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AZEMAR Tranche de vie sous la Révolution – Episode IV – Pierre Henry (suite et fin)

Réponse des Administrateurs en date du 13 prairial An II (1 juin 1794, AD 81, série L 306-104) « vu la pétition de la femme AZEMAR, vu le contrat de mariage de la pétitionnaire en date 26 août 1789, retenu par AZAIS, notaire (fonds PASSELAC, registre 195), vu l’article 20 de l’arrêté des représentants du peuple en date du 7 floréal An II (26 avril 1794) ; considérant que les biens de la pétitionnaire sont insuffisant, décrète qu’il sera accordé la somme de 200 livres, à prendre sur le produit du bien de la métairie de la Trinité, ou sur la pension de son mari, à titre de secours ».

Lettre de Henry AZEMAR, en date du 18 prairial An II (6 juin 1794, AD 81, série L 306-105), où il écrit : «  Citoyen, ayant été déclaré immoral en séance de la Société Populaire de CASTRES du 5 floréal An II (24 avril 1794), par effet de malheur qui me poursuit depuis ma plus tendre enfance, je fut privé de ma liberté le lendemain 6 floréal An II (25 avril 1794) en vertu d’un  de vos arrêtés, et e 13 floréal An II (2 mai 1794) je fut traduit à LAVAUR (81) ». Il continu sa lettre par : « mon dessein en vous écrivant, n’est pas de me plaindre de mon sort, de vous en attribuer l’amertume, d’ébranler votre fermeté, ni d’arrêté le cours de votre justice ». Il continu par : « porter à vos places par la confiance publique, c’est une preuve irrévocable de votre vertu et l’homme vertueux, le vrais républicain ne demande ni d’être flatté, ni d’être encensé pour rendre justice ». Il poursuit par : « je suis coupable ou innocent….. votre balance est juste, je ne crains pas d’y être placé ». Il poursuit en écrivant « mon esprit anéanti, totalement absorbé par l’effet du malheur….. revenu de ce triste état, la raison enfin m’ayant rendu à moi-même, je n’en au senti que plus, il est vrai la rigueur de mon sort ». Et il termine sa lettre par : « Salut et Fraternité ». Signé AZEMAR

Dans la séance du 19 prairial An II (7 juin 1794, AD 81, série L 306-106), un arrêté du Département disant : « que sur le revenu net des biens appartenant au sieur AZEMAR, et dont il avait le droit de jouir s’après son contrat de mariage, il sera prélevé les frais d’aliments, conformément à l’article 19 dudit arrêté que sur le résidu, il sera accordé à la pétitionnaire et à ses trois enfants un secours provisoire, relatif audit résidu, et que si ce secours était insuffisant, la pétitionnaire et ses enfants recevront les subsides que la Nation accorde aux indigents infirmes.
Arrêt en outre que la mère de la pétitionnaire se pourvoira par une pétition particulière ».

Séquestre des meubles de Henry AZEMAR, ingénieur reclus, en date du 8 messidor An II (26 juin 1794, AD 81, série L 306-107). « nous Guilhaume DARNAUD, Commissaire Séquestrateur des biens des ennemis de la Révolution, assisté des citoyens Jean PINEL et Noël FIEUZET, certifions nous être rendu dans la maison qu’habitoit le dit AZEMAR, avons procédé à la mise des scellé sur les portes des chambres de la maison. Nous avons fait évacuer les domestiques de la dite maison ».

