Archives mensuelles : août 2010

31 août 2010 : Laurent Fignon

FIGNON Laurent, (x Saint-Mandé, 1987). Cycliste.

o 12 août 1960, Paris
x 30 décembre 1987, Saint-Mandé
 Nathalie France R..
+ 31 août 2010, Paris 13ème

L’ancien coureur Laurent Fignon, double vainqueur du Tour de France (1983, 1984), est décédé à 50 ans des suites d’un cancer, a annoncé l’hôpital de La Pitié-Salpêtrière à Paris. « Valérie Fignon son épouse a la douleur d’annoncer le décès de Laurent Fignon aujourd’hui, mardi 31 août 2010 à 12 h 30 à l’hôpital Pitié-Salpêtrière. Ses obsèques auront lieu dans la plus stricte intimité », a indiqué l’établissement hospitalier dans un communiqué.

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Rue, square Braille

BRAILLE Louis,  Inventeur
 
(Rue, square Louis Braille)
 
o 4 janvier 1809 Coupvray (Seine-et-Marne)
6 janvier 1852 Paris à INJA
[†] 1952 Panthéon

Un jour un petit garçon se traîna vers l’atelier de son père pour jouer. L’enfant voyait souvent son père en train de faire des souliers et décida qu’il aimerait essayer faire la même chose. Il prit un poinçon, un outil tranchant et pointu pour faire des trous dans du cuir. Alors qu’il se pencha, le poinçon glissa et lui perça un œil, le détruisant pour toujours. Un peu plus tard, l’œil blessé infecta l’autre œil. Par la suite il perdit complètement la vue.

Aveugle à trois ans, il est l’inventeur d’un alphabet en relief pour les aveugles, l’alphabet Braille qui se lit avec les doigts. Depuis 1843, l’Institut National des Jeunes Aveugles (INJA) construit par décision de l’état (loi du 18 juillet 1838) est installé 56, boulevard des Invalides.

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29 août 1831 – Joinville-le-Pont

Par ordonnance royale du 29 août, Louis Philippe autorise la commune de la Branche du Pont de Saint-Maur à porter le nom de Joinville-le-Pont.

Depuis sa création en tant que commune distincte, en 1790, La Branche du Pont de Saint Maur, devenue Joinville-le-Pont en 1831, a eu une « maison commune », la mairie.

L’emplacement du premier local n’est pas connu. Il se situait vraisemblablement à proximité de l’actuelle église Saint Charles et était sans doute loué.

Lire la suite sur le site de la commune :

Les mairies de Joinville

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GODIN (006) – 1880-1884 – Le Mariage

SOUVENIRS pour mes ENFANTS et mes PETITS ENFANTS.

VICE AMIRAL  GODIN       1838-1932

 Episode 6– 1880-1884

****

            Ce fut dans le dernier semestre de ce commandement que j’épousai à PARIS [1], le 9 Novembre 1880, Marie LE BRETON [2], fille d’un Intendant Militaire décédé. Je l’avais rencontrée la première fois chez une ancienne amie de ma mère, Madame BUISON, sœur du Vice-amiral de la Roncière, qui s’était occupé de moi au commencement de ma carrière – heureuse chance !

            Nous restâmes à TOULON, place de la Liberté 7 et quelques temps après, le 15 Avril 1881, date à laquelle je quittai le Commandement de la Défense Mobile, du mois de Juin 1881 au commencement de Février 1882, j’obtins un long congé que nous passâmes en grande partie chez ma belle-mère [3] à la campagne, à BEAUMONT, entre POITIERS et CHATELLERAULT, le restant chez mon frère à Lorient. Ce fut au cours de ce congé que naquit à BEAUMONT, le 14 Octobre 1881, notre première fille GABRIELLE qui devait devenir Madame DESPORTES [4], et que nous eûmes l’immense douleur de perdre à TOULON le 25 Août 1919.

            Du commencement de Février au 1er Août, je fus attaché comme second à la Défense fixe de TOULON (défense par les torpilles fixes). J’eus beaucoup à faire et réussis, ce qui me valut un témoignage de satisfaction du Ministre, pour une « étude approfondie et judicieusement pratique sur les manœuvres nécessaires à la mise en état des défenses fixes du port de TOULON ». Le 19 Juillet, je fus nommé au commandement du VOLTIGEUR. très joli aviso avec station dans le LEVANT que je rejoignis par un paquebot à ALEXANDRIE le 23 Août.

            Le Contre-amiral commandant la station me fit faire du 8 Septembre au 25 Novembre, une grande tournée intéressante. Je visitai les îles de Crête, de Milo, Santaurin, Stampalie, Cos, Rhodes, Chypre et sur la côte d’Asie Mineure ou de Grèce : Adélie, Tripolie de Syrie, Beyrouth, Khaffa où se trouve le célèbre couvent du Mont-Carmel, Marie, Smyrne, les îles de Chio et de Samos, Salonique, Volo, Chalcis (Nubée), Le Pirée. C’est un voyage qu’un amateur ferait bien volontiers. La Marine donne quelquefois de ces satisfactions. Partout où je trouvais des religieux et des religieuses françaises je devais leur rendre visite, recevoir les plaintes qu’ils pouvaient avoir à formuler. Je fus émerveillé du dévouement et du patriotisme de ces excellents Français qui semblent avoir à tâche de demander le moins possible et réussissaient partout à élever beaucoup d’enfants. A BEYROUTH, quand le Pacha turc s’absentait il envoyait ses filles chez les sœurs.

            En arrivant au Pirée où se trouvait l’Amiral, nous eûmes à bord une grosse déception. Par mesure d’économie, le VOLTIGEUR était rappelé à TOULON pour être envoyé de là à la station des Côtes Occidentales d’AFRIQUE, une des plus, sinon la plus désagréable. J’arrivai le 9 Décembre à TOULON où je trouvais ma famille et en partis le 3 Février 1883, 9 jours avant la naissance de ma seconde fille VALENTINE. Nous arrivâmes à Dakar (Sénégal) le 19 après une relâche de 2 jours à ALGESIRAS. Je me plaçai sous les ordres du Capitaine de Vaisseau commandant la Station, je ne la quittais que 16 mois plus tard pour rentrer en FRANCE. C’était la période la plus active de l’expansion coloniale. Les colonies dépendaient encore du Ministère de la Marine. Mon long séjour sur cette partie de la côte d’Afrique de 1500 lieues de longueur entre Dakar et AMBRIS au sud de l’embouchure du CONGO dans la partie Portugaise d’ANGOLA, fut principalement consacré à protéger les factoreries françaises dans leurs conflits avec les indigènes, à renouveler les traités en cours du commerce conclus avec ceux-ci à des dates souvent éloignées, à en conclure de nouveaux, à affirmer notre protectorat là où il était établi, en particulier à PORTO NOVO près du DAHOMEY. C’était alors l’époque de notre expansion coloniale qui portait ombrage aux anglais; sur la côte d’Afrique ils l’entravaient plus ou moins ouvertement. J’eus plusieurs fois à lutter contre leurs manœuvres hostiles. Je ne relaterai pas les nombreux voyages que j’ai fais en 16 mois le long de ces 1500 lieues de côtes, les incidents purement maritimes sont très rares le temps étant presque toujours beau; mais les communications avec la terre sont génées sauf en quelques points favorisés comme Dakar, LIBREVILLE (Gabon), le CAMEROUN, par la barre  suite de grosses lames que l’on rencontre aux abords de la côte, même par beau temps; on passe les barres dans des embarcations spéciales venant de la côte et manœuvrées par des noirs spécialement entraînés; avec eux les accidents sont rares; heureusement car lorsqu’on chavire on risque outre la noyade d’être mangé par les requins. J’ai bien passé des barres une vingtaine de fois, je n’ai couru qu’une fois un danger sérieux. On s’entraîne à ces dangers là comme à tous les autres; après avoir affrontés quelquefois on n’y pense plus.

            Je dirai seulement les incidents les plus intéressants de la campagne du VOLTIGEUR.

            Au commencement d’Avril 1883, je reçus l’ordre de signer des traités avec les chefs de l’embouchure de la rivière Quâ-quâ. On croyait alors que ce cours d’eau était une voie de pénétration commerciale importante vers le centre de l’Afrique; comme les cartes n’indiquaient la position de cette embouchure que d’une manière vague, dans le voisinage de l’île espagnole de FERNANDO PO, je me rendis en ce point pour avoir quelques renseignements. Nous y fûmes très bien reçus; le Gouverneur donna un bal en notre honneur; il n’y avait à danser que des noirs et des mulâtres des deux sexes dont l’odeur rappelant celle de l’huile rance et du musc de mauvaise qualité est bien connue de ceux qui ont fréquentés ces parages sous le nom de « bouquet d’Afrique »; pour en atténuer le désagrément, des serviteurs circulaient avec des bouteilles d’eau de Cologne dont ils aspergeaient les chevelures crépues des danseuses.

            Ayant obtenu quelques renseignements, je quittai FERNANDO PO peu après trois jours et fis mouiller le VOLTIGEUR dans le vaste estuaire du CAMEROUN situé sur la côte en face de l’île; dans cet estuaire se jettent trois cours d’eau importants, la rivière Quâ-Quâ qui est l’un. Je réussi à embaucher un noir parlant anglais qui devait me servir à la fois d’interprète et de pilote dans les rivières. Le lendemain comme j’explorait avec « Bottle Beer (c’était son nom grotesque.) l’embouchure de la rivière Quâ-Quâ, je rencontrai une grande pirogue montée par une vingtaine de rameurs; en arrière se tenait un noir de haute stature coiffé d’un chapeau haut de forme gris; la partie essentielle du reste de son costume était un faux col; il portait aussi un pagne. Bottle Beer me dit : « C’est Pass All le Roi du pays de MALIMBA qui traverse cette rivière! ». Je manœuvrai pour accoster la pirogue et entamai la conversation avec le Roi qui ne demandait pas mieux; voyant ses bonnes dispositions je l’invitait à dîner à bord et le retins à dîner et à coucher. Après le repas où il fut plus sobre que je m’y attendais, je fis allumer successivement sous ses yeux nos artifices de signaux; feux de Bengale de diverses couleurs, fusées et puis on tira le canon et des coups de feu assez rapides; à chaque explosion nouvelle il s’exclamait émerveillé. Lorsque je le sentis bien convaincu de ma puissance, je lui demandais brusquement s’il voulait me vendre son pays; il accepta joyeusement et séance tenante il signa le traité que j’avais l’ordre de faire. Comme sur toute la côte d’Afrique où les tribus du littoral sont les intermédiaires commerciaux entre mes Européens et les tribus de l’intérieur, le Roi de MALIMBA faisait du commerce, aussi demandait-il un grand hangar en tôle pour entreposer ses marchandises : cotonnades, poudres, plomb, sel, fusils en provenance des Européens: huiles de palmes, ivoires provenant de l’intérieur. Il demandait aussi un fusil à répétition avec beaucoup de cartouches en spécifiant qu’on n’en vendît pas à son peuple, comme cela, me disait-il, en faisant le geste d’épauler, je viendrai facilement à bout de mes sujets qui m’ennuient quelquefois. Le traité fut malheureusement égaré au Ministère de la Marine. J’ai eu l’occasion de raconter son histoire dans le Journal des Débats.

