France Pittoresque – 1835 : Aveyron (1)

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Département de l’Aveyron (Ci-devant Rouergue)

 
HISTOIRE
ANTIQUITÉS
CARACTÈRE, MŒURS, ETC.
COSTUMES.
LANGAGE.
NOTES BIOGRAPHIQUES.
TOPOGRAPHIE.
METEOROLOGIE
HISTOIRE NATURELLE.
CURIOSITES NATURELLES.
VILLES, BOURGS,  CHATEAUX, ETC.
DIVISION POLITIQUE ET ADMINISTRATIVE.
POPULATION.
GARDE NATIONALE.
IMPOTS ET RECETTES.
DEPENSES DEPARTEMENTALES.
INDUSTRIE AGRICOLE.
INDUSTRIE COMMERCIALE.
BIBLIOGRAPHIE.*

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HISTOIRE 

Quand les Romains envahirent les Gaules, ils trouvèrent le territoire qui a depuis formé le Rouergue, et dont est composé aujourd’hui le département de l’Aveyron, habité par les Ruthènes .― Le nom de ce peuple venait d’une idole appelée Ruth, dont le culte semblable à celui de Vénus, dura dans le pays jusqu’au Vè siècle de notre ère .― Les Ruthènes avaient trois cités principales ; Segodun (aujourd’hui Rhodez), Condatemag (au confluent du Tarn et de la Dourbie, près de Milhau, et Carentomag (Villefranche). ― Voisins et alliés des Arvernes ils prenaient part à toutes leurs expéditions militaires. On comptait 22.000 archers ruthènes dans l’armée commandée par Betultich ou Bituit, roi des Arvernes, qui , 121 ans avant l’ère chrétienne, fut vaincue par Quintus Fabius Maximus au confluent de l’Isère et du Rhône. Dès lors la Provincia Romana s’étendit jusqu’au Tarn et comprit une partie du pays des Ruthènes, qui se trouvèrent ainsi divisés en Ruthènes provinciaux et Ruthènes indépendants. Ces derniers furent soumis par César après la défaîte de Vercingétorix. Le pays des Ruthènes fut placé par Auguste dans l’Aquitaine et suivit le sort des Gaules (1). Après la chute de l’empire romain, il appartint successivement aux Visigoths en 472 ; à Clovis en 507 ; encore aux Visigoths en 512 ; aux rois d’Eustrasie en 553 ; aux ducs d’Aquitaine en 688 ; à Pépin le Bref en 768 ; Charlemagne l’incorpora en 778 au royaume d’Aquitaine, et y établit des comtes, d’abord viagers, bientôt héréditaires, qui devinrent en 850, comtes de Toulouse. Le Rouergue fut l’apanage des fils puinés des comtes de Toulouse jusqu’en 1093, époque où il fut annexé aux autres états de cette maison. ―  Réuni à la couronne avec le comté de Toulouse en 1271, il fut en 1360 cédé aux Anglais par le traité de Brétigni ; mais en 1368, il secoua leur joug avec indignation. ― Le comté particulier de Rodez, qui avait été démembré du Rouergue en 1112, et qui était passé dans la maison d’Albret, ne fut réuni définitivement à la couronne qu’en 1589, par l’ avènement de Henri IV au trône de France. 

Avant la Révolution, le Rouergue était divisé en Comté (capitale Rhodez) ; Haute Marche (capitale Milhau), et Basse Marche (capitale Villefranche). ― En 1779, réuni au Quercy, il forma la province de Haute Guyenne, où fut établi une administration provinciale composée de 52 membres, savoir : l’évêque de Rhodez président, les évêques de Cahors, de Vabres et de Montauban, 6 membres du clergé, 16 gentilhommes propriétaires (en tout 26 députés pour le clergé et la noblesse) et 26 députés du tiers-état ; dont 13 pour les villes et 13 pour les campagnes. Il y avait en outre deux procureurs généraux syndics et un secrétaire archiviste. Cette assemblée se réunissait tous les deux ans à Villefranche. Pendant l’intervalle des sessions, elle était remplacée par une commission composée de huit de ses membres et des syndics.―Le pays n’eut qu’à se louer de ses efforts et des règlements qu’elle fit pour améliorer l’agriculture et l’industrie, et depuis, malgré les perfectionnements que la Centralisation prétend apporter au gouvernement des provinces, le Rouergue a regretté plus d’une fois son administration provinciale. 