Pièce imprimée, bail à ferme de la métairie de la trinité en date du 16 thermidor An II (3 août 1794, AD 81, série L 306-109). L’adjudication a été faite au 6ème et dernier feu, et à la 11ème enchère au citoyen Pierre RIVALS, charpentier, qui a présenter Jean BENOIT, boucher, pour caution.
Le présent bail, à commencer du 11 messidor An II (29 juin 1794), moyennant la somme de 975 livres par année.
La citoyenne Rose ASTRUC, nous remis un arrêté du District qui lui permet et lui laisse la jouissance et l’usage d’une cuisine et d’une chambre, à la charge par elle de prendre sous sa responsabilité le peu d’ustenciles qui resteront dans ladite cuisine ». Suit L’inventaire des lieux.
Signé PINEL, FIEUZET, DARNAUD

Seconde pétition de Marie GUIBBERT, femme AZEMAR, en date du 8 fructidor An II (25 août 1794, AD 81, coté L 306-112), aux citoyens Administrateurs du District de CASTRES.
« la citoyenne Marie GUIBBERT, épouse du citoyen Henry AZEMAR, réclame de votre justice, une pension pour la subsistance, n’ayant aucune ressource, puisque ses biens ont été séquestrés à la suite de l’incarcération de son mary. La pétitionnaire vous invite, citoyens, de vouloir bien lui octroyer à sa demande, le plus tôt qu’il vous sera possible, afin qu’elle ne soit pas plus longtemps privée de secours dont elle ne peut absolument se passer ».

Réponse en séance publique du Directoire du District de CASTRES en date du 13 fructidor An II (30 août 1794, AD 81, coté L 306-112) « qui accorde à la pétitionnaire la main-levé définitive de la séquestration de ses biens dotaux ». Signé LAGARIGUE, Jean Jacques BERTHEZ, CARAVEN, SUAREL
Réponse du Directeur de l’Agence de l’Enregistrement et Domaine en date du 13 fructidor An II (30 août 1794, même coté), sur les biens de Henry AZEMAR. « ils consistent en une métairie dans la commune de PUECH CALVEL (81), affermé le 11 messidor dernier à 975 livres, de laquelle sommeil faut déduire :
-    le quart montant à 243 livres 15 sols, pour tenir lieu des impositions dues à la République
-    la somme de 730 livres pour l’entretien du reclus
-    le montant des réparations qu’on peu prévoir, les frais généraux de garde et autres dépenses des maisons de réclusion
Que ces trois objets absorbant les 975 livres, il estime qu’il doit être arrêté, n’y avoir lieu à délibérer, sauf à la pétitionnaire à recourir aux secours publics accordés à l’indigence, si elle est dans ce cas ».

Nouvelle lettre, de Pierre Henry, en date du 26 frimaire An III (16 décembre 1794, AD 81, série L 306-113) , où il écrit qu’il ne comprend pas pourquoi sa réponse justificative lui a été renvoyé à lui par le citoyen MALLARME et non au Comité Révolutionnaire de CASTRES, et il termine par « Patriote de 89, pur et désintéressé, comme le porte mon diplôme, je l’ai été, c’est incontestable et je le serais toujours, j’en renouvelle le serment » Signé AZEMAR

Nouvelle lettre de Pierre Henry en date du 15 nivôse An III (4 janvier 1795, non coté) à l’Administration du département, où il écrit que : « permettez que je m’empresse de vous annoncer que la liberté vient de mettre rendue et que je ne puis faire meilleur usage de ses prémices qu’en vous priant d’agréer, l’hommage de mon parfait dévouement ». Il continu sa lettre en écrivant : « qu’il restera fidèle à la promesse que j’ai solennellement faite aux Représentants su Peuple ». il poursuit par : « afin de mériter votre estime et votre bienveillance ». Il termine par : « Salut et fraternité ». Signé AZEMAR

Il fut élargi de sa prison, mais pas pour longtemps ainsi que le prouve la pièce suivante :
Un arrêté du Représentant du Peuple MALLARME en date du 23 nivôse An III (12 janvier 1795, AD 81, série L 306-114) qui dit que : suite à une erreur qui s’est faite dans le District de LAVAUR (81), le citoyen AZEMAR sera réintégré dans la maison d’arrêt, et les scellés seront posés sur ses papiers ». Signer MALLARME