             La présence du VOLTIGEUR au CAMEROUN éveilla l’attention de nos rivaux. Dès 8 mois plus tard, les Allemands prenaient possession du pays. La guerre de 1914-1918 l’a placé sous notre autorité.

            Deux des grands fleuves du monde; le NIGER et le CONGO ont leur embouchure après un cours de 4.000 kilomètres environ pour chacun d’eux, sur la vaste étendue des côtes où circulait le VOLTIGEUR. Le NIGER en approchant de la mer se divisent en plusieurs branches importantes reliées entre elles par des cours d’eau transversaux et formant un grand delta, plus ou moins marécageux et fertile; le palmier à huile y abonde aussi les Anglais appellent-ils les diverses branches du NIGER inférieur : « Oil River » (rivière à huile). A l’époque où je m’y trouvais deux grandes maisons de commerce françaises avaient des comptoirs sur le bas du NIGER; l’une d’elles avait des petits vapeurs allant commercer jusque dans le BENOUE, grand affluent gauche du NIGER; malheureusement elles se faisaient par une concurrence acharnée qui les entraîna à vendre à des prix de plus en plus bas, leurs actions en Europe baissèrent, une grande Compagnie Anglaise offrit alors de les rembourser au pair et d’acheter tout le matériel; son offre fut acceptée par des actionnaires inquiets: c’est ainsi que le commerce français fut évincé du Bas-Niger et que les Anglais s’y établirent en maîtres.

            L’embouchure du CONGO est bien différente de celle du NIGER; le fleuve majestueux envoie ses eaux à la mer par une seule voie, large et profonde; il n’y a pas de barres à l’embouchure; le fleuve coule toujours dans le même sens et ne mélange ses eaux à celles de la mer qu’à une quinzaine de lieues de la côte. Les variations de niveau dues à la marée se font sentir sur ses bords, elles sont dues à des courants sous-marins alternant dans les deux sens.

            Un peu au Nord  de l’embouchure du CONGO se trouvait la petite possession Portugaise du LANDANA où il y avait alors des missionnaires français que je fus visiter. J’y fis la connaissance du Père AUGOUARD pour lequel je fus pris d’une vive sympathie: c’était un vrai soldat du Christ, ardent courageux et bon. Il devînt plus tard Evêque de l’OUBANGUI et nous eûmes l’honneur de le recevoir vers 1895 à notre campagne de FONTAINE à 2 lieues de POITIERS. Monseigneur AUGOUARD est le fils d’un marchand de vanneries de cette ville et c’est là qu’il établit sa résidence principale lorsqu’il vient en France pour les affaires de son diocèse. Dans le courant de cette année 1920 il m’a envoyé ses souvenirs par l’intermédiaire de ma belle-sœur MILLET [5] rencontrée à LOURDES.

            Le 8 Octobre 1883, je me trouvai commander pour la station des Côtes Occidentales d’Afrique par suite du décès du Capitaine de Vaisseau BORIN dont je ne devais trouver le successeur que le 4 Avril suivant à Dakar. Du 19 Décembre 1883 au 18 Janvier 1884 je fus à terre pour délimiter de concert avec deux commissaires anglais la frontière entre notre possession d’ASSINIE (Côtes d’Or) et l’APPOLONIA, possession anglaise. J’étais secondé par le chef sur cette côte où elle avait deux factoreries et une plantation de café importante, de la maison VERDIER de la Rochelle. Nous fûmes à même d’apprécier pendant cette existence commune de plus d’un mois, la tenace mauvaise foi de nos collègues anglais dès qu’il s’agissait du moindre intérêt de leur pays et au contraire leur courtoisie dans les relations privées. Comme nos provisions de bouche étaient taries nous décidâmes de les mettre en commun pour le dîner qui avait lieu alternativement chez les Anglais et chez nous. Chez les Anglais on ne parlait que français, chez nous anglais: il était interdit de faire la moindre allusion à la question des frontières que nous avions à traiter officiellement. Grâce à cette organisation l’existence fut tolérable pendant trois semaines, sans elle nous aurions rompu les pourparlers au bout de quelques jours à cause de l’intransigeance des Anglais qui voulaient prendre pied sur quelques points de la rive droite (française) d’une rivière qui formait une frontière naturelle évidente.

            Le 15 Janvier 1884, après de nombreuses conférences, en différents points du pays, conférences où les Anglais faisaient comparaître des témoins indigènes dont ils avaient à l’avance concerté les dispositions, nous fûmes tous obligés de reconnaître qu’un accord était impossible. Les ordres que nous avions de nos gouvernements étant sans doute trop différents; nous nous séparâmes en bons termes en décidant de leur en référer. Je n’ai pas su comment la question avait été réglée en PARIS et Londres.

            La présence de la Commission de délimitation avait ému les diverses tribus noires dépendant des deux parties qui étaient prêtes à en venir aux mains. Je jugeai nécessaire d’aller voir à KRINJABE sa capitale le vieux Roi d’ASSINIE AMATIFOU pour lui conseiller de calmer son peuple. Je fus reçu avec les grands honneurs, l’armée composée de 400 hommes défila devant nous en gesticulant, les princesses royales et leurs suivantes dansèrent. Le lendemain tout était calme; les noirs sont de grands enfants.

            Je rejoignis le VOLTIGEUR, bien aise de ne plus coucher dans la brousse ou dans les cases indigènes malpropres.

            Le Gouverneur Anglais de la COTE D’OR, sous des formes courtoises, nous était résolument hostile et n’hésitait pas à recourir à des mesures violentes pour nuire à la France. Avant de rejoindre le VOLTIGEUR, je reçus une lettre de lui, adressée au Commandant de la Division Navale Française. Il l’informait officiellement qu’il avait placé un poste militaire sur une petite île près de laquelle on devait nécessairement passer pour aller par la lagune de KOTONOU sur les bords de la mer à PORTO NOVO et que ce passage était interdit « à toute troupe Française et à tout officier Français en uniforme « . C’était nous couper de PORTO NOVO dont nous avions le protectorat par un acte inamical accompli en pleine paix. Je répondis par un simple accusé de réception du pli, disant que je le ferais parvenir au nouveau Commandant de la Division Navale à Dakar, de sorte que je pouvais, vis à vis de cet Anglais pour n’avoir pas lu sa lettre … passer.


[1] Mairie du 6e arrondissement

[2] Marie Le BRETON (née à Poitiers en 1855, décédée à Toulon en 1941) est la fille aînée de Sylvain LeBRETON (1820-1869) et de Joséphine LIÈGE d’IRAY (1830-1909) dont le mariage eu lieu en 1855 à Poitiers. Les autres enfants de ce couple sont Marcel (1857-1934) Général de Brigade, et André (1860-1931) Professeur à la Sorbonne. Marguerite LeBRETON issue du premier mariage de Sylvain LeBRETON est la demi-soeur de Marie, Marcel et André. Marguerite épousera Georges MILLET et décèdera en 1933 à 80 ans.

[3] Joséphine LIEGE d’IRAY (1830-1909) la mère de sa femme Marie LeBRETON.

[4] Romain DESPORTES né à la Tour du Pin en 1870 épousera Gabrielle GODIN en 1902. De cette union naîtront Suzie, Roger (Infanterie Coloniale) et Madeleine épouse CHATELAIN. Gabrielle décède en 1919, Romain est Général de Brigade en 1927, se remarie avec Françoise BELIN, veuve de DELGUEY de MALAVAS, est Commandeur de la légion d’honneur en 1930 et décède en 1958.

[5] Demi-sœur de Marie LeBRETON, Marguerite LeBRETON épouse Georges MILLET. Le couple a deux enfants Marie-Thérèse épouse de Jacques de RAUCOURT, qui décède à la guerre 14-18, et Geneviève en religion sœur Anna. Le couple MILLET est propriétaire du Château du Bouchaud. Marguerite décède en son domicile dans sa 80e année en juillet 1933.

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 Souvenirs écrits vers 1920 à Toulon.

Le texte retrouvé était dactylographié, la conversion sous Word, le découpage en épisodes ainsi que les notes ont été réalisés par Joël BACQUER.

Adhérent-CGMA-Joël-007

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Dans les Hautes-Pyrénées (05) : Sim en 1926

le 21 juillet 1926 en la maison Bonnemazou

sise à Cauterets chemin de Cancéru est né Berryer Simon-Jacques-Eugène fils de Henri âgé de vingt cinq ans, mécanicien et de Marie Thérèse Bonnemazou âgée de vingt huit ans. Le couple est domicilié à Paris et réside à Cauterets. Simon Berryer plus connu sous le nom de Sim s’est éteint le six décembre 2009 à Fréjus dans le Var (83).

L’ascendance du comique n’est pas connue. A-t-elle était faite ?

