France Pittoresque – 1835 : Corrèze (2)

Département de la Corrèze. ( Ci-devant Bas-Limousin )

 

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VILLES, BOURGS, CHATEAUX, ETC.
DIVISION POLITIQUE ET ADMINISTRATIVE.
POPULATION.
GARDE NATIONALE.
IMPOTS ET RECETTES.
DEPENSES DEPARTEMENTALES.
INDUSTRIE AGRICOLE.
INDUSTRIE COMMERCIALE.
BIBLIOGRAPHIE.
 
 
 
 

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VILLES, BOURGS, CHATEAUX, ETC. 

        

      TULLE, ville et ch.-l. de préf., au confluent de la Corrèze et de la Solane, à 120 l. S. de Paris. Pop. 8,689 hab. – On prétend que cette ville, située dans une gorge étroite que Baluze appelait vallis satis amoena, doit son ancien nom, Tutela, à un fort construit et placé par les Romains, comme un poste avancé, afin de protéger contre toute surprise leurs légions établies plus haut, à l’est, vers Naves et Tintignac. Il paraît plus certain que Tulle s’est formé autour d’un monastère qu’en 1318 le pape Jean XXII érigea en évêché, dont le siège a été illustré par le célèbre orateur Mascaron. L’évêque était seigneur de la ville, avec le titre de vicomte. Cette ville devint ensuite la capitale du Bas-Limousin. Son présidial, institué en 1553, s’étendait sur cent quarante petites villes, bourgs ou communes, et connaissait des appels des sénéchaussées d’Uzerches et de Martel (en Quercy), ainsi que du siège ducal de Ventadour. – Tulle, heureusement pour ses habitants, n’a pas légué beaucoup de souvenirs à l’histoire. Elle n’a été exposée à aucun siège meurtrier, ni ravagée par aucune grande épidémie. La vallée baignée par la Corrèze, et sur les flancs de laquelle sont groupées les maisons de Tulle, est entourée de collines pittoresques, couvertes d’arbres et de verdure. La ville est petite, les maisons en sont vieilles et laides, mais elle possède une jolie promenade au bord de la rivière, de beaux quais, des ponts nombreux, une église semi-gothique, semi- carlovingienne, dont la flèche élancée a de la hardiesse et de l’élégance, un palais de justice bien distribué, de vastes bâtiments consacrés à la manufacture d’armes, un bel hôpital bien tenu, une caserne de gendarmerie, une prison départementale, un collège, un séminaire, une salle de spectacle et une bibliothèque riche de 2,000 volumes. On trouve d’ailleurs chez les habitants un grand penchant aux embellissements. Aussi peut-on espérer d’y voir dans quelques années des rues garnies de beaux édifices et des places régulières. – On trouve à Tulle quelques maisons ornées de sculptures originales, d’une architecture gothique ou de la renaissance, qui témoignent de l’opulence des familles qui habitaient autrefois cette ville. Nous indiquerons aux curieux une maison du XIVe siècle, dite la Maison Sage, située sur la place principale, et dont la façade gothique, parfaitement conservée, est ornée d’arabesques sculptées du meilleur goût et d’une belle exécution. – Le cimetière de Tulle, dans une position remarquable, est situé sur un mamelon isolé qui domine la ville, et sur la croupe duquel, un peu plus bas, se trouve une haute tour carrée dont la construction est attribuée aux Romains. Cette tour a long-temps servi de prison.

         ARGENTAT, sur la Dordogne, ch.-l. de cant., à 6 l. ¾ de Tulle. Pop. 3,121 hab. – Cette ville dépendait autrefois de la vicomté de Turenne. Au XIIIe siècle il existait un monastère dont l’abbé, Bernard de Ventadour, architecte de Nontron, obtint le privilège pour la ville de tenir des marchés publics, privilège qui contribua beaucoup à l’accroissement d’Argentat. Durant les troubles de la ligue, les habitants avaient bâti, pour leur défense, quatre forts qu’ils furent ensuite contraints de démolir. – Jusqu’en 1828, on était obligé de traverser la Dordogne sur un bac, passage souvent dangereux et toujours pénible ; en 1828 on y a construit un magnifique pont suspendu en fil de fer.