Procès-verbal d’apposition des scellés sur les papiers de Pierre Henry AZEMAR en date du tridi 23 nivôse An III (12 janvier 1795, AD 81, série L 306-115). Les représentants du peuple délégués par la Convention Nationale, en séance à CASTRES décident : « vu les différentes dénonces faites contre Pierre Henry AZEMAR, lequel vient d’être mis en liberté, ensuite d’une erreur qui s’est faite dans le District de LAVAUR (81), arrêtent qu’il sera à l’instant réintégré dans la maison d’arrêt de LAVAUR (81). Que les scellés seront posés sur tous ses papiers ». fait en séance à CASTRES, les jours, mois et en susdit.
Signé MALLARME

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Procès-verbal du tridi 23 nivôse An II, L 306-115

Extrait des minutes du greffe du Juge de Paix de la ville de CASTRES : « je, Jean Antoine AUGER, Juge de Paix, me suis transporté avec le citoyen DELTIL, greffier, dans la maison du dit AZEMAR, pour procéder, en sa présence, à l’inventaire de ses papiers.
Il m’a remis, la chef de son bureau, et l’ayant ouvert, j’ai  examiné tous se qu’il renferme, en ai trouvé aucun de suspect, j’ai apposé les scellés sur la serrure ». Signé AUGER, DELTIL
Le sextidi 26 nivôse An III (15 janvier 1795, AD 81, série L 1533), le Représentant du Peuple MALLARME épure la « Société Populaire de CASTRES », en tout, trente quatre personnes qui formaient la « Bande Noire » furent exclus.

Il fut libéré dans les premiers jours de frimaire An IV (décembre 1795) après une détention qui dura environ un an et sept mois.

Le 17 frimaire An IV (8 décembre 1795, AM de CASTRES, série D 28, registres des pétitions An IV- AN IX, page 5 N° 21), il réclame la restitution de son fusil à deux coups, des boites à poudre, de la poudre à tirer et les plombs, qu’il obtiendra, mais sa canne sabre restera en dépôt à l’Administration Municipale. Délibération du 20 frimaire An IV (11 décembre 1795).

Il ne fait plus parler de lui jusqu’au 27 mars 1811, ou il se présente à la mairie de CASTRES pour déclarer qu’il compte habiter maintenant à LAUTREC (81).

Ayant souscrit un contrat au Ministère des Colonies au titre d’ingénieur des travaux publics, âgé de 54 ans, il part, sans sa femme, dans les années 1814 pour la MARTINIQUE où il y meurt le 19 mai 1819, âgé de 61 ans, dans une maison située place du mouillage de la ville de FORT SAINT PIERRE, paroisse Notre Dame du Bon Port.

Je ne sais pas, jusqu’à présent, ce qu’est devenue sa femme, mais un enfant naît à LAUTREC (81) le 3 octobre 1820, dont on lui attribue la paternité, soit 16 mois et quatorze jours après sa mort ?

Affaire à suivre……

Rédigé par Adhérent-CGMA-Maurice-134

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AZEMAR Tranche de vie sous la révolution – Episode III – Pierre Henry

Pour finir, occupons nous du fils cadet, Pierre Henry AZEMAR, il est né le 13 juillet 1757 à CASTRES, 3ème enfant de Jean Joseph et de Marie Raymonde CORBIERE. Il épouse le 16 septembre 1789 à CASTRES Marie GUIBBERT, fille de Pierre et de Jeanne Louise DOLIER de LABOULBENE ; 6 enfants naîtront de ce mariage. Veuf en 1807, il épouse le 6 août 1811 à CASTRES, sa nièce, la fille du frère de sa 1ère femme. 3 enfants naîtront de ce mariage. Il est ingénieur des ponts et chaussées.
C’était un homme au caractère difficile, il était autoritaire et coléreux. Il ne supportait pas le droit d’aînesse, qu’il a toujours contesté à son frère.