Des naissances et un mariage Bonnemazou à Cauterets donnent comme piste de recherche la commune de Gourette.                      A suivre …

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25 août 1954 : Rethel et le métro parisien

Saviez-vous que les voûtes d’une partie des lignes du métro parisien portent la marque de fabrique d’une entreprise rethéloise, la société Mécanéral, aujourd’hui disparue ? C’est ce qu’on apprend en parcourant l’édition du 25 août 1954 du journal local. « Pour construire la voûte des nouvelles stations de métro, il s’agit de mettre en place des éléments préfabriqués d’un mètre de long qui sont maintenus par une clé de voûte », explique le journaliste. « Le problème était donc de les hisser et de les soutenir en attendant que la voûte soit fermée par la clé centrale. Le génie civil appela la …

La suite …

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24 août 1854 – Augier Moussac Marie Louis

Acte n°31            24 août 1854

Acte de Naissance de Augier Moussac Marie Louis

Du vingt cinq août mil huit cent cinquante quatre dix heures du matin, acte de naissance de Marie Louis Augier de Moussac, présenté et reconnu du sexe masculin, né la veille six heures et demie du soir au château gaillard écart de maisons alfort, fils de François Léon Louis Augier de Moussac, propriétaire âgé de quarante ans officier de la légion d’honneur et de Dame Céline Agathe Dodun de Kéroman, âgée de  vingt huit ans son épouse domiciliés à maisons alfort. Constaté par nous Maire officier de l’état civil de maisons alfort seine sur la déclaration de messieurs Bac ? Joseph Guillaume Marquis da ?

Agé de cinquante quatre ans officier de la Légion d’Honneur demeurant à Paris, oncle maternel de l’enfant et Jean-Baptiste Charles Dodun de Kéroman propriétaire, officier de la légion d’honneur âgé de cinquante deux ans, grand-père de l’enfant demeurant à Paris, Lesquels ont signé avec nous le présent acte.

Signatures de :

C E Dodun      :.

clm Dodun      : Claude-Laurent-Marie Dodun de Kéroman, Maire depuis 1813.

                               Grand-père paternel de l’enfant, signe cl ou clm Dodun, illisible.

                              clm signifie Claude Marie Laurent

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GODIN (005) – 1872-1880

SOUVENIRS pour mes ENFANTS et mes PETITS ENFANTS.

VICE AMIRAL  GODIN       1838-1932

 Episode 5– 1872-1880

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            Le 23 Août, je prenais le Commandement du SCORPION; le 1er Septembre 1873, un an après, je quittai le SCORPION renvoyé en Cochinchine et pris le Commandement de la COULEUVRE, bâtiment identique; je le conservai jusqu’au 19 Septembre 1874, je fus alors renvoyé en FRANCE, mes deux ans de Commandement, temps habituel, étant dépassés; j’arrivais à TOULON le 26 Décembre 1874 après une absence de 31 mois, la plus longue que j’aie faite dans ma carrière.

            Alors que l’année de mon premier Commandement en Chine celui du BOURDAIS en 1864-1865 s’était entièrement passée à SHANGHAÏ, HAN-KOW et HING-PO dans le sud de SHANGHAÏ, les années de 1872 à 1874 sur le SCORPION et la COULEUVRE s’écoulèrent à SHANGHAÏ et dans le nord de SHANGHAÏ, à TIEN-TSIN sur le fleuve PEÏ-HO qui passe près de PEKIN et de CHEFSO-TIEN-TSIN, à 20 lieues de PEKIN, est une grande ville de 900 000 habitants. En 1870, plusieurs Sœurs de charité Françaises y avaient été massacrées, l’Eglise catholique brûlée. Depuis lors, comme tous les européens avaient été menacés, il y avait toujours à TIEN-TSIN plusieurs canonnières anglaises, françaises, américaines, russes pour protéger leurs nationaux et leur servir de refuge en cas de nouveau soulèvement de la populace contre les étrangers.

            Les bâtiments étaient amarrés à terre avec un pont volant. L’hiver de Décembre à Mars, le PEÏ-HO étant complètement gelé les bâtiments étaient pris dans la glace; on descendait du bord pour patiner; le froid variait de 8° à 18° au dessous de zéro; le pont était recouvert d’une toiture en nattes grossières, nombreuses; nourriture spéciale pour l’équipage; presque jamais de neige; nous passions notre temps à chasser et à monter à cheval; j’en avais un m’appartenant. Les deux hivers, je fus invité à passer trois semaines chez le Ministre de France à PEKIN, marié à une américaine, tous deux très aimables. Nombreuses excursions à cheval dans les environs de PEKIN et jusqu’à la Grande Muraille. Le mouillage de ECHEFOU très mauvais l’hiver est agréable l’été: les familles un peu fortunées de SHANGHAÏ viennent y prendre les bains de mer.

            SHANGHAÏ, grande ville commerciale, est désagréable l’été à cause de la forte chaleur humide; j’y restais le moins possible.

            Je n’aurais eu que des satisfactions pendant cette longue absence de 31 mois si je n’avais reçu en Juin 1874 la nouvelle de la mort à Versailles, le 20 Avril, de ma Tante Célestine Weigel [1] qui comme je l’ai dit, m’avait servi de mère et pour qui j’avais une grande affection, mon Frère Alfred était alors en Cochinchine.

            Notre chère Tante a dû bien souffrir de n’avoir aucun de nous près d’elle à ses derniers moments.

            En quittant le Commandement de la COULEUVRE à ECHEFOU, je me rendis à SHANGHAÏ sur un paquebot anglais et de là à SAÏGON par les messageries Maritimes. J’y arrivai à la fin de Septembre et eus la satisfaction d’y trouver mon frère, alors Chef d’Escadron d’Artillerie qui, très bien logé, me donna une large hospitalité jusqu’au 20 Novembre, date de mon départ pour la FRANCE à bord de la CREUSE, le même bâtiment qui m’avait amené de FRANCE deux ans auparavant.

            Un heureux sort a fait que sur 4 fois que je suis parti en Cochinchine pour me rendre en Chine ou en revenir, j’y ai trouvé 3 fois mon Frère Alfred et ai pu passé quelques temps avec lui.

            Dès mon arrivée à TOULON dans les derniers jours de Décembre 1874, je pris un long congé que je passai à Versailles. Mais ma pauvre Tante n’étant plus là, les conditions de mon existence étaient bien changées; je ne pouvais demeurer chez mon Père, très agé, sans apporter un certain trouble à ses habitudes et surtout à celles de ma belle-mère qui n’aimait guère nous voir à la maison, mon Frère et moi; j’allais bien quelquefois à PARIS, mais je me lassai vite de ses plaisirs; j’avais des journées et surtout des soirées mortellement tristes dans un appartement qu’on m’avait installé pas bien loin de chez mon Père; je sentais le poids de la solitude et commençai à songer à me créer un foyer… Ma carrière continuait d’ailleurs à s’annoncer assez belle pour que je puis l’offrir à celle qui consentirait à devenir ma femme. Le 1er Janvier 1875, j’avais été mis au tableau d’avancement pour Capitaine de Frégate avec le N°1. J’avais 36 ans depuis le 27 Novembre 1874. Je pouvais espérer être Capitaine de Frégate à 37 ou 38 ans [2].

            Le 1er Juin, après cinq mois de Versailles, je retournai à TOULON où l’on me donna un poste d’officier torpilleur à la Direction des mouvements du port. J’y servais à côté de mon camarade de promotion WINDHAM.

            Le poste était agréable et intéressant, mais je ne pouvais le garder très longtemps; il fallait que je navigasse encore pour passer Capitaine de Frégate, aussi je permutai avec un des mes collègues pour embarquer sur le NAVARIN, vaisseau à voiles prenant armement pour porter des forçats à la NOUVELLE CALEDONIE et ramener en FRANCE des condamnés par le Conseil de Guerre à la suite des événements de la Commune de Paris en 1871 et déjà graciés.

            Nous devions faire ainsi le tour du monde à la voile en allant de l’Ouest à l’Est. Ce voyage m’intéressant, j’embarquai sur le NAVARIN le 1er Mars 1876; je venais d’être appelé précipitamment à Versailles, la santé de mon Père [3] déclinant rapidement. J’eus le malheur de le perdre le 4 Mai; il avait alors 91 ans et pas d’infirmités graves, malgré les blessures qu’il avaient reçues pendant les guerres du Premier Empire; j’eus la satisfaction d’être reconnu par lui et d’assister à ses derniers moments. Mon Frère Alfred était alors en route pour revenir de Cochinchine, tout près d’arriver à MARSEILLE. Peu de jours après ce malheur, je dus rejoindre le NAVARIN à TOULON en laissant le soin de régler toutes les affaires de succession à un vieil ami de la famille.

            Le Commandant du NAVARIN, Capitaine de Vaisseau était un excellent homme, mais un marin un peu timide et toujours inquiet à la mer, sentant peut-être trop vivement la responsabilité des 900 existences qui lui étaient confiées.

            Pour faire des traversées courtes, il faut de la hardiesse, surtout sur un navire à voiles, les nôtres furent longues. En voici le résumé :

De TOULON à l’Île d’AIX                                         15 Juin au 28 Juillet 1876         43 jours

Île d’AIX à TENERIFFE                                            4 Août au 15 Août                   11 jours

TENERIFFE à FREEMANTLE (Australie)                19 Août au 19 Novembre        92 jours

FREEMANTLE à NOUMEA             7 Décembre au 6 Janvier 1877            30 jours

NOUMEA (Nouvelle Calédonie)à TAHITI                 27 Janvier au 5 Mars               38 jours

TAHITI à BAHIA (Brésil )                                         17 Mars au 5 Juin                    80 jours

BAHIA à BREST                                                       7 Juin au 28 Juillet                    48 jours

            En résumé, nous fûmes 342 jours sous voiles sur 405 jours d’absence.

            Nous fûmes de TOULON à l’île d’AIX pour prendre notre chargement de forçats. Nous avions en outre; d’assez nombreux passagers, civils et militaires, dont une dizaine de dames, femmes ou filles d’employés de l’Etat, pour la NOUVELLE-CALEDONIE.

            On ne passe pas 11 mois sur 13 à la mer sans rencontrer beaucoup de mauvais temps; mais nous en eûmes 2 que je veux citer parce qu’ils sont les plus sérieux que j’eus rencontrés dans ma carrière et qui ont été dangereux.