         TREIGNAC, sur la Vezère, ch.-l. de cant., à 10 l. ¼ de Tulle. Pop. 2,704 hab. – Cette ville est située sur la rive gauche de la rivière, non loin des montagnes des Monaidières. Elle est séparée de Meymac par une suite continue de montagnes. – Sur l’une des plus hautes et des plus âpres, nommée la Croix de Lescaut, s’élève une chapelle dédiée à la Vierge et destinée à servir d’asile au voyageur surpris par la tempête : cette chapelle avait, avant la révolution, une cloche que les habitants du hameau voisin aillaient sonner tour à tour pendant la saison des neiges. – Treignac est une ville ancienne ; elle renferme peu d’édifices remarquables, mais on y voit quelques maisons d’architecture gothique. – Elle possède une église gothique curieuse à visiter, un collège, une halle couverte et une promenade agréable quoique petite. – Le nouveau pont, sur la Vezère, jeté entre deux rochers escarpés, présente une seule arche d’une hardiesse et d’une beauté remarquable. – Le château de Treignac, situé sur un roc escarpé, entouré de trois côtés par un circuit de la Vezère, n’offre plus que des ruines ; mais ces ruines sont imposantes et donnent une grande idée de la puissance des seigneurs de cette forteresse qui a appartenu successivement aux maisons de Comborn, Pompadour et d’Hautefort.

         UZERCHE, sur la Vézère, ch.-l. de cant. à 6 l. ¾ de Tulle. Pop. 3,214 hab. – Cette ville, disent les anciens auteurs, avait été fortifiée par Pépin, dans ses guerres contre Vaïfre, duc de Limoges. On y montrait la Tour de Léocaire, où ce maire du palais eut la tête tranché. on voit aussi hors de la ville, les ruines de l’ancien château de la Blanche, où l’on prétend qu’habitait Saint-Martial lorsqu’il prêchait la foi dans le Limousin. – Uzerche soutint plusieurs sièges. En 1559 elle tomba au pouvoir des protestants ; mais elle ne resta pas long-temps en leurs mains. Cette ville a la prétention d’avoir possédé pendant quelques temps l’évêché érigé à Limoges. Elle a eu de l’importance, et possédait autrefois une sénéchaussée qui, avant l’érection de celle de Saint-Yriex, s’étendait sur environ 150 communes. Cette ville est assise sur un rocher amphibolique ; ses maisons, bâties en amphithéâtre, étaient jadis presque toutes décorées d’une ou de plusieurs petites tours, d’où était venu le proverbe, qui a maison à Uzerche, a château en Limousin. Quelques-uns de ces édifices subsistent encore et produisent un effet pittoresque. La Vezère, profondément encaissée, entoure la ville de trois côtés. Uzerche a deux faubourgs qui, depuis quelques années, ont attiré tout le commerce et toute l’industrie. Une dame célèbre a placé dans les environs de cette ville le théâtre d’un de ses romans. On montre dans la vallée de la Vezère le château d’Adèle, celui de Théodore, et l’ermitage de madame de Genlis.

         BRIVE, dans un vallon riant, sur la rive gauche de la Corrèze, ch.-l. d’arrond., à 7 l. S ;-O. de Tulle. Pop. 8,031 hab. – En 585 Gondebaud, qui se disait fils de Clotaire, y fut élevé sur un bouclier et proclamé roi d’Aquitaine. Cette ville dépendait autrefois du Périgord ; elle en fut détachée, sous Charles V, pour être réunie au Limousin, sur la demande du pape Grégoire XI, qui était de la maison de Turenne. – Brive a eu long-temps la prétention d’être la capitale du Bas-Limousin ; ses discussions avec Tulle et Uzerche, pour obtenir le siège de la sénéchaussée de la province, ont duré plusieurs siècles. – Cette petite ville est une des plus agréables du département. – Elle possède un bel hôpital, une église curieuse, un grand nombre de fort jolies maisons particulières, une promenade ombragée, sur le bord de la Corrèze, et des boulevards qui ont sans doute remplacé ses anciens remparts et qui l’entourent d’une chaîne de verdure. – On se plaint de ce que l’eau n’y est pas de bonne qualité, et l’administration s’occupe d’y établir des fontaines. – Non loin de Brive, sur la route de Tulle, se trouvent les ruines de l’ancien château de Beaufort, qui, dans le XVe siècle, servait de retraite à une de ces troupes d’aventuriers appelés Brabançons, introduits en France à la suite de nos guerres avec les Anglais, et qui ravageaient le pays. – Les seigneurs limousins prirent les armes ; les aventuriers furent attaqués dans leur repaire et défaits le 21 avril 1477 : on en tua deux mille, et depuis le nom de Beaufort fut changé en celui de Mallemort. – Il existe à Mallemort une magnifique filature appartenant à M. le baron Leclerc.