En mai 1793 (AD 81, série L 1531 et 1532), l’avènement du « Comité de Salut Public » voit l’arrivée d’un groupe d’ultra révolutionnaire que l’on appellera « la bande noire ». Dont faisait parti Pierre Henry. Ils furent les principaux acteurs et propagateurs d’un système de terreur, d’oppression et de brigandage, cherchant à corrompre ou à séduire tous les citoyens peu fortunés par l’appât de la division et du partage absolu de la propriété foncière et de l’argent. Son nom figure dans une lettre de dénonciation, sans date avec neuf autres personnes.

Lors des séances des 16, 19 et 21 frimaire An II (6, 9, 11 décembre 1793), il fut nommé « Commissaire de la Société Populaire » avec GAVANON, DUCRU et LEBRUN, pour aller instruire le peuple des campagnes, en qualité « d’apôtre de la Révolution (AD 81, série L 1532).

Le 15 brumaire An II (5 novembre 1793), il demande à la municipalité de CASTRES son certificat de civisme, qui lui est accordé. Dans la séance du 5 germinal An II (25 mars 1794), le Conseil Général de la commune accorde de nouveau son certificat de civisme avec une trentaine de citoyens. (AM de CASTRES, registre D 3, f 8 et 67).

Le 14 nivôse An II (3 janvier 1794), il est nommé Commissaire contre le citoyen SALVAIRE, capitaine de la 18ème compagnie des Gardes Nationales épurée. (AD 81, série L 1532)

Dans la séance du 13 pluviôse An II (1er février 1794), le Comité de Surveillance fut chargé de dresser la liste des personnes recluses, mises en libertés par le représentant du peuple PAGANEL. Pierre Henry demanda la révision des jugements que PAGANEL avait rendu en faveur de certains patriotes (AM de CASTRES, registre D 3, f 221).

Dans la séance du 20 germinal An II (9 avril 1794), il a été le premier cité des douze membres Commissaires nommés sur la demande du citoyen BO pour faire le recensement des grains, viandes, subsistances etc. dans le district de CASTRES.

Dans la séance du 30 germinal An II (19 avril 1794), le représentant du peuple BO étant monté à la tribune, a demandé une épuration de la Société Populaire. Le lendemain, Pierre Henry en était exclu.

Dans la séance du 1er floréal An II (20 avril 1794), Pierre Henry étant monté à la tribune pour dire « qu’il ne pouvait pas se justifier complètement à cette séance, qu’il lui fallait du temps pour la préparer, il a donné des explications sur quelques uns des reproches qu’on lui faisait, et a ajouté qu’il ferait la suite de sa justification à une autre séances ».

Dans la séance du 4floréal An II (23 avril 1794, AD 81, série L 1532), un membre de la Commission des douze a remis sur le bureau une note d’inculpation contre le citoyen Pierre Henry AZEMAR. Le président en fait lecture, puis Pierre Henry est monté à la tribune. « il a demandé à la Société de lui accorder jusqu’au lendemain pour pouvoir répondre, avec des pièces probantes, sur ses inculpations. Après de multiples discutions, il demande l’ajournement au lendemain, ce qui lui est accordé.

Le 5 floréal An II (24 avril 1794, AD 81, série L 1532), il monte à la tribune pour finir de se justifier. Après plusieurs joutes oratoires, à son sujet, il est délibéré « que l’on était assez éclairé pour ce prononcer de suite à son sujet.
La Société a arrêté « qu’il était rejeté de son sein, comme frappé d’immoralité, pour « anticivique » et dangereux. Enfin, il est reconnu pour être d’un caractère violent et passionné »

Procès-verbal d’arrestation en date du 6 floréal An II 25 avril 1794, AD 81, coté L 306-101), où il est écrit  que : « je me suis transporté au domicile du citoyen Henry AZEMAR. Je l’ai désarmé et lui ai pris un fusil à deux coups, une canne à sabre, deux cornets garnis de poudre à tirer, un peu de poudre encore dans du papier et un peu de menu plomb dans un sac de peau, lesquels objets j’ai remis au Comité de Surveillance.

J’ai arrêté le Henry AZEMAR, et l’ai conduit au petit Séminaire de CASTRES, où je l’ai inscrit sur les registres de réclusion.

