Archives de Tag: Vie et moeurs

Les noces de campagne (1870)

LES NOCES DE CAMPAGNE

   Le village est en fête, car la fille de l’aubergiste, le plus riche parti du pays, se marie, et tous les habitants, à titre de parents, d’amis ou de voisins, sont conviés à la noce. Dès le matin, des carrioles, des charrettes, des chars-à-bancs, ont amené les invités des environs. La cour de l’auberge est encombrée de voitures de toute sorte, inclinées sur leurs brancards. La rue est presque déserte ; ça et là, quelques hommes en retard, roides dans leur longue redingote flottante comme une soutane, la tête ensevelie sous un vaste chapeau de feutre et emboîtée jusqu’aux oreilles dans un immense col de chemise, arrivent un à un avec la grave lenteur du paysan endimanché.

Enfin tout le monde est réuni, l’heure est venue, les cloches ont commencé à sonner. La noce se met en marche et se dirige vers l’église. En tête s’avance le marié, son chapeau à la main. Les pères et les grands-pères des époux le suivent immédiatement. Leurs femmes ne les accompagnent pas ; les apprêts du repas qui suivra le mariage et qui durera toute la journée les ont retenues à la maison. Puis vient la mariée, couronnée de fleurs, chargée de bouquets ; elle est conduite par un garçon d’honneur qui tient un coin de son tablier. Ses compagnes, ses amies, se pressent derrière elle ; chacune s’approche à son tour et lui attache aux bras un nœud de rubans. Les nœuds s’accumulent, la mariée disparaît presque sous ces flots de rubans de toutes couleurs qui pendent autour d’elle. La foule des parents et des invités défile ensuite et termine le cortège. Cependant trois ou quatre musiciens, flûtes et violons, sont allés se poster à l’écart, à l’ombre d’un arbre, où ils soufflent et raclent de leur mieux, tandis que les garçons du village, munis de vieux fusils et de pistolets rouillés, forment une double haie et exécutent des feux de peloton. C’est ainsi, au milieu de détonations assourdissantes, des sons criards des instruments qu’on n’entend que dans les intervalles de la fusillade, de l’odeur de la poudre et de nuages de fumée, que la noce s’avance et atteint l’escalier de l’église ;

Telle est la scène représentée par M. Th. Schuler. Nous devons dire qu’elle remonte à un certain nombre d’années. Les campagnes alsaciennes n’en fourniraient plus le modèle. Aujourd’hui la mode des coups de fusil a disparu, interdite par l’autorité. L’usage de couvrir la mariée de rubans est tombé en désuétude. Les noces rustiques, aussi bien en Alsace qu’en Bretagne, en Berri et dans nos autre provinces, tendent de plus en plus à ressembler à celles des villes. A mesure que l’homme se civilise, se raffine, il semble qu’il ait moins besoin de manifester au dehors ses impressions ; il devient plus économe de mouvement et de bruit. Ce qui ne s’est pas effacé et ne s’effacera jamais, c’est l’émotion de ces deux jeunes gens qui s’unissent l’un à l’autre et qui se trouvent en présence de joies et de responsabilités si nouvelles. Qui sait même si, les conditions de la vie humaine s’améliorant pour tous, le cœur ne s’enrichira pas de sentiments plus profonds et plus doux ?

Extrait du « Magasin Pittoresque » – 1870

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Les eaux de la Seine (1832)

ÉTABLISSEMENT ROYAL DES EAUX CLARIFIÉES

ET DÉPURÉES DE LA SEINE.

Quai des Célestins, n. 24, et rue Saint-Paul, n. 2.

 M. Happey, Propriétaire-Administrateur.

L’Établissement ne distribue dans Paris que des Eaux clarifiées et dépurées au moyen d’un procédé approuvé par l’Athénée des Arts, et pour lequel le propriétaire de l’entreprise a obtenu un brevet d’invention. Les tonneaux de l’Établissement sont de forme ordinaire et peints en gris ; sur le derrière, on remarque le chiffre 2 d’une très grande dimension et en rouge ; et sur le devant, cette inscription : Établissement royal des Eaux clarifiées et dépurées de la Seine, quai des Célestins, n. 24, et rue Saint-Paul, n. 2. Le prix est de 2 sous la voie.

Extrait de : l’Almanach royal de 1832

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Enseignes du vieux Paris (1833)

ENSEIGNES DU VIEUX PARIS

Autrefois, à Paris, les marchands des divers métiers avaient la coutume de mettre à leurs fenêtres et sur leurs portes des bannières en forme d’enseignes, où se trouvaient figurés le nom et le portrait du saint ou de la sainte qu’ils avaient choisi pour patron ; cependant on rencontrait aussi parfois, au lieu d’une figure de moine ou de vierge martyre, divers emblèmes et rébus qui exerçaient l’esprit sagace des curieux, dont le plaisir était grand, sans doute, de chercher le sens caché de l’énigme. Nous allons citer plusieurs de ces enseignes, dont l’explication nous a été conservée par Henri Sauval, dans ses Antiquités de Paris.

