Archives quotidiennes : 11 septembre 2010

Châtenay-Malabry : Archives municipales en ligne

Ouverture du portail des archives en ligne de Châtenay-Malabry (92)

Publié le 09/09/2010  par le site des archives de France

http://www.archivesdefrance.culture.gouv.fr/actus/mise-en-ligne

Les archives communales de la ville de Châtenay-Malabry mettent en ligne un portail pour la consultation de leurs archives numérisées.

Les fonds concernés sont les suivants :

• registres paroissiaux, état civil et tables décennales jusqu’en 1900,

• recensements de population (1796-1906),

• cadastre napoléonien, cadastre révisé (1942), plans,

• cartes postales, affiches anciennes.

Accèder au portail

Ville de Châtenay-Malabry – Archives communales – Hôtel de Ville – 26, rue du Docteur-Le-Savoureux – 92290 Châtenay-Malabry 

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GODIN (008) – 1893-1911 – Vice Amiral

SOUVENIRS pour mes ENFANTS et mes PETITS ENFANTS.

VICE AMIRAL  GODIN       1838-1932

 Episode 8– 1893-1911

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            En arrivant à TOULON, le 3 Juin 1893, j’appris  dans l’après-midi ma nomination de Contre-amiral datée du même jour. Je la devais à la bienveillance du Ministre, le Vice-amiral RIEUNIER avec qui je m’étais trouvé au poste des Aspirants du Vaisseau CHARLEMAGNE dans la mer Noire à ma sortie de l’Ecole Navale en 1854; je m’étais depuis trouvé sous ses ordres pendant une partie de mon commandement de l’ALGESIRAS alors qu’il était Préfet-Maritime à TOULON.

            Je débarquais du MARCEAU le 4 juin et partis de suite rejoindre ma famille à FONTAINE où j’eus le bonheur d’arriver à temps pour assister à la première communion de GABRIELLE et de VALENTINE dans notre vieille église paroissiale de CHASSENEUIL.

            Ce grade de Contre-amiral que je croyais être une fin de carrière me donna une grande satisfaction. Je quittai l’Escadre sans regret car je n’avais pas les sympathies de son Chef le Vice-amiral VIGNES et le lui rendais bien; c’était un Chef d’apparat et un jour que je lui disais que tous mes efforts tendaient à faire du MARCEAU un bon instrument de combat, il me dit d’un ton narquois et sceptique: « Ah! la préparation à la guerre! ». Je crois qu’il y pensait peu.

            Au mois d’Août un de mes camarades de promotion, le Vice-amiral REGNAULT de PREMESNIL qui, ayant eu de l’avancement très rapide, était alors Préfet Maritime de Lorient, me proposa de venir auprès de lui comme Major Général. J’acceptai et le 25 Août je prenais le poste que j’occupai pendant près de 3 ans. En 1896 mon tour de commander à la Mer approchant, je demandai à être remplacé ce qui fut fait le 1er Juillet. JEANNE a fait sa première communion à Lorient le 21 mai 1895. GABRIELLE et VALENTINE avaient été confirmées à VANNES, Eglise Saint-Pattern, le 21 Mai 1894; après la cérémonie nous fûmes visiter AURAY et CARNAC.

            Le 1er Juillet 1896, nous partîmes pour FONTAINE où je restai en congé jusqu’à la fin de l’année. Le 6 Janvier 1897 je pris à TOULON le Commandement d’une division de l’Escadre de Réserve de la Méditerranée commandée par le Vice-amiral LUMANN. J’avais mon pavillon sur le vieux cuirassé le FRIEDLAND. Le 15 Octobre 1897, lorsque l’Amiral LUMANN prit le Commandement de l’Escadre active il n’y eut plus d’Escadre, mais une seule  Division de Réserve que je commandai avec mon pavillon sur le cuirassé Amiral DUPERRE du 15 Octobre 1897 au 14 Septembre 1898.

            Pendant les années 1897 et 1898 je ne quittai la rade de TOULON que pour faire pendant quelques jours les trimestriels, pendant l’été de 1897 une tournée sur les Côtes de CORSE et de PROVENCE, pendant l’été de 1898 une tournée en TUNISIE qui me valut la plaque de Grand Officier de NICHAM IFTIKHAR dont j’étais Commandeur depuis 1893.

            En allant visiter les ruines de CARTHAGES, j’eus le grand avantage de faire laconnaissance du Père DELATTRE des Pères Blancs, qui, déjà à cette époque dirigeait les fouilles depuis plusieurs années; enthousiaste de son ordre, sa conversation était très intéressante et instructive.

            Le 12 Juillet 1897, je fus nommé Commandeur de la Légion d’honneur [1] .

            Au commencement de septembre 1998, Monsieur LOOKREY, Ministre de la Marine, me fit demander si je croyais mener à bien une organisation nouvelles des principales Ecoles de Spécialités à TOULON qui seraient toutes placées sous mon Commandement et formeraient une Division de Réserve de l’Escadre. Après étude de la question, j’acceptai moyennant certaines conditions. On m’accorda tout ce que je demandais et la Division d’Instruction composée de 3 cuirassés de 2ème ligne et d’un vieux bateau pour certains tirs  fut créée. Le 14 Septembre je mis mon pavillon sur le MAGENTA.