Le dit AZEMAR interpellé par moi, a déclaré n’avoir pas d’autres armes, ni d’autres munitions que celles désignées ci-dessus. Il m’a déclaré encore être âgé de trente cinq à trente six ans, être né à CASTRES, et avoir trois enfants en bas âge dont deux males ».

Procès-verbal de saisies des papiers du dit AZEMAR, par le Juge de Paix en date du 6 floréal An II (25 avril 1794, AD 81, coté L 306-102). « moi, Juge de Paix Jean Antoine AUGER, accompagné des citoyens DELTIL et BERTIER, je me suis rendu chez le citoyen AZEMAR où j’ai procédé à la visite de tous ses papiers, et après exacte et scrupuleuse vérification, n’en ai trouvé aucun qui me paru suspect ».

Procès-verbal en date du 9 floréal An II (28 avril 1794, AD 81, coté L 306-103) du séquestre de la métairie de « la Trinité ».

« nous Jean Pierre COYRATIE et Louis BERGOUGNE, commissaires, assisté du citoyen Jean BOUTIE, nous nous sommes transportés à la dite métairie, avons trouvé le citoyen Jean Pierre SOULAYRAC, métayer, auquel nous avons déclaré que les entiers biens meubles et immeubles sont sous la main de la Nation et en séquestre, et avons procédé à l’inventaire de ladite métairie ». Suit l’énumération du contenue de la métairie. Le dit SOULAYRAC « dit promettre de remplir avec fidélité la charge de séquestre ».

Au cours la séance du 12 floréal An II (1 mai 1794, AD 81, série L 1406, f 62), à la suite de divers dénonces, il a été délibéré que : « Louis FABRE et Henry AZEMAR, détenus au petit Séminaire, seront transférés dans la maison de réclusion de LAVAUR (81) ».

Le 14 floréal An II (3 mai 1794, AD 81, série L 1532), la Société a délibéré : « que Louis FABRE et Henry AZEMAR, membres du Comité de Surveillance Révolutionnaire, étant exclus et détenus, sont remplacés par MOUREAU cadet et VACQUIER.

Dans la séance du 4 vendémiaire An II (25 septembre 1794, AD 81, série L 1406, f 129 et 130), le Président, le citoyen ALBERT, fils lit une lettre du citoyen AZEMAR, où il fait part « qu’il y a une mésintelligence déclaré entre lui et FABRE, et demande à être transféré dans une autre maison de réclusion ».
Après une discussion ouverte, le Comité de Surveillance décide que : « Henry AZEMAR sera transféré dans la prison de GAILLAC et que Louis FABRE sera transféré dans la prison d’ALBI dans le Tarn ». Ces deux personnages se battent dans leur cellule.

Pétition en date du 15 floréal An II (4 mai 1794, AD 81, série L 306-104) de marie GUIBBERT femme AZEMAR, écrite par son beau père. « citoyen, en séquestrant le peu de fortune de mon mari, en le privant surtout de sa liberté, on a mis sa famille dans l’indigence.

Nous manquons en effet de tout, j’ai trois enfants, j’ai encore ma mère à ma charge, mon mari jouissait de son bien, et il fournissait à tous ses besoins ». Elle continue en écrivant : « nous vous supplions, citoyen, de ne mettre aucun délai à l’effet de notre réclamation, ayant été obligé d’emprunter pour vivre ». Elle termine par : « nous comptions sur le remboursement des sommes qui lui sont dues par le district, ainsi que le payement du prix du cheval qui venait de lui être requis ».

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Pétition du 15 floréal An II, coté L 306-104

Adhérent-CGMA-Maurice-134

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AZEMAR, Tranche de vie sous la Révolution- Episode II – Louis Guillaume Joseph

Voyons maintenant l’histoire du fils aîné, Louis Guillaume Joseph AZEMAR, il est né le 7 mai 1756 à GRAULHET (81), 2ème enfant, mais fils aîné de Jean Joseph et de Raymonde CORBIERE. Il épouse le 6 juillet 1784 à CASTRES, Marie Françoise de la BARTHE-VIDAILLAC, fille de Pierre et de Jacquette de CAPIN ; 6 enfants naîtront de ce mariage.