            Dans la nuit du 25 au 26 Octobre 1876, le vent déjà fort dans la journée devint furieux; la mer était énorme; on mesure des lames de 15 mètres de hauteur, soit à peu près celle d’un quatrième étage; j’avais le quart de minuit à 4 heures du matin; en me rendant le service mon prédécesseur me dit: « nous avons perdu notre gouvernail à 10 heures et demie, vous voyez le temps qu’il fait; je vous remets le quart dans les circonstances les plus graves ». « Taisez-vous donc lui répondis-je, on ne dit pas ces choses là tout haut. Il faut, en effet, quand il y a danger montrer aux matelots une figure impassible et faire preuve de confiance pour maintenir leur moral ». En réalité, sans gouvernail, sans qu’il fût possible d’établir une voile, nous étions le jouet des flots, à la merci d’une énorme lame qui pouvait nous faire sombrer. A quatre heures du matin, mon quart étant terminé, je descendis dans ma chambre et étendu sur ma couchette essayai de trouver un peu de sommeil malgré le mouvement désordonné du bâtiment; à peine commençais-je à m’assoupir qu’on frappa vivement à ma porte et je reconnu la voix altérée d’un officier grec qui était à bord pour son instruction me disant « Est-ce que nous sommes en danger ? ». Il avait peur. Je l’envoyai promener nerveusement en lui disant d’aller voir si on roulait autant au Pirée. Dans la matinée, le temps s’améliora et nous commençâmes à travailler à l’installation difficile d’un gouvernail de fortune? Nous étions à 1400 lieues de 4 kilomètres du Cap de Bonne Espérance; à 800 lieues de la côte d’Australie, la plus proche.

            On a une impression assez pénible de se trouver au milieu des mers, dans l’impossibilité de se diriger faute de gouvernail. Enfin, après plusieurs essais infructueux nous parvînmes le 4 Novembre, soit 9 jours après l’accident, à mettre en place un gouvernail provisoire qui nous permit d’atteindre en 15 jours le pays civilisé le plus proche, FREEMANTLE dans l’Australie Occidentale. Nous y fûmes bien reçus par les Anglais qui nous fournirent le matériel nécessaire pour fabriquer un nouveau gouvernail aussi bon que celui que nous avions perdu.

            La partie occidentale de l’Australie était à cette époque la moins civilisée, je pus voir quelques indigènes, ils sont le type le plus misérable à tous points de vue de la race humaine.

            Nous eûmes notre second grand mauvais temps dans l’Atlantique sud le 12 mai 1877. Dans la matinée de ce jour, nous eûmes la plupart de nos voiles emportées par un vent furieux : la mer devint énorme et nous dûmes: « fuir devant le temps » pendant près de 24 heures, c’est à dire vent arrière pour échapper autant que possible à la violence du vent et de la mer; nous avions heureusement la mer libre devant nous et la direction que nous étions obligés de suivre ne s’écartait pas beaucoup de celle que nous aurions dû prendre.

            L’homme se sent bien faible en présence des forces brutales de la nature.

            A NOUMEA, nous avions embarqué une centaine de Communards condamnés à la déportation, puis graciés après quelques années. Nous les ramenions en FRANCE. Ils ne nous donnaient pas d’ennuis; la femme de l’un d’eux l’avait suivi dans son exil et rentrait avec son mari. Elle mit au monde à bord un enfant qui reçut tous les soins nécessaires. Ces époux libres penseurs craignaient que l’aumônier à bord ne baptisât leur enfant malgré eux. On eût quelque peine à les tranquilliser.

            En arrivant à BREST le 22 Juillet 1877, après une longue traversée de retour, j’appris le décès de ma belle-mère survenu 7 mois auparavant, à la fin de Décembre 1876 [4]. Elle m’instituait son légataire universel avec la charge des divers legs formant un total assez important. Mais il restait encore une belle somme que je voulu partager également avec mon frère, arguant que si notre belle-mère ne lui avait rien laissé, c’était parce que, étant l’aîné, c’était lui qui prenait la parole pour nous deux dans les discussions. Mon frère Alfred refusa, disant que lui était marié, que son avenir était fait, que j’avais à faire le mien; c’est avec beaucoup de peine que je parvins à lui faire accepter le quart. C’est la seule discussion sérieuse que j’aie jamais eue avec mon excellent frère.

            Après un congé de 5 mois que je passai chez lui, à Ruelle près d’Angoulême et à PARIS, je rejoignis à la fin Décembre TOULON où je pris le poste de secrétaire de la Commission des Torpilles présidée par le Contre-amiral MAURIN, Major Général, qui fut très bienveillant pour moi. Le poste était agréable et intéressant, mon passage à BOYARDVILLE en 1871 donnait à croire que je savais quelque chose; mon bagage était cependant assez mince, mais dans le royaume des aveugles les borgnes sont rois.

            Je commençai à m’inquiéter de ne pas passer Capitaine de Frégate; plusieurs Lieutenants de Vaisseau mis sur le tableau après moi et moins anciens que moi avaient été nommés à ce grade. Au mois d’Avril de cette année 1878, une promotion encore plus scandaleuse que les précédentes vint augmenter mon irritation. D’excellents camarades m’engagèrent à faire une démarche auprès du Ministre pour protester contre l’exclusion qui me frappait. Des raisons de service m’empêchèrent d’aller à PARIS avant le mois de Juin, je fus alors faire une tournée au Ministère de la Marine où je vis le Ministre, le Chef d’Etat Major général, le Contre-amiral directeur du personnel, le Capitaine de Vaisseau chef du bureau de l’Etat Major et leur parlai à tous avec une vigueur qui les étonna fort, ma thèse étant que je venais savoir s’il y avait dans ma carrière une tare m’empêchant d’avancer; aucun des Capitaines de Frégate nommés depuis un an n’avait mes services, que si on ne voulait pas les reconnaître je m’en irais, ayant droit à ma retraite dans dix-huit mois… On fut fort embarrassé pour me répondre, le plus franc fut le Capitaine de Vaisseau qui à mes premiers mots violents m’arrêta en me disant : « ce n’est pas la peine de continuer, je suis de votre avis ». Le Ministre me couvrit de fleurs  et comme il me disait pour la troisième fois qu’il me tenait pour un officier des plus distingués, je lui répondis sur un ton quelque peu insolent : « Eh bien, Monsieur le Ministre, j’espère que je m’en apercevrai », ce disant je saluai et pris la porte; sans quoi je crois bien qu’il m’y aurait envoyé.

            Je sus quelque temps après que le soir à table, le Ministre, Vice-amiral PORTEAN, qui était un excellent homme, dit à ses familiers : « J’ai reçu aujourd’hui la visite de Mr. G.. Lieutenant de Vaisseau qui est venu me faire une scène parce qu’il ne passait pas Capitaine de Frégate; j’ai bien envie de le punir sévèrement », à quoi l’un des auditeurs répondit : « Il aura toute la marine pour lui ».

            Je fus nommé Capitaine de Frégate 4 mois plus tard, le 8 Octobre 1878, en même temps que les Lieutenants de Vaisseau entrés à l’Ecole Navale 3 ans avant moi, passais à l’ancienneté; néanmoins, l’ostracisme dont j’avais été l’objet pendant 2 ans faillit avoir pour conséquence de m’empêcher de parvenir au grade de Vice-amiral. En passant Capitaine de Frégate je fus envoyé servir à terre à CHERBOURG : je ne quittai TOULON que le 1er Décembre, mais l’Amiral MAURIN qui cessait d’être mon chef, me fit entendre que ce n’était pas pour longtemps, et je profitai de mon séjour à CHERBOURG pour me mettre au courant des bateaux torpilleurs dont il y avait déjà un certain nombre dans ce port, réunis sous le nom de Défense Mobile commandé par un de mes meilleurs camarades, le Capitaine de Frégate CONNEAU. Le 15 Janvier 1879, après un mois et demi d’absence seulement j’étais appelé à TOULON pour suivre les travaux d’achèvement des premiers torpilleurs de ce port, et le 15 Avril 1879, j’étais nommé au Commandement de la Défense Mobile, ce qui à cause de ma jeunesse de grade excita quelque jalousie. Je conservai le commandement pendant deux ans, durée habituelle, il fut fort agréable et ne me donna que des satisfactions. Je choisissais tous mes officiers y compris les Commandants de Torpilleurs; mes chefs bienveillants, avaient en moi une confiance illimitée.


[1] Valentin Joseph WEIGEL décède en 1861 à Neuilly-sur-Seine, sa femme Jeanne Judith Amélie VAN DYCK était décédée depuis 1817. Ce couple eut 3 enfants Valentin Alfred qui décède de la rougeole en 1831 à 18 ans, Gérardine, l’aînée, qui décède en 1839 quelques mois après la naissance d’Henry GODIN et enfin la cadette Célestine qui décède, célibataire en 1874 à Versailles.

[2] Lieutenant de Vaisseau 18-10-1862, Capitaine de Frégate le 8-10-1878 et de Vaisseau le 3-7-1885.

[3] (Gabriel) Joseph GODIN est né en Franche-Comté le 23-02-1785 à Pouilley les Vignes (Doubs), entre au service en 1803, épouse Gérardine WEIGEL en 1832 à Rennes, a deux enfants Alfred en 1832 et Henry en 1838, avant le décès de Gérardine. Son second mariage avec Elisabeth Marie SCHWOB  dure jusqu’en 1876,  année du décès des deux conjoints, lui le 4 mai à 91 ans et elle le 19 décembre à 87 ans.

[4] Seconde femme de son père, Elisabeth Marie SCHWOB  décède le le 19 décembre à 87 ans.

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 Souvenirs écrits vers 1920 à Toulon.

Le texte retrouvé était dactylographié, la conversion sous Word, le découpage en épisodes ainsi que les notes ont été réalisés par Joël BACQUER.

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GODIN (004) – 1864-1872

SOUVENIRS pour mes ENFANTS et mes PETITS ENFANTS.

