Archives quotidiennes : 10 mai 2013

Les auteurs des Monuments aux Morts

Le Monument aux de la ville de Maisons-Alfort se trouve sur le parvis de l’hôtel de ville : 118 avenue du Général de Gaulle, les informations ci-dessous proviennent de la Base Mémoire – Mérimée : accès cartographique

localisation

Ile-de-France ; Val-de-Marne ; Maisons-Alfort

adresse

118 avenue du Général de Gaulle

titre courant

Monument aux morts de la Guerre 1914-1918

auteur(s)

Morice François Charles (architecte) ; Leyritz Léon (sculpteur) ; Durenne A. (fondeur)
1er quart 20e siècle

*

Voici quelques extraits de la Description du monument

année

1920

auteur(s)

Morice François Charles (architecte) ; Leyritz Léon (sculpteur) ; Durenne A. (fondeur)

historique

Monument aux morts exécuté vers 1920 par l’architecte F.C. Morice, le sculpteur Leyritz et le fondeur A. Durenne

description

Édifice en écran, 4 colonnes supportant un linteau

gros-œuvre

pierre artificielle ; bronze

décor

sculpture

représentation

soldat ; grenade ; laurier ; colonne ; médaillon
sujet : statue en pied d’un soldat de la guerre 1914, 1918

Si le(s) monument(s) de votre commune ont été inscrits à l’inventaire des Monuments Historiques vous retrouverez les informations semblables à celles de Maisons-Alfort. Bonne chance.

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Classé dans Histoire locale, Maisons-Alfort

Histoire de Maisons (II-3) : 1791 à l’an IV

1791 à l’an IV

DEUXIEME PARTIE – Sous la Révolution et le Premier Empire

CHAPITRE Trois

1791 – En vertu de la loi sur la constitution civile du clergé, et la fixation de son traitement, le curé et le vicaire furent invités à prêter serment à la Constitution, ce qu’ils refusèrent. Dans la crainte de la visite des révolutionnaires parisiens, on fit garder l’église et le presbytère par des gardes nationaux.

Quatre officiers municipaux démissionnèrent ; on ne dit pas le motif de cette décision.

Le curé fut invité à se dessaisir des objets du culte et des papiers et registres en sa possession, considérés désormais comme appartenant à la commune ; il en fut fait un inventaire qui mentionne quatre-vingt-dix-huit registres d’état civil et autres, commençant en 1695 ; ce n’était pas exact, car il en existe depuis 1599. Cet inventaire mentionne également les objets plus ou moins précieux servant aux cérémonies religieuses, ainsi que le mobilier, absolument élémentaire, du vicariat, qui appartenait à la commune.

Le tronc des pauvres installé à l’église fut ouvert et vidé ; il contenait 21 livres 17 sols 7 deniers.

Le trésorier communal devint en même temps celui de la Fabrique, et le service de bienfaisance rentra dans les attributions de la municipalité.

Les revenus et dépenses de la Fabrique s’étaient élevés comme suit :

Vers 1610 :

Recettes ; rentes, revenus de terres et fondations   1099 l   12 s   90 d

En 1791 :

Recettes ; même nature que ci-dessus   2379 l   17 s

Dépenses diverses  1897 l   16 s

                                                    ___________

Laissant un reliquat de :  482 l     1 s

qui fut remis en avril 1793 au trésorier de la commune.

Si l’on établit une comparaison entre ces comptes et ceux de la commune, on remarque que les chiffres se rapprochent assez ; en effet, en 1788, les recettes communales s’étaient élevées, en chiffres ronds, à 2 137 livres et les dépenses à 978 ; les recettes de la Fabrique étaient donc un peu supérieures à celles de la commune, et ce, sans y comprendre celles spéciales du culte.

Par suite d’élections nouvelles, M. Bernard, aubergiste à Alfort, remplaça M. Roger à la mairie, et l’ancien trésorier remit au nouveau le reliquat des fonds communaux, qui se décomposait ainsi :

En quatre sacs   2 196 l   7 s

En assignats   600 l

                    __________

Ensemble   2 796 l 7 s

Le tout fut enfermé sous triple clef dans le coffre communal.

La commune est désormais désignée sous le nom de Maisons-Alfort. Cette modification résulte sans doute des deux nominations successives de maires habitant Alfort, et y ayant établi, à leur domicile, le greffe municipal.

Les terres des différents seigneurs et de la cure furent inventoriées par un expert de l’Assemblée nationale, ainsi que les récoltes sur pied et en granges. Il fut fait une vente des fourrages de la ferme de Maisonville, qui donne une indication sur l’importance de cette ferme et sur le prix des produits de l’agriculture à cette époque.