Etant membre du « Cercle Littéraire de CASTRES » au cours de la séance du 2 mai 1790, il propose de changer le nom du Cercle. Après une courte discussion, il est choisi « Société des Amis de la Constitution » (AD 81, L 1592, f 131)

Le 23 germinal An I (12 avril 1793), une proclamation relative aux suspects est votée. Trois listes de citoyens sont dressées :
-    liste des gens très suspects, n’ayant pas droit au certificat de civisme, ni au passeport pour l’étranger : emprisonné
-    liste des bons patriotes : certificat de civisme
-    liste des citoyens dont le civisme n’a pas été courageux, ni désintéressé et par conséquent : suspects

Il fut donc déclaré comme suspect le 23 germinal (12 avril 1793), et comme il demeurait sur ses terres d’ARLAUSSE à 15 km de CASTRES, fut prié de revenir demeurer en ville. Comme il ne s’était pas plier à l’ordre qui lui était donné, il fut arrêté le 5 floréal An I (24 avril 1793) et reclus une première fois au Séminaire de CASTRES.
Il fut relâché le 16 floréal An I (5 mai 1793) sur ordre du Commissaire National François CHABOT.
En application de la « loi des suspects » du 1 complémentaire An I (17 septembre 1793) qui déclarait coupable « tous ceux qui n’ayant rien fait contre la liberté, mais n’avait rien fait pour elle », il fut de nouveau arrêté le 10 vendémiaire An II (1er octobre 1793) et conduit une deuxième fois au Séminaire de CASTRES.
1er mémoire (AD 81, coté L 306-94) aux Comité, malheureusement sans date, mais que je situe vers la fin de l’année 1793, où il se justifie « comme bon patriote » et il termine en écrivant «  qu’il a une femme et deux enfants en bas âge, que sa fortune est modique et que son bien, qui doit être partagé entre ses 6 enfants, ne vaut plus de 60.000 livres.
Lettre, sans date, (AD 81, coté L 306-95) où il écrit que : «depuis quatre mois je me languis dans les liens d’une dure captivité, et j’ignore encore les motifs de ma détention », il continu par «la loi du 1er complémentaire An I (17 septembre 1793) concernant l’arrestation des gens suspects ne m’atteint sous aucun rapport. Je ne suis point ci-devant noble, nul de mes parents n’a lâchement déserté sa patrie ; je n’ai pris ni directement ni indirectement la moindre part aux mesures fédéralistes. Toujours fidèle et soumis aux lois, l’on ne m’a jamais vu chercher à troubler l’ordre public, etc. » il continu par «  c’est à ce titre que je réclame votre justice : comme citoyen fidèle et soumis et comme homme malheureux. » et termine par « je vous pris donc Citoyen, de m’accorder ma liberté et de me rendre à une femme et à des enfants qui versent des larmes sur le sort de leur époux et père »
signé AZEMAR fils aîné

Lettre aussi sans date (coté L 306-96) où il écrit que « plusieurs décrets rendent la liberté aux agriculteurs, et que depuis 1790, il n’a eu d’autre occupation » et il termine en disant « d’après ces considérations, je réclame ma liberté et j’attends de votre justice »

Un arrêté en date du 24 nivôse An II (13 janvier 1794, AD 81, coté L 306-97) du Comité de Sûreté Générale et de Surveillance de la Convention Nationale : « vu le tableau et les pièces produites, le Comité arrête que le citoyen AZEMAR fils aîné, détenu à CASTRES, sera sur le champs mis en liberté et les scellés apposés sur ses papiers levés. L’agent national du district de CASTRES est chargé de l’exécution du présent arrêté » (suit les signatures du Comité).
Cet arrêté fut sans suite, l’élargissement n’eut pas lieu, il fut maintenu en réclusion dans le Séminaire. Peut-être n’eut-il jamais connaissance de cette mesure prise en sa faveur, par la Convention Nationale.