         BEAULIEU, sur la rive droite de la Dordogne, ch.-l. de cant., à 8 l. ¼ de Brive. Pop. 2,415 hab. – Cette ville doit son origine à un monastère de l’ordre de Saint-Benoît, fondé vers l’an 846, par Raoul de Turenne, archevêque de Bourges. – Durant les troubles de la ligne, Beaulieu, assiégé par les troupes du duc de Mayenne, s’empressa de se rendre à d’Hautefort, son lieutenant ; celui-ci venait d’emporter de vive force Grignac, où il avait fait pendre, pour l’exemple, tous les habitants. – Un peu au-dessous de Beaulieu se trouve le port d’Estresses, sur la Dordogne, lieu célèbre par la victoire qu’un duc de Bourgogne y remporta en 930 sur les Normands ; ce lieu fut encore, en 1586, le théâtre d’un combat entre les catholiques et les protestants. – On voit à Beaulieu une église enrichie de sculptures gothiques remarquables.

         NOAILLES, commune et château, à 2 l. S. de Brive. Pop. 704 hab. – C’était autrefois le chef-lieu d’un duché-pairie érigé en 1663 en faveur d’André de Noailles, premier capitaine des gardes de Louis XIV. Cette duché-pairie comprenait, outre quatorze paroisses, le comté d’Ayen et les châtellenies de l’Arche, de Maussac et de Terrasson. – On voit à Noailles un beau château dont le propriétaire, M. le comte de NOAILLES, ancien député, ancien ministre d’état, pratique toutes les vertus qui ont fait vénérer le nom de La Rochefoucault-Liancourt : écoles publiques, ateliers d’instruction, fabriques où le pauvre trouve du travail, hôpitaux où le malade reçoit des soins, églises où le malheureux va chercher des consolations ; il a tout fondé à ses frais et pour l’usage de ses concitoyens.

         POMPADOUR, village et château situés dans la commune d’Arnac, à 6 l. N.-O. de Brive. Pop. 1,196 hab. – Ce lieu était célèbre par un haras de chevaux limousins, arabes, andalous, etc., qui y fut fondé en 1763 par la réunion en un seul corps de biens des terres de Pompadour, de Brêt, de Saint-Cyr-la-Roche et de la Rivière, appartenant à la couronne. Ce haras était un des plus beaux de France. Ce n’est plus aujourd’hui qu’un dépôt d’étalons. – En 1802, il y avait aussi à Pompadour une bergerie renfermant un troupeau de bêtes à laine, race pure d’Espagne, avec quelques buffles et bœufs de Romanie. – On prétend que Guy de Lastours avait fait bâtir le premier château de Pompadour pour se mettre à couvert des incursions des seigneurs de Ségur. Ce château, brûlé en 1200, pendant les guerres qui suivirent la mort de Richard-Cœur-de-Lion, avait été reconstruit sur un plus vaste plan ; il en subsiste encore de grands reste qui ont été réparés pour l’habitation du directeur et des employés du haras. On y a joint un beau manège couvert et de magnifiques écuries. En 1267, Jeanne de Bretagne, vicomtesse de Limoges, donna à un seigneur de Pompadour, la justice haute, moyenne et basse des communes d’Arnac et de Saint-Cyr-la-Roche ; Geoffroi de Pompadour, évêque du Puy, fonda en 1503, un petit chapitre composé de huit chanoines ; les seigneurs de Pompadour firent en 1530 une fondation plus utile, celle du collège de Saint-Michel, à Paris, pour l’instruction des écoliers limousins. Les Pompadour furent long-temps lieutenants du roi et gouverneurs du Limousin. Cette noble et puissante famille méritait en s’éteignant de laisser une réputation honorable ; malheureusement le nom de Pompadour ne nous est arrivé que souillé par le souvenir de la célèbre maîtresse à qui, en 1745, Louis XV donna, avec le château et ses dépendances, le titre de duchesse de Pompadour. Par une coïncidence singulière, les armes de l’ancienne maison de Pompadour étaient des poissons comme ceux qui servaient d’armes parlantes à madame d’Etioles, dont le nom de famille était Poisson.