Ainsi : 10 000 bottes de foin de pré sont vendues 22 livres 6 sols le cent ; 1 500 bottes, 21 livres ; 600 bottes, 24 livres et la luzerne, sans indication de quantité, 22 livres le cent.

1792 – Dans une évaluation de la valeur, en revenus, des terres de la commune, en vue de leur classement pour l’établissement du cadastre, celles de la plaine, portées en première classe, sont cotées à 30 livres l’arpent.

La fonction de percepteur communal s’obtenait périodiquement à l’adjudication, mais il n’y avait jamais d’autre candidat que l’employé sortant ; cela s’explique par la pénurie de gens possédant une instruction suffisante.

Le gouvernement ayant demandé les cloches de l’église, il lui fut répondu « qu’on les donnerait bien, mais qu’on en a trop besoin pour avertir les habitants de trois hameaux éloignés. »

Le maire, la Municipalité, les directeurs, professeurs et élèves de l’Ecole, le curé, le vicaire durent prêter serment « à la Nation, de maintenir la Liberté et l’Egalité ou de mourir en les défendant ».

Il n’était pas encore question de Fraternité.

On démolit les grilles du cimetière « pour en faire des piques qui seront forgées à l’Ecole Vétérinaire » ; la commune doit, en outre, fournir quarante-cinq fusils, bien que ne disposant que de quarante-trois.

On mit des barreaux aux fenêtres du presbytère pour assurer la sécurité du curé.

Les cultivateurs s’étaient engagés à vendre aux ouvriers, pour leurs besoins, du seigle, à raison de dix livres le septier, et du froment à vingt livres, « à condition qu’ils ne puissent en revendre ».

La délibération qu’on va lire, copiée textuellement, montre le patriotisme qui animait les citoyens de Maisons-Alfort :

« Ce jourd’hui, 8 septembre 1792, l’an quatrième de la Liberté et le premier de l’Egalité, nous, Maire, Officiers municipaux, Notables, et Procureur de la commune, autorisons le sieur Gouffé, trésorier de cette commune, à disposer de la somme de 754 livres 2 sols pour faire avec la quête faite dans l’étendue de cette commune, et servir à l’équipement et armement de quinze volontaires qui partent pour le service de la Patrie. Laquelle somme sera allouée audit sieur Gouffé, lorsqu’il rendra le compte de la commune.

« Ladite somme ayant été délibérée en assemblée générale des citoyens de cette commune, par laquelle il a été convenu qu’il serait fourni à chacun des volontaires la somme de 100 livres ; et ladite somme fournie, et ayant fait la somme avec le montant de la quête, ainsi qu’il a été délibéré le 20 août dernier.

« En foi de quoi avons signé, et qu’il leur a été fourni aux quinze volontaires, chacun un fusil uniforme appartenant à la commune ».

Si l’on considère que, suivant le dénombrement de 1789, il n’y avait dans la commune que 120 hommes majeurs, mariés ou non, on reconnaîtra que ce fut un bel élan. Il est du reste probable que bon nombre des volontaires n’avaient pas vingt ans.

Le nommé Le Chanteur ayant émigré, on saisit les onze lits et les trente-neuf matelas garnissant sa maison, pour les envoyer à Paris contribuer à meubler une caserne.

La tenue des registres de l’état civil devait être retirée aux prêtres ; un vote eut lieu en assemblée des citoyens pour décider qui les tiendrait désormais ; par vingt-cinq voix sur vingt-sept votants, le curé fut de nouveau chargé de ce service.

1793 – Nouveau changement dans l’administration municipale ; le citoyen Poret, de Maisons, devient maire.

Un député communal, le citoyen Petiteau, est nommé pour aller au Bourg-l’Egalité, se joindre aux délégués des autres communes, et faire partie du Comité révolutionnaire. Des commissaires, les citoyens Preuilly, Remy et Palbras, sont également désignés pour se rendre au club des « ci-devant Jacobins, afin de délibérer sur les mesures de salut public, à prendre pour défendre la Liberté et l’Egalité fortement menacées ».

Le pain était taxé à treize sous les quatre livres ; il en était donné, ainsi que des secours en argent, aux familles des volontaires sous les drapeaux.

Nous entrons, pour la commune, dans la période révolutionnaire aiguë.

