Archives quotidiennes : 12 juillet 2009

1896 – Inauguration de la nouvelle mairie (2)

Le 12 juillet eut lieu l’inauguration solennelle de la maison commune, sous la présidence de M. de Selves, qui venait de succéder à M. Poubelle à la préfecture de la Seine, M. Barthou, ministre de l’intérieur, qui avait promis son concours, n’ayant pu au dernier moment tenir sa parole.

Le programme était celui de toutes les cérémonies de ce genre : musique, discours, lunch, banquet et bal, le tout agrémenté de pavoisements et d’illuminations.

Une immense tente avait été installée sur la pelouse, derrière le bâtiment principal : les personnages officiels ayant pris place sur l’estrade, le défilé des discours commença. Nous en donnons quelques extraits, dans l’ordre où ils ont été prononcés.

 

Le maire, après avoir adressé des paroles de bienvenue au préfet de la Seine, à MM. Alexandre Lefèvre, sénateur, Baulard, député, Gervais, président du conseil général, Charles Laurent, secrétaire général de la préfecture de police, et remercié M. Barrier, conseiller général du canton, pour le concours qu’il avait apporté à la commune, afin d’obtenir des subventions, continuait en ces termes :

 

« Maintenant, puisque nous inaugurons une mairie, il faut bien que nous en causions un peu, parlons aussi de notre commune, la raison d’être de cette mairie.

« Je ne remonterai pas jusque vers l’an 1200, époque où, paraît-il, Maisons existait déjà à l’état embryonnaire. Mais, en 1814, ce n’était déjà plus un embryon ; il y avait sur son sol des hommes ayant au cœur l’amour de la Patrie. Les troupes alliées s’en aperçurent à leurs dépens.

« La défense du Pont-de-Charenton, par les élèves de l’Ecole d’Alfort, fait partie de l’histoire.

« Une tombe et un nom, sous les arbres, dans l’Ecole, apprennent aux générations qui s’y succèdent, la fin glorieuse de Jean Pigeon.

« La mairie est en même temps la tête et le cœur de la commune ; avec elle, elle doit grandir : la nôtre a subi la loi de toutes.

« Dans mon enfance, j’ai connu, à deux pas d’ici sur la place de l’Église, une modeste maison, qui contenait la mairie, l’école et tous les services communaux ; cela suffisait.

« En 1866, la commune avait grandi, on commençait à penser à l’instruction ; on fit des écoles et on transforma une vieille ferme en maison commune. C’était la mairie que nous allons quitter.

« Il y avait déjà un progrès considérable. Comme je l’ai dit, on avait fait des écoles, on avait aussi installé une bibliothèque. On sentait la poussée en faveur de l’instruction.

« La commune grandissait toujours.

« Dans une plaine qui en dépendait, entre le chemin de fer et la Seine, naissait une nouvelle section : Alfortville.

« Ce rejeton était si vivace, qu’en fort peu de temps, il fut aussi grand que sa. mère, et, comme tous les enfants lorsqu’ils se sentent des ailes, il prit son vol.

« En 1885, la commune d’Alfortville était fondée ; elle est aujourd’hui plus importante que la nôtre ; cela fait toujours honneur d’avoir des enfants vigoureux et bien venants.

« Y a-t-il rien de plus significatif, au point de vue de lévolution démocratique, que ces installations fréquentes de mairies, maisons de tous, dans des demeures quasi-princières, dont une seule famille jouissait ?  …

« Merci à tous, qui, invités ou non, êtes venus en si grand nombre assister à cette cérémonie, et contribuer ainsi à en augmenter l’éclat vous avez voulu, avec raison, que nos hôtes puissent emporter le meilleur souvenir de la population de Maisons-Alfort et de ses environs, toujours si sage et si dévouée à la République. » 

 

…. M. Gervais (qui a été élu député en 1898) et M. Barrier  prirent la parole. …

 

Assistaient également à cette inauguration :

 

MM. Le Roux, directeur des affaires départementales ; Bruman, secrétaire général de la préfecture de la Seine ; Capdeville, conseiller d’arrondissement ; Hétier, ingénieur en chef ; Pérard, ingénieur ordinaire, la plupart des chefs de service de la préfecture, les maires et adjoints des communes environnantes, et bon nombre de personnages officiels dont les noms nous échappent.

Cette fête se continua et se termina par un lunch, un banquet et un bal ; elle fut parfaitement réussie d’un bout à l’autre.

Amédée Chenal – 1898

Episode précedent : 1896 – Inauguration de la nouvelle mairie (1)

https://cgma.wordpress.com/2009/06/22/1896-inauguration-de-la-nouvelle-mairie-1/

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