VICE AMIRAL  GODIN       1838-1932

 Episode 4– 1864-1872

****

            Pendant l’hiver de 1864-65, je fus envoyé avec le BOURDAIS en mission à HAN-KOW, très grande ville chinoise, centre commercial important, située à environ 1.100 kilomètres de l’embouchure du YANG-TSE-KIANG, un des grands fleuve du monde, on l’appelle aussi Fleuve Bleu. Il a plus de 1.000 lieues de cours. A HAN-KOW il y a 10 mètres de différence entre le niveau des hautes et des basses eaux. Il passe près de NANKIN, la seconde capitale de la Chine, où mes officiers et moi furent invités à dîner par le Vice-Roi et reçus avec tous les raffinements de la politesse chinoise : très nombreux plats dont on sert à chaque convive une petite quantité accompagnée d’une sauce toujours la même, riz bouilli au lieu de pain. Nous nous servons peu adroitement des bâtonnets au lieu des fourchettes. Le repas est long. De temps en temps, on présente aux convives sur un plateau d’argent des serviettes immaculées humides et très chaudes que l’on se passe sur la figure et dépose ensuite sur un autre plateau. Cette simple opération procure un grand bien-être en dissipant les fumées des mets et des vins. Je quitte le Vice-Roi très satisfait, ayant obtenu auprès de lui gain de cause pour la réclamation d’un père jésuite missionnaire, au sujet d’un terrain dont on contestait la propriété à sa mission. A HAN-KOW, nous fûmes agréablement reçus par le Consul de France, dont la jeune femme était parente d’un de mes officiers.

            Après un séjour de 2 semaines, je quittais HAN-KOW pour retourner à SHANGHAÏ, près de l’embouchure du fleuve. Ce voyage de retour fut pénible, le niveau du fleuve avait notablement baissé, certains passages utilisés en remontant étaient devenus impraticables. Je m’échouai une fois dangereusement à cause de la violence du courant. J’arrivai à SHANGHAÏ très fatigué, avec une rechute de ma maladie de foie; je ne voulais pas rentrer en France, mes camarades et mes chefs bienveillants m’y forcèrent.

            L’année précédente, un officier atteint comme moi d’une maladie de foie était  parti trop tard, il avait traversé la mer ROUGE pendant les fortes chaleurs de Juillet qui l’avaient achevé; il était mort au CAIRE; on ne voulait pas que je fusse exposé au même sort. Je quittai donc avec un grand chagrin le Commandement du BOURDAIS le 3 Mars 1865 pour aller à SAÏGON où je passai quelques jours près de mon frère, puis pris le paquebot des Messageries Maritimes jusqu’à SUEZ. Traversée de l’isthme en chemin de fer avec arrêt au CAIRE; nouveau paquebot d’ALEXANDRIE à MARSEILLE où j’arrivai le 3 Mai pas trop fatigué du voyage.

            A mon passage au CAIRE, j’appris que j’avais été nommé Chevalier de la Légion d’honneur le 15 mars [1]; je fus aussi joyeusement surpris de cette nouvelle faveur de la fortune que je l’avais été au MEXIQUE de ma nomination de Lieutenant de Vaisseau. J’avais bien rendu quelques services en Chine, mais je ne croyais pas que j’avais mérité d’être décoré à 26 ans 1/2. Enfin, le but de ma Campagne de Chine était atteint.

            Je passai la plus grande partie de l’année 1865 à me soigner à Versailles chez ma chère et bonne Tante Célestine ou aux eaux de Vichy et rejoignis TOULON en assez bonne santé vers la fin de l’automne.

            A la fin de Mars 1866, j’embarquai comme second au choix du Commandant sur le PROMETHEE, vieux bateau à vapeur à roues destiné à la Station du LEVANT (côtes de GRECE, Archipel Grec, côtes d’ANATOLIE, de SYRIE, de PALESTINE). J’étais très heureux de stationner dans ces parages que j’avais seulement traversés jusqu’alors en allant en CRIMEE ou dans mes voyages du BUCEPHALE.

            Le LEVANT est riche en souvenirs historiques et religieux. L’ancienne civilisation grecque et sur les côtes de PALESTINE, de SYRIE, de CILICIE et d’ANATOLIE, les croisades ont laissé des traces ineffaçables bien intéressantes à visiter.

            Malheureusement, je ne tardais pas à m’apercevoir que la bonne harmonie, la confiance mutuelle, nécessaires entre un Commandant et son Second ne pouvaient s’établir entre mon Commandant et moi. Il n’était certainement pas méchant, mais très personnel, d’une grande ambition, envisageait toutes les questions au point de vue de sa carrière; il était le type du « pas d’affaires ». Marin médiocre, il manquait d’instruction générale jusqu’à faire dans la conversation, des erreurs historiques qui prêtaient à rire, par ailleurs homme du monde agréable, ayant beaucoup d’entregent, appuyé par son frère aîné, Vice-amiral qui avait été mon chef à la Station de Chine. Le commandant J… devenu Général à titre provisoire dans l’armée de CHANZY en 1870, puis Vice-amiral Commandant d’Escadre, Ambassadeur de France en Espagne, enfin Ministre de la Marine, poste dans lequel il est mort après quelques mois est un exemple de triomphe des honnêtes médiocrités dans les temps troublés où nous vivons depuis 50 ans.

            De mon côté, le commandement d’un bâtiment que j’avais exercé de si bonne heure m’avait peut-être donné trop d’initiative : c’est de là que vinrent les premiers chocs; j’ai pourtant toujours été très discipliné et je m’en fais gloire.

            Je vécus donc en relations parfois assez tendues avec mon Chef pour la seule fois de ma vie maritime et le souvenir m’en est pénible. Après 18 mois, le PROMETHEE devenu vieux devant être renvoyé en FRANCE, le Commandant J… prit le commandement d’un autre navire de la Station. Il m’offrit de l’y suivre. Je refusai, heureux de cette occasion de nous séparer à l’amiable et rentrai sur le PROMETHEE à TOULON en Septembre 1867, assez tôt pour aller à PARIS voir les derniers jours de l’Exposition Universelle.

            Il serait fastidieux de citer tous les points visités pendant ces 18 mois dans le LEVANT. En voilà seulement les principaux incidents :

            Pendant un assez long séjour à SMYRNE, nous apprîmes qu’un violent tremblement de terre avait eu lieu dans l’île voisine de MITYLENE. Nous nous rendîmes le plus rapidement possible en y apportant des provisions. A notre arrivée, les habitants étaient répandus dans la campagne, couchant en plein air, n’osant pas pénétrer dans les maisons menaçant de s’écrouler pour y prendre les objets nécessaires à la vie. Ils avaient faim et nos provisions furent les bienvenues, la terre tremblait encore fréquemment : alors tout le monde se précipitait à genoux et implorait le Seigneur : c’étaient des Grecs orthodoxes.

            Il y avait au mouillage près de nous un petit vapeur de guerre turc. Pendant que nous venions en aide de notre mieux à ces sujets ottomans, le Commandant de ce vapeur employa son équipage à transborder à son bord les meubles garnissant une habitation qu’il avait à terre et qui menaçait de ruines.

            A cette époque lointaine, la France, protection des catholiques d’Orient, mettait quelquefois des bâtiments de guerre à la disposition des dignitaires de l’Eglise pour les transporter d’un point à un autre. Les familles catholiques étaient peu nombreuses et éparpillées dans les îles de l’Archipel. Les moyens de communication étaient rares; on trouvait des catholiques de 30 ans qui n’étaient pas confirmés.  Nous eûmes l’occasion de porter un évêque en tournée de confirmation. Nous eûmes aussi comme passager sur la côte de Palestine un des Princes de l’Eglise, Monseigneur VALUZA, Patriarche de JERUSALEM. C’était un homme encore jeune, d’une grande érudition, ayant beaucoup voyagé et causant volontiers. Il nous dit que la persécution exaltait toujours la religion; que le clergé catholique était d’autant meilleur qu’il était moins dominant. Le clergé espagnol est très médiocre, le clergé italien vaut un peu mieux à cause du voisinage de la Papauté et le clergé français est excellent parce qu’il se sent surveillé par une forte minorité de protestants, il est dépassé par le clergé catholique anglais qui est incomparable parce qu’il est en minorité.

            Au cours d’un des nombreux séjours à BEYROUTH du PROMETHEE, je fis avec un officier de bord une excursion à cheval dans le LIBAN, invités par un jeune et aimable officier de cavalerie français, qui commandait la « Gendarmerie du LIBAN « , corps créé à la suite des massacres de 1860 pour apaiser les conflits fréquents entre les Druses et le Maronites, et surtout pour protéger ceux-ci. Le Capitaine A. demeurait dans une sorte de grand château- fort bâti en pierre de taille et datant peut-être des croisades, néanmoins très bien conservé. Aux alentours se trouvaient de nombreux villages Druses ou Maronites. Je dus rendre visite à un grand chef Druse. Je trouvai un jeune homme de 15 ans revenant à cheval d’une chasse au faucon et entouré de serviteurs très déférents; il me reçut avec des manières très nobles et en employant dans son langage la phraséologie orientale: « Les enfants de mes enfants sauront que tu es venu aujourd’hui dans ma maison ». Je m’efforçai de lui répondre sur le même ton.

            Le lendemain étant un dimanche, nous fûmes à la messe dite dans la petite église d’un village Maronite. Notre hôte nous fit placer dans une loge grillée située au-dessus du chœur, de sorte que nous voyions les visages des fidèles. A l’élévation, il nous offrirent un spectacle singulier : une femme regardait le Christ avec des yeux noyés de passion; une autre était effondrée sans mouvement; une troisième montrait le poing, mécontente, que ses vœux n’aient pas été exaucés…

            Comme nous le disait Monseigneur VALUZA, lorsqu’elle se sent menacée de la persécution, la religion devient exaltée…

            Tels sont mes principaux souvenirs de cette campagne du LEVANT que je devais refaire quinze ans plus tard au début de mon Commandement du VOLTIGEUR.

            Après mon débarquement du PROMETHEE à TOULON, en Octobre 1867, je pris un congé de quelques mois que je passai à Versailles près de mes parents et de la chère tante Célestine chez qui je demeurais, ma belle-mère ne voyant pas de très bon œil un séjour prolongé à la maison paternelle.