On remarque sur un compte de dépenses : « Payé 60 livres pour enlèvement des fleurs de lys des vitraux de l’église, et pour même travail fait sur les cloches et en différents endroits, 180 livres ».

Il n’était plus fait de carreaux ni de fil aux ateliers de charité, mais on distribuait aux indigents des secours en espèces pour loyers ou aliments. Il y avait aussi de fréquentes dépenses pour des volontaires et l’équipement de la garde Nationale.

La commune achetait du riz à raison de cinquante sous la livre, pour être vendu de préférence aux nourrices, aux malades, et aux convalescents, le considérant « comme un aliment sain et léger » il n’en était délivré que deux livres par tête et par décade ([1]), au prix coûtant ; la municipalité avait également dans ses attributions la fabrication et la fourniture de chandelles pour les habitants.

L’emploi d’assignats faisait grossir en apparence d’une façon considérable, le budget communal ; ainsi, lorsque, par suite d’un règlement nouveau, l’encaisse dut être versée au receveur installé à Charenton, elle s’élevait à 5 372 livres 5 sols, en assignats.

Les ornements, en métaux précieux, de l’église avaient été vendus, et le mobilier fut brisé par les révolutionnaires venus de Paris. Avec les débris des boiseries et des bancs, on fit des installations dans la salle commune, et des tablettes pour placer les bustes de Marat, de Lepelletier, de Bara et Viala ; le reste fut brûlé. Triste fin, pour des meubles d’église, de servir à glorifier Marat et Lepelletier !

On installa la mairie et les écoles dans le « ci-devant presbytère » ; l’instituteur et l’institutrice s’y logèrent également.

Le service des travaux publics fut informé par les soins de la Municipalité « qu’une arche du pont est bouchée, et qu’en cas de débâcle, vu le peu de solidité du pont, il pourrait survenir de graves événements ». Cette crainte n’était guère fondée, car soixante-dix ans plus tard, il était encore solide ; il est vrai qu’en 1809 on l’avait réparé, en même temps que la route de Maisons.

L’anniversaire de la mort de Louis XVI fut fêté par des distributions de secours aux indigents ; il fut également distribué, à cette occasion, du chauffage venant du bois de Vincennes.

L’Assemblée communale s’était déclarée en permanence ; les réunions avaient lieu presque tous les jours ; elle recevait les réclamations et les plaintes des habitants, quels qu’en fussent les motifs, notamment celle d’une femme qui, battue par son mari, et pas contente, avait tenté de se noyer ; le mari ayant promis de ne plus boire ni battre sa femme, le conseil parvint à réconcilier les deux époux, tout au moins pour ce jour-là.

Les délits, contraventions et procès-verbaux lui étaient soumis, et ce qui démontre qu’il n’admettait pas de critiques ni d’opposition, c’est le cas d’un nommé Lavieille, qui comparut, étant accusé d’avoir dit que la commune était mangée. Il nia, et s’excusa, expliquant qu’il avait voulu dire que l’argent pouvait être mieux employé qu’en installations pour la garde nationale. Il fut sévèrement admonesté et invité à être plus circonspect à l’avenir.

Sur avis officiel impératif, la tenue des registres de l’état civil dut être définitivement retirée au curé, qui reçut des félicitations pour la façon dont il s’était acquitté de son travail.

Le 26 messidor, on fêta l’Etre suprême et le premier thermidor il fut fait une cérémonie en l’honneur de Bara et Viala.

Le maire avait été chargé d’aller à Paris chercher 1 200 livres de fromage de gruyère pour la nourriture des habitants ; tout ce qui pouvait servir à l’alimentation était réquisitionné et inventorié l’entrée, la sortie, la naissance ou la mort des bestiaux sont relatées sur le même registre que les délibérations, ce qui indique l’importante que l’on attribuait à ces faits.

Il résulte d’un recensement que la population de la commune s’élevait à cette époque à 600 habitants, plus 250 personnes à l’Ecole Vétérinaire.

Voici le procès-verbal d’une nomination du maire :

« Ce jourd’hui, quatrième jour des sans-culottides ([2]), l’an deux Républicain, cinq heures de relevée, au greffe de la Municipalité de Maisons …

« Egalité, Liberté, Fraternité. »  …

« Etant nécessaire de pourvoir à la place de maire, vacante par la démission du citoyen Poret, actuellement occupé dans les charrois militaires, j’ai nommé pour le remplacer, le citoyen Roger, de la commune de Maisons-Alfort, membre du comité de surveillance, qui cessera ses fonctions, et ne peut refuser, à peine d’être traité de démissionnaire et suspect.

