France Pittoresque – 1835 : Eure-et-Loir (3)

Département de l’Eure-et-Loir.

(Ci-devant pays chartrain, Dunois, Drouais, Perche, etc.)

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GARDE NATIONALE.
IMPOTS ET RECETTES.
DEPENSES DEPARTEMENTALES.
INDUSTRIE AGRICOLE.
INDUSTRIE COMMERCIALE.
BIBLIOGRAPHIE.

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POPULATION.

D’après le dernier recensement officiel, elle est de 278,820 h., et fournit annuellement à l’armée 569 jeunes soldats.

Le mouvement en 1830 a été de,

Mariages ……………………………………………………………………………………………………….. 2,212

Naissances.                     Masculins.                                 Féminins.

          Enfants légitimes.     3,423                                       3,373     )

          Enfants naturels.         273                                          254     )    Total.                      7,323

Décès                                           3,318                                       3,066          Total                       6,384

GARDE NATIONALE.

Le nombre des citoyens inscrits est de 56,053,

       Dont     17,869 contrôle de réserve.

                     38,184 contrôle de service ordinaire.

Ces derniers sont répartis ainsi qu’il suit : 37,359 infanterie. – 55 artillerie. – 770 sapeurs-pompiers.

On en compte : armés, 6,719 ; équipés, 2,987 ; habillés, 6,548.

            13,830 sont susceptibles d’être mobilisés.

 Ainsi, sur 1000 individus de la population générale, 200 sont inscrits au registre matricule, et 49 dans ce nombre sont mobilisables ; et sur 100 individus inscrits sur le registre matricule, 68 sont soumis au service ordin., et 32 appartiennent à la réserve.

Les arsenaux de l’Etat ont délivré à la garde nationale 5,022 fusils, 60 mousquetons, 2 canons, et un assez grand nombre de pistolets, sabres, etc.

IMPOTS ET RECETTES.

 Le département a payé à l’Etat (1831) :

Contributions directes. ………………………………………………………………………. 4,513,332 f. 00 c.

Enregistrement, timbre et domaines. …………………………………………………….. 2,077,329 f. 31 c.

Boissons, droits divers, tabacs et poudres. ……………………………………………… 1,623,073 f. 95 c.

Postes. …………………………………………………………………………………………….. 205,008 f. 73 c.

Produit des coupes de bois. …………………………………………………………………… 173,730 f. 02 c.

Produits divers. ……………………………………………………………………………………. 38,756 f. 23 c.

Ressources extraordinaires. ………………………………………………………………….. 732,397 f. 57 c.

                                                                        Total. ……………………………………….. 9,363,627 f. 81 c.

Il a reçu du trésor 3,920,417 fr. 83 c., dans lesquels figurent :

La dette publique et les dotations pour. …………………………………………………….. 820,877 f. 57 c.

Les dépenses du ministère de la justice. …………………………………………………… 108.236 f. 37 c.

          de l’instruction publique et des cultes. ……………………………………………… 341,601 f. 37 c.

          du commerce et des travaux publics. ………………………………………………. 764,929 f. 94 c.

          de la guerre. …………………………………………………………………………….. 740,315 f. 20 c.

          de la marine. ……………………………………………………………………………….. 1,460 f. 85 c.

          des finances. …………………………………………………………………………….. 137,752 f. 38 c.

Les frais de régie et de perception des impôts. …………………………………………… 641,283 f. 61 c.

Remboursem., restitut. non-valeurs et primes. …………………………………………… 363,960 f. 54 c.

                                                                    Total. ……………………………………….. 3,920,417 f. 83 c.

          Ces deux sommes totales de paiements et de recettes représentant, à peu de variations près, le mouvement annuel des impôts et des recettes, le département paie annuellement, en plus qu’il ne reçoit, et pour les frais du gouvernement central, 5,443,209 fr. 98 cent., somme dépassant d’environ 600,000 fr. le quart du revenu territorial du pays.

DEPENSES DEPARTEMENTALES.

 Elles s’élèvent (en 1831) à 315,321 f. 60 c.,

SAVOIR ; Dép. fixes : traitements, abonnem., etc.                                                 75,337 f. 90 c.

          Dép. variables : loyers, réparations, secours, etc.                                       239,983 f. 70 c.

          Dans cette dernière somme figurent pour

                   32,930 f. 00 c. les prisons départementales,

                   43,291 f. 73 c. les enfants trouvés.

Les secours accordés par l’Etat pour grêle, incendie, épizootie, etc., sont de               5,890 f. 00 c.

Les fonds consacrés au cadastre s’élèvent à                                                          70,750 f. 07 c.

Les dépenses des cours et tribunaux sont de                                                         83,413 f. 07 c.

Les frais de justice avancés par l’Etat de                                                               30,016 f. 33 c.

INDUSTRIE AGRICOLE.

Sur une superficie de 602,752 hectares, le départ. en compte : 440,741 mis en culture. – 22,079 prés et pâturages. – 44,755 forêts. – 3,318 vignes. – 9,948 landes, dont 6,028 susceptibles d’être mis en culture.

Le revenu territorial est évalué à 19,419,000 francs.

Le département renferme environ : 40,000 chevaux. – 72,000 bêtes à cornes (race bovine). – 700,000 moutons.

Les troupeaux de bêtes à laine en fournissent chaque année environ 995,000 kilogrammes ; savoir : 35,000 mérinos, 410,000 métis, 550,000 indigènes.

Le produit annuel du sol est d’environ,

            En céréales, 1,800,000 hectolitr. – En parmentières, 1,520,000 id. – En avoines, 697,000 id. – En vins, 236,000 id. – En cidre, 175,000 id.