         TURENNE, commune, à 3 l. ¾ de Brive. Pop. 1,988 hab. – Cette ville est bâtie tout autour d’une montagne qui s’élève graduellement en forme d’un cône tronqué ; à son sommet apparaissent les ruines de l’ancien château, dont la grande tour, dite tour de César, domine un vaste horizon et un territoire agréable et fertile. – Ce château fut le berceau de la famille qui a donné à la France un de ses plus illustres guerriers.

         USSEL, ville entre deux rivières (la Diège et la Sarzonne), ch.-l. ? d’arrond., à 15 l. N.-E. de Tulle. Pop. 3,963 hab. – Cette ville, autrefois entourée de murailles, était le chef-lieu du siège ducal de Ventadour. – Elle paraît avoir été construite sur l’emplacement d’un ancien camp romain. On trouve fréquemment dans ses environs des médailles, des urnes, des vases, etc. – Les restes d’une voie militaire y sont faciles à reconnaître ; enfin elle possède sur une de ses places une aigle antique en granit et de stature colossale. Cette aigle, posée sur un piédestal en granit, sert aujourd’hui d’ornement à une de ses places. – Ussel a soutenu plusieurs sièges et a beaucoup souffert dans les XIIIe, XIVe et XVe siècles, lors des guerres contre les Anglais. Le patois du pays conserve le proverbe : meschant come un angly. – Cette ville fut aussi dévastée par plusieurs incendies en 1358, en 1404, en 1472 ; enfin elle fut exposée aux ravages de la peste qui enleva une parie de la population en 1438, en 1564 et en 1587. La peste de 1438 dura trois ans et ne s’éteignit qu’en 1440. – Ussel ne possède aucun édifice remarquable. Son ancien château a été démoli il y a long-temps, et le monticule qu’il occupait a été aplani pour y recevoir une halle couverte. – L’église paroissiale possédait, avant la révolution, de beaux vitraux coloriés et un orgue antique qui lui avait été donné par un seigneur de Pauliat, dont les armes parlantes (un paon lié par les pieds) y étaient représentées. – Ussel a été le théâtre, il y a environ un siècle, d’une mystification dont le souvenir est encore désagréable aux habitants. – On prétend qu’un jeune espiègle, clerc de procureur à Clermont, vint visiter Ussel avec plusieurs amis, revêtus comme lui de costumes empruntés à la garde-robe de quelque théâtre, qu’il y fit une entrée triomphale, se donna et fut reconnu, par le peuple et les autorités, pour un prince grec, et qu’il s’y fit ainsi héberger pendant plusieurs mois. – La ville de Brive a été aussi, il y a vingt-cinq ans, la victime d’une mystification plus sérieuse. – Un prisonnier espagnol réfugié s’y fit passer pour le cardinal archevêque de Tolède, vécut aux dépens des bonnes âmes de la ville, célébra la messe pontificalement, ordonna des prêtres, fit des mariages et extorqua des sommes considérables à plusieurs habitants et notamment au curé, M. de Cosnac, qui est devenu depuis archevêque de Sens.

         BORT, sur la Dordogne, ch.-l. de cant., à 5 l. d’Ussel. Pop. 2,291 hab. – Le faubourg de cette ville situé de l’autre côté de la rivière dépendait autrefois de l’Auvergne. – On voit de Bort la crête d’une chaîne de rochers basaltiques qui présentent une suite de colonnes prismatiques, et que, pour cette raison, on nomme dans le pays les Orgues de Bort. – A une lieue et demie au sud se trouve une cascade curieuse appelée Saut de la Sole, et formée par une petite rivière affluent de la Dordogne. Marmontel, qui était né à Bort, en parle dans ses Mémoires, la signale comme une des plus belles cataractes du continent. « Il ne lui manque, dit-il, pour être renommée, que de plus fréquents spectateurs ». Voici la description qu’en a donnée M. Verneilh de Puyrazeau, ancien préfet de la Corrèze : « Cette cascade, que j’ai visitée, est remarquable par le volume de ses eaux, par la hauteur de sa chute, et surtout par la forme des récifs qui encombrent le lit inférieur de la rivière. On y voit de nombreux contours, plus ou moins profonds, que la cascade a creusés à la longue dans les rochers. Au pied de la saillie actuelle, à 6 mètres environ au-dessus du gouffre où les eaux se précipitent, s’élève un de ces rochers, dont le sommet a été ainsi creusé en forme de tonneau, ce qui l’a fait nommer plaisamment Tribune aux harangues ».