            En Mai 1868, j’embarquai sur le PANAMA, frégate à vapeur à roues qui fit un séjour de près de 2 mois à TANGER. J’en ai conservé un excellent souvenir à cause de l’accueil particulièrement aimable que nous fit le Ministre plénipotentiaire de France au MAROC, Monsieur Aimé d’AGOUX : table ouverte, beaux chevaux toujours à notre disposition et par dessus le marché causerie d’artistes. Mr. Aimé d’AGOUX, qui était un peintre distingué, se mit en tête d’apprendre l’aquarelle à ceux de nous qui voudraient bien de ses leçons. J’en profitai et grâce à lui, bien que n’ayant jamais eu aucunes dispositions pour le dessin ou la peinture, j’étais arrivé à faire quelque chose de passable.

            A notre retour en France, au mois de Juillet suivant, j’embarquai sur le Vaisseau Ecole de Canonnage le LOUIS XIV, où je restai jusqu’au 1er Février 1870. Cette période de ma carrière n’offre rien de particulier, sinon que je travaillai beaucoup, sous la direction des deux Capitaines de Vaisseau éminents qui se succédèrent dans le Commandement : Mrs. BONIE et KRANTZ devenus Vice-Amiraux. Ils furent l’un et l’autre très bienveillants pour moi : séjours fréquents sur rades des îles d’HYERES, béatitudes; un mois à TOULON tous les trimestres, telle fut mon existence peu variée jusqu’au 1er Février 1870 où je débarquai à la fin de la période normale de séjour.

            Un mois plus tard, je fus envoyé à l’Ecole des Torpilles de BOYARDVILLE (Ile d’OLERON). On n’y apprenait pas grand chose; le professeur ne pouvait nous dire plus qu’il n’en savait C’était le commencement de cette arme nouvelle qui devait plus tard prendre une importance si grande. Cette désignation pour BOYARDVILLE que l’on considérait je crois en haut lieu comme une faveur me mit d’assez mauvaise humeur et je le manifestai en haut lieu. On me fit dire de me tenir tranquille. En fait, ce passage à l’Ecole des Torpilles me fut fort utile dans la suite de ma carrière comme on le verra plus tard. Il me donna la réputation de savoir quelque chose.

            En Juillet 1870, l’Ecole des Torpilles fut licenciée à cause de la guerre et je fus embarqué comme officier canonnier sur la frégate cuirassée la SAVOIE portant le pavillon d’une des deux escadres destinées à opérer dans la Mer du NORD. A la fin de Juillet l‘Impératrice vient passer l’Escadre en revue et donne au bord de la SAVOIE un grand dîner auquel je fus invité; placé de manière à très bien la voir, elle me paraît déjà bien préoccupée.

            Jusqu’à la paix, nous parcourons le Mer du NORD d’où le pavillon allemand a bientôt disparu; nous attendons en vain l’ordre d’entamer une offensive militaire. Nous renouvelons notre provision de charbon à DUNKERQUE. Nous subissons quelques coups de vent. Pendant l’un d’eux la mer étant très grosse, une lame embarque à bord pendant mon quart et je suis sur le point d’être enlevé et jeté à la mer. Cet hiver 1870-1871 est fort triste pour moi comme pour tant de Français; je suis sans nouvelles des miens. Mon Père, ma Tante Célestine sont à Versailles occupée par les Allemands: mon frère [2] a été fait prisonnier à Sedan [3], sa femme et sa fille Edith sont avec leurs mère [4] et grand-mère à SAINT-GERMAIN près de PARIS occupée par les Allemands.

            Pendant la nuit de Noël, nous étions près de la côte d’ANGLETERRE et voyions les villes et villages brillamment illuminés par cette fête que le Anglais célèbrent encore plus joyeusement que nous. Je pensais aux jours sombres que traversait la France, à la défaite, à la misère, à l’invasion.

            Après la paix, la SAVOIE alla désarmer à TOULON où je restai jusqu’au commencement de Juillet 1871. Je vais alors en congé à Versailles où j’ai la joie de trouver tous les miens. Peu après, je suis nommé pour 6 mois, Membre de la Commission d’examens des inventions concernant les armes et engins de guerre, présidée par un Colonel d’Artillerie et siégeant à PARIS. Chez  beaucoup de braves gens, la guerre avait surexcité le patriotisme à un tel point qu’ils rêvaient d’inventions de nature à écraser l’ennemi lors de la revanche qu’ils croyaient prochaine. Nous étions chargés de faire un premier triage parmi celles présentées au Ministre de la Guerre en éliminant celles qui étaient trop enfantines. Il y en avait beaucoup.

            Au commencement de Janvier 1872, je rejoignis TOULON où je restai jusqu’en Mai. Je fus alors à ma grande joie nommé au Commandement de la canonnière le SCORPION dans la division navales des Mers de Chine. Ce bâtiment n’était guère plus grand que le BOURDAIS que j’avais commandé huit ans auparavant dans les mêmes parages, mais le commandement était plus important, parce que j’y était nommé par le Président de la République. Je quittai TOULON le 20 Mai à bord du transport de l’Etat la CREUSE qui me conduisit jusqu’à SAÏGON où nous arrivâmes le 6 Juillet. Après un séjour d’une semaine assez agréable, je quitte SAÏGON pour HONG-KONG où nous arrivons le 17, je passe sur un autre paquebot des Messageries qui me mit le 24 juillet à YOKOHAMA où je trouve enfin la Corvette cuirassée l’ALMA portant le pavillon du Contre Amiral commandant les Stations de Chine et du JAPON. Je passe sur l’ALMA où je suis fort mal logé pour me rendre à ECHEFOU où je trouverai enfin le SCORPION. Nous quittons YOKOHAMA le 26 Juillet pour ECHEFOU où nous arrivons le 9 Août après avoir traversé la Mer intérieure du JAPON, si jolie à voir et relâché à NAGASAKI. Malgré un manque complet de confortable, je ne regrette pas ce séjour à bord de l’ALMA, il m’a permis de me faire une idée du JAPON, ce pays si curieux et aimable, je n’y avais pas été lors de ma première campagne de Chine et ne devais pas y retourner au cours de cette seconde.


[1] Chevalier le 15-03-1863, Officier en 1881, Commandeur en 1897 et Grand-Officier le 29-12-1903.

[2] Son frère Alfred GODIN (1835-1901) marié en 1866 à Louise CHANTEPIE aura 2 filles, (Marthe Adèle)  Edith née le 06-01-1867 qui épousera Albert MASSé (1854-1915)  et (Gérardine Edith) Madeleine qui naîtra à Ruelle-sur-Touvre le 13-04-1878 et épousera Jean MARRAUD en 1902.

[3] Prisonnier le 1-9-1870 et libéré en avril 1871.

[4] Louise Adèle CHANTEPIE née à Meaux en 1841 est la fille du Notaire Louis Isidore Adolphe et de Marie Adèle WAGNER. Selon le narrateur il y donc 3 générations à Saint-Germain.

            *************

 Souvenirs écrits vers 1920 à Toulon.

Le texte retrouvé était dactylographié, la conversion sous Word, le découpage en épisodes ainsi que les notes ont été réalisés par Joël BACQUER.

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12 août 1835 – Claire Céline Dodun de Kéroman

Acte n°17            12 août 1835

Acte de Naissance de Claire Céline Dodun de Kéroman

Du treize août mil huit cent trente cinq dix heures du matin, acte de naissance de Claire Céline Dodun de Kéroman née le jourd’hier au château gaillard dépendance de hameau d’alfort onze heures et demie du soir présentée et reconnuedu sexe féminin fille de Jean-Baptiste Charles Comte Dodun de Kéroman, propriétaire âgé de trente trois ans demeurant à maisons alfort et de Lydie Louise Desbassaÿns de Richemont son épouse âgée de vingt quatre ans. Constaté par nous adjoint au Maire de maisons alfort Seine, officier de l’état civil sur la déclaration du père de l’enfant et en présence des Sieurs Claude Laurent Marie Marquis Dodun de Kéroman âgé de soixante cinq ans propriétaire, grand-père de l’enfant et de Tréminot françois âgé de trente neuf ans, chef de bureau à la préfecture de la Seine domicilié à Paris rue Saint-Louis n°31. Lesquels après lecture faite ont signé avec nous et le père le présent acte de naissance.

Signatures de :

C Dodun         :  Jean-Baptiste Charles Comte Dodun de Kéroman, père de l’enfant

Treminot         :  Tréminot François. Témoin.

Sainton adjoint   Sainton adjoint au Maire officier état civil.

clm Dodun      :  Claude-Laurent-Marie Dodun de Kéroman, Maire depuis 1813.

                                Grand-père paternel de l’enfant, signe cl ou clm Dodun, illisible.

                                clm signifie Claude Laurent Marie

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Médiathèque de Charenton-le-Pont (vidéo)

La Médiathèque de l’architecture et du patrimoine est chargée de recueillir, d’étudier, d’inventorier, de conserver, de mettre à la disposition aussi bien de l’Administration que du public les ressources documentaires de la Direction de l’architecture et du patrimoine.

L’origine des fonds remonte à la naissance du service des monuments historiques [Historique].

La médiathèque conserve des documents intéressant les édifices à partir de la date de leur protection au titre des Monuments Historiques (archives, plans, photographies, livres et périodiques).

Nouvelle adresse : 11 rue du Séminaire de Conflans, 94 220 Charenton-le-Pont

La salle de lecture est ouverte de 9h30 à 17h30.       Pas de levées entre 12 et 14 heures

Ouverture d’été : les salles de consultation seront ouvertes au public de 13 h 30 à 17 h 30 du 12 juillet au 27 août 2010

Vidéo de présentation de la médiathèque

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AD 65 : Archives départementales, un début en ligne

Communiqué du CGsur leur site

http://www.cg65.fr/front.aspx?sectionId=177

 

Un des objectifs majeurs de la conservation des archives aux Archives départementales est d’en assurer la communication aux différents publics intéressés.

 

La communication des archives s’effectue principalement en salle de lecture, en application des dispositions de l’art. L 213-1 du Code du patrimoine.

La salle de lecture est ouverte du lundi au vendredi de 8h30 à 12h30 et de 13h30 à 18h (17h le vendredi).

Les archives sont communicables selon les délais prévus par la loi :

Art. L 213-1 à L 213-8 du Code du patrimoine (cliquer sur le lien pour consulter les articles du Code)

Les registres paroissiaux et d’état civil, ainsi que certains autres documents, sont consultables exclusivement sur microfilms.