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Arrêté du 24 nivôse An II, coté L 306-97

Inventaire, en date du 27 germinal An II (16 avril 1794, AD 81, coté L 306-98), des objets séquestrés au citoyen AZEMAR fils aîné.
« nous François CADELET et Jean Antoine AZAIS, commissaires nommés pour l’exécution du décret de la Convention Nationale du 8 ventôse An II (26 février 1794) avons procédé à la levée des scellés apposés sur les meubles du citoyen AZEMAR, fils aîné, et procédé à l’inventaire d’iceux, en présence du citoyen PICAREL, Secrétaire en Chef du Directoire du District de CASTRES.
Premièrement : une grande malle dans laquelle y avons trouvé six nappes et deux douzaines de serviettes de table ; une nappe, dix serviettes sales et deux essuye-mains. Plus dans une autre malle : un habit taffetas gorge de pigeon et finalement une veste de coton blanche. Plus une caisse de pendule. Avons laissé, audit AZEMAR, les comestibles que nous avons trouvé dans lesdites malles, ainsi que divers effets servant à l’usage de son épouse, ou e sa petite fille, ainsi que certains autres à luy indispensablement nécessaires, conformément audit arrêté. »
Signé AZAIS Commissaire, CADELET Commissaire et COURTES

Une pièce imprimée (AD 81, coté L 306-100) du Directoire du District de CASTRES, « établie pour l’afferme des biens séquestrés au profit de la Nation. Publication faisant savoir que le domaine d’Arlausse et les vignes en dépendant, séquestrés au citoyen AZEMAR aîné, Syndic du cy-devant diocèse, reclus en la commune de CASTRES, au lieu de PUECH-AURIOL (81), aurait lieu le 15 prairial An II (3 juin 1794).
L’adjudication en a été faite au 6ème et dernier feu, et à la 18ème enchère en faveur de la citoyenne Marie Françoise DEBON, épouse dudit AZEMAR, pour le temps d’une, deux ou trois années, si tant la séquestration dure, en présence de Paul COMBES et Benoît FABRE, agriculteur demeurant audit Arlausse, qui s’offrirent pour caution.
Le présent bail consenti à partir du 15 prairial An II (3 juin 1794), courant, moyennant la somme de 4.600 livres pour chacune année, payable en deux termes égaux, en vendémiaire et en pluviôse, etc. »
Signé DEBON AZEMAR, COMBES, B FABRE, LAGARRIGUE Commissaire.

Enregistré à CASTRES, le 29 prairial An II (17 juin 1794), reçu 92 livres, signé DELTIL.

