Bulletin Municipal Officiel de 1954

Un peu de notre histoire locale

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COMMUNE de 36.485 habitants (Maisonnais) ; de 537 hectares 83 ares ; située à 9 kilomètres 800 de Paris (Notre-Dame), à 12 kilomètres de Sceaux et à 2 kilomètres 500 de Charenton.

Limitée: au Nord et au Nord- Est, par Charenton, Saint-Maurice et Saint-Maur-des-Fossés ( ?); au Sud-Est et au Sud : Créteil; l’Ouest : Alfortville.

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Maisons-Alfort est située au confluent de la Seine et de la Marne, sur une colline où les premiers habitants ont construit leurs demeures pour les mettre à l’abri des inondations. Le village ainsi formé n’ayant pas la dénomination officielle, on prit l’habitude de dire : aller aux maisons, venir des maisons, et le nom resta à l’agglomération. Elle s’appela Maisons-près-le-Pont-de-Charenton, Maisons-sur-Seine, et, à partir de la Révolution : Maisons-Alfort.

Dès le moyen âge, Maisons Alfort s’étendait des rives de la Marne aux rives de la Seine, comprenait Alfort, ainsi dénommé de Hareford au Harefort, nom d’un seigneur d’origine anglaise, devenu par corruption Hallefort-Charentonneau, fief dépendant de l’abbaye de Saint-Maur et le territoire d’Alfortville, qui, fut érigé en commune distincte en 1885.

La paroisse de Maisons-Alfort faisait partie du doyenné du Vieux-Corbeil ; lors de la réorganisation administrative de 1787, elle forma une municipalité de l’arrondissement de Bourg-la-Reine, au département de Corbeil. Commune du district de Bourg-la-Reine et du canton de Saint-Maur en 1790, elle passa ou canton de Charenton et y demeura, devenant en l’an X, commune de l’arrondissement de Sceaux.

Au Xe siècle, Maisons-Alfort possédait deux églises, dédiées à Saint-Remi et à Saint-Germain par la suite, la première devint église paroissiale et la seconde disparut. Hugues Capet avait fait don des deux églises, du territoire et des serfs le cultivant, à l’abbaye de Saint-Maur, qui l’affranchit, moyennant une forte somme, ou moyen âge.

Lors des guerres des XVe et XVIe siècles, Maisons-Alfort eut fort à souffrir; cent ans après les Frondeurs ravagèrent la contrée et, entre autres localités, pillèrent Maisons. A partir de cette époque, une grande partie des habitants, voyant sans cesse piller leurs récoltes, cessèrent de cultiver la terre et travaillèrent dans les carrières communes: les habitants demandent une meilleure répartition de l’impôt, la suppression des capitaineries. La Révolution ne laissa que peu de traces dans la commune, la municipalité équipa quinze volontaires en septembre 1792.

En 1814, les élèves de l’Ecole vétérinaire fortifièrent le château d’Alfort et défendirent le pont de Charenton; plusieurs furent blessés et l’un d’eux, Jean Pigeon, fut tué ; un petit monument fut élevé à sa mémoire dans l’école même. En 1815, Maisons revit les Alliés et fut occupée pendant longtemps.

Les diverses révolutions qui suivirent passèrent presque inaperçues à Maisons-Alfort ; de grands travaux furent entrepris, qui contribuèrent beaucoup à la prospérité du pays : en 1827, construction du pont d’Ivry ; en 1841, celle du fort dit de Charenton; en 1849, celle de la ligne de Lyon. Par contre, la Révolution de 1848 et le Coup d’Etat du 2 Décembre furent accueillis avec enthousiasme.

En 1870-1871, les habitants émigrèrent à Paris; aucun combat ne se livra sur le territoire d’Alfort; mais on dut, par nécessité, mettre les maisons en état de défense; l’occupation étrangère suivit la conclusion de la paix et dura jusqu’en septembre 1871, et cette occupation fut particulièrement dure et onéreuse pour les habitants de Maisons Alfort.

Quelques années à après (1876), une inondation terrible fit des ruines considérables dans la localité, qui commençait à renaître à la prospérité ; la ligne de Lyon seule empêcha les eaux de la Seine et de la Marne de se confondre bien avant leur point de jonction.

En 1885, lorsque le quartier d’Alfortville voulut s’émanciper, le Conseil municipal eut la sagesse de ne pas s’y opposer, et la loi du 1er avril 1885 créa la commune d’Alfortville.

A Alfort existe depuis de longues années une Ecole vétérinaire, créée par Bourgelat en 1765, dans l’ancien château acheté par ordre du roi à son propriétaire M. Oursel, Le premier directeur fut Chabert, élève de Bourgelat. Elle fut supprimée en 1790 et réorganisée en l’an XII. En 1840, elle fut entièrement reconstruite.

On peut voir à l’Ecole le monument du fondateur Bourgelat, par Rauk; celui, du professeur Henri Bouley, mort en 1883 par Allouard et celui du professeur Edmond Nocard, inauguré en 1907.

En janvier 1910, les inondations firent de grands ravages à Maisons-Alfort ; la moitié du territoire fut envahie par les eaux, le quartier d’Alfort et une partie de celui de Charentonneau furent inondés par la Marne; le quartier de la Gare à Maisons, a été envahi par les eaux par suite de la rupture de la voie du chemin de fer du P.L.M.

Industrie et commerce. — On trouve à Maisons-Alfort une distillerie de grains, dont les bâtiments englobent une maison qui fut habitée par Grétry; une fabrique de spiritueux; plusieurs fabriques de biscuits et de pâtes alimentaires; des fabriques de sous-bras en caoutchouc, d’instruments de chirurgie, des ateliers de constructions mécaniques ; des fabriques d’huiles et de savons, de meules en émeri vulcanisé.

 

Article paru dans un Bulletin Municipal Officiel de 1954

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Classé dans Ecole Vétérinaire - ENVA, Histoire locale, Maisons-Alfort

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