         MEYMAC, ch.-l. de cant., à 4 l. ¾ d’Ussel. Pop. 3,130 hab. – Il y existait dans l’origine un monastère de l’ordre de Saint-Benoît, auquel les seigneurs de Ventadour firent, en 1080, des dons considérables, et dont l’église renfermait les tombeaux de cette puissante famille. – Cette ville, située dans une vallée agréable et riante, possède un hospice fort bien tenu et une église ancienne, où se trouvent des sculptures et de vieux tableaux très curieux.

 

VILLES, BOURGS, CHATEAUX, ETC. 

 

         POLITIQUE. – Le département nomme 4 députés. – Il est divisé en 4 arrondissements électoraux, dont les chefs-lieux sont : Tulle, Brive, Uzerche, Ussel. – Le nombre des électeurs est de 857.

         ADMINISTRATIVE. – Le chef-lieu de la préfecture est Tulle.

         Le département se divise en 3 sous-préf. ou arrond. commun

                  Service du trésor public. – 1 receveur général et 1 payeur (résidant à Tulle), 2 receveurs particuliers, 3 percepteurs d’arrond.

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  Cantons Communes Habitants
Tulle 12 118 126,532
Brive 10 101 111,024
Ussel 7 74 57,278
Total 29 293 294,834

 

 

         Contributions directes. – 1 directeur (à Tulle) et 1 inspecteur.

         Domaines et Enregistrement. – 1 directeur (à Tulle), 1 inspecteur, 2 vérificateurs.

         Hypothèques. – 3 conservateurs dans les chefs-l. d’arr. comm.

         Contributions indirectes. – 1 directeur (à Tulle), 3 receveurs entreposeurs.

         Forêts. – Le département fait partie du 31e arrondissement forestier, dont le chef-lieu est Aurillac.

         Ponts-et-Chaussées. – Le département fait partie de la 12e inspection, dont le chef-lieu est Clermont-Ferrant. – Il y a 1 ingénieur en chef en résidence à Tulle.

         Mines. – Le département fait partie du 2e arrondissement et de la 1re division, dont le chef-lieu est Paris.

         Haras. – Le département fait partie (pour les courses de chevaux) du 5e arrond. de concours, dont le chef-lieu est Limoges ; les courses de Tulle (à l’hippodrome de Gimel) ont été supprimées il y a quelques années. – Il y a à Pompadour un dépôt royal où se trouvent 143 chevaux, étalons, etc.

         Loterie. – Le département de la Corrèze a le bonheur de ne renfermer aucun bureau de loterie.

         MILITAIRE. – Le département fait partie de la 20e division militaire, dont le quartier général est à Périgueux. – Il y a à Tulle 1 maréchal de camp commandant la subdivision et 1 sous-intendant militaire. – Le dépôt de recrutement est à Tulle. – La compagnie départementale de la Corrèze fait partie de la 11e légion de gendarmerie, dont le chef-lieu est à Limoges. – Il existe à Tulle une manufacture royale d’armes à feu portatives, qui a pour directeur un officier supérieur d’artillerie.

         JUDICIAIRE. – Les tribunaux du département ressortent de la cour royale de Limoges. – Il y a 3 tribunaux de 1re instance (à Tulle (2 chambres), à Brive et à Ussel), et 2 tribunaux de commerce (à Tulle et à Brive).

         RELIGIEUSE. – Culte catholique. – C’est le seul culte exercé ans le département qui forme le siège d’un évêché érigé dans le XIVe siècle, suffragant de l’archevêché de Bourges, et dont le siège est à Tulle. – Il y a dans le département : à Tulle, un séminaire diocésain qui compte 70 élèves, – à Servières, une école secondaire ecclésiastique ; – à Brive, une école secondaire ecclésiastique. – Le département renferme 3 cures de 1re classe, 31 de 2e, 221 succursales et 46 vicariats. – Il y existe 7 frères de la doctrine chrétienne, instruisant 5°° élèves ; 11 congrégations religieuses composées de 156 femmes, tant religieuses que pensionnaires, chargées des hospices et dirigeant des écoles gratuites et des pensionnats ; dans l’un de ces pensionnats on compte 80 élèves, et dans l’une de ces écoles gratuites 100 élèves.

