Doyenné du Vieux-Corbeil – Abbé Lebeuf (1754) – Maisons (1)

Histoire de la ville et du Diocèse de Paris de L’abbé Lebeuf

  MAISONS (1)

 C’est seulement depuis la fin du dixième siècle que nous connoissons ce Village, quoiqu’il existât auparavant même avec deux Eglises qui y étoient construites. Saint Mayeul, Abbé de Cluny, ayant rétabli la régularité dans l’Abbaye de Saint-Pierre-des-Fossés, vint trouver le Roi Hugues Capet à Paris, et le pria de subvenir aux besoins de ces Religieux cri leur accordant quelque Terre voisine de leur Monastère. Ce Prince fit à l’instant expédier une Charte par laquelle il donnoit à cette Communauté la Seigneurie d’un Village du Comté de Paris, appellé Mansiones en latin, avec les prés, les terres, les moulins, les pacages, les eaux et leur cours, et les serfs ; de plus, les deux Eglises du lieu, dont la principale, appellée Mater Eccleisia, est cri l’honneur de Saint Remi, et l’autre est une Chapelle du titre de Saint Germain ; ensemble tout le droit de Voierie omnem Vicariam dans l’étendue de ce Domaine, chargeant les Religieux de prier Dieu pour lui, pour la Reine, son épouse, et pour Robert, leur fils, qui régnoit avec eux. La date de ce Diplôme est de l’an 988. Par là l’antiquité du village de Maisons se trouve bien établie et l’étymologie très-assurée, ensorte que le vrai nom latin d’où est dérivé le nom vulgaire est Mansiones, terme fort général pour exprimer un lieu habité au milieu d’une grande plaine, et il paroit que l’on n’auroit jamais dû lui substituer celui de Domus en parlant de cette Paroisse.

Ce Village est à une lieue et demie ou deux petites lieues de Paris, vers le levant du solstice d’hiver. Sa position est entre les rivières de Seine et de Marne, à un quart de lieue du confluent, mais un peu plus prés de la Seine. Les labourages et les prairies en sont le bien principal; on vient de voir que sous le règne de Hugues Capet il n’y avoit point de vignes, et encore à présent on n’y en trouve que très-peu. Quelques-uns l’appellent Maisons-en-Brie pour le distinguer de Maisons, Marquisat au dessous de Saint-Germain-en-Laye, qui est appellé dans les titres Maisons-sur-Seine, et qui est situé dans le Diocèse de Chartres. Dans les Dénombremens de l’Election de Paris, Maisons, dont je traite ici, est appellé Maisons prés Charenton. Celui de l’an 1709 y marque 95 feux, et celui de l’an 1745 y en met 92. Le Dictionnaire Universel de la France de l’an 1726 dit qu’il y a 450 habitans, et le distingue de dix ou douze autres Villages du nom de Maisons, par sa proximité de Charenton.

La nomination de la Cure échut à l’Abbaye de Saint-Maur, par la concession que Rainald, Evêque de Paris, lui fit de l’autel de Saint Remi quelques années après le commencement de son épiscopat, que l’on marque à l’an 992; et cela du consentement de Varin, Archidiacre, et du Doyen Hilaire. La Bulle d’Innocent Il confirmative de biens de cette Abbaye et datée de l’an 1136, n’innove, rien dans l’expression primitive, et met Ecclesiam de Mansionibus.

Le premier Actuaire qui ait employé un nouveau terme en parlant de cette concession de la Cure à l’Abbaye de Saint-Maur, est le Secrétaire de Maurice de Sully, Evêque de Paris, qui dans l’énumération des biens que ce Prélat confirme au Monastère par ses Lettres de l’an 1195, met Ecclesia de Domibus cum atrio, magna decima et duabus partibus in minuta. Depuis ce temps le Pouillé du treizième siècle a mis Ecclesia de Domibus au rang de celles de la nomination de l’Abbé de Saint-Maur. Il est inutile de rapporter les autres, d’autant plus que l’Abbaye étant réunie à l’Archevêché la collation de la Cure est revenue à son premier état. J’ajouterai seulement qu’en l’an 1227, Grégoire, Curé de Maisons, s’accorda sur la dixme des Novales du côté de Charenton avec l’Abbé Radulfe. Dans le Pouillé du quinzième siècle, l’ancienne estimation de la Cure est marquée à vingt-cinq livres, et l’on voit qu’en ce même temps des Docteurs. la possédoient. Jean de Cologne, Magister in Medicina, en fit sa démission le 29 Juillet 1472. Je ne dois pas oublier de remarquer que dans les anciennes Provisions cette Cure est quelquefois dite Ecclesia Sanctorum Remigii et Hilarii de Domibus.

Histoire de la ville et du diocèse de Paris, 1754, 15 volumes in-12.

(Texte extrait de la réédition de 1883)

A suivre

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Classé dans Episodes, Histoire locale, Maisons-Alfort

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