Charles Vildrac

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Aujourd’hui, c’était la deuxième fois que je croisais Charles VILDRAC, au cours de mes recherches généalogiques.
La première fois, j’essayais de comprendre ce qui s’était passé, pendant la première guerre mondiale, à Montblainville, commune de naissance de ma mère. Vous aurez du mal à trouver Montblainville dans les guides touristiques. C’est une petite commune rurale de Lorraine, en plein cœur de la forêt.

Elle est située à 4 kilomètres de Varennes en Argonne, où fut arrêté Louis XVI lors de sa fuite vers la frontière Allemande. Elle a compté jusqu’à plus de 1000 habitants.  A l’heure actuelle, ils ne sont plus qu’environ 60 à y vivre.
Montblainville est citée dans la France Pittoresque d’Abel Hugo pour la renommée de ses forges qui livrent au commerce des socs de charrues estimés.
Sa population a été très marquée par le premier conflit mondial. Ce village était pendant la guerre 1914-1918 situé dans la zone de combats.
Après la guerre, Il ne restait plus que des ruines.sans-titre1RUINES DE MONTBLAINVILLE
Charles VILDRAC a séjourné à Montblainville,  juste avant que le village ne soit incendié.
Une cousine m’a transmis un poème de Charles VILDRAC décrivant l’incendie.  Le voici :

MONTBLAINVILLE

CHARLES VILDRAC
Maison, maison de Montblainville,
Abri d’une nuit frissonnante
Entre les corps de feu du soir et ceux
de l’aube

Tes habitants étaient partis

Mais la vie en toi persistait
Comme la forme et la chaleur
D’un corps au creux d’un lit.

Contre ton âtre ranimé
Je suis resté blotti des heures
Pendant que les autres dormaient.

Je regardais, je regardais
Chaque objet fidèle à sa place ;
J’imaginais toute une vie
Où je m’étais servi de lui ;

Et j’étreignais de tout mon cœur,
Humble maison de paysan,
Ton vieux bonheur intact encore.

J’avais toujours connu
Tes assiettes sur le mur,
Ta lampe et son abat-jour,
Ton seau de bois et ta huche ;

Et j’écoutais sans m’en lasser le balancier
De la haute horloge sonore
Qui m’assurait avec lenteur
De l’égalité de la nuit.

Maison, maison de Montblainville,
Le lendemain tu flambais toute
Et l’herbe, aujourd’hui, à ta place
Doit recouvrir un éboulis de pierres.

Je pense à ceux qui t’ont perdue
Ceux dont je fus le dernier hôte
Et qu’un autre toit que leur toit
Abrite aujourd’hui quelque part.

Ils ne me connaîtront jamais ;
Et pourtant nous sommes peut-être,
Eux et moi, les seuls au monde
En qui subsiste, ô maison morte,
La douce image de ton cœur

Malgré les témoignages des anciens, je ne sais toujours pas ce qu’est devenu ce jour là  l’arrière grand père de maman        «  Charles André DIDELON ».  Il était en 1914 âgé de 79 ans. Son nom est indiqué sur le monument aux morts de la commune. En 1916 sur l’acte de décès de son fils il est mentionné décédé.  Charles VILDRAC  connaissait-il la réponse ?

Cet après midi, en ressortant des archives départementales à Créteil, je profitais de ma visite pour regarder l’exposition consacrée à la création littéraire dans le val de marne  « terre d’écriture ». (voir onglet Actualités)
La première vitrine qui a attiré mon attention est celle présentant des photos et des documents évoquant l’Abbaye de Créteil. Parmi les fondateurs de l’Abbaye  figure  Charles VILDRAC.  Les autres abbés qui l’entourent sont René Arcos, Henri-Martin Barzun, Georges Duhamel, Albert Gleizes et Alexandre Mercereau.

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C’était ma deuxième rencontre avec Charles VILDRAC .

Extrait du catalogue de l’exposition :

Charles Messager dit Vildrac (1882-1971) : dès l’adolescence, il commence à publier des poésies. En 1901, il rencontre Georges Duhamel dont il épouse la sœur quatre ans plus tard. Il fonde alors une

revue artistique et littéraire. En 1903, il se lie d’amitié avec le peintre Albert Gleizes. En 1906, il publie Images et mirages, mise en vers de ce qu’il vit à l’Abbaye. Après le conflit de  1914, il se lance dans le théâtre puis les livres pour la jeunesse. Durant la Seconde Guerre mondiale, sa participation à la publication clandestine des Lettres françaises lui vaut un emprisonnement à Fresnes en 1943. En 1963, il reçoit le Grand Prix de Littérature de l’Académie Française.
Si vous souhaitez en apprendre plus sur lui, sur l’histoire de l’Abbaye de Créteil et sur ses occupants :
http://www.duhamel-abbaye-de-creteil.com/presentation/presentation1.html
http://poesiesseine.ifrance.com/vildrac.htm
http://www.ville-creteil.fr/PDF/PDF-cv/carnetdevoyages6.pdf

Rédigé par Michele

1 commentaire

Classé dans A lire, Guerre 14-18, Personnalité

Une réponse à “Charles Vildrac

  1. Charles Vildrac, toute mon enfance….des souvenirs si beaux, si doux, si tendres… J’ai 60 ans, mon enfance toujours chevillée au corps, je ne m’en lasse pas et tant mieux . Grâce à vous, Charles Vildrac m’ai apparu vivant et nous sommes en 2011. Emotions, tendresse, petites pleurs…. tout est là… Merci à vous.
    Francine

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