         UNIVERSITAIRES. – Le département est compris dans le ressort de l’Académie de Limoges.

         Instruction publique. – Il y a dans le département : – 5 collèges : à Brive, à Treignac, à Tulle, à Ussel, à Uzerche. – 1 école normale primaire à Tulle. – Le nombre des écoles primaires du département est de 131, qui sont fréquentées par 3,068 élèves, dont 2,453 garçons et 615 filles. – Les communes privées d’écoles sont au nombre de 220.

         SOCIETES SAVANTES, ETC. – Il y a à Tulle une Société d’Agriculture.

 

POPULATION. 

 

D’après le dernier recensement officiel, elle est de 294,834 hab. et fournit annuellement à l’armée 833 jeunes soldats.

         Le mouvement en 1830 a été de,

Mariages       2,648

Naissances    Masculins      Féminins

         Enfants légitimes      4,683  4,322  )

         Enfants naturels       231     235     ) Total 9,471

Décès           3,399            3,468  . Total 6,867

         Dans ce nombre 3 centenaires.

 

GARDE NATIONALE. 

 

         Le nombre des citoyens inscrits est de 59,051.

         Dont : 27,767 contrôle de réserve.

                   31,284 contrôle de service ordinaire.

         ces derniers sont répartis ainsi qu’il suit :

                   31,233 infanterie.

sapeurs-pompiers.

         On en compte : armés, 2,172 ; équipés, 565 ; habillés, 2,458.

         20,288 sont susceptibles d’être mobilisés.

         Ainsi sur 1,000 individus de la population générale, 200 sont inscrits au registre matricule, et 69 dans ce nombre sont mobilisables ; sur 100 individus inscrits sur le registre matricule, 53 sont soumis au service ordinaire, et 47 appartiennent à la réserve.

         Les arsenaux de l’Etat ont délivré à la garde nationale 2,308 fusils, 43 mousquetons, 2 canons et des pistolets, sabres, etc.

 

IMPOTS ET RECETTES. 

 

         Le département a payé à l’Etat (1831) :

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Contributions directes : 1,926,514 f.  38 c.
Enregistrement, timbre et domaines : 1,043,765 f.  81 c.
Boissons, droits divers, tabacs et poudres : 684,027 f.  12 c.
Postes : 102,572 f.  02 c.
Produit des coupes de bois : 44 f.  10 c.
Produits divers : 20,352 f.  37 c.
Ressources extraordinaires : 290,527 f.  30 c.
         Total : 4,067,803 f.  10 c.
  
 

        Il a reçu du trésor 2,563,442 f. 44 c. dans lesquels figurent :

 

La dette publique et les dotations, pour  391,175  43 c.
Les dépenses du ministère de la justice 96,976  59 c.
         de l’instruction publique et des cultes 340,617  57 c.
         de l’intérieur 122,478  35 c.
         du commerce et des travaux publics 643,744  82 c.
         de la guerre 375,947  85 c.
         de la marine 517  50 c.
         des finances 74,341  85 c.
Les frais de régie et de perception des impôts 371,726 f. 65 c.
Remboursem., restit., non-valeurs et primes 145,915 f. 83 c.
         Total 2,563,442 f 44 c.
     

         Ces deux sommes totales de paiements et de recettes représentant à peu de variations près le mouvement annuel des impôts et des recettes, le département paie annuellement à l’Etat 1,504,361 francs 66 cent. de plus qu’il ne reçoit. dans un pays privé de tout commerce extérieur ou maritime, cette extraction énorme de numéraire suffit pour expliquer comment l’industrie manufacturière ne prend aucun développement, et comment l’industrie agricole reste dans un état de langueur et de dépérissement. Il n’y a pas de capitaux dans le pays, et il ne peut y en avoir. Ce département est un de ceux dont toutes les économies et tous les bénéfices sont absorbés par le gouvernement central. La misère sera son lot tant qu’une plus équitable distribution des impôts n’aura pas été adoptée.

 

DEPENSES DEPARTEMENTALES. 

