Archives de Tag: Vie et moeurs

Visitez la prison de la Santé lors des Journées du patrimoine les 20 et 21 septembre 2014.

La prison de la Santé, ouvrira pour la première fois ses portes au public

lors des Journées du patrimoine les 20 et 21 septembre prochain.

 

"La prison de la Santé" sort de l’ombre, un reportage photo inédit dans l’une des plus anciennes prisons de France, quelques mois avant sa destruction.

Prison de la Santé

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9 septembre 1805 – Calendrier romain

Le 1er janvier 1806 (11 nivôse an XIV) le calendrier romain fut rétabli en vertu du sénatus-consulte du

9 septembre 1805.

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Le peuple de Paris au XIX° siècle

Extrait du catalogue de l’exposition : « LE PEUPLE DE PARIS AU XIX° SIÈCLE » au musée Carnavalet (2011)

VIVRE A PARIS

Le logement : petite chambre d’une ouvrière, rue de Belleville

Les « Intérieurs parisiens » du photographe Eugène Atget (1857-1927) constituent une documentation précieuse sur l’agencement des logements parisiens appartenant à différentes catégories sociales. En dépit de forts contrastes persistant entre elles, la frontière semble de plus en plus ténue et on constate une uniformisation des goûts.

Ainsi, la petite chambre d’une ouvrière rue de Belleville est remplie d’objets de la vie quotidienne : lampe à pétrole, réchaud pour la cuisine et le chauffage, cuvette rudimentaire pour la toilette. La pièce est fonctionnelle et dicte la manière de vivre à son habitante.

Rien, toutefois, n’est laissé au hasard : bibelots de pacotille et souvenirs s’agencent dans un ordre qui semble préétabli et n’offrent qu’une place étroite pour se mouvoir. Sur la commode s’accumulent fleurs artificielles, médaille sous verre, petit tableau avec son chevalet et sa palette. On distingue au mur une collection d’éventails, l’almanach de 1910 et deux diplômes des Intimes Sauveteurs de la Seine et de la Marne. La décoration, quoique kitsch, laisse transparaître une volonté esthétique et reflète l’entrée dans la société de consommation. A partir de 1880, les objets décoratifs à bas prix se diffusant dans les intérieurs populaires. L’idéal petit-bourgeois se répand parmi les ouvriers  qui aspirent à davantage de confort. Malgré l’exiguïté et la modestie du logement de l’ouvrière, une culture inédite des apparences et la recherche d’intimité se lisent dans ces clichés, concomitants à l’émergence d’une « couche sociale nouvelle » déjà notée par Gambetta dans son discours de Grenoble du 26 septembre 1872.

Élodie Massouline

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Les noces de campagne (1870)

LES NOCES DE CAMPAGNE

   Le village est en fête, car la fille de l’aubergiste, le plus riche parti du pays, se marie, et tous les habitants, à titre de parents, d’amis ou de voisins, sont conviés à la noce. Dès le matin, des carrioles, des charrettes, des chars-à-bancs, ont amené les invités des environs. La cour de l’auberge est encombrée de voitures de toute sorte, inclinées sur leurs brancards. La rue est presque déserte ; ça et là, quelques hommes en retard, roides dans leur longue redingote flottante comme une soutane, la tête ensevelie sous un vaste chapeau de feutre et emboîtée jusqu’aux oreilles dans un immense col de chemise, arrivent un à un avec la grave lenteur du paysan endimanché.

Enfin tout le monde est réuni, l’heure est venue, les cloches ont commencé à sonner. La noce se met en marche et se dirige vers l’église. En tête s’avance le marié, son chapeau à la main. Les pères et les grands-pères des époux le suivent immédiatement. Leurs femmes ne les accompagnent pas ; les apprêts du repas qui suivra le mariage et qui durera toute la journée les ont retenues à la maison. Puis vient la mariée, couronnée de fleurs, chargée de bouquets ; elle est conduite par un garçon d’honneur qui tient un coin de son tablier. Ses compagnes, ses amies, se pressent derrière elle ; chacune s’approche à son tour et lui attache aux bras un nœud de rubans. Les nœuds s’accumulent, la mariée disparaît presque sous ces flots de rubans de toutes couleurs qui pendent autour d’elle. La foule des parents et des invités défile ensuite et termine le cortège. Cependant trois ou quatre musiciens, flûtes et violons, sont allés se poster à l’écart, à l’ombre d’un arbre, où ils soufflent et raclent de leur mieux, tandis que les garçons du village, munis de vieux fusils et de pistolets rouillés, forment une double haie et exécutent des feux de peloton. C’est ainsi, au milieu de détonations assourdissantes, des sons criards des instruments qu’on n’entend que dans les intervalles de la fusillade, de l’odeur de la poudre et de nuages de fumée, que la noce s’avance et atteint l’escalier de l’église ;

