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1885 : Comment on peut voyager en Perse

 A TRAVERS LE MONDE

 De Fr. Houssay – 1895 (Gallica)

Comment on peut voyager en Perse 

BUDGET DU VOYAGE D’EUROPE EN PERSE

   Il est préférable d’atteindre la Perse par le nord plutôt que par le sud, car les régions septentrionales doivent au séjour du gouvernement et au voisinage de la Russie d’être moins dépourvues que les autres, plus fréquentées des Européens, et l’on aura ainsi une initiation graduelle. Les indicateurs donneront le règlement et le prix du voyage par Constantinople, Poli, Bakou et Recht. A Recht la caravane commence.

LA MONNAIE ET LE TRAIN DE VIE

    La première chose à faire étant de mettre la main à la poche, traitons la question de numéraire. Bien que théoriquement il y ait double étalon : le toman d’or (10 krans) et le kran d’argent (valeur suivant le change, de 50 cent. à 1 fr.), en pratique on ne trouve que des pièces d’argent de 1 kran ou de bronze (chaï et poul) – poul s’emploie également pour désigner la monnaie en général. Il faut apporter avec soi une petite somme en or et le reste en billets de la banque de France ou en chèques d’une grosse maison universellement connue comme la maison Rothschild. On pourra changer dans les principales villes auprès des négociants arméniens ou européens ce papier, qu’ils apprécient fort pour leurs envois d’argent et dont ils donneront un taux plus élevé que pour l’or même. On n’aura donc à transporter en monnaie d’argent que ce qu’il faut pour aller de Recht à Téhéran, de Téhéran à Ispahan, d’Ispahan à Chiraz, et de Chiraz à Bouchir ; malgré cela on se verra encombré de quelques sacs qu’il importe de ne confier à personne et d’introduire en des malles fermant à clé.

   On sera peut-être aussi fort contrit au début de se voir refuser comme fausses un quart environ des pièces qu’on aura emportées ; il n’y a pas à se tourmenter de cela ‘pas plus d’ailleurs que le reste) : sans discuter il faut remplacer les pièces refusées, remettre celles-ci dans le sac avec les autres et ne plus y penser. A la fin du voyage, c’est tout au plus s’il en restera 4 ou 5 de vraiment mauvaises.

   On peut vivre princièrement en comptant 5 krans par jour et par personne, y compris les gages des domestiques (15 à 20 krans par mois) et l’orchestre pour une danse échevelée de l’anse du panier, chorégraphie qui porte là-bas le nom de madakhel et dont il est couramment question. En comptant avec cela 1 kran ½, prix fort, par jour et par bête de somme, on peut établir un budget maximum.

DOMESTIQUES – INTERPRETES – LANGAGE

   J’ai parlé de domestiques. Il faut en effet, au départ, engager un cuisinier (achpaz) qui à chaque étape se chargera d’acheter les vivres et de préparer les repas ; car il n’y a pas d’auberges, et les caravansérails fournissent seulement le couvert gratuit. Le voyage sera d’autant moins dispendieux qu’on sera plus nombreux : il est bon d’être deux ou trois, et si l’on veut faire très bien les choses on prendrait un second domestique, valet de chambre (pichkhe-imet).

   Il vous faudrait bien aussi peut-être un interprète, mais d’abord il est difficile d’en trouver, ensuite c’est vous mettre dans la main d’un individu pour lequel votre voyage n’aura qu’un intérêt : lui faire gagner une petite fortune ; il le combinera dans ce sens, vous mettra en relation avec le monde extérieur pour tendre vers ce but, et votre agrément pourra s’en trouver notablement diminué.

   Le plus simple est d’apprendre un peu de persan. C’est une langue extraordinairement facile, sans grammaire ou du moins avec si peu de grammaire qu’on en connaît toutes les subtilités en deux heures, avec un vocabulaire de 200 à 300 mots on peut bavarder, et si l’on se donne la tâche d’apprendre 10 mots par jour, ce qui n’est pas du surmenage, au bout d’un mois on se trouve préparé à ce point de vue. La première grammaire-lexique de Guyard, dans laquelle on peut d’abord supprimer tous les mots qui ne servent pas rigoureusement au voyage ou aux repas, sera utilement employée. Après huit jours passés sur le sol de l’Iran, à chercher l’accent, on sera étonné d’être compris, et au bout de quinze jours d’usage, on comprendra tout… et même un peu du reste.

UNE FEMME PEUT-ELLE SE RISQUER ?

   Avant de m’engager dans des détails de ménage, il me vient à l’esprit que quelque lecteur va se demander s’il pourrait prendre la responsabilité d’emmener une compagne. Je crois que oui. Il faut toutefois qu’elle ait une vigueur au-dessus de la moyenne, qu’elle puisse tenir à cheval au pas, sept ou huit heures de suite chaque jour (c’est fatigant pour commencer mais on s’y entraîne), et comme elle ne trouvera pas de monture pour amazone, il importe qu’elle sache monter à cheval… comme à bicyclette. Et justement la bicyclette a créé une tenue très convenable pour un voyage de ce genre, à la condition, s’il vous plaît, d’arrêter le large pantalon à la cheville et non au genou. Ce n’est pas de ma part une question d’esthétique, il s’en faut de beaucoup ; c’est un sacrifice qu’il convient de faire à l’hygiène et pour éviter les coups de soleil sur les mollets. – Des coups de soleil à travers les bas ? – Parfaitement.

MEDICAMENTS

   Et puisque nous sommes sur ce chapitre de la santé, disons tout de suite qu’il faut mettre dans le budget du voyage les médicaments essentiels :

   Sulfate de quinine ; – Opium en cas de dysenterie ; – comme antiseptiques, sublimé et acide borique. Inutile de s’encombrer de liquides : on fera les dissolutions en cas de besoin.

Déniché et proposé par Sylvie R.

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