 

         Elles d’élèvent (en 1831) à 249,458 f. 44 c.,

SAVOIR : Dép. fixes : traitements, abonnem., etc.        54,129 f. 06 c.

   Dép. variables : loyers, réparations, secours, etc.      195,329 f. 38 c.

         Dans cette dernière somme figurent pour

         17,000 f. les prisons départementales,

         50,000 f. les enfants trouvés.

Les secours accordés par l’Etat pour grêle, incendie, épizootie, etc., sont de  26,600 f. 00 c.

Les fonds consacrés au cadastre s’élèvent à       39,499 f. 68 c.

Les dépenses des cours et tribunaux sont de      79,794 f. 97 c.

Les frais de justice avancés par l’Etat de  21,417 f. 55 c.

 

INDUSTRIE AGRICOLE. 

 

         Sur une superficie de 595,000 hectares, le départ. en compte :

                   280,000        mis en culture.

                   13,841 forêts.

                   13,893 vignes.

                   90,000 prés et pacages.

                   180,000        landes et friches.

         Le revenu territorial est évalué à 7,715,000 francs.

         Le département renferme environ

                   6,500  chevaux.

                   50,000 bêtes à cornes (race bovine).

                   50,000 chèvres.

                   80,000 porcs.

                   200,000        moutons.

         Les troupeaux de bêtes à laine en fournissent chaque année environ 450,000 kilogrammes.

         Le produit annuel du sol, en céréales, en parmentières et en avoines, suffit à la consommation du pays ; celui en vins ne devrait pas suffire, mais comme peu de cultivateurs en boivent, il en reste encore une petite quantité pour l’exportation.

         L’agriculture du département, malgré l’établissement d’une ferme modèle dans les environs de Tulle, est encore fort arriérée. L’attachement des habitants des campagnes pour leurs vieilles et routinières méthodes en est sans doute une des causes ; mais il serait fort injuste de ne pas en trouver le motif déterminant dans le manque de capitaux, causé par l’énorme surcharge des impôts.

         Naguère encore, les populations des campagnes étaient dans la désolation quand la récolte des châtaignes et celle du sarrasin manquaient. La culture des pommes de terre, qui se répand de plus en plus, les garantit aujourd’hui de la disette. Une grosse espèce de navets, qu’on appelle raves dans le pays, est un légume très estimé des habitants. – Les pois verts de Treignac sont justement réputés pour leur goût fin et sucré. – A l’exception des pêches et des cerises, les fruits sont généralement d’une qualité médiocre. – Les bois de châtaigniers sont à de certaines époques de l’année remplis d’une grande quantité d’excellents champignons (oronges, ceps, etc.), dont les paysans trouvent toujours un débit assuré dans les villes du département.

         On nourrit dans la Corrèze des bœufs pour la consommation de la capitale et des porcs qui sont vendus aux départements au Midi. L’élève des chevaux y est presque nulle, mais on s’y occupe de celle des mulets, destinés aux marchés de la Catalogne et de l’Aragon.

         Culture. – En général, l’assolement est biennal. Les terres sont engraissées avec le fumier des étables, ou avec les terreaux provenant de tous les détritus de végétaux que, par un abus trop communément toléré, on fait pourrir dans les voies publiques. – L’araire est seul en usage pour le labour. Dans plusieurs endroits, il est tel que Virgile le décrit chez les Romains. – On se sert de bœufs pour la charrue et les transports des exploitations rurales. – Les cultures du seigle, du sarrasin et de l’avoine sont les plus répandues. – L’arrondissement de Brive est le seul où l’on cultive de préférence le froment et le maïs ; dans la plupart des cantons des autres arrond., le maïs n’est cultivé que comme fourrage.

         Prairies. – Les prairies naturelles et les pacages sont de bonne qualité, mais on voit peu de prairies artificielles. – L’arrosement des prés est bien entendu ; les eaux, qui jaillissent en abondance des montagnes, donnent de grandes facilités pour les irrigations.

         Vignes. – Les vignes sont cultivées avec succès dans l’arrondissement de Brive et dans la partie sud de l’arrondissement de Tulle. Les vins blancs de Meyssac et les vins rouges du Puy-d’Arnac jouissent d’une réputation méritée.

 

INDUSTRIE COMMERCIALE. 