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(i)                     La division des Gaules, par Auguste, prouve la politique profonde et prévoyante de cet Empereur ; César avait laissé à chaque nation celte sa circonscription et sa capitale ; Auguste, au contraire, morcela chaque territoire, de sorte qu’une de ses parties se trouvait comprise dans une des nouvelles provinces, et le reste dans une autre. La plupart des nations celtes perdirent ainsi leurs anciennes dénominations et se confondirent successivement, lors des différentes divisions qu’éprouvèrent les circonscriptions romaines. Auguste atteignit son but, qui était de détruire les nationalités diverses de ces peuples naguère encore indépendants, et d’assurer leur soumission à l’empire. Une pensée analogue paraît avoir inspiré l’Assemblée constituante, lorsqu’elle divisa le territoire français en départements. ― A une époque où tout tendait à soumettre à une législation uniforme toutes les parties de la France, la nouvelle circonscription départementale avait le grand avantage de détruire l’esprit particulier des provinces pour fonder, au moyen d’une fusion en quelque sorte insensible, un véritable esprit national français. ― Toutefois nous ferons remarquer que l’Assemblée nationale pas plus qu’Auguste ne changea la circonscription du Rouergue. ― Le pays qui n’avait pas été morcelé lors de la division romaine, ne le fut pas davantage en 1790 ; il forma alors le département de l’Aveyron. ― Depuis, on en a distrait une partie qui a été comprise dans le département de Tarn-et-Garonne, créé en 1808. 

ANTIQUITÉS

Les antiquités druidiques du département paraissent avoir été peu observées. Elles  y existent néanmoins en assez grande quantité, et d’autant mieux conservées que plus les matériaux qui les composent étaient de nature à peu tenter la cupidité. La plupart sont des peulwens et des dolmens.― On remarque à cause de leurs dimensions le dolmen de palanges dans la plaine de Sainte-Radegonde, et celui de Perignagols à deux lieues de Rhodez, sous lequel on a trouvé des urnes, des armes et des médailles. On prétend que le village de Sainte-Radegonde possédait avant l’établissement des Romains dans le pays un édifice gaulois sur les ruines duquel  on aurait construit dans le XIIIè et XIVè siècle un château dont on voit encore quelques restes. D’anciens titres établissent que ce château était un édifice commun aux habitants des environs, chacun d’eux y possédait une chambre destinée à servir de refuge à sa famille en temps de guerre, et quand les parties ennemies infestaient la campagne. 

Les Romains ont laissé peu de traces de leur séjour dans le Rouergue. Il y existe des vestiges de voies militaires. On y trouve des fragments de poteries d’un beau travail, des urnes cinéraires, des médailles, etc. Mais ce que le pays renferme de plus remarquable est une immense quantité de briques antiques de diverses formes qui gisent répandues à diffférentes profondeurs, et quelques fois en plusieurs couches, sur la rive gauche de l’Aveyron, depuis les limites du département de la Lozère jusqu’au-delà de Seyssac. 

Des châteaux-forts, des donjons, des églises sombres et massives signalent l’époque du moyen-âge. Le cloître des Cordeliers de Rhodez est un ouvrage du XIVè siècle, celui de la Chartreuse de Villefranche, édifice remarquable par l’élégance et la richesse du travail, date du commencement du XVIè. Ce fut aussi vers cette époque que s’acheva la belle cathédrale dont nous donnons la description en parlant de Rhodez. 

