Archives quotidiennes : 15 septembre 2009

AD 93 : Archives départementales – Seine-Saint-Denis

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Dégradation militaire : Journal « La Presse » du 15 Mars 1840

Journal « La Presse » du 15 Mars 1840 (Gallica)

Tribunaux

 DEGRADATION MILITAIRE – Aujourd’hui à dix heures, des détachements de toutes les troupes, tant artillerie, infanterie que cavalerie, se sont rendus sur la place Vendôme pour assister à l’exécution de plusieurs jugemens rendus par les deux conseils de guerre de Paris. A onze heures précises une voiture cellulaire, escortée par la gendarmerie à cheval, s’est arrêtée au pied de la colonne, et aussitôt des roulemens de tambour ont annoncé l’arrivée des condamnés. Parmi ceux-ci se trouve Hippolyte Beaujard, condamné à 5 ans de travaux publics. Beaujard avait refusé de se pourvoir en révision.

   M. le commandant-rapporteur Mévil, assisté de son greffier, s’est avancé vers la troupe et a fait donné lecture des jugemens rendus contre les nommés Christmann, cavalier au 12° chasseurs, Blondeau, fusilier au 28° de ligne et Maguenat, fusilier au 53° régiment, condamnés chacun à cinq ans de boulet pour crime de désertion. Cette lecture finie, les trois condamnés, ayant les yeux bandés, et couverts d’une longue capote grise, nouée à la taille par une large ceinture en cuir, ont passé devant les rangs ; ils traînaient après eux une chaîne en fer de deux mètres de longueur, à laquelle était attaché un boulet de gros calibre. Pendant cette promenade disciplinaire, conduite par des sous-officiers vétérans, la musique a fait entendre des airs militaires, et la troupe s’est mise au port d’armes.

   Cette première exécution terminée, un roulement de tambours a annoncé l’exécution du jugement qui a condamné Bouvier, du 2° régiment d’artillerie, à la peine de cinq ans de réclusion et à la dégradation militaire, pour vol d’une modique somme envers un de ses camarades. Un sous-officier, après avoir mis Bouvier au port d’armes, lui a pris le fusil et le lui a replacé la crosse en l’air;  puis le fusil placé à terre, il lui a ôté la giberne, en la lui faisant passer par en bas, et l’a posée sur le fusil ; puis il lui a ôté son bonnet de police, et avec un couteau, il a enlevé la plaque qui couvre les boutons portant le numéro du 2° régiment d’artillerie. Bouvier, ainsi dégradé, a tourné le dos à ses anciens camarades; le sous-officier faisant le simulacre de lui donner un coup de crosse, l’a livré à deux gendarmes à pied, qui l’ont emmené aussitôt pour être mis à la disposition de la police générale.

   Cette manière d’opérer la dégradation n’est tracée par aucune loi, et ne s’exécute que par suite d’une tradition fort ancienne, qu’on suit très fidèlement, à cette différence près qu’autrefois le coup de crosse n’était pas un simulacre ; le bras vigoureux qui le lançait agissait de façon à ce qu’il en restât des traces.

   Enfin il a été fait lecture pure et simple à Beaujard du 12° chasseurs, et à Pade, cavalier au 2° de hussards, de leur condamnation à la peine de trois ans de travaux publics pour désertion à l’intérieur.

   Les cinq condamnés, Christmann, Blondeau, Marguenat, Beaujard et Pade formant un peloton, ont été placés au pied de la colonne impériale; toutes les troupes, musique en tête, ont défilé devant eux et sont rentrées dans leurs quartiers.

CONSEILS DE GUERRE – Le nommé Chatenais détenu au pénitencier de Saint-Germain par suite d’une condamnation à cinq ans de fers, commuée en cinq ans de prison, a comparu hier devant le premier conseil de guerre, sous l’accusation de voies de fait envers M. Combarieu, officier d’administration au pénitencier, son supérieur. Cette affaire avait été précédemment jugée par le 2° conseil de guerre, qui n’avait vu dans les faits reprochés à M. Chatenais que des coups portés à un agent de la force publique dans l’exercice de ses fonctions. Mais ce jugement ayant été cassé par le conseil de révision, sur le pourvoi du commissaire du roi, le premier conseil de guerre a déclaré l’accusé coupable de voies de fait envers son supérieur, et l’a condamné à la peine de mort.

Texte trouvé et proposé par Sylvie R.

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