            La Beauce est un des territoires de France les plus riches en céréales ; c’est un pays de grande culture, parfaitement emblavé, et où toutes les bonnes méthodes sont promptement appréciées et mises en action. – Le département renferme des pays de petite culture, tels que l’arrondissement de Nogent-le-Rotrou et des portions de ceux de Châteaudun et de Dreux ; mais on sait également y employer les méthodes perfectionnées. – Les cultures y sont d’ailleurs plus variées que dans la Beauce ; les prairies artificielles y sont multipliées et productives. – On cultive la pomme de terre à la charrue. – Les petits navets de Saussay, qui ne sont guère plus gros que des radis, sont délicieux et très recherchés. – On estime les ognons de Nogent-le-Roi, où l’on cultivait en grand les chardons propres au peignage des draps. – Le lin et le chanvre du département sont d’assez bonne qualité. – La gaude vient naturellement dans les environs de Nogent-le-Rotrou. – On cultive pour la nourriture des bestiaux pendant l’hiver, les légumes secs de toute espèce. – On estime pour les usages domestiques les lentilles et les haricots rouges du département. – Le froment récolté dans la Beauce est clair, jaune, très farineux, se garde long-temps et supporte les voyages d’outre-mer aussi bien que les blés durs du Razès (Languedoc) et d’Odessa. – Les cultivateurs du département engraissent des bestiaux pour la consommation de la capitale. – Le pays possède de beaux troupeaux de mérinos. L’amélioration de la race ovine y est l’objet de soins assidus. – On s’occupe en grand de l’éducation des abeilles dans plusieurs localités, et notamment à Meslay-le-Vidame et à Nogent-le-Roi.

INDUSTRIE COMMERCIALE.

Le département exerce son industrie sur les articles très variés. – Il possède un haut-fourneau avec fonte en gueuse, fonte moulée et 4 forges ; des ateliers pour la construction des machines hydrauliques à l’usage des filatures ; des fabriques de chaux, de plâtre, de faïence et de poteries, de tuiles, etc. – Il existe à Foulonval une fonderie en fer et en cuivre avec fabrication de poterie en fonte polie. – On trouve à Sorel, dans la commune de Saussay, une grande fabrique de papier-mécanique. – Les fabriques de draps communs, de serges blanches, de laines drapées, de couvertures de laine, de bonneterie façon de Tunis, etc., sont multipliées. – On compte dans le département plusieurs filatures de coton, une fabrique de sucre de betteraves, des tanneries importantes. – Chartres a des fabriques de pain-d’épices ; mais on estime surtout les pâtés de gibier faits dans cette ville. – Il existe dans le département plusieurs beaux moulins à farine. Le commerce des grains y a une grande importance.

            RECOMPENSES INDUSTRIELLES. – En 1834, à l’exposition des produits de l’industrie, 2 MENTIONS HONORABLES ont été accordées à MM. Goupil (de Bonpart), pour objets en fonte, et Geslain (d’Illiers), pour charrue. – Déjà en 1827 MM. Doyen oncle et neveu (de Foulonval), avaient obtenu le rappel de 2 MEDAILLES D’OR, l’une pour filature de laine à la mécanique, l’autre pour fabrication d’étoffes mérinos ; MM. Doyen occupaient 260 ouvriers dans leur filature de Foulonval, et 100 à 120 tisserands dans les environs de Guise. – MM. Berthe et Grevenich (de Sorel) avaient reçu une nouvelle MEDAILLE D’ARGENT pour papier fabriqué à la mécanique. – Une MEDAILLE DE BRONZE avait été décernée à MM. Waddington frères (de Saint-Remy-sur-Avre), pour divers objets en fonte, et 2 MENTIONS HONORABLES avaient été données, l’une à M. Pierre Dupont (de Laons), pour couvertures en laine et en coton, l’autre à M. Rousseau (de Chartres), pour un fusil double. – M. Lejeune (de Beaumont-le Chartif) avait aussi mérité une CITATION, pour poterie commune bien fabriquée et d’un prix modique.

            FOIRES. – Le nombre des foires du département est de 99.- Elles se tiennent dans 34 communes, dont 22 chefs-lieux, et durant quelques-unes deux à trois jours, remplissent 135 journées.

            Les foires mobiles, au nombre de 44, occupent 44 journées. – 417 communes sont privées de foires.

            Les articles de commerce sont les chevaux, les vaches, les moutons, les porcs, etc. ; – les laines, les étoffes, les toiles, la mercerie, la quincaillerie, etc. ; les grains, les chanvres ; les cercles et les merrains, etc. – On vend des échalottes aux foires du Puizet, des chèvres à celles de la Loupe, de la volaille à celles de Brezolles, etc.

BIBLIOGRAPHIE.

Histoire de Chartres et description stat. du départ. d’Eure-et-Loir, par Chevard ; in-8. Chartres, an IX – 1800.

 Statist. d’Eure-et-Loir, par Peuchet et Chanlaire ; in-4. Paris, 1811.

Notice historique et statistique sur l’église Notre-Dame de Chartres, par Gilbert ; in-8. Chartres, 1812.

Annuaire statistique, administratif, etc., du département d’Eure-et-Loir ; 1804 à 1812, – 1819 et 1820, – 1827, in-12. Chartres.

Histoire générale, civile et religieuse de la cité des Carnutes et du pays Chartrain, par Ozeray ; in-8. Chartres. 1834.

Abel HUGO.

 

On souscrit chez DELLOYE, éditeur, place de la Bourse, rue des Filles-S.-Thomas, 13.

Paris. – Imprimerie et Fonderie de RIGNOUX et Cie, rue des Francs-Bourgeois-Saint-Michel, 8.

Extraits de la France Pittoresque – Abel HUGO – 1835

France-Pittoresque-1835-Eure-et-Loir

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