Il est possible de réserver un appareil de lecture à l’avance par un simple appel téléphonique. Les lecteurs reproducteurs ne sont en revanche pas réservables.

Depuis le 1er janvier 2010, les microfilms peuvent être prêtés à d’autres services d’archives à la demande d’un lecteur.

Les modalités de prêt sont les suivantes :

–       repérer les références des bobines de microfilms dans les répertoires ci-dessous ou se renseigner par courrier, téléphone ou courriel (une réponse vous sera apportée exclusivement par courrier ou courriel) ;

–      faire la demande par l’intermédiaire d’un service d’Archives départementales ou municipales, qui transmettra votre demande aux Archives départementales des Hautes-Pyrénées ;

–      s’acquitter des frais d’envoi : 1 enveloppe bulles, format 330 x 255, timbrée à 3,99 €. Le service demandeur assurera le retour des microfilms suivant ses propres dispositions ;

–        Il ne sera envoyé que 2 bobines à la fois, pour une durée d’un mois.

Répertoires des microfilms des registres paroissiaux et d’état civil (à télécharger ou consulter en cliquant sur le titre) :

Adast à Azet

Bagiry à Buzon

Cabanac à Fréchou-Fréchet

Gaillagos à Juncalas

Labarthe à Luz-Saint-Sauveur

Madiran à Ozon

Pailhac à Souyeaux

Tajan à Vizos

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7 août 2010 : Bruno Crémer est décédé à Paris

Né le 6 octobre 1929 dans le Val-de-Marne dans la commune de Saint-Mandé.

Bruno Crémer a été révélé par le rôle de l’adjudant baroudeur Willsdorf dans la 317e section de Pierre Schoendoerffer en 1964. Son physique, son masque lourd, ses yeux bleu froid le destinent évidemment aux rôles d’homme d’action, qu’il sait nuancer.

Un homme de trop (Costa-Gavras, 1967), Le bon et les méchants (C. Lelouch, 1976), Espion lève-toi (Yves Boisset,1982), Noce blanche (JC Brisseau, 1989)

Il incarnait également le commissaire Maigret dans la série télévisée.

Adieu Commissaitre.

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Complément : les personnalités nées, mariées ou décédés en Val-de-Marne

valdemarnais

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10 août 1678 – à Nimègue

Pourquoi ce nom ‘Nimègue’ ?

Le traité de Nimègue a abouti au rattachement de la Franche-Comté à la France, d’où l’origine de son nom.

Un peu d’histoire…

Le traité de Nimègue fut signé le 10 août 1678 à Nimègue (actuels Pays-Bas) entre les Provinces-Unies et la France. Il mit fin à la guerre de Hollande.

Lire la suite sur

http://www.cegfc.net/www/nimegue/Accueil.html

et découvrer le logiciel NIMEGUE …

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GODIN (003) – 1862-1864

SOUVENIRS pour mes ENFANTS et mes PETITS ENFANTS.

VICE AMIRAL  GODIN       1838-1932

 Episode 3– 1862-1864

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            Les armements nécessités par l’expédition du MEXIQUE exigeant un grand nombre d’officiers, je fus débarqué du BUCEPHALE en juillet 1862 et envoyé à CHERBOURG où j’embarquai sur le bateau à vapeur le TOURVILLE. Nous partions dans les derniers jours d’Août portant à VERA CRUZ un millier d’hommes d’Infanterie. Nous y arrivâmes le 11 Octobre après relâche à MADERE et à la Martinique. A MADERE étant allé visiter une villa qui avait été habitée l’hiver précédent par l’Impératrice Elisabeth d’AUTRICHE, je fus vivement frappé par son portrait qu’elle avait laissé en souvenir au propriétaire… Je conservais longtemps le souvenir de cette figure si fière, si jolie et étonnamment gracieuse. Une dure destinée lui était réservée : son beau-frère fusillé au MEXIQUE, son fils assassiné, elle même assassinée plus tard en SUISSE !

            Après avoir relâché à la fin Septembre à la Martinique, nous arrivâmes vers le 10 Octobre à VERA CRUZ (MEXIQUE) et mouillâmes dans la rade voisine de SACRIFICIOS. J’avais goûté le charme de la Martinique. Je voyais pour la première fois l’exubérante végétation tropicale, goûtais des fruits nouveaux si différents des nôtres; à peine le navire était-il mouillé qu’il était envahi par une nuée blanchissante de mulâtresses, la plupart jolies et gracieuses avec leur coiffure et un foulard de madras aux couleurs éclatantes coquettement noué…

            Tout cela est malheureusement gâté pour l’étranger par la présence du terrible trigonocéphale, serpent venimeux d’assez grande taille dont la rencontre est assez fréquente même près des habitations et qui donne la mort quand les soins ne sont pas immédiats, et à cette époque ils ne réussissaient pas toujours. Sur une population de 160 000 âmes le trigonocéphale tuait en moyenne 50 personnes par an. Les habitants de l’Ile ne s’en préoccupaient pas beaucoup parce qu’on s’habitue à tous les dangers, mais les nouveaux arrivants étaient un peu effrayés par ce qu’on leur racontait des méfaits de ce terrible animal.

            Nous avions comme passagère de CHERBOURG à la Martinique où elle allait voir son fils marié, Madame LOMM de HELL, veuve du Géologue et Explorateur; son mari avait rempli plusieurs missions du Gouvernement en CRIMEE, dans le CAUCASE et en PERSE. Elle l’avait accompagné dans ses voyages et avait rédigé en partie le récit, c’est à ce titre qu’elle avait obtenu un passage sur le TOURVILLE. C’était une femme approchant la cinquantaine, de conversation agréable et pas banale, car elle avait beaucoup vu. Elle était la seule femme à bord et quelque peu délaissée. J’avais cependant causé souvent avec elle et eu l’occasion de lui rendre quelques services pendant la traversée : pour m’en remercier elle m’invita à déjeuner chez ses enfants à SAINT-PIERRE, chef-lieu de l’île, et après le repas nous proposa d’aller faire une promenade au jardin de la Ville, très vaste, accidenté, renommé pour sa magnifique végétation et aussi par le nombre de serpents qu’il contenait. Mme L. de H. voulut me conduire sur un plateau d’où l’on a une très belle vue. On y accédait par un sentier étroit passant pendant une partie de son parcours entre un bois épais et un ravin herbeux profond de quelques mètres. A quelque distance Mme L. de H. qui marchait la première, se retourna et me dit : « Voyez ce ravin, il a mauvaise réputation, on l’appelle le trou aux serpents ». Quelques instants plus tard au moment où elle avait le ravin à sa droite, elle fit un faux pas, tomba et roula jusqu’au fond. Jamais je n’ai oublié le cri de terreur poussé par la pauvre femme. Je sautais à son secours, la relevai et l’aidai à remonter. Je n’entendis même pas le frôlement d’un serpent dans l’herbe, comme beaucoup de réputations, celle de ce trou était usurpée, mais Mme L. de H. était tellement impressionnée que nous ne continuâmes pas la promenade. Aujourd’hui le jardin de St-PIERRE n’existe plus, tel qu’il était alors du moins. Il a été détruit ainsi que toute la ville par la fameuse éruption de la Montagne PELEE en 1902.

            Au moment de mon passage à la Martinique j’ignorais que mon arrière-grand-mère du côté maternel [1] était originaire de cette île; elle était la fille d’un Colonel au service du Roi [2] et y naquit en 1756. Elle épousa un très riche négociant Hollandais [3] qui fut à peu près ruiné vers l’époque de la Révolution Française. Sous le Directoire elle habitait dans la même maison que Madame de Beauharnais la future Impératrice Joséphine, alors veuve du Général de Beauharnais guillotinée sous la Terreur, qui était, comme elle, née à la Martinique; des relations s’établirent entre ces deux dames : Joséphine de Beauharnais qui a toujours été une grande dépensière était quelquefois fort gênée.

            Si, à mon passage à la Martinique, j’avais été au courant de certaines affaires de ma famille, j’aurais pu chercher à éclaircir des questions de succession qui sont toujours restées obscures au détriment de mon arrière-grand-mère. Mais cette digression à propos de la Martinique m’a entraîné bien loin, revenons au TOURVILLE.

            Nous arrivons au mouillage de SACRIFICIOS (VERA CRUZ) en pleine épidémie de fièvre jaune, il y en avait des cas sur les nombreux navires en rade; le bâtiment amiral la NORMANDIE perdait un à trois hommes par jours; pendant les quatre mois que nous restâmes sur la côte du MEXIQUE, nous n’eûmes pas un seul cas à bord, et cependant nous communiquions pour les besoins du service avec les bâtiments infestés.

            Vers la fin d’Octobre, nous subîmes au mouillage un très fort coup de vent. Tous les bâtiments de commerce, sauf un seul, cassèrent leurs chaînes et furent jetés à la côte ou sur les récifs, le temps était très mauvais et la mer tellement grosse qu’il était impossible de leur venir en aide. Nous voyions, impuissants, la mer couvrir les bâtiments, les mâtures se briser, les malheureux équipages réfugiés dans ce qui en restait, enlevés par les lames, c’était une vision d’horreur. Les navires de guerre dont les chaînes étaient de meilleures qualité résistèrent.

            En Novembre 1862, je fus désigné pour faire partie de l’expédition de TAMPICO, ville importante située au Nord de VERA CRUZ, à quelques kilomètres de l’embouchure d’un fleuve; l’expédition comprenait un régiment d’infanterie et les 2 canons de débarquement du TOURVILLE que je commandais. La ville fut occupée sans résistance; je fus logé chez une famille Mexicaine, peu nombreuse, qui m’accueillit convenablement; parfois des détails insignifiants restent dans ma mémoire : j’avais une moustiquaire rose, depuis je n’en ai jamais vu d’aussi jolie. C’est à TAMPICO que j’appris avec un grand étonnement ma nomination au choix au grade de Lieutenant de Vaisseau [4] datant déjà de plus d’un mois. Je profitais d’une augmentation de cadre et étais promu avant 24 ans, avant mes anciens de l’Ecole. C’est à ce moment seulement que je commençai à avoir un peu d’ambition. Mes chefs, en me félicitant, la firent naître. Actuellement, on passe Lieutenant de Vaisseau vers 27 ans; avant la guerre on ne passait qu’à 30 ans.

