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FIEF DE L’IMAGE
CINQUIEME PARTIE – Fiefs et Châteaux.
CHAPITRE 3
Voici ce qui est dit à son sujet dans un manuscrit :
« Le fief de l’Image est situé au village de Maisons-sur-Seine, près Charenton, sur le chemin de Villeneuve-Saint-Georges à Paris, et consiste :
« 1° Dans une maison, bâtiment, cour, dans laquelle il y a un colombier à pied, un jardin, le tout contenant 12 perches ; sis rue Basse devant le cimetière dudit lieu.
« 2° Dans une moyenne et basse justice sur les sujets dudit fief.
« 3° Dans trois quartiers de prés sis au terroir de Maisons, lieu dit Le Prévieu.
« 4° Dans 4 livres 16 sols parisis, et 7 septiers 8 boisseaux d’orge, mesure de Paris, avec autant d’argent que vaut ledit orge de cens ; portant « lods » ([1]) et ventes, à prendre sur plusieurs maisons, mazures, vignes, terres labourables, prés et autres héritages. »
Ses possesseurs successifs furent :
1364 Simon de Dampmart et Constance, sa femme.
1372 Saurénein de l’Image.
1458 Laurent de l’Image, Laurent Caillot et Jean le Boulanger.
1477 Jean le Boulanger ; Marie de Loygnes, veuve de M. de Flément.
1552 Charlotte Errault, veuve de Jean des Loges ; Gilbert de Curée, et Errault de Chamoix.
1561 Catherine Pichonat, veuve de Jean Dolu.
1582 René Dolu.
1603 Jacques Olier et Marie Dolu, sa femme.
1668 Edouard-Nicolas Olier.
1672 Jean-Jacques Olier.
1727 Jean-Jacques Olier (deuxième du nom).
1742 Jean-Michel Le Chanteur, acquéreur d’Olier.
Le sieur Olier avait reconnu en 1738 que la partie de son domaine, en roture, consistait en « une maison de jardinier, basse-cour, ferme, avec toutes ses dépendances, parterre, jardin potager, bois et clos, dont partie en prés et terres labourables, le tout fermé de murs et fossés, et contenant ensemble la quantité de :
* 41 arp. 5 per.
Plus terres et vigne 89 – 45 per.
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Total 130 arp. 50 per
à raison de 8 deniers parisis de cens par arpent ».
M. Le Chanteur, auditeur des Comptes, ayant émigré à la Révolution, ses biens furent saisis, la literie de sa maison inventoriée et emportée à Paris pour contribuer à meubler une caserne.
Il ne semble pas douteux que ce domaine comprenait ce qui fut plus tard la propriété Lesieur, avec, en plus, l’ancienne ferme dont M. Villot est actuellement propriétaire ; il est probable aussi que c’est cette ferme qui est décrite plus haut.
On trouve ce château sur la carte des chasses ; il y est figuré, comme étendue, à peu près tel qu’il était avant 1895 ; seule la disposition des constructions n’est pas entièrement la même, mais ces détails ne sont pas toujours très exacts sur un plan à une si petite échelle.
En l’an IV, la propriété fut vendue comme bien national ; nous ignorons si la ferme en dépendait encore, toujours est-il que cette dernière comportait une habitation désignée sous le nom de Pavillon de Bellevue. Elle appartint à un sieur Léger, puis au baron Rodier, ensuite à l’un de ses héritiers, M. Pelet de la Lozère, et enfin à MM. Tessonnnière et le général Salanson, qui l’ont vendue à M. Villot.
Le château fut acheté au domaine national le 23 messidor an IV par M. Romey ; il le revendit à M. Jalbin, qui le céda en 1841 à M. Martinon ; il passa ensuite à M. Richard.
Nous avons trouvé, dans une description ancienne, qu’il y avait, autour du château, « un bois de haute futaie » ; M. Richard en fit l’exploitation, et, en 1848, rétrocéda son acquisition à M. Lesieur ; son fils morcela la propriété en 1875, et en vendit une partie à la commune pour y installer la mairie.
Sur le cadastre de 1813, le principal corps de logis figure à l’emplacement actuel, mais les deux ailes, qui, avant sa transformation en mairie, n’avaient pas d’étage, forment avant-corps ; on en a du, reste retrouvé les fondations au cours des derniers travaux ; on a pu constater également, à ce moment, que le gros œuvre en était fort ancien. L’édifice était du style Louis XIII, mais nous n’affirmerions pas qu’il datât de l’époque.
Le parc, clos de murs, haies et sauts de loup, renfermait des grottes, rochers, bassins et étangs artificiels ; un petit pavillon qui occupe l’angle extrême du parc en bordure de la route, et qui est en tout semblable à un autre situé de l’autre côté, semblerait indiquer que les deux propriétés qui se font vis-à-vis n’en faisaient qu’une autrefois. Il n’en est rien ; il n’y a là qu’une fantaisie architecturale.
La partie acquise par la commune renferme, dit-on, un puits artésien, qui, en tout cas, n’est plus en usage.
Dans le reste du parc, ont été tracées les rues Pasteur, du Parc, Louise Lesieur, et de l’usine Springer.
On a pu voir que si Robespierre habita cette maison, il n’en fut en tout cas jamais propriétaire ; peut-être l’occupa-t-il pendant qu’elle appartenait à l’Etat ?
Le maréchal Serrurier, qui, comme on le verra plus loin, posséda à Maisons une ferme importante, l’aurait également habitée.
Une princesse de Saint-Maurice-Montbarrey, veuve de Henry, prince de Nassau-Saarbrük, y eut sa résidence ; on la désignait communément sous le nom de la Princesse. Elle repose dans le cimetière de la commune.
[1] Lods : droit féodal ; pour honneurs.
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la princesse Marie de ST MAURIS de MONTBARREY (1761-1838) était fille d’Alexandre Marie Léonor de ST MAURIS comte puis prince (le 05/03/1774) de MONTBARREY (1732-1796) qui fut Ministre de la guerre de Louis XVI.
Merci pour cette précision.
Je vous contacte en off pour compléments d’informations.
Joël