Telle est la scène représentée par M. Th. Schuler. Nous devons dire qu’elle remonte à un certain nombre d’années. Les campagnes alsaciennes n’en fourniraient plus le modèle. Aujourd’hui la mode des coups de fusil a disparu, interdite par l’autorité. L’usage de couvrir la mariée de rubans est tombé en désuétude. Les noces rustiques, aussi bien en Alsace qu’en Bretagne, en Berri et dans nos autre provinces, tendent de plus en plus à ressembler à celles des villes. A mesure que l’homme se civilise, se raffine, il semble qu’il ait moins besoin de manifester au dehors ses impressions ; il devient plus économe de mouvement et de bruit. Ce qui ne s’est pas effacé et ne s’effacera jamais, c’est l’émotion de ces deux jeunes gens qui s’unissent l’un à l’autre et qui se trouvent en présence de joies et de responsabilités si nouvelles. Qui sait même si, les conditions de la vie humaine s’améliorant pour tous, le cœur ne s’enrichira pas de sentiments plus profonds et plus doux ?

Extrait du « Magasin Pittoresque » – 1870

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Les eaux de la Seine (1832)

ÉTABLISSEMENT ROYAL DES EAUX CLARIFIÉES

ET DÉPURÉES DE LA SEINE.

Quai des Célestins, n. 24, et rue Saint-Paul, n. 2.

 M. Happey, Propriétaire-Administrateur.

L’Établissement ne distribue dans Paris que des Eaux clarifiées et dépurées au moyen d’un procédé approuvé par l’Athénée des Arts, et pour lequel le propriétaire de l’entreprise a obtenu un brevet d’invention. Les tonneaux de l’Établissement sont de forme ordinaire et peints en gris ; sur le derrière, on remarque le chiffre 2 d’une très grande dimension et en rouge ; et sur le devant, cette inscription : Établissement royal des Eaux clarifiées et dépurées de la Seine, quai des Célestins, n. 24, et rue Saint-Paul, n. 2. Le prix est de 2 sous la voie.

Extrait de : l’Almanach royal de 1832

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Enseignes du vieux Paris (1833)

ENSEIGNES DU VIEUX PARIS

Autrefois, à Paris, les marchands des divers métiers avaient la coutume de mettre à leurs fenêtres et sur leurs portes des bannières en forme d’enseignes, où se trouvaient figurés le nom et le portrait du saint ou de la sainte qu’ils avaient choisi pour patron ; cependant on rencontrait aussi parfois, au lieu d’une figure de moine ou de vierge martyre, divers emblèmes et rébus qui exerçaient l’esprit sagace des curieux, dont le plaisir était grand, sans doute, de chercher le sens caché de l’énigme. Nous allons citer plusieurs de ces enseignes, dont l’explication nous a été conservée par Henri Sauval, dans ses Antiquités de Paris.

Avant de porter le nom de la rue du Cadran, cette rue se nommait rue du Bout-du-Monde, parce qu’il y avait une enseigne sur laquelle on avait représenté un bouc, in duc (oiseau) du monde.

A l’Assurance. – Un A sur une anse

Au puissant Vin. – Au puits sans vin

A la vieille science. – Une vieille femme qui sciait une anse

Toutes ces enseignes ont disparu depuis longtemps. On ignore même dans quels quartiers elles se trouvaient placées.

De nos jours encore, cette coutume n’est pas tout-à-fait perdue dans Paris ; et tout le monde a pu voir sur le boulevard du Temple, auprès du Cirque olympique, un limonadier dont l’enseigne représente un paysan qui coupe un épi, avec ces mots écrits au-dessous ou au-dessus : A l’Épi scié.

Extrait du « Magasin pittoresque » – 1833

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Archives du Royaume (1834)

DÉCRETS  DE  L’ASSEMBLÉE  CONSTITUANTE – CAMUS – DESCRIPTION  DE L’HÔTEL  SOUBISE – DEUX  SECTIONS  D’ARCHIVES.

    Avant la révolution, tout couvent avait sa chronique, toute grande famille possédait des chartes pour constater les titres et conserver la mémoire des hauts faits de ses ancêtres. Ces chartes, léguées par les générations qui s’éteignaient à des générations naissantes, formaient autant d’histoires qu’il y avait de châteaux, de familles nobles et puissantes, ou de couvens dans le pays ; histoires purement individuelles, particulières, ne se rattachant à celle de la nation que par le récit du rôle  qu’avaient joué, dans tel ou tel événement isolé, les individus auxquels chacune d’elles était exclusivement consacrée. La révolution conçut l’idée de rassembler tous ces témoignages du passé religieusement conservés dans les monastères et dans les châteaux, et d’en former un immense faisceau de documens propres à faciliter les recherches des écrivains qui entreprendraient l’histoire de la France.