Avant de porter le nom de la rue du Cadran, cette rue se nommait rue du Bout-du-Monde, parce qu’il y avait une enseigne sur laquelle on avait représenté un bouc, in duc (oiseau) du monde.

A l’Assurance. – Un A sur une anse

Au puissant Vin. – Au puits sans vin

A la vieille science. – Une vieille femme qui sciait une anse

Toutes ces enseignes ont disparu depuis longtemps. On ignore même dans quels quartiers elles se trouvaient placées.

De nos jours encore, cette coutume n’est pas tout-à-fait perdue dans Paris ; et tout le monde a pu voir sur le boulevard du Temple, auprès du Cirque olympique, un limonadier dont l’enseigne représente un paysan qui coupe un épi, avec ces mots écrits au-dessous ou au-dessus : A l’Épi scié.

Extrait du « Magasin pittoresque » – 1833

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Archives du Royaume (1834)

DÉCRETS  DE  L’ASSEMBLÉE  CONSTITUANTE – CAMUS – DESCRIPTION  DE L’HÔTEL  SOUBISE – DEUX  SECTIONS  D’ARCHIVES.

    Avant la révolution, tout couvent avait sa chronique, toute grande famille possédait des chartes pour constater les titres et conserver la mémoire des hauts faits de ses ancêtres. Ces chartes, léguées par les générations qui s’éteignaient à des générations naissantes, formaient autant d’histoires qu’il y avait de châteaux, de familles nobles et puissantes, ou de couvens dans le pays ; histoires purement individuelles, particulières, ne se rattachant à celle de la nation que par le récit du rôle  qu’avaient joué, dans tel ou tel événement isolé, les individus auxquels chacune d’elles était exclusivement consacrée. La révolution conçut l’idée de rassembler tous ces témoignages du passé religieusement conservés dans les monastères et dans les châteaux, et d’en former un immense faisceau de documens propres à faciliter les recherches des écrivains qui entreprendraient l’histoire de la France.

Cette pensée fut la base des décrets des 4 et 7 septembre 1790, où l’Assemblée constituante ordonna la réunion des chartes, actes , titres, relatifs soit à l’administration du royaume, soit à l’histoire des provinces, des familles, ou des couvens. Le dépôt de toutes ces pièces eut lieu dans l’ex-couvent des Capucins, situé rue Saint-Honoré, et qui prit alors le nom d’hôtel des Archives du royaume. L’assemblée se sépara avant d’avoir déterminé les formes de la nouvelle institution. La Convention ordonna la translation des archives aux Tuileries, y préposa une administration spéciale, à la tête de laquelle elle plaça un de ses membres, Camus, qui depuis, chargé par elle de se rendre en qualité de commissaire pour examiner le conduite de Dumouriez, fut livré par ce général aux Autrichiens, et retenu captif en Bohême.

Rentré en France après quelques années, Camus fut appelé de nouveau à la direction des archives. Bonaparte, alors premier consul, ordonna leur transport au palais Bourbon. Mais Camus résista, par la raison qu’une loi les ayant placées aux Tuileries, une loi seule pouvait les en retirer. Bonaparte céda et les archives restèrent aux Tuileries, jusqu’à ce qu’un décret, daté du 10 mars 1810, les eût définitivement transférées à l’hôtel Soubise, où elles sont actuellement.

Cet hôtel, situé rue du Chaume, au Marais, occupe l’espace compris entre les rues de Paradis et du Grand-Chantier. Il est remarquable, à l’extérieur, par une tourelle ronde terminée en pointe, et indiquant qua déjà plusieurs siècles se sont écoulés depuis le jour de la fondation. Il fut bâti en 1556, par le cardinal Charles, et le duc de Guise, sur le terrain des hôtels de Clisson, de Laval, et de plusieurs autres maisons. Henri 1er, duc de Guise, ne négligea rien pour faire de cette résidence une des plus belles de Paris, et appela à son aide, pour la décorer, les artistes les plus célèbres du XVIe siècle, Nicolo, Primatice, maître Roux. Les peintures de la chapelle étaient de Nicolo. Le prince de Soubise à qui cet hôtel appartint depuis, et qui lui donna son nom, consacra des sommes immenses à son embellissement. Il fit construire la cour et le grand portique qui subsistent encore. Ce portique, de dessin demi-circulaire, forme l’entrée principale sur la rue de Paradis Il est orné de colonnes corinthiennes, qui, avec leur corniche surmontée de trophées, forme un ensemble d’un assez bel effet La cour, entourée à droite et à gauche d’une colonnade d’ordre dorique, qui s’étend sur toute sa largeur, donne une idée de la magnificence des seigneurs propriétaires de l’hôtel. Les appartemens, par leur éclat, répondaient à la beauté du dehors. Mais il ne reste plus de cette splendeur que deux ou trois salons décorés dans le goût du siècle de Louis XV, c’est-à-dire surchargés de guirlandes et de festons dorés, ou bien de peintures dans le s styles de Watteau et de Boucher. L’état de vétusté de ces ornemens, et surtout leur délabrement, indiquent assez que depuis long-temps elles ont été abandonnées par leurs premiers propriétaires. Quant aux autres salles, sauf une suite de portraits représentant tous les hommes illustres, peintres, poètes, sculpteurs, etc., etc. du XVIe siècle, elles n’ont rien de curieux. Leur caractère primitif a disparu sous les travées de menuiserie les cases et les tablettes destines à recevoir les archives. Là sont rangés, avec ordre, dates par dates, époques par époques, tous les papiers composant la collection.