            Après un séjour à TAMPICO de 14 jours, mes canons ne paraissant plus nécessaires dans un pays qui était fort tranquille, je fus renvoyé à bord du TOURVILLE à SACRIFICIOS, où nous restâmes jusqu’au mois de Février 1863. Nous reçûmes alors à notre grande joie de rentrer en FRANCE, en passant par SANTIAGO de CUBA, la GUADELOUPE, la Martinique. Nous ne séjournâmes que peu de temps au premier de ces points. Nous fûmes invités à un bal où je vis danser la « habanera ». C’est bien une danse des pays chauds; les danseurs remuent peu et fort lentement, ils peuvent causer. Nous ne fîmes que toucher pendant quelques heures à la GUADELOUPE où nous avions des passagers à débarquer, parmi eux se trouvait un convalescent de la variole qui la répandit à bord; en 6 jours, nous eûmes 300 hommes couchés. En arrivant à la Martinique, on envoya tous les malades à terre; le bâtiment fut désinfecté et l’épidémie disparut, nous ne perdîmes que 2 hommes.

            A la fin d’Avril, nous étions de retour à CHERBOURG, après une absence de 9 mois. Le TOURVILLE désarma et je rejoignis TOULON en passant quelques temps dans ma famille à Versailles.

            M’ennuyant à TOULON et désirant me faire décorer (j’ai dit plus haut que l’ambition m’étais venue), je permutai avec un de mes camarades désigné pour aller rejoindre la Station de Chine: le pays n’était pas tranquille; on avait des difficultés avec le JAPON, je pouvais donc trouver là une occasion de me distinguer.

            A cette époque, le Canal de SUEZ n’était pas percé; on traversait l’isthme en chemin de fer. Un transport de l’Etat partant de TOULON le 12 Octobre me conduisit à ALEXANDRIE. La traversée de l’isthme ne fut pas simple, car le NIL débordé avait coupé la voie et nous dûmes faire une partie de la route jusqu’aux environs du CAIRE sur un petit vapeur où nous étions nombreux et mal installés. Enfin j’arrivais à SUEZ le 1er Novembre et pris passage sur un autre transport de l’Etat l’EUROPEEN qui marchait très lentement et ne mit pas moins de 2 mois et 20 jours pour atteindre SAÏGON où nous arrivâmes le 20 Janvier après avoir relâché à ADEN, CEYLAN, PONDICHERY, SINGAPOUR. La relâche à PONDICHERY allongea notablement la traversée, mais fut intéressante car elle me donna une idée de la civilisation Indienne, si ancienne et attestée par tant de monuments remarquables. Nous visitâmes l’un d’eux, la pagode de VILLECOUR, à quelques lieues de PONDICHERY, qui a une certaine célébrité. Nous assistâmes à une danse de bayadères [5] que je trouvai peu gracieuse, et quelle musique !

        A SAÏGON, où j’eus la joie de trouver mon frère, alors Capitaine d’Artillerie et pus passer une semaine près de lui au poste de BARIAT, à une demi-journée de SAÏGON en Sampan (embarcation du pays). Le pays est giboyeux, même en tigres; pendant mon séjour, le Chef de Bataillon commandant le poste organisa une chasse à la mode indigène : on entoure de filets solides élevés sur des piquets, un terrain boisé en ne laissant que quelques ouvertures où se postent les chasseurs; puis on lance dans le bois de nombreux rabatteurs qui font résonner le gong et poussent des cris féroces; le gibier effrayé ne peut s’échapper que par les ouvertures des filets où les chasseurs le tirent. A peine avions nous commencé à faire une première enceinte que nous vîmes arriver au grand galop le Maire d’un village voisin pour nous prévenir qu’on avait vu la veille deux tigres dans l’endroit où nous chassions. Il était trop tard pour arrêter les rabatteurs qui couraient un grand danger. Nous chargeâmes nos fusils à balles et attendîmes avec une certaine anxiété. Il ne sortit pas de tigres. Aimant beaucoup la chasse, j’ai chassé dans plusieurs pays où j’étais exposé à rencontrer des animaux dangereux, je n’en ai jamais vu un seul en liberté.

            Je pris passage sur un navire de guerre, pour aller de SAÏGON à HONG-KONG, où je devais prendre un paquebot français pour me rendre à SHANGHAI, un des centres de la division navale des mers de Chine. Après l’avoir attendu vainement 40 jours, je fis cette traversée sur un paquebot anglais. Ce long séjour à HONG-KONG et surtout un voyage à CANTON furent défavorables à ma santé. J’étais venu en Chine, pays peu sain dans les ports du Sud, trop peu de temps après avoir quitté le MEXIQUE où j’avais eu de forts accès de fièvre, ils revinrent à HONG-KONG et j’y contractai le germe d’une maladie de foie qui se déclara peu de temps après mon arrivée à SHANGHAÏ, le 21 Mars 1864. Energiquement soigné, je pus reprendre mon service et par une chance inespérée, je fus nommé par le Contre-amiral Commandant la Station de Chine au Commandement du BOURDAIS, canonnière de 50 hommes d’équipage dont on achevait la construction à HONG-PO, port chinois très important situé à une trentaine de lieues de SHANGHAÏ.

            J’avais 25 ans 1/2, je commandais un joli navire filant 10 nœuds, vitesse très honorable pour l’époque; j’avais 2 officiers charmants encore très jeunes, avec un bon équipage et représentais une certaine force militaire, jamais je n’ai été plus fier de ma carrière. Enfin, j’avais l’espoir de conduire prochainement mon bâtiment au feu; l’Amiral m’avait fait dire de me presser de terminer l’armement parce qu’il avait besoin de moi pour le bombardement de SIMONOSEKI (JAPON) qui devait avoir lieu prochainement. L’équipage  prévenu, travaillait avec ardeur; quand je fus prêt, je reçus une autre mission. Grande déception pour tous! Après l’affaire de SIMONOSEKI, le Chef d’Etat-Major de l’Amiral m’écrivit « Consolez vous de votre déception, le lendemain du combat, nous avons été assaillis par un violent cyclone  dans lequel votre bâtiment aurait certainement disparu : vous et votre équipage serez maintenant au fond de l’eau ». Protection divine !

            Pendant mon séjour à NING-PO, j’allais à la messe tous les dimanches chez les sœurs de St-Vincent de Paul, qui dirigent un orphelinat de petites chinoises. Après la messe, nous leur rendions visite au parloir. Ces courtes réunions étaient très douces. On parlait de la France, que les sœurs avaient quitté sans esprit de retour, mais à laquelle elles pensaient. Un prélat, missionnaire éminent, Monseigneur de la …, Evêque de la province, venait quelquefois visiter l’orphelinat et ne manquait pas de faire serrer les bandelettes des pieds des enfants, ce qui chagrinait beaucoup les Sœurs. Pour obtenir les petits pieds qui donnent aux femmes chinoises une démarche disgracieuse et sans souplesse, on replie les doigts de pied des petites filles sous le dessous du pied et au moyen de bandelettes serrées progressivement, on les amène au contact. C’est une mutilation, l’Evêque l’exigeait, parce que chez les chinois de cette époque, les femmes de mauvaise vie seules n’avaient pas de petits pieds. « Si nous ne leur faisons pas de petits pieds, disait-il, nous ne trouverons pas à les marier, et nous devons surtout chercher à fonder des familles chrétiennes ». Cette mode des petits pieds chez les Chinoises est d’autant plus singulière que les femmes de la race conquérante, la race Mandchoue, ne s’y soumettait pas. Les princesses de la famille Impériale avaient les pieds naturels. J’ai entendu dire récemment que depuis que la Chine est en République, les petits pieds tendent à disparaître. Les femmes s’émancipent. A l’époque où j’ai connu un peu la société chinoise, les femmes étaient dans une condition inférieure; elle n’étaient pas cachées comme les turques, mais on les voyait peu. Elles n’assistaient pas aux repas, même dans les familles chrétiennes aisées on ne leur présentait pas l’étranger, on les lui présentait en les faisant défiler devant lui.

            Au moment où je viens de parler pour la première fois dans ces souvenirs de nos sœurs de charité et de nos missionnaires à l’étranger, je veux rendre hommage à ces bons Français, à ces vaillants soldats du Christ. Insoucieux du bien être matériel dont ils sont dépourvus, envisageant les plus dangereuses éventualités avec un tranquille courage, ces admirables apôtres que n’égalent aucun de ceux des autres religions, sont les meilleurs propagateurs de l’influence Française.


[1] Le Baron Richard d’ARCY (né en 1729), marié en 1751 à Jeanne Judith KIRWAN, Officier au Régiment Irlandais de Lally puis Colonel d’Infanterie eut au moins deux enfants Richard Daniel Dominique (né en 1755 à Saint-Pierre de Martinique) et Jeanne Elisabeth Judith D’ARCY (arrière-grand-mère de Henry GODIN) qui épousa Pierre Dubbeldemuts VAN DYCK. Leur fille Jeanne Judith Amélie VAN DYCK épousa Valentin Joseph WEIGEL, c’est le couple des grands parents maternels de Alfred et d’Henry GODIN.

Norman I d’ARCY chevalier normand prit part à l’expédition en Angleterre avec Guillaume le Conquérant en 1066. Cet ancêtre (33 générations de Norman I d’ARCY à Jeanne Elisabeth Judith D’ARCY) a été retrouvé grâce aux archives familiales GODIN-LEYGUE.

[2] Le Baron Richard d’ARCY obtint des lettres de naturalisation et confirmation de noblesse en janvier 1758 et reçut le brevet de colonel le 29 décembre 1779.

[3] Pierre Dubbeldemuts VAN DYCK veuf à 60 ans de Jeanne Elisabeth Judith D’ARCY.

[4] Enseigne de Vaisseau le 01-09-1858 et Lieutenant de Vaisseau le 18-10-1862 avant 24 ans.

[5] Bayadère : danseuse de l’Inde.

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 Souvenirs écrits vers 1920 à Toulon.

Le texte retrouvé était dactylographié, la conversion sous Word, le découpage en épisodes ainsi que les notes ont été réalisés par Joël BACQUER.

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