Cette pensée fut la base des décrets des 4 et 7 septembre 1790, où l’Assemblée constituante ordonna la réunion des chartes, actes , titres, relatifs soit à l’administration du royaume, soit à l’histoire des provinces, des familles, ou des couvens. Le dépôt de toutes ces pièces eut lieu dans l’ex-couvent des Capucins, situé rue Saint-Honoré, et qui prit alors le nom d’hôtel des Archives du royaume. L’assemblée se sépara avant d’avoir déterminé les formes de la nouvelle institution. La Convention ordonna la translation des archives aux Tuileries, y préposa une administration spéciale, à la tête de laquelle elle plaça un de ses membres, Camus, qui depuis, chargé par elle de se rendre en qualité de commissaire pour examiner le conduite de Dumouriez, fut livré par ce général aux Autrichiens, et retenu captif en Bohême.

Rentré en France après quelques années, Camus fut appelé de nouveau à la direction des archives. Bonaparte, alors premier consul, ordonna leur transport au palais Bourbon. Mais Camus résista, par la raison qu’une loi les ayant placées aux Tuileries, une loi seule pouvait les en retirer. Bonaparte céda et les archives restèrent aux Tuileries, jusqu’à ce qu’un décret, daté du 10 mars 1810, les eût définitivement transférées à l’hôtel Soubise, où elles sont actuellement.

Cet hôtel, situé rue du Chaume, au Marais, occupe l’espace compris entre les rues de Paradis et du Grand-Chantier. Il est remarquable, à l’extérieur, par une tourelle ronde terminée en pointe, et indiquant qua déjà plusieurs siècles se sont écoulés depuis le jour de la fondation. Il fut bâti en 1556, par le cardinal Charles, et le duc de Guise, sur le terrain des hôtels de Clisson, de Laval, et de plusieurs autres maisons. Henri 1er, duc de Guise, ne négligea rien pour faire de cette résidence une des plus belles de Paris, et appela à son aide, pour la décorer, les artistes les plus célèbres du XVIe siècle, Nicolo, Primatice, maître Roux. Les peintures de la chapelle étaient de Nicolo. Le prince de Soubise à qui cet hôtel appartint depuis, et qui lui donna son nom, consacra des sommes immenses à son embellissement. Il fit construire la cour et le grand portique qui subsistent encore. Ce portique, de dessin demi-circulaire, forme l’entrée principale sur la rue de Paradis Il est orné de colonnes corinthiennes, qui, avec leur corniche surmontée de trophées, forme un ensemble d’un assez bel effet La cour, entourée à droite et à gauche d’une colonnade d’ordre dorique, qui s’étend sur toute sa largeur, donne une idée de la magnificence des seigneurs propriétaires de l’hôtel. Les appartemens, par leur éclat, répondaient à la beauté du dehors. Mais il ne reste plus de cette splendeur que deux ou trois salons décorés dans le goût du siècle de Louis XV, c’est-à-dire surchargés de guirlandes et de festons dorés, ou bien de peintures dans le s styles de Watteau et de Boucher. L’état de vétusté de ces ornemens, et surtout leur délabrement, indiquent assez que depuis long-temps elles ont été abandonnées par leurs premiers propriétaires. Quant aux autres salles, sauf une suite de portraits représentant tous les hommes illustres, peintres, poètes, sculpteurs, etc., etc. du XVIe siècle, elles n’ont rien de curieux. Leur caractère primitif a disparu sous les travées de menuiserie les cases et les tablettes destines à recevoir les archives. Là sont rangés, avec ordre, dates par dates, époques par époques, tous les papiers composant la collection.

Les archives se divisent en deux sections : archives du royaume, archives domaniales.

La première section comprend l’ancien trésor des Chartes (ce sont vingt volumes in-folio, manuscrits, qui contiennent les actes des différens règnes, depuis et y compris Philippe-Auguste) et tous les actes administratifs qui, n’étant plus d’aucun usage, rentrent dans le domaine de l’histoire, et prennent désormais le nom d’archives.

Plusieurs de ces pièces sont remarquables par leur ancienneté : nous avons vu une charte remontant à l’an 620. C’est une donation faite, par le roi Clotaire, en faveur de l’abbaye de Saint-Denis. Elle est écrite sur papyrus mes caractères en sont fort bien dessinés, mais fort difficiles à reconnaître maintenant. Plusieurs savans attachés à l’administration sont exclusivement chargés de déchiffrer ces sortes d’hiéroglyphes.

La seconde division se compose des archives domaniales, ou plans topographiques de toutes les provinces françaises, selon leur circonscription avant 1789. A ces plans sont réunis ceux des domaines particuliers, abbayes, seigneuries, etc., tels qu’ils se trouvaient lorsque la révolution les déclara propriétés nationales.

Lors des conquêtes de l’empire, la collection des archives s’accrut de toutes celles des nations vaincues par nous.. Mais au retour des Bourbons, nous fûmes obligés de restituer ce que nous avait donné la victoire.

Cette immense quantité de papiers occupe la totalité de l’hôtel depuis l’escalier jusqu’aux combles. C’est dans ces vastes salles que dort l’histoire de France, en attendant ceux qui, unissant la patience au génie, oseront soulever la poussière qui recouvre ces vestiges des siècles passés, les interroger, établir un lien entre les faits, et préparer ainsi tous les élémens d’une histoire nationale complète.

Extrait du « Magasin pittoresque » – 1834

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