Le XVIè siècle vit s’élever plusieurs autres édifices dignes de remarque. ― Le château de Gages, bâti sur les ruines d’un vieux château des comtes de Rhodez, devint par les soins du cardinal d’Armagnac, à qui Marguerite de Valois en avait donné la jouissance, un des plus beaux édifices du style de la renaissance. Malheureusement, il fut ruiné pour des causes qui ne nous son,t pas connues, et dès 1620 sa dégradation était complète. ― Le château de Graves, édifice de la même époque, a extérieurement l’apparence d’une forteresse. Il est situé sur une colline élevée. C’est un bâtiment   carré avec une cour intérieure. Ses angles sont flanqués de tours rondes. Trois de ses façades extérieures n’offrent aucun ornement et presque aucune ouverture. La quatrième, qui regarde le parc, est plus ornée ; mais la cour élégamment décorée de colonnes et de pilastres toscans, enrichie d’une galerie ouverte placée au-dessus de la porte d’entrée, donne une grâce extrême à l’édifice, dont les détails et les sculptures ont d’ailleurs conservé la plus grande fraîcheur. ― Ce château est l’ouvrage d’un architecte du pays, Baduel, qu’au XVIè siècle un seigneur de Bournazel envoya étudier à Rome. ― Le château de son bienfaiteur fournit à cet architecte l’occasion de montrer l’étendue et la variété de ses talents. ― Un vaste corps de logis, avec deux ailes en retour et deux pavillons aux extrémités ; au-devant, une cour fermée par une balustrade élégante, au milieu de laquelle venait aboutir une double rampe, conduisant à un parc vaste, bien planté, égayé par des eaux vives et de beaux étangs. Tel fut le plan qu’il adopta, et comme l’architecture des châteaux exigeait encore un simulacre de constructions propres à la défense, quatre tours rondes, d’un dessin pittoresque, devaient s’élever aux quatre angles. Ce plan n’a été réalisé qu’en partie. ― Le château de Bournazel terminé aurait pu être la demeure d’un prince, et au milieu du XVIè siècle, à l’époque de sa construction, peu d’édifices en France pouvaient lui être comparés. Les bustes et les colonnes accouplées qui le décorent (la fameuse façade du Louvre n’existait pas encore), l’invention de châpiteaux entourés de danseurs en relief se tenant par la main, la perfection des sculptures, la richesse des ornements et des arabesques sont au-dessus de tout éloge. 

La montagne de Montberle, au-dessus de Leyssac, est célèbre par un camp tracé sur son sommet, et dont l’enceinte pourrait contenir 12.000 hommes. ― On y remarque des tranchées, des glacis, et des épaulements bien conservés. ― Comme on trouve dans les environs une  assez grande quantité de fragments de poteries et de briques antiques, les habitants du pays veulent que ce soit un camp romain ; quelques auteurs considérant la forme et la parfaite conservation des fortifications en terre, prétendent qu’il remonte au plus à l’époque des guerres des Cévénnes ou de la Ligue. 

CARACTÈRE, MŒURS, ETC.

Les habitants de l’Aveyron ont une constitution vigoureuse, la taille un peu courte, la stature carrée et massive, les membres nerveux, le regard calme, l’air réfléchi et la physionomie sévère. ― Ils sont sérieux, mais rarement mélancoliques. ― Leur extérieur est froid et réservé avec les étrangers. Leur abord est difficile, leur manière de s’exprimer brusque et sans ménagement, mais au fond, ils ont de la franchise dans les affections et de la chaleur dans l’âme ; ils sont charitables envers les pauvres, et pratiquent convenablement les devoirs de l’hospitalité. ― Sincèrement attachés à leur pays, ils montrent un grand respect pour les usages qui y sont consacrés, et s’opposent avec opiniâtreté à toutes les innovations. ― La pauvreté de leur territoire leur inspire le goût d’une économie qui dégénère quelquefois en avarice, et les oblige à vivre beaucoup dans l’intérieur de leur famille. Ces habitudes casanières leur ôtent toute sociabilité, ils paraissent gênés et contraints en présence de ceux qui ne sont pas de leur connaissance intime. Ils redoutent des réunions où les qualités de leur esprit et la rectitude de leur jugement leur feraient occuper un rang distingué. ― On a remarqué que les Aveyronnais, qui à toutes les époques ont fait preuve de courage et d’aptitude pour le métier des armes, réussissent également bien dans les sciences exactes et dans les études sérieuses. Ils aiment les arts et les lettres et savent en apprécier les avantages. Avant la révolution, Villefranche possédait une Académie royale des Belles Lettres, et Rhodez une Académie des Jeux-Floraux fondée à l’instar de celle de Toulouse, et qui distribuait tous les ans un prix d’éloquence et de poésie. ― Les habitants des rives du Lot et de la partie septentrionale du Rouergue, qui passent pour les plus sociables du département, et qui, d’après M.Monteil, sont bons, francs, et même pacifiques, ne se montrent tel que lorsque le vin est cher ; car, s’il faut en croire cet auteur, dès que la récolte est abondante, la police a beaucoup de peine.  Les querelles deviennent fréquentes et d ‘autant plus dangereuses parmi les habitants des campagnes, que la plupart d’entre eux portent un petit poignard appelé dans le pays Capuchadou, c’est un couteau à lame fine, à manche très court, et dont on se sert habituellement pour couper le bois ou le pain ; on le tient ordinairement renfermé dans le manche ou dans une poche longue de la culotte ; mais dès qu’une rixe a lieu, la lame du capuchadou, comme celle du stylet italien, ne tarde pas à briller. Les autorités locales font sans doute tous leurs efforts pour faire cesser le port de cette arme dangereuse. Elles obtiendraient un plus prompt résultat s’il leur était possible d’extirper le vice de l’ivrognerie auquel les habitants des campagnes et une partie de la population des villes sont fortement enclins. Cette passion honteuse était parfois partagée par les femmes mêmes ; on nous assure que depuis quelques années elles s’en sont généralement corrigées. 