            Quoique je fisse partie de l’Escadre, on me donna une très grande indépendance que les idées très larges du Vice-amiral FOURNIER, Commandant de l’Escadre, le portaient plutôt à accroître qu’à restreindre. Aussi les résultats obtenus furent-ils rapidement très bons. La durée habituelle des commandements de Contre-amiraux étant de 2 ans, le mien devait finir le 6 Janvier 1899. Dans le but d’assurer le bon fonctionnement de la Division d’Instruction, le Ministre décida le 31 Octobre 1898 que mon Commandement serait prolongé d’une année. C’était une mesure exceptionnelle très flatteuse pour moi. Me continuant sa bienveillance, le Ministre LOOKREY me donna le 18 Janvier 1899 un témoignage officiel  de satisfaction pour les résultats obtenus par la Division d’Instruction.

            La nouvelle organisation était cependant attaquée; elle diminuait le Commandement du Préfet Maritime qui avait auparavant les Ecoles sous ses ordres; elle gênait l’indépendance relative du Commandant de l’Ecole de Canonnage et l’obligeait à rompre avec quelques traditions de cette Ecole encroûtée où les officiers n’apprenaient pas ce qu’ils devaient savoir; aussi ne survit-elle pas longtemps à la chute le 22 Juin 1899, du Ministère dont faisait partie LOOKREY et à ma nomination de Vice-amiral – 18 Décembre 1899.

            J’avais peu de chance d’atteindre ce garde, car il n’y avait pas de vacances prévues dans les cadres avant le 27 Décembre 1900, date à laquelle je devais être atteint par la limite d’âge de Contre-amiral. Mais un Vice-amiral jeune et en très bonne santé mourut subitement et me fit une place. Lorsque je quittai mon Commandement, l’Amiral FOURNIER, Commandant de l’Escadre, me félicita dans un ordre du jour des heureux résultats obtenus par la Division d’Instruction; elle disparut néanmoins, mais comme les vérités rationnelles finissent toujours par triompher elle fut rétablie 13 ans plus tard en 1913 et cette fois définitivement.

            MARGUERITE fit sa première communion à l’Eglise SAINT-LOUIS à TOULON, le 2 juin 1899 et fut confirmée le 4.

            Du 1er Octobre 1899 au 27 Juillet 1900, je fus en congé à FONTAINE.

            A cette dernière date, je pris les fonctions de Préfet Maritime de Rochefort que je conservai jusqu’au 27 Novembre 1903 date à laquelle atteint par la limite d’âge à 63 ans, je fus placé dans le cadre de Réserve. Nous allâmes nous fixer à TOULON où nous étions attirés par les souvenirs des nombreuses années de ma carrière et celui de la jeunesse de nos filles.

            Le 14 Juin 1903, notre fille aînée GABRIELLE avait épousé à Rochefort le Capitaine d’Infanterie Coloniale DESPORTES, mon aide de camp.

            Le poste de Préfet Maritime de Rochefort, port peu important, était assez effacé. Je l’acceptai à cause du voisinage du POITOU où demeurait ma belle famille et j’y restai parce que Monsieur PELLETAN étant devenu Ministre en 1902, je pensai que je serai plus à l’abri là qu’ailleurs des mauvais procédés de ces désorganisateurs de la Marine à l’égard de ses Grands Chefs. En effet je n’eus pas de désagrément sérieux autre que le retard de ma nomination de Grand Officier de la Légion d’honneur que j’avais tous les droits d’espérer pour le 14 Juillet 1903 et que je ne reçu que le 29 Décembre, la Place de Juillet ayant été donnée à un officier général du contrôle recommandé par un personnage politique influent. Le passe-droit était tellement évident que M. PELLETAN m’écrivit une lettre particulière pour s’en excuser. Je lui répondis sur un ton assez raide dont il eut la bonne grâce de ne pas me tenir rigueur.

            Le mariage de MARGUERITE avec l’Enseigne de Vaisseau Emile LEYGUE fut célébrée à l’Eglise SAINT-FLAVIEN du MOURILLON le 26 Septembre 1908, et celui de JEANNE avec Xavier NOIR de CHAZOURNE à la même église le 16 Janvier 1911.

            En terminant ces souvenirs, je veux résumer brièvement ma longue carrière :

            J’ai servi effectivement pendant 50 ans dont;

                        23 ans et 6 mois           à la mer en paix

                          4 ans   –  1  –             à la mer en guerre

                        22 ans   –  5  –             à terre en paix ou dans les ports

            J’ai beaucoup commandé à la mer :

            comme Lieutenant de Vaisseau                        3 ans

                        Capitaine de Frégate                           4 ans

                        Capitaine de Vaisseau                         5 ans

                        Contre-amiral                                      2 ans 8 mois

                                                                                  __________

                                                                                  14 ans 8 mois

            J’ai la conscience d’avoir exercé mes nombreux Commandements en faisant passer avant tout l’intérêt de la FRANCE et de la Marine, et d’avoir toujours maintenu sans faiblesse ni dureté la discipline nécessaire.

                                                               Rédigé par H. GODIN  en 1920.


[1] Commandeur en 1897 et Grand-Officier le 29-12-1903.

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 Souvenirs écrits vers 1920 à Toulon.

Le texte retrouvé était dactylographié, la conversion sous Word, le découpage en épisodes ainsi que les notes ont été réalisés par Joël BACQUER.

Adhérent-CGMA-Joël-007

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