Les archives se divisent en deux sections : archives du royaume, archives domaniales.

La première section comprend l’ancien trésor des Chartes (ce sont vingt volumes in-folio, manuscrits, qui contiennent les actes des différens règnes, depuis et y compris Philippe-Auguste) et tous les actes administratifs qui, n’étant plus d’aucun usage, rentrent dans le domaine de l’histoire, et prennent désormais le nom d’archives.

Plusieurs de ces pièces sont remarquables par leur ancienneté : nous avons vu une charte remontant à l’an 620. C’est une donation faite, par le roi Clotaire, en faveur de l’abbaye de Saint-Denis. Elle est écrite sur papyrus mes caractères en sont fort bien dessinés, mais fort difficiles à reconnaître maintenant. Plusieurs savans attachés à l’administration sont exclusivement chargés de déchiffrer ces sortes d’hiéroglyphes.

La seconde division se compose des archives domaniales, ou plans topographiques de toutes les provinces françaises, selon leur circonscription avant 1789. A ces plans sont réunis ceux des domaines particuliers, abbayes, seigneuries, etc., tels qu’ils se trouvaient lorsque la révolution les déclara propriétés nationales.

Lors des conquêtes de l’empire, la collection des archives s’accrut de toutes celles des nations vaincues par nous.. Mais au retour des Bourbons, nous fûmes obligés de restituer ce que nous avait donné la victoire.

Cette immense quantité de papiers occupe la totalité de l’hôtel depuis l’escalier jusqu’aux combles. C’est dans ces vastes salles que dort l’histoire de France, en attendant ceux qui, unissant la patience au génie, oseront soulever la poussière qui recouvre ces vestiges des siècles passés, les interroger, établir un lien entre les faits, et préparer ainsi tous les élémens d’une histoire nationale complète.

Extrait du « Magasin pittoresque » – 1834

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Maître d’école en province

CE QUE GAGNAIT UN MAITRE D’ ÉCOLE DE PROVINCE

IL Y A MOINS de 100 ANS.


      Le recteur de l’Académie de Nancy a fait dernièrement une humble mais précieuse découverte. Elle consiste dans un manuscrit inédit d’un pauvre maître d’école nommé François Collin. Ce digne homme, que l’on avait chargé de l’enseignement primaire dans un village appelé Koeur-la-Petite, expose à l’autorité l’état chétif de la profession de maître d’école ; bien chétif, en effet, et la touchante résignation dont fait preuve l’humble requérant ne peut laisser supposer un moment qu’il altérait la vérité. Au moment où il écrit, François Collin est chargé de famille, et il va toucher à la cinquantième année de son âge. Au triste métier qu’il fait, il a mangé la moitié de son petit patrimoine. C’est qu’en ce temps un maître d’école, dans les campagnes, gagnait 70 livres 10 sous dans les mauvaises années, et que ce traitement pouvait s’élever au plus à 150 livres dans les circonstances où toutes choses marchaient à souhait.

 Extrait du « Magasin Pittoresque » – 1870

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Nos ancêtres étaient-ils gourmands … ? (1906)

NOS ANCÊTRES ÉTAIENT-ILS GOURMANDS… ?

D’après la longue liste de glaces que j’ai trouvée et le nombre de parfums offerts, il semble que oui !