Dans la séance du 19 ventôse An II (9 mars 1794), le Comité de Surveillance prend un arrêté disant que : « les citoyens et les citoyennes soupçonnés d’un civisme douteux, qui habitent dans leur maison de campagne, de regagner leur domicile dans la ville de CASTRES (81), afin d’être soumis à la surveillance quotidienne. » Parmi les personnes figure « la citoyenne AZEMAR, femme reclus », c’était Marie Françoise DEBON, femme de Louis Guillaume AZEMAR, fils aîné.
Bien qu’à peine remise de son accouchement, qui eu lieu le 30 nivôse An II (18 février 1794), elle fut contrainte de venir habiter à CASTRES, avec son nouveau né probablement chez son beau père, Jean Joseph, car c’est elle et sa belle sœur Julie AZEMAR, qui comparurent le 29 thermidor An II (16 août 1794), devant le Comité de Surveillance, pour protester « avec autorité, arrogance et indignation » contre l’incarcération d’AZEMAR père, à la Tour Caudière (AD 81 série L 1406 f 28 à 109).
Vers le 20 ventôse An II (10 mars 1794), Louis Guillaume rédige un nouveau mémoire justificatif qu’il fait imprimé (qui n’a pas été conservé jusqu’à nous), où il écrit « qu’il a toujours été un bon patriote, qu’il faisait connaître les outrages dont on s’était rendu coupable contre lui, envers sa femme et son enfant de 17 jours) (le retour de la maison de campagne à la ville).
Ce mémoire fut lu par le Comité de Surveillance  qu’il là réfuté avec force, et décompose le poison qu’il contient, afin que la Société puisse en prévenir les dangereux effets » (AD 81 série L 1532).
Dans la séance de la Municipalité de CASTRES du 25 prairial An II (13 juin 1794), le certificat de civisme a été refusé à six personnes, dont AZEMAR fils aîné (AM de CASTRES registre D 3, f 103). Après les événements de thermidor, il reçut la visite au Séminaire les 28 et 29 thermidor An II (15 et 16 août 1794) de son père Jean Joseph qui, d’office s’était cru libre, mais leur détention devait encore durer cinq mois (AD 81, série L 1406, f 08 et 109).
Dans la séance du Comité de Surveillance du 25 pluviôse An III (13 février 1795, AD 81 série L 1407), présidé par le citoyen Rex LAVAL, à l’ouverture de la séance, le Comité s’est occupé de la pétition que lui à remis le citoyen AZEMAR fils aîné le 22 pluviôse AN III (10 février 1795) et après une mûre discussion, le Comité a répondu « après avoir examiné les pièces qu’il a produites, et les avoir comparées avec la conduite qu’il a ténue dans cette commune, et avoir derechef consulté l’opinion publique et pesé avec la plus mûre réflexion les principes d’AZEMAR aîné ; le Comité est d’avis qu’il soit encore maintenu sous surveillance des autorités constituées ».
Dans la séance du Comité de Sûreté Générale du 26 pluviôse An III (14 février 1795, AD 81, série L 1407) le citoyen AZEMAR fils aîné, nous a présenté un arrêté en date du 24 nivôse An III (13 janvier 1795), dont la teneur suit « vu le tableau et les pièces produites, le Comité arrête que le citoyen AZEMAR fils aîné détenu à CASTRES, sera sur le champs mis en liberté et les scellés apposés sur ses papiers levés »
Il est libéré définitivement après une détention qui dura environ un an et quatre mois. Il parti avec femme et enfants dans son domaine d’Arlausse. Il décèdera le 12 septembre 1841 à VIDAILLAC (46) à l’âge de 84 ans.

Rédigé par Adhérent-CGMA-Maurice-134

A suivre…

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Campénéac (56) : Rendez-vous de la Généalogie

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 Liste des participants aux Rendez-vous de la Généalogie :

Bontemps Franck (Généalogiste Professionnel)

Cazaux Jean-Pierre (Généalogiste Professionnel)

Cercle Généalogique d’Ille et Vilaine

Histoire et généalogie du Grand Fougeray

Cousinades Boisgueheunec

Histoire & généalogie de Campénéac

Editions Généalogiques de la Voûte

Editions Christian

Editions Jas

Généalogie Magazine

imprimez-vos-arbres.com

Librairie de la Voûte

Rdv-généalogie

Marguerite Cabon-Douvisi (Auteur)

Sajef

Webgenealogie.com

 

Nous contacter par courrier à :

Les Rendez-vous de la généalogie

10 place de la Mairie

56 800 Campénéac

E-Mail : rdvgene@voila.fr

Site : http://www.rdv-genealogie.com

Contact presse Gilles Prévost 06 62 73 39 36

info pratique La Salle polyvalente Campénéac 19 & 20 juillet 2014

Horaire Samedi 14 h à 19 h

Dimanche 10 h à 18 h 30

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Revue de presse (85) : registres matricules d’Ille-et-Vilaine

Les fiches matricules militaires de l’Ille-et-Vilaine accessibles en ligne

La Revue française de Généalogie

Que dire de cette mise en ligne des registres matricules par les archives d’Ille-et-Vilaine, sinon que ce travail est formidable et utile à tous les …

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