   “ Les Aveyronnaises, dit M.Monteil,  ont de la taille et de la fraîcheur ; leurs traits annoncent plutôt la force que la délicatesse. Leur éducation n’admet ni minauderies ni l’étude de ces grâces légères ailleurs si essentielles. L’utile : on ne leur demande, on ne leur apprend que cela. Lire, écrire, compter, coudre et bien gouverner le ménage, voilà tout ce qu’il faut qu’elles sachent. Si dans les maisons aisées on leur permet quelques arts agréables, ce n’est guère qu’à la veille de les établir ; quand on voit entrer le maître de danse et de musique, l’époux n’est pas loin … Les Aveyronnaises ne sont mariées que fort tard ; devenues femmes, uniquement attentives à leur ménage, elles ne cherchent d’autre plaisir que celui de le faire prospérer ; un grand nombre d’enfants, par lequel elles comptent presque toujours les premières années de leur hymen, absorbe tous leurs moments ; de là ce goût casanier qu’elles prennent et font prendre à leurs maris. ― Dans la société comme à l’église, les femmes du département sont toujours entièrement séparé ”es des hommes. ” 

   A Villefranche, où les habitudes sont plus douces, les préjugés plus sociables, les mœurs plus polies qu’à Rhodez, les femmes se distinguent par une tournure élégante et beaucoup de grâce dans les manières et dans le maintien. Les jeunes filles, presque toutes jolies, ont dans la voix un charme inexprimable ; dans les belles soirées d’été, elles se rassemblent devant leurs maisons pour y chanter ensemble ; la pureté de leurs voix, l’expression de leur chant, produisent un effet véritablement profond. L’étranger qui traverserait la ville à cette heure pourrait se croire dans un de ces pays de l’Allemagne ou de l’Italie où le goût musical est développé à un si haut degré dans toutes les classes de la population. 

   La condition des femmes, dans une grande partie du département, et surtout parmi les habitants des campagnes, est pénible et malheureuse ; leurs parents les traitent souvent avec une sorte de barbarie, et les forcent, dès le plus jeune âge, à se consacre sans mesure aux rudes travaux de la culture. Le hâle, la sueur et la fatigue continue altèrent leurs traits et leurs formes. Avant dix-huit ans, des filles qui ailleurs auraient été gracieuses et jolies, ont la peau tannée, les mains calleuses et la taille voûtée. Le mariage, au lieu d’être pour elles une époque de bonheur et de liberté, est souvent celle d’une servitude plus dure. 

COSTUMES.

Le costume des habitants du département varie suivant les localités. ― Dans la montagne, les paysans portent de grands bonnets propres à leur tenir la tête chaude, ou de vastes chapeaux destinés à les abriter du soleil et de la pluie. Les femmes se couvrent avec un grand mantelet à l’espagnole qui forme capuchon. ― On distingue les femmes de Villefranche par une coiffure qui ne manque ni de propreté ni d’élégance : c’est un chapeau plat posé d’une manière différente suivant l’âge. Les jeunes filles le portent incliné sur l’oreille gauche, les femmes parvenues à l’âge mûr horizontalement, et les vieilles abaissé sur le front. Ce chapeau, toujours noir, est attaché sous le menton avec des rubans de même couleur. ― Dans les campagnes, le rouge est la couleur que les hommes préfèrent généralement à toutes les autres ; des bas, des jarretières, une culotte, un gilet, un habit rouges composent à leurs yeux le vêtement le plus beau et le plus élégant. “ Cette couleur, dit M.Monteil, est aussi regardée comme la plus terrible : quand le diable apparaît, c’est toujours sous la forme d’un grand homme, l’épée au côté, habillé de rouge. ” 

LANGAGE.

