2  1/4

Une autre vis-à-vis les murs d’Alfort    4

Autre au pertuis, près le petit pavillon d’Alfort   3/4

Autre audit lieu du pertuis    4   1/2

Autre au delà du chemin de Villeneuve  3/4

Autre donnée en échange par le sieur évêque   16

                                                                               ____________

             Total                                                         64 arpents  1/4

Jean-Louis de L’Héraud ou Lhéreau, écuyer, ci-devant seigneur de la baronnie de Bormes, vendit en 1765, cette propriété, à un représentant du Roi pour y fonder l’Ecole Vétérinaire qui fut tout d’abord dirigée par Bourgelat.

La ferme de Maisonville restée en dehors de l’opération, comprenait, outre les bâtiments d’exploitation, 500 arpents de terres et prés  ; elle avait été vendue quelques années plus tôt à une veuve Poulain, maîtresse de poste, pour 4 000 livres de rentes, plus 10 000 livres de pot-de-vin, et 4 000 livres pour remboursement des récoltes et semences. La veuve paya quelque temps et devint insolvable ses biens furent saisis et vendus, la vente fut annulée.

Le château et ses dépendances avaient été acquis moyennant 2 000 livres de rente viagère : on négocia pour y adjoindre la ferme qui était revenue au sieur de Bormes ; il fut question de lui payer de ce chef 7 200 livres de rentes, en plus des 2 000 déjà consenties. Il ressort d’un long mémoire, rédigé par le vendeur, qu’il fut complètement « roulé » dans cette affaire, par ses acquéreurs, et qu’il ne retira que fort peu de chose de ses propriétés.

Quatre ans avant, en 1761, la ferme était louée à un nommé Etienne Sannegon, moyennant « 5 000 livres argent, 500 bottes de foin, 500 bottes de paille, 1 muid d’avoine, 4 agneaux, plus le cens et la rente dus au seigneur. Les fournitures étalent évaluées à 1 000 livres, et le sieur de Bormes payait, de vingtième, 660 livres ».

Le Château était loué à un nommé Delaleu qui paya un loyer de 6 000 livres  ; une petite usine ayant le monopole de la fabrication d’huile de vitriol y était annexée  ; elle était en bordure du chemin de Créteil ou de Champagne.

Dans un recensement de 1789, la surface des terres de la ferme est comptée pour 309 arpents, et la valeur locative des bâtiments évaluée à 200 livres.

En 1760, l’expert du gouvernement trouve 366 arpents 86 perches de terres, et 12 arpents et demi de remises. Elle devait de cens à l’Archevêque 12 boisseaux d’orge  ; le produit, année commune, était de 7 000 livres, et enfin, sa valeur estimée à 154 000 livres. Voici sa description sommaire d’après l’expert cité.

« La ferme de Maisonville dépendant de l’Ecole Vétérinaire d’Alfort, faisant partie des biens du domaine du roi, située à Maisons, donnant au midi sur la rue de Maisons, faisant la route de Paris à Villeneuve-Saint-Georges, et au nord à une pièce de terre dépendant de la ferme, tenant au levant à la ferme de M. de Chambray, et au couchant à la petite rue conduisant à Charentonneau ».

Elle fut vendue, comme bien national, à divers, ainsi que les récoltes sur pied et en granges.

En 1810, un sieur Orillard de Villemongy, comte de l’Empire, est propriétaire des bâtiments d’exploitation et de la plus grande partie des terres  ; il les vend au baron Rodier. A son décès, M. Déterville les achète aux héritiers  ; ils passent par succession à M. Rathier et ensuite par acquisition à M. Dominique.

La commune acheta, en 1864 à ce dernier, les bâtiments d’exploitation pour y installer la mairie et les écoles. Les terres, dont une partie était déjà occupée par le fort et le chemin de fer, ont été vendues par lots  ; elles étaient situées pour la plupart entre le chemin de fer et la Seine : ce fut le point de départ de la création d’Alfortville, dont  deux rues portent les noms de Déterville et Dominique ; Maisonville eût été également de circonstance.

ECOLE VETERINAIRE.

Revenons au château d’Alfort devenu Ecole Vétérinaire.

L’enclos contenait 25 arpents 46 perches, dont 10 arpents en bosquets. Lors de la vente des terres de la ferme, la pièce qui séparait la route de Maisons des bâtiments fut réservée, et plus tard, la façade de l’établissement fut ramenée à l’alignement.

Les anciennes constructions du château suffirent probablement au début ; puis les vieux bâtiments furent successivement remplacés par d’autres mieux appropriés ; le cadastre de 1813 en reproduit la disposition d’une façon dont nous ne pouvons garantir l’exactitude.

Il semble que le bâtiment des élèves, la chapelle, les anciennes études, la petite ferme et la pompe à manège durent être construits au commencement du siècle. De 1836 à 1840, la plupart des constructions furent édifiées ; elles figurent sur le cadastre de 1841 conjointement avec celles qui viennent d’être désignées, plus le vieux château et une partie des communs en bordure de la rue de Créteil.

Le château, les communs, les études, la chapelle et la pompe ont disparu. Il y a quelques années un cèdre magnifique, dernier vestige d’une partie du parc, se dressait encore auprès des forges, il est mort de vieillesse.

De 1877 à 1881, furent construits de nouveaux laboratoires n’ayant tout d’abord qu’un rez-de-chaussée, et, aussitôt découverts, pour être surélevés d’un étage. Les mauvaises langues dirent que l’architecte, M. Diet, qui venait dédifier l’Hôtel-Dieu, et avait dû le baisser d’un étage, lequel lui était resté pour compte, était bien aise de la caser à Alfort.

Le manège et la porcherie sont de quelques années plus anciens.

Dans la cour d’entrée, ont été placées, en 1876, la statue de Bourgelat, fondateur de l’école, par Crauk, avec ces dates : 1712-1779 ; et, en 1889, celle de Henri Bouley, ancien professeur puis inspecteur général, par Allouard. Sur le socle on lit cette dédicace : 

1815-1885

SES ELEVES, SES AMIS

Dans le parc, le long du mur de la rue de Créteil, on voit un modeste entourage en fer, et une pierre tumulaire sur laquelle sont gravés ces mots 

JEAN MARIE PIGEON

ELEVE DE CETTE ECOLE

TUE A LA DEFENSE DU PONT DE CHARENTON LE 3 MARS 1814

 PRIEZ POUR LUI.

Dans la salle d’honneur, se trouvent plusieurs plaques, dont l’une porte les noms des élèves de l’école tués pendant la guerre de 1870-71. Ils se nommaient : Seigé (du Cantal), Monmarqué (de la Seine), Barbier (de Maine-et-Loire).

Sur une autre, on lit : A Sidi Mohamed, spahi vétérinaire mort au Sénégal le 8 mai 1881.

Et enfin une troisième est dédiée aux vétérinaires tués dans diverses autres colonies.

Le Directeur actuel est M. Trasbot, professeur de clinique.

Dans cette courte notice, nous avons négligé à dessein tout le côté scientifique et administratif de l’historique de l’Ecole, laissant cette tâche à une plume plus autorisée. Depuis sa fondation, son existence a été mêlée à celle de la commune, et à maints endroits de cet ouvrage on la retrouve jouant à différents titres un rôle important, dans les événements qui s’y sont déroulés.

Les rues Bourgelat, Chabert, Girard, Eugène Renault et Bouley, du quartier d’Alfort, doivent leur nom à d’anciens professeurs.

Alfort, lui-même, doit le sien, au vieux château disparu.

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