 

         L’industrie est encore moins en progrès que l’agriculture. L’absence totale de capitaux est un obstacle insurmontable à toutes les entreprises. L’importante canalisation de la Vezère et de la Corrèze a été arrêtée par ce motif. Les exploitations de mines qu’on avait commencées sont pour la plupart suspendues.

         Une vaste filature auprès de Brive, les forges de la Grenerie et l’exploitation de la houillère de Lapleau, sont de tous les établissements particuliers ceux qui ont le plus d’importance et qui occupent le plus grand nombre d’ouvriers. – La belle manufacture d’armes de Tulle est un établissement mixte, en quelque sorte, où le travail, au compte d’un entrepreneur, se fait sous la direction des officiers de l’artillerie. – Elle peut fabriquer annuellement de 30 à 36,000 fusils, et elle occupe, tant à Tulle, Souillac, Laguene, que dans les annexes qu’elle a à Meymac et à Treignac, environ 1,000 ouvriers. Le prix du fusil est fixé à 34 fr. 80 cent. (bénéfice de l’entrepreneur compris). Cette manufacture, déduction faite du prix des matières premières qu’elle est obligée d’acheter au dehors, verse annuellement dans le pays de 4 à 500,000 fr. Si elle était enlevée au département, une partie de la population de la ville et de l’arrondissement de Tulle serait réduit à la misère.

         Trois papeteries, quelques brasseries, des tanneries, des verreries, des briqueteries, des fabriques d’étoffes de laines du pays, de bougies, de cire blanche, d’huile de noix, de vinaigre, etc., complètent à peu près la liste des établissements industriels de la Corrèze. – On fait à Argentat un grand commerce de bois merrain. – Brive est le centre du commerce des truffes et des volailles truffées. – On prétend que l’espèce de dentelle nommée point de Tulle a été inventée à Tulle, et des ouvrages statistiques très vantés, publiés de nos jours, répètent que cette ville est encore le lieu central de cette fabrication ; nous pouvons affirmer qu’il n’y existe, non plus que dans le département, aucun ouvrier en tulle. Il est même de notoriété publique que depuis un temps immémorial on n’y a vu aucun métier de point de Tulle.

         Avec une industrie aussi peu développée, il n’y a pas lieu de s’étonner que le département de la Corrèze soit un de ceux qui n’ont rien envoyé à la dernière exposition générale des produits de l’industrie.

         FOIRES. – Le nombre des foires du département est de 638. Elles se tiennent dans 76 communes, dont 27 chefs-lieux, et remplissent 645 journées. Les foires mobiles, au nombre de 76, remplissent 76 journées. Il y a 18 foires mensaires.

         217 communes sont privées de foires.

         Les articles de commerce sont les bestiaux de toutes espèces, les porcs, les chevaux, les mulets, etc. : les huiles, les vins, les grains, les fils, chanvres, etc. – La foire dite de la Saint-Clair, à Tulle, attire un grand concours de marchands. On y vend des articles de toutes espèces, coutellerie, orfèvrerie, faïencerie, porcelaines, étoffes, objets de fantaisie, etc.

 

BIBLIOGRAPHIE. 

 

         Considérations sur la Topographie de Brive, par Lestourgie ; in-8. Paris, 1803. – Annuaire du départ. de la Corrèze pour l’an XII, par Ph. Juge, secrétaire général ; in-12. Tulle, 1804. – Essai de Statistique du dép. de la Corrèze, par A. Firmigier ; 1804 ‘Ann. de Statist., t. IV). – Statistique de la Corrèze, par Verneilh de Puyrazeau ; in-8. 1804 (Ann. de Statist., t. VIII). – Statistique de la Corrèze, par Peuchet et Chanlaire, in-4. Paris, 1808. – Histoire de la ville d’Ussel, par Delmas (2e édition) ; in-8. Clermont-Ferrand, 1810. – Coup d’œil sur la topographie physique et médicale du dép. de la Corrèze ; in-4. Paris, 1826. – Annuaires de la Corrèze (chez Drappeau) ; in-18. Tulle, 1823-34.

 

Abel HUGO.

 

 

On souscrit chez DELLOYE, éditeur, place de la Bourse, rue des Filles-S.-Thomas, 13.

 

Paris. – Imprimerie et Fonderie de RIGNOUX et Comp., rue des Francs-Bourgeois-Saint-Michel, 8.

 

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Classé dans Départements, Histoire locale

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