 Le patois des paysans de l’Aveyron est un des dialectes de la langue d’Oc ; le passage suivant de la parabole de l’enfant prodigue suffira pour en donner une idée. Les versets que nous citons sont en patois des environs de Rhodez. 

   Un ouome obiou dous effons,                                            Un homme avait deux fils, 

   Dount lou pus choube diguet                                             Dont le plus jeune dit à son 

à soun péro : “ Moun péro, dou-                                        père : “ Mon père, donnez-moi 

naime lou béqua ion dube obure                                        ce qui doit me revenir de votre 

per mo part. ” E el lour fosquèt                                           bien. “ Et leur père leur fit le 

lou partache de soun bé.                                                     partage de son bien. 

   Qualque chours oprès, lou pus                                          Peu de jours après, le plus 

choube prengen omb’el tout ce                                          jeune ayant amassé tout ce qu’il 

qu’obio, s’en ouet bouyocha dins                                     avait, s’en alla dans un pays 

un poys elouègnat oun despen-                                        étranger fort éloigné, où il dis- 

set tout soun bè en debaouchos.                                       sipa tout son bien en débauches. 

NOTES BIOGRAPHIQUES.

Le département a donné naissance à un grand nombre d’hommes distingués. Il compte : 

   En hommes de guerre : le brave chevalier D’ESTAING, qui, à Bouvines, sauva la vie de Philippe-Auguste ; le grand maître de l’ordre de Saint Jean de Jérusalem, Théodat DE GOZON, vainqueur du fameux dragon de Rhodes ; un autre grand maître, Jean DE LA VALETTE, illustre par son héroïque défense de Malte ; le maréchal de BELLE-ISLE ; et parmi nos contemporains, les généraux MATHIEU DE LA REDORTE, REY, SOLIGNAC, GRANDSAIGNE,  etc.    

   En hommes politiques : trois membres de la Convention, fameux à divers titres, l’ex-capucin CHABOT, DUBRUEL et VALADI. 

   En savants et en artistes : les médecins CHIRAC et ALIBERT ; le mathématicien TEDENAT ; le botaniste BONNATERRE ; l’agronome GIROU DE BUZARENGUE ; l’architecte CUSSET, qui édifia le clocher de la cathédrale de Rhodez ; un peintre connu au XVIIe siècle, Ambroise CROZAT, dont les tableaux décorent les églises de Toulouse ; le peintre paysagiste RICHARD ; l’excellent graveur de médailles GAYRARD. 

   En littérateurs et poètes : Le célèbre auteur de l’Histoire philosophique des deux Indes, RAYNAL ; le savant MONTEIL ; l’historien de Rouergue, DE GAUJAL ;  le prieur de Pradinas, CLAUDE PEYROT, cité,  à cause  de ses poésies patoises, comme un rival de Goudouli ; l’auteur de plusieurs tragédies jouées avec succès, DELRIEU ; celui d’un grand nombre d’opéras comiques estimés, PLANARD ; le publiciste MASSABIAU ; l’auteur de l’Itinéraire de France, VAISSE DE VILLIERS, etc. 

Enfin le département peut citer encore : le ministre protestant Jean  CLAUDE, célèbre adversaire de Bossuet ; le fameux prédicateur FRAYSSINOUS, évêque d’Hermopolis ; un des membres de l’académie française, l’auteur de la Législation primitive, de BONALD, publiciste philosophe, moraliste habile, écrivain qui a su parler et écrire élégamment, correctement et clairement sur les matières les plus abstraites ; l’illustre professeur de philosophie et de métaphysique LAROMIGUIERE ; l’excellent citoyen Jean de POMAYROL, lieutenant criminel à Villefranche, qui se signala par son courage et son dévouement lors de la peste qui, en 1629, désola cette malheureuse cité ; deux hommes célèbres dans les fastes de l’amitié, PECHMEJA, littérateur distingué, auteur du roman de Télèphe, DUBREUIL, habile médecin ; etc., etc. 

