Archives quotidiennes : 15 septembre 2010

Cartouche. Le supplice de la roue.

   Parmi les supplices qui ont disparu lors de la révolution française, il n’en était guère de plus atroce que celui de rouer. Mais comme il arrive à toutes les peines excessives, on en était venu à ne plus avoir le courage d’en faire réellement usage : on se bornait le plus souvent au simulacre. Ainsi, ce fut seulement le corps inanimé de Cartouche que l’on roua, pour l’exemple, en place de Grève ; on l’avait auparavant étranglé sur l’échafaud sans que le public en eût connaissance. Son jeune frère, complice de ses crimes, fut pendu, non par le cou, mais par le dessous des bras, supplice d’une barbarie que nos mœurs actuelles ne nous permettent plus de comprendre. 

   « Le supplice de la roue s’infligeait aux assassins et aux voleurs de grand chemin, lorsque la législation permettait aux juges criminels de régler arbitrairement le mode d’exécution de la peine capitale. Il s’exécutait sur un échafaud dressé en place publique, où l’exécuteur, après avoir attaché le condamné à deux morceaux de bois disposés en croix, lui brisait les quatre membres avec une barre de fer ; après quoi il le mettait, pour expirer, sur une petite roue de carrosse. Lorsque le juge avait mis un retentum au bas de son arrêt, le condamné devait être étranglé au moment de son exécution. Ce barbare supplice a été aboli par le Code pénal en 1791. » (Achille Morin, Dict. de droit criminel.)

Extrait du : « Magasin Pittoresque » 1874 – Gallica

Texte découvert par Sylvie R.

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