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Extrait du 

" DICTIONNAIRE HISTORIQUE DES ARTS , MÉTIERS ET PROFESSIONS Exercés dans Paris depuis le XIIIè siècle" d’Alfred Franklin  (Édition 1906)

    Glaciers. L’édit du 21 Mars 1673 qui créa la corporation des limonadiers, comprend, parmi les produits qu’ils pouvaient débiter, « les glaces de fruits et de fleurs » , en concurrence avec les confiseurs. C’était, d’ailleurs, une friandise encore nouvelle.  Elle passe pour avoir été révélée à la France par un gentilhomme palermitain, nommé Francesco Procopio dei Coltelli, qui vint s’établir à Paris vers 1672. En 1702 il francisa son nom, devint François Procope, et acheta dans la  rue de l’Ancienne-Comédie actuelle, en face du Théatre-Français, un café qu’il fit décorer avec luxe et qui existe encore. On vit, pour la première fois dans une boutique de ce genre des tapisseries, de grands miroirs, des lustres de cristal et des tables de marbre sur lesquelles on pouvait se faire servir, non seulement du café, du thé et du chocolat, mais aussi des liqueurs et des glaces. En raison de la sensation de froid que déterminent celles-ci, Procope en offrait seulement pendant l’été. Dubuisson, son successeur, est le premier qui ait eu l’idée d’en servir toute l’année.

Limonadiers et confiseurs les multiplièrent alors de mille manières, et la liste suivante, qui m’est fournie par l’Encyclopédie méthodique (Arts et Métiers 1782) donnera une idée de l’engouement dont elles devinrent l’objet :

De roses D’oranges Au pain de seigle
De fleurs d’orange De pêches Au sucre brûlé
De violette De pavies Au houacaca
De sureau De rousselets Au cacao
D’ananas De poires de bon chrétien Au chocolat
De cédrats De prunes Au safran
D’abricots De raisins Au cédrat
De cerises De verjus Au chocolat blanc
De citrons De crème vierge ou naturelle De fleurs d’oranges grillées
De bergamottes De crème à la vanille Au café blanc
De bigarades A la cannelle Au café brun
De brugnons Aux gérofles Aux biscuits
De cassis A l’anis Aux macarons d’amandes amères
De coings Aux pistaches Aux macarons d’avelines
D’épine-vinette Aux amandes A l’Italienne
De framboises De Strasbourg Au pot-pourri
De fraises Aux avelines Aux œufs
De grenades Aux truffes Au riz
De groseilles Aux marrons Aux cerneaux
De groseilles framboisées Aux noix Aux fromages
De limes douces Aux noix d’acajou Aux Échaudés
A l’ambre A la Gentilly Au vin muscat
Au vin d’Espagne Au vin de Tokai Au vin du Cap
Au Lacryma Christi Aux liqueurs Au marasquin
A la crème des Barbades A l’eau-de-vie de la Côte A l’eau de créole
Au rossolis A l’huile de Vénus Au Bolognia
Aux ratafiats De cerises De fleurs d’orange

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Tableau de Paris – Marchés – 1781-1790

TABLEAU DE PARIS – MARCHÉS

Les marchés de Paris sont malpropres, dégoûtants ; c’est un chaos où toutes denrées sont entassées pêle-mêle ; quelques hangars ne mettent pas les provisions des citoyens à l’abri des intempéries des saisons. Quand il pleut, l’eau des toits tombe ou dégoutte dans les paniers où sont les œufs, les légumes, les fruits, le beurre, etc.

Les environs des marchés sont impraticables ; les emplacements sont petits, resserrés ; et les voitures menacent de vous écraser, tandis que vous faites votre prix avec les paysans : les ruisseaux qui s’enflent entraînent quelquefois les fruits qu’ils ont apportés de la campagne ; et l’on voit les poissons de mer qui nagent dans une eau sale et bourbeuse.

Le bruit, le tumulte est si considérable, qu’il faut une voix plus qu’humaine pour se faire entendre : la tour de Babel n’offrait pas une plus étrange confusion.

On a élevé, depuis vingt cinq ans, un entrepôt pour les farines, qui a servi à dégager un peu le quartier des halles : mais cet entrepôt se trouve fort étroit ; il conviendrait à une ville du troisième ordre, il est insuffisant à la prodigieuse consommation de la capitale, les sacs de farine sont exposés à la pluie ; et je ne sais quel caractère mesquin, imprimé à tous les monuments modernes, empêche de faire rien de grand.

Les poissonneries infectent. Les républiques de Grèce défendirent aux marchands de poisson de s’asseoir en vendant leur marchandise. La Grèce avait le dessein de faire manger le poisson frais et à bon marché. Les poissonnières de Paris ne vendent le poisson que quand il va se gâter. Elles tiennent le marché tant qu’elles veulent ; il n’y a que la Parisien au monde, pour manger ce qui révolte l’odorat : quand on lui en fait le reproche, il dit qu’on ne sait que manger, et qu’il faut qu’il soupe. Il soupe, et avec ce poisson à moitié pourri il se rend malade.

Extrait du « Tableau de Paris » de Louis-Sébastien Mercier – 1781-1790

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