TOPOGRAPHIE.

Le département de l’Aveyron est un département méditerrané, région du midi, formé du Rouergue. ― Il a pour limites : au Nord, le département du Cantal ; à l’est, ceux de la Lozère et du Gard ; au sud, ceux de l’Hérault et du Tarn, et à l’ouest ceux du Tarn et du Tarn-et-Garonne. ― Il tire son nom d’une rivière qui y a sa source et la majeure partie de son cours. ― Sa superficie est de 882,191 arpents métriques. 

SOL. ― Trois sortes de terrains principaux constituent le sol de l’Aveyron : le terrain calcaire, le schiste quartzeux mélangé d’argile et de magnésie et que le granit recouvre souvent, enfin le terrain volcanique. Dans le nord, le sol montueux coupé par des torrents ou des précipices, est graveleux, c’est le pays des châtaigniers ; les céréales n’y viennent point. ― En général, les terrains élevés, et les plateaux supérieurs du département,  composés de terres de bruyères ou de landes, sont peu propres (à quelques exceptions près) à la culture des grains. ― Les terrains calcaires et volcaniques occupent l’ouest et le centre du pays. C’est la partie la moins fertile. ― Les terres schisteuses, graniteuses et quartzeuses se trouvent principalement dans la région méridionale. ― Le sol des vallées, composé de terres alluvionnelles, est généralement très fécond et produit toutes sortes de céréales. 

MONTAGNES. — Les chaînes qui sillonnent le département sont des prolongements des monts du Cantal et des Cévennes. ― La hauteur moyenne du sol au-dessus du niveau de la mer est très considérable. Rhodez est situé à 702 mètres d’élévation. ― Les montagnes qui avoisinent le Lot et qui se trouvent comprises entre cette rivière et l’Aveyron, sont presque toutes volcanisées ; elles se rattachent au Cantal. Les montagnes de Lévézou situées entre les sources de l’Aveyron et le Tarn, appartiennent aux Cévennes, elles sont principalement schisteuses ou granitiques. ― Dans les arrondissements de Milhau et de Sainte-Affrique, les autres ramifications des Cévennes, sont schisteuses et calcaires. ― Les montagnes de l’Aveyron présentent un grand nombre de curiosités naturelles, des incendies souterrains, de profonds abîmes, des grottes à stalactites, etc. 

RIVIERES. — Les principales du département ( le Tarn, le Lot et l’Aveyron) coulent toutes de l’est à l’ouest et dépendent du bassin de la Garonne. ― Le Lot est la seule qui soit navigable dans le département (depuis Entraygue, sur une longueur d’environ 40,000m.). ― L’Aveyron a sa source dans le département même, à 250 m. de Séverac-le-Château. Cette rivière, affluent du Tarn, ne commence à devenir navigable qu’à Nègrepelisse (Tarn-et-Garonne). Elle se jette dans le Tarn à peu de distance de Moissac, après un cours d’environ 250,000 m. ― Les autres rivières secondaires qui ont leur cours dans le département ou qui s’y perdent sont : la Truyère(affluent du Lot) ; le Viaur (affluent de l’Aveyron) ; la Dourbie, la Rance et le Dourdou (affluents du Tarn) ; etc. 

ROUTES. — le département est traversé par 16 routes royales ou départementales. Une partie des transports s’y fait encore à dos de mulet. 

METEOROLOGIE

CLIMAT. — La température varie suivant les localités, les expositions et les élévations ; le département présente ainsi cinq ou six climats différents. ― Le ciel y est généralement beau et pur. 

VENTS. —  Les vents sont très impétueux : ― le plus violent est celui du sud, qui domine la partie méridionale. ― Le vent d’ouest est celui qui souffle le plus fréquemment dans le reste du département. 

MALADIES. —  Les affections rhumatismales et scorbutiques, les maladies cutanées et scrofuleuses, l’hydropisie, les  fièvres de diverses natures sont les maladies les plus communes. 

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Prochainement la suite … 

HISTOIRE NATURELLE.
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Extraits de la France Pittoresque – Abel HUGO – 1835 

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