« Il sera appelé à ses fonctions par l’agent national du district.

« Signé : « Toussaint, agent national ; Grumeau, greffier. »

Le maire prêta serment en ces termes

« Je jure d’être fidèle à la Nation et à la Loi, de maintenir de tout mon pouvoir la Liberté et l’Egalité ; la Constitution présentée au peuple français et acceptée par lui, la République une et indivisible et démocratique, le Gouvernement révolutionnaire provisoire. De remplir avec zèle et impartialité les fonctions de ma place, et de mourir s’il le faut à mon poste, pour l’exécution de la loi.

« Et accepté la place de Maire, et signé avec vous. »

Suivent les signatures.

On ne badinait pas, et si d’un côté la crainte d’être considéré comme suspect obligeait à accepter la fonction imposée, la perspective d’avoir l’occasion de mourir à son poste devait singulièrement refroidir et éloigner les candidats. C’est pourquoi, sans doute, là commune fut administrée pendant quelque temps par un agent municipal habitant Charenton.

1794 – La famine se continuait, et était grande ; la livre de riz valait dix livres, et la farine vingt sous ; on craignait tellement le pillage des récoltes, que les voitures chargées étaient gardées. par des hommes, qui touchaient pour cela un salaire fixé à dix livres par nuit.

Il ne restait que deux cloches à l’église ; les autres avaient été envoyées à Paris pour faire des canons ou de la monnaie l’église était devenue le temple de la Raison ou de l’Etre suprême ; les réunions publiques y avaient lieu.

Le citoyen Martin, ancien prêtre de la paroisse, ayant demandé à exercer le culte catholique dans la commune, en se conformant aux lois, il lui fut donné acte de sa demande, mais on ne voit pas qu’il fût autorisé.

En raison de la rareté du numéraire, les contribuables pouvaient se libérer envers le fisc, en nature ; l’Ecole d’Alfort était le lieu de dépôt des marchandises fournies par les habitants de « Varennes-Saint-Maur, Saint-Maur, Branche du pont de Saint-Maur, Champigny, Brie-sur-Marne, Bonneuil, Charenton-le-Pont, Charenton-Républicain ([3]), Maisons et Créteil ».

Le prix du transport de ces diverses marchandises était fixé ainsi : « Un sac de blé, du bateau sur la Marne au magasin, 7 sols ; de la voiture au magasin, 5 sols ; pour le son, moitié ces prix. »

La roue du Moulin Neuf ayant été brisée par les glaces, on donna au meunier une corde ([4]) de gros bois pour la réparer. Le maire fut récompensé des démarches qu’il avait faites pour obtenir ce bois ainsi que celui qui avait été distribué aux habitants, par deux cordes, et du charbon : ce qui semble avoir été considéré comme un don de grande valeur, le chauffage manquant, aussi bien que les aliments.

An IV – Le nouveau calendrier républicain, qui n’était employé jusque-là qu’accidentellement dans les actes administratifs, le devint obligatoirement.

Le 15 brumaire, les électeurs furent convoqués pour désigner un maire et un adjoint ; personne ne vint voter. Quelque temps après cette tentative, et en conformité du décret de l’an III sur la constitution des communes, ce qui restait de la municipalité fut dissous, et le citoyen Brisset, nommé par l’agent supérieur du district pour administrer la commune, sous le nom d’agent municipal ; il relevait de l’agent national du canton.

On lui remit les titres et papiers, deux cachets, deux caisses, les clefs du corps de garde d’Alfort et de la chambre commune ; le registre des actes administratifs fut clos et signé.

Comme on vient de le voir, la permanence de l’assemblée communale avait peu duré ; le maire, malgré son serment, avait quitté son poste, et le corps électoral, très fatigué sans doute d’un fonctionnement aussi fréquent, après une organisation si récente, ne se dérangeait plus ; de sorte que c’était au moment où la liberté et les principes démocratiques étaient théoriquement à leur apogée, qu’en réalité le pouvoir central exerçait, au contraire, une autorité illimitée sur toutes les affaires de la Nation.


[1] Décade : période de dix jours. Voir le calendrier républicain.

[2] Sans-culottides :  fête républicaine. Voir calendrier républicain.

[3] Charenton-Le-Pont : Charenton-Saint-Maurice

[4] Corde : quantité équivalent à 4 stères environ.

Extrait de : Histoire de Maisons-Alfort et d’Alfortville, depuis les temps les plus reculés jusqu’à nos jours par Amédée CHENAL Maire